Version texte de ce daf : original et traduction
Zéva'him 75a (עה.) — le Talmud en français
Zéva'him 75a (זבחים עה.): Abayé lui objecta d’après ce qui a été enseigné dans la Tossefta : un sacrifice individuel qui s’est mélangé avec un sacrifice individuel, par exemple, le sacrifice…
Texte original — Zéva'him 75a (עה.)
איתיביה אביי
מהא דתניא בתוספתא:
קרבן יחיד שנתערב בקרבן יחיד,
כגון חטאת של זה בחטאת של אחר, או קרבן עולה של זה בקרבן עולה של אחר,
וקרבן ציבור
אחד
שנתערב בקרבן ציבור
אחר,
וקרבן יחיד וקרבן ציבור שנתערבו זה בזה
-
נותן ד' מתנות מ
דמי
כל אחד ואחד.
שהרי נתקבלו דמיהם בכוסות נפרדות. הילכך נותן מכל כוס מתן ד' מתנות, ויוצאים בכך הבעלים ידי חובתם.
הגירסא להלן היא לפי רש"י, ולפיו הברייתא מדברת בין בעולה ובין בחטאת:
ואם נתן מתנה
אחת
מכל אחד
מהכוסות של דם שהתערבו -
יצא
.
וכדאמרן בפרק בית שמאי, כל הקרבנות שדמן ניתן על מזבח החיצון שנתן מדמם מתנת דם אחת בלבד - כיפר.
ומה שאמרנו דלכתחילה צריך לתת ארבע מתנות דם מכל כוס וכוס, אין הכונה לארבע מתנות נפרדות, שהרי הברייתא איירי [לפי פירוש רש"י!] בין בחטאת ובין בעולה, ובעולה נותן שתי מתנות, בשתי זויות המזבח, שהן ארבע.
הגירסא השניה, היא גירסת התוס':
ואם נתן
מארבעת הכוסות שהתערבו [שתי כוסות של שתי חטאות היחיד שהתערבו, ושתי כוסות של שתי חטאות הציבור שהתערבו]
ארבע
מתנות, שהן מתנה אחת
מכולן,
דהיינו, שמכל כוס נתן מתנה אחת בלבד, וביחד הן ארבע מתנות מארבעת הכוסות - יצא [עד כאן גירסת התוס'].
במה דברים אמורים
שצריך לכתחילה ארבע מתנות מכל קרבן,
שנתערבו
הבהמות בהיותן
חיין,
ונתקבל דמן בארבע כוסות נפרדות.
אבל
אם
נתערבו
בהיותן
שחוטין,
והיינו, שנבלל דמן של כל הקרבנות בכוס האחת,
נותן ארבע מתנות מכולן
[מהכוס שמעורבין בה דמי כולן]. דקסבר תנא דמתניתין "יש בילה".
ואם נתן מתנה אחת מכולן,
שנתן מאותה הכוס מתנה אחת בלבד -
יצא
. שהרי מכל קרבן הגיע דם אל המזבח, לפי שנתינתו האחת היא בלולה מכל הדמים.
רבי אומר
: לא בכל ענין יצא. אלא,
רואין את המתנה,
את כמות הדם שבה, אם
יש בה
באותה מתנה כמות דם
כדי
נתינת דם גם
לזה, וכדי
נתינת דם גם
לזה,
הרי היא
כשרה. ואם לאו,
אם אין בכמות הדם שנתן כדי נתינה לכל קרבן וקרבן מאלו שנבללו בכוס, הרי היא נתינה
פסולה
.
ומדייק אביי מלשון הברייתא:
קתני
בברייתא קרבן
יחיד דומיא
דקרבן
ציבור. מה
קרבן
ציבור
בא מן
גברי, אף יחיד
איירי בקרבן שבא מן
גברי.
ואף על גב שצריך הקרבן סמיכה, ואין יכולין לסמוך, משום שהתערב קרבנן ואין ידוע מיהו הבעלים של כל קרבן. ובכל זאת הוא קרב, ובלא סמיכה!?
אמר רבא: ותסברא,
וכי
הא
ברייתא
מתרצתא היא
עד שתיקשי לך ממנה!? והרי ברייתא זאת צריכה תיקון,
דקתני
בה חילוק בין הכוסות הנפרדים לבין כוס אחת:
במה דברים אמורים
שנותן ארבעה מתנות מכל קרבן לחוד,
כשנתערבו
הקרבנות כשהן
חיין,
והתקבל דמן בשעת שחיטה בארבע כוסות נפרדות.
אבל נתערבו
בהיותן
שחוטין,
ונבלל דמן בכוס אחת,
לא
צריך לתת מתן דם נפרד מכל קרבן אלא רק נתינה משותפת מהכוס האחת.
וחילוק זה תמוה הוא, כי לענין החילוק בין ארבע כוסות לכוס אחת,
מה לי
נתערבו הקרבנות בהיותן
חיים, מה לי
נתערבו בהיותן
שחוטין?
והרי גם כשהתערבו לאחר שחיטה יכול להיות שהיה דמן נתון בארבע כוסות נפרדות, ויהיו חייבין במתן ד' מתנות מכל קרבן וקרבן!?
אלא,
תרץ לשון הברייתא, ד
הכי קאמר
:
במה דברים אמורים
שנותן ארבע מתנות מכל קרבן לחוד,
שנתערבו
דמן של
שחוטין כעין
עירוב דמן של
חיים,
שהתערבו הכוסות
בכוסות. אבל
אם מדובר
בבולל
הדמים לתוך כוס אחד -
נותן ד' מתנות לכולן
ביחד,
ואם נתן מתנה אחת
בלבד מהכוס, שהיא מתנה אחת
מכולן
יחד -
יצא
.
ועתה, שמדברת הברייתא במתן דם של שחוטין שהתערבו, שוב אין להקשות ממנה לרב יוסף שאמר אין מקריבין ללא סמיכה. שהרי כאן מדובר שנתערבו רק לאחר שחיטה, ובהיותם בחיים היו ניכרים, וסמכו עליהם הבעלים.
והמשך הברייתא הוא:
רבי אומר: רואין את המתנה
שניתנה מהכוס האחת שבלולים בה דמי הקרבנות,
אם יש בה כדי
שיעור נתינה
לזה, וכדי
שיעור נתינה
לזה כשרה. ואם לאו
-
פסולה
.
ודנה הגמרא:
ומי אית ליה לרבי האי סברא
שיש שיעור לנתינת הדם?
והא תניא: אמר רבי: לדברי רבי אליעזר,
המכשיר להזות "מי חטאת" על טמא מת על אף שהתערבו בהם מים אחרים, הפסולים להזאה, הרי -
Traduction française
Abayé lui objecta
d’après ce qui a été enseigné dans la Tossefta :
un sacrifice individuel qui s’est mélangé avec un sacrifice individuel,
par exemple, le sacrifice expiatoire de celui-ci avec le sacrifice expiatoire d’un autre, ou le sacrifice עולה de celui-ci avec le sacrifice עולה d’un autre,
et un sacrifice communautaire
un
qui s’est mélangé avec un sacrifice communautaire
autre,
et un sacrifice individuel et un sacrifice communautaire qui se sont mélangés l’un avec l’autre —
il donne les quatre aspersions à partir du
sang de chacun et chacun.
Car leur sang a été recueilli dans des coupes séparées. Dès lors, il donne de chaque coupe les quatre aspersions, et par cela les propriétaires s’acquittent de leur obligation.
La version ci-dessous est celle de Rachi, et selon lui, la baraïta parle aussi bien du sacrifice עולה que du sacrifice expiatoire :
Et s’il a donné une aspersion
une
de chacune
des coupes contenant le sang qui s’est mélangé —
il s’est acquitté.
Et comme nous l’avons dit au chapitre Beth Chammaï : pour tous les sacrifices dont le sang est donné sur l’autel extérieur, celui qui n’a donné de leur sang qu’une seule aspersion a obtenu l’expiation.
Et ce que nous avons dit, qu’a priori il faut donner quatre aspersions de sang de chaque coupe, ne signifie pas quatre aspersions distinctes, puisque la baraïta traite [selon l’explication de Rachi !] aussi bien du sacrifice expiatoire que du sacrifice עולה ; et pour le sacrifice עולה, il donne deux aspersions, sur deux angles de l’autel, qui en constituent quatre.
La seconde version est celle des Tossafot :
Et s’il a donné
de chacune des quatre coupes qui se sont mélangées [deux coupes des deux sacrifices expiatoires individuels qui se sont mélangés, et deux coupes des deux sacrifices expiatoires communautaires qui se sont mélangés]]
quatre
aspersions, qui sont une seule aspersion
de toutes,
c’est-à-dire qu’il a donné une seule aspersion de chaque coupe, et qu’ensemble elles constituent quatre aspersions provenant des quatre coupes — il s’est acquitté [jusqu’ici la version des Tossafot].
Dans quel cas cela est-il dit,
qu’il faut a priori quatre aspersions de chaque sacrifice,
lorsque se sont mélangés
les animaux alors qu’ils étaient
vivants,
et que leur sang a été recueilli dans quatre coupes séparées.
Mais
si
ils se sont mélangés
alors qu’ils étaient
abattus,
c’est-à-dire que le sang de tous les sacrifices a été mêlé dans une seule coupe,
il donne quatre aspersions de l’ensemble [
de la coupe dans laquelle se trouve mêlé le sang de tous ]. Car le tanna de notre Michna estime : « il y a mélange ».
Et s’il a donné une seule aspersion de l’ensemble,
ayant donné de cette coupe une seule aspersion —
il s’est acquitté.
Car du sang de chaque sacrifice est parvenu sur l’autel, puisque cette unique aspersion est mêlée de tous les sangs.
Rabbi dit :
il ne s’est pas acquitté dans tous les cas. Mais
on considère l’aspersion,
la quantité de sang qu’elle contient : si
elle contient
dans cette aspersion une quantité de sang
suffisante pour
donner du sang également
à celui-ci, et suffisante pour
donner du sang également
à celui-là,
elle est alors
apte. Et sinon,
si la quantité de sang qu’il a donnée ne suffit pas à une aspersion pour chacun des sacrifices qui ont été mêlés dans la coupe, cette aspersion est
invalide.
Et Abayé déduit de la formulation de la baraïta :
Il enseigne
dans la baraïta un sacrifice
individuel analogue
au sacrifice
communautaire. De même que le sacrifice
sacrifice
communautaire
provient de
personnes, de même l’individuel
concerne un sacrifice qui provient de
personnes.
Et bien que le sacrifice requière l’imposition des mains, ils ne peuvent pas imposer les mains, parce que leurs sacrifices se sont mélangés et que l’on ne sait pas qui sont les propriétaires de chaque sacrifice. Et pourtant il est offert, sans imposition des mains !?
Rava dit : et le comprends-tu ainsi,
et est-ce que
cette
baraïta
est correctement établie,
pour que tu puisses soulever contre lui une difficulté !? Or cette baraïta nécessite une correction,
car elle enseigne
en elle une distinction entre les coupes séparées et une seule coupe :
Dans quel cas cela est-il dit,
qu’il donne quatre aspersions de chaque sacrifice séparément,
lorsque les sacrifices se sont mélangés
alors qu’ils étaient
vivants,
et que leur sang a été recueilli au moment de l’abattage dans quatre coupes séparées.
Mais s’ils se sont mélangés
alors qu’ils étaient
abattus,
et que leur sang a été mêlé dans une seule coupe,
il ne
faut pas donner une aspersion de sang séparée pour chaque sacrifice, mais seulement une aspersion commune provenant de l’unique coupe.
Et cette distinction est étonnante, car en ce qui concerne la distinction entre quatre coupes et une seule coupe,
qu’importe que
les sacrifices se soient mélangés alors qu’ils étaient
vivants, qu’importe qu’ils se soient mélangés alors qu’ils étaient
alors qu’ils étaient
abattus ?
En effet, même lorsqu’ils se sont mélangés après l’abattage, il se peut que leur sang ait été placé dans quatre coupes séparées, et qu’ils soient tenus de donner quatre aspersions de chaque sacrifice !?
Mais
explique la formulation de la baraïta,
ainsi dit-elle :
Dans quel cas cela est-il dit,
qu’il donne quatre aspersions de chaque sacrifice séparément,
lorsque s’est mélangé
le sang des
abattus, de la même manière que
le mélange du sang des
vivants,
car les coupes se sont mélangées
avec les coupes. Mais
si l’on parle de ce qui
mêle
les sangs dans une seule coupe —
il donne quatre aspersions pour tous
ensemble,
et s’il a donné une seule aspersion
seulement de la coupe, qui est une seule aspersion
de tous
ensemble —
il s’est acquitté.
À présent que la baraïta parle du don du sang d’animaux abattus qui se sont mélangés, on ne peut plus lui opposer d’objection contre Rav Yossef, qui a dit qu’on n’offre pas [un sacrifice] sans imposition des mains. En effet, ici il s’agit de sacrifices qui ne se sont mélangés qu’après l’abattage ; lorsqu’ils étaient vivants, ils étaient reconnaissables, et les propriétaires leur ont imposé les mains.
Et la suite de la baraïta est :
Rabbi dit : on considère l’aspersion
qui a été donnée de l’unique coupe dans laquelle est mêlé le sang des sacrifices,
si elle contient une quantité suffisante
pour la mesure d’une aspersion
pour celui-ci, et suffisante
pour la mesure d’une aspersion
pour celui-là, elle est apte. Et sinon —
elle est invalide.
Et la Guemara examine :
Et Rabbi soutient-il donc cette opinion
qu’il existe une mesure requise pour le don du sang ?
Or il a été enseigné : Rabbi dit : selon les paroles de Rabbi Éliézer,
celui qui rend apte à asperger les « eaux de purification » sur une personne impure à cause d’un mort, bien que d’autres eaux, impropres à l’aspersion, s’y soient mélangées, voici —