Version texte de ce daf : original et traduction
Zéva'him 72b (עב:) — le Talmud en français
Zéva'him 72b (זבחים עב:): les voici, ils brûleront, comme dans le cas des kilayé hakerem, pour lesquels il est une mitsva de les brûler, comme il est dit à leur sujet : « Un feu sera attisé ». Et si…
Texte original — Zéva'him 72b (עב:)
הרי הם
ידלקו,
כדין כלאי הכרם, שמצוה לשורפם, שנאמר בהן "תוקד אש".
ואם
נתערבו
חבילי התילתן האסורים בהנאה
ב
חבילי תילתן
אחרים,
המותרים בהנאה -
כולן ידלקו
[ואפילו התערבה חבילה אחת של תילתן אסור בחבילות רבות של תילתן מותר],
דברי רבי מאיר.
וחכמים אומרים: יעלו
[יתבטלו] החבילות האסורות שהתערבו במותרות, ובתנאי שתהא התערובת
ב
יחס של
אחד
איסור
ומאתיים
היתר. לפי שלמדנו מדברי הכתוב שביטול של כלאי הכרם הוא בתערובת של אחד איסור במאתים היתר.
וממשיך ומבאר התנא במשנה את טעם המחלוקת של רבי מאיר ורבנן:
שהיה רבי מאיר אומר: את
שדרכו להמנות,
שמחמת חשיבותו הוא נמכר במנין ולא באומד, הרי הוא
מקדש
[אוסר] את התערובת שהתערב בה [ולקמן יבואר מה הוא "מקדש" ואוסר], ואינו מתבטל ברוב.
וחכמים אומרים, אינו מקדש,
אלא מתבטל, דהיינו, אין דבר שדרכו למנות חשוב למנוע את הביטול ברוב,
אלא
רק
ששה דברים
שהם חשובים [ביותר, בכך שהם גדולים, ודמיהן יקרים, וחשובין במינן]
בלבד.
ואילו
רבי עקיבא אומר: שבעה
דברים. וכפי שיתבאר להלן מהו הדבר השביעי החשוב אליבא דרבי עקיבא.
ואלו הן
ששת הדברים החשובים שאינן מתבטלים ברוב אליבא דחכמים:
אגוזי פרך
[שם מקום],
ורימוני באדן
[שם מקום],
וחביות סתומות, וחילפי
[צלעות של]
תרדין, וקילחי כרוב
[בארץ ישראל, שגדלים בה קילחי כרוב גדולים]
, ודלעת יונית.
רבי עקיבא מוסיף: אף ככרות של בעל הבית,
ולא של נחתום.
וממשיך התנא במשנה ההיא ומבאר מהו ה"קידוש" שאוסר הדבר החשוב כשנתערב:
אם היה הדבר החשוב ממין האילן,
הראוי ל
האסר באיסור
ערלה,
הרי נאסרת התערובת כולה באיסור
ערלה.
ואם היו הדבר החשוב ממין הנזרע בשדה יחד עם הגפן,
הראוי ל
האסר באיסור
כלאי הכרם,
נאסרת התערובת כולה משום
כלאי הכרם.
ואיתמר עלה,
על משנה זו, שנחלקו רבי יוחנן וריש לקיש בביאור שיטת רבי מאיר, שאמר "כל שדרכו להמנות" אינו בטל ברוב:
רבי יוחנן אומר, "את שדרכו למנות" שנינו
בדברי רבי מאיר. והיינו, שרבי מאיר אוסר את התערובת רק כשהיה בה דבר איסור שהוא כה חשוב עד שהכל מוכרים אותו במנין. אבל אם היו אנשים שמוכנים למכור אותו באומד, הרי אף על פי שיש אנשים שמוכרים אותו רק במנין, דבר שכזה אינו מספיק חשוב כדי שלא יתבטל האיסור ברוב, אליבא דרבי מאיר.
ואילו
רבי שמעון בן לקיש אומר, "כל שדרכו למנות" שנינו
בדברי רבי מאיר. והיינו, שאפילו דבר אשר חלק מהאנשים מוכרים אותו במנין וחלק מוכרים אותו באומד, הוא חשוב דיו כדי שלא יתבטל ברוב.
ועתה מסיימת הגמרא את קושייתה, מדוע לא יתבטלו הבהמות האסורות שהתערבו בזבחים כשרים:
הניחא לריש לקיש,
שאמר "כל שדרכו לימנות" אינו מתבטל ברוב לפי רבי מאיר, שפיר אין בעלי חיים מתבטלים ברוב במשנתנו, משום שיש אנשים המוכרים אותם במנין דוקא.
אלא לרבי יוחנן,
הסובר שרק דבר המוגדר בתורת "את שדרכו לימנות" אינו מתבטל ברוב. אבל דבר שיש אנשים שמוכרים אותו באומד ולא מקפידים על המנין, הוא אינו חשוב דיו, והוא כן מתבטל ברוב,
מאי איכא למימר?
מדוע אין הבהמה האסורה מתבטלת ברוב הבהמות הכשרות? והרי יש אנשים שאינם מקפידים למכור בהמותיהם במנין אלא מוכנים למכור אותו באומד, בעדר, ובכאי גונא סבר רבי יוחנן שהם מתבטלים ברוב!?
ומשנינן:
אמר רב פפא: האי תנא
של משנתנו, הסבור שבהמה אסורה אינה מתבטלת ברוב בהמות כשרות,
תנא ד"ליטרא קציעות" הוא,
וכדמפרש ואזיל.
Traduction française
les voici,
ils brûleront,
comme dans le cas des kilayé hakerem, pour lesquels il est une mitsva de les brûler, comme il est dit à leur sujet : « Un feu sera attisé ».
Et si
se sont mélangées
des bottes de fenugrec interdites au profit
à
des bottes de fenugrec
autres,
permises au profit —
elles brûleront toutes
[même si une seule botte de fenugrec interdit s’est mélangée à de nombreuses bottes de fenugrec permis],
telles sont les paroles de Rabbi Méïr.
Et les Sages disent : elles monteront
[elles seront annulées] les bottes interdites qui se sont mélangées aux permises, à condition que le mélange soit
dans
une proportion de
un
interdit
pour deux cents
permis. Car nous avons appris des paroles de l’Écriture que l’annulation des kilayé hakerem a lieu dans un mélange d’un interdit pour deux cents permis.
Et le tanнай poursuit et explique dans la Mishna la raison de la controverse entre Rabbi Méïr et les Rabbins :
Car Rabbi Méïr disait : ce qui
a pour usage d’être compté,
qui, du fait de son importance, est vendu à l’unité et non à l’estimation, le voici
qui sanctifie
[interdit] le mélange dans lequel il s’est mélangé [et plus loin sera expliqué ce que signifie « sanctifie » et « interdit »], et il ne s’annule pas dans la majorité.
Et les Sages disent : il ne sanctifie pas,
mais il s’annule ; c’est-à-dire que rien de ce qui a pour usage d’être compté n’est suffisamment important pour empêcher l’annulation dans la majorité,
si ce n’est
seulement
six choses
qui sont importantes [au plus haut point, en ce qu’elles sont grandes, que leur prix est élevé et qu’elles sont importantes dans leur espèce]
uniquement.
Quant à
Rabbi Akiva, il dit : sept
choses. Et il sera expliqué plus loin quelle est la septième chose importante selon Rabbi Akiva.
Et les voici,
les six choses importantes qui ne s’annulent pas dans la majorité selon les Sages :
les noix de Perakh
[nom d’un lieu],
et les grenades de Badan
[nom d’un lieu],
et les jarres bouchées, et les côtes
[de]
bettes, et les tiges de choux
[en terre d’Israël, où poussent de grandes tiges de choux]
, et la courge grecque.
Rabbi Akiva ajoute : même les pains du propriétaire,
et non ceux du boulanger.
Et le tanнай poursuit dans cette Mishna et explique ce qu’est la « sanctification » qui interdit la chose importante lorsqu’elle s’est mélangée :
Si la chose importante appartenait à l’espèce de l’arbre
apte à être
interdite par l’interdit de
l’orla,
alors tout le mélange devient interdit par l’interdit de
l’orla.
Et si la chose importante appartenait à l’espèce qui est semée dans le champ avec la vigne,
apte à être
interdite par l’interdit des
kilayé hakerem,
tout le mélange devient interdit au titre des
kilayé hakerem.
Et il a été dit à ce sujet,
à propos de cette Mishna, que Rabbi Yo’hanan et Réch Lakich se sont opposés dans l’explication de la méthode de Rabbi Méïr, qui a dit : « tout ce qui a pour usage d’être compté » ne s’annule pas dans la majorité :
Rabbi Yo’hanan dit : « Ce qui a pour usage d’être compté », c’est ce que nous avons enseigné
dans les paroles de Rabbi Méïr. C’est-à-dire que Rabbi Méïr interdit le mélange seulement lorsqu’il contenait une chose interdite qui était tellement importante que tout le monde la vendait à l’unité. Mais s’il y avait des gens disposés à la vendre à l’estimation, alors, bien que certains la vendent seulement à l’unité, une telle chose n’est pas suffisamment importante pour que l’interdit ne s’annule pas dans la majorité, selon Rabbi Méïr.
Mais
Rabbi Chim‘on ben Lakich dit : « Tout ce qui a pour usage d’être compté », c’est ce que nous avons enseigné
dans les paroles de Rabbi Méïr. C’est-à-dire que même une chose que certains vendent à l’unité et que d’autres vendent à l’estimation est suffisamment importante pour ne pas s’annuler dans la majorité.
Et maintenant la Guemara achève son objection : pourquoi les animaux interdits qui se sont mélangés à des sacrifices valides ne s’annuleraient-ils pas ?
Cela se comprend selon Réch Lakich,
qui a dit que « tout ce qui a pour usage d’être compté » ne s’annule pas dans la majorité selon Rabbi Méïr : il est bien que les animaux ne s’annulent pas dans la majorité dans notre Mishna, car il y a des gens qui les vendent précisément à l’unité.
Mais selon Rabbi Yo’hanan,
qui estime que seule une chose définie comme « ce qui a pour usage d’être compté » ne s’annule pas dans la majorité, mais qu’une chose que certains vendent à l’estimation et sans attacher d’importance au comptage n’est pas suffisamment importante et s’annule effectivement dans la majorité,
que peut-on dire ?
Pourquoi l’animal interdit ne s’annule-t-il pas dans la majorité des animaux valides ? Pourtant, il y a des gens qui ne veillent pas à vendre leurs animaux à l’unité, mais qui sont disposés à les vendre à l’estimation, en troupeau ; et dans un cas de ce genre, Rabbi Yo’hanan considère qu’ils s’annulent dans la majorité !?
Et nous répondons :
Rav Pappa dit : ce tanнай
de notre Mishna, qui estime qu’un animal interdit ne s’annule pas dans la majorité des animaux valides,
est le tanнай de la « livre de figues sèches »,
comme il va l’expliquer.