Version texte de ce daf : original et traduction
Zéva'him 72a (עב.) — le Talmud en français
Zéva'him 72a (זבחים עב.): Et nous répondons : C’est nécessaire. Il est nécessaire d’enseigner les deux Michnayot : Car, si cela avait été dit seulement là-bas, j’aurais dit : ces paroles — que les…
Texte original — Zéva'him 72a (עב.)
ומשנינן:
צריכי.
יש צורך לשנות את שתי המשניות:
דאי מהתם, הוה אמינא, הני מילי
שגזרו חכמים לאסור תערובת איסורי הנאה אפילו בכל שהוא,
לחולין
בלבד הוא שגזרו.
אבל
כשהתערבו איסורי הנאה בבהמות קדשים, שאם נאסור יהיה פסידא
לגבוה, אימא לא נפסדינהו לכולהו
קדשים, אלא נתקן שבקדשים כן יתבטלו איסורי הנאה ברוב, כעיקר דינם מהתורה, ויהיה מותר להקריבם היות והתבטל האיסור ברוב, קא משמע לן התנא כאן שלא הקילו בקדשים.
ואי מהכא, הוה אמינא, הני מילי
שנאסרת כל התערובת, ואפילו כשנתערבו איסורי הנאה כל שהם, כי מדובר ב
קדשים, דמאיס
להביא קרבן מבהמה שהיתה איסור על אף שהתבטלה ברוב.
אבל חולין, דלא מאיס
לההנות מדבר שהיה איסור הנאה והתבטל ברוב,
אימא איסורי הנאה ליבטלי ברובא.
הילכך
צריכא
להשמיענו שאפילו בחולין אינם מתבטלים.
ודנה עתה הגמרא בביאור דברי המשנה, מדוע אין כאן דין ביטול ברוב, ואסורה כל התערובת?
וניבטיל
הבהמה האסורה
ברובא
של הבהמות הכשרות?
וכי תימא,
שמא תאמר, שטעם הדבר הוא משום שבעלי חיים
חשיבי
הם,
ולא בטלי,
וחשיבותם היא בכך שהם "דבר שבמנין", ולכן אינם מתבטל ברוב, עדיין יקשה:
כי
הניחא למאן דאמר "כל שדרכו להמנות" שנינו.
והיינו, שלדעתו מה ששנינו "דבר שבמנין" אינו בטל, הוא כל דבר שיש אנשים המחשיבים אותו למנותו בפני עצמו, ואינם מכלילים אותו בקבוצה. כגון בהמות, שיש אנשים המקפידים למנות את בהמותיהם אחת אחת, ובשעה שהם מוכרים אותן אין הם מוכנים למוכרם כ"עדר" של בהמות, אלא מונים כל בהמה אחת אחת בפני עצמה, והילכך שפיר נקראת בהמה "דבר שבמנין", שאינו מתבטל ברוב, וזאת, על אף שיש אנשים אחרים שאינם מונים כל בהמה לעצמה. ומובן לפיו, מדוע בהמה פסולה אינה מתבטלת ברוב בהמות כשרות.
אלא למאן דאמר
רק "
את שדרכו להמנות" שנינו,
והיינו, שלדעתו מה ששנינו דבר שבמנין אינו בטל הוא רק דבר שכך היא דרכו, שכל האנשים נוהגים למנותו בפני עצמו מחמת חשיבותו, רק הוא אינו מתבטל ברוב,
מאי איכא למימר!?
הרי יש אנשים שאינם מקפידים על מנין הבהמות למנות כל בהמה בפני עצמה, אלא מוכרים עדר שלם לפי אומד ולא לפי מנין מדוייק של הבהמות, ואם כן, אין בהמה נחשבת דבר חשוב שאינו מתבטל ברוב!?
ומבארת עתה הגמרא היכן נחלקו לגבי דבר חשוב אם הוא דוקא "את שדרכו להמנות", או גם "כל שדרכו להמנות".
דתנן
[ערלה ג ו]
, מי שהיו לו חבילי תילתן,
מין תבלין חשוב מאד, והיו אותן חבילי תלתן אסורין באיסור
של כלאי הכרם,
Traduction française
Et nous répondons :
C’est nécessaire.
Il est nécessaire d’enseigner les deux Michnayot :
Car, si cela avait été dit seulement là-bas, j’aurais dit : ces paroles
— que les Sages ont décrété d’interdire un mélange d’interdits dont il est défendu de tirer profit, même en quantité infime —
ne concernent que les choses profanes
: c’est seulement à leur sujet qu’ils ont décrété cela.
Mais
lorsque des interdits dont il est défendu de tirer profit se sont mélangés à des animaux consacrés, de sorte que leur interdiction entraînerait une perte
pour le Ciel, j’aurais dit : ne les rendons pas tous perdus
les animaux consacrés ; mais établissons que, pour les choses consacrées, les interdits dont il est défendu de tirer profit s’annulent effectivement dans la majorité, conformément à leur loi essentielle selon la Torah, et qu’il soit permis de les offrir, puisque l’interdit s’est annulé dans la majorité. C’est pour nous enseigner que le tannay, ici, n’a pas assoupli la règle pour les choses consacrées.
Et si cela avait été dit seulement ici, j’aurais dit : ces paroles
— selon lesquelles tout le mélange est interdit, même lorsque des interdits dont il est défendu de tirer profit ne se sont mélangés qu’en quantité infime, c’est parce qu’il s’agit de
choses consacrées, qui sont répugnantes
: il est répugnant d’apporter une offrande avec un animal qui avait été interdit, bien que l’interdit se soit annulé dans la majorité.
Mais, pour les choses profanes, qui ne sont pas répugnantes
, il n’est pas répugnant de tirer profit d’une chose qui était interdite au profit et qui s’est annulée dans la majorité,
j’aurais dit que les interdits dont il est défendu de tirer profit s’annulent dans la majorité.
Par conséquent,
c’est nécessaire
pour nous enseigner que, même dans les choses profanes, ils ne s’annulent pas.
La Guemara examine maintenant l’explication des paroles de la Michna : pourquoi n’y a-t-il pas ici de règle d’annulation dans la majorité, et pourquoi tout le mélange est-il interdit ?
Et qu’elle s’annule
— la bête interdite —
dans la majorité
des animaux aptes ?
Et si tu veux dire
: peut-être diras-tu que la raison en est que les êtres vivants
sont importants
—
et ne s’annulent pas —
et que leur importance tient au fait qu’ils sont une « chose qui se compte », raison pour laquelle ils ne s’annulent pas dans la majorité ; il y aurait encore une difficulté :
Car
cela se comprend selon celui qui dit : « Nous avons enseigné : toute chose que l’on a coutume de compter. »
C’est-à-dire que, selon lui, lorsque nous avons enseigné qu’une « chose qui se compte » ne s’annule pas, cela concerne toute chose que certaines personnes considèrent comme digne d’être comptée séparément et qu’elles n’incluent pas dans un groupe. Ainsi des animaux : certaines personnes prennent soin de compter leurs animaux un par un et, lorsqu’elles les vendent, n’acceptent pas de les vendre comme un « troupeau » d’animaux ; elles comptent chaque animal séparément. Par conséquent, un animal est bien appelé une « chose qui se compte », qui ne s’annule pas dans la majorité, bien qu’il y ait d’autres personnes qui ne comptent pas chaque animal séparément. Selon cette opinion, on comprend pourquoi un animal impropre ne s’annule pas dans une majorité d’animaux aptes.
Mais selon celui qui dit
seulement :
« Nous avons enseigné : ce que l’on a coutume de compter »
, c’est-à-dire que, selon lui, ce que nous avons enseigné — qu’une chose qui se compte ne s’annule pas — ne concerne qu’une chose dont telle est la coutume : toutes les personnes ont l’habitude de la compter séparément en raison de son importance ; seule une telle chose ne s’annule pas dans la majorité,
que peut-on répondre ?
Il y a en effet des personnes qui ne prennent pas soin de compter les animaux séparément, mais qui vendent un troupeau entier selon une estimation et non selon un compte précis des animaux. Dès lors, un animal ne devrait pas être considéré comme une chose importante qui ne s’annule pas dans la majorité !
La Guemara explique maintenant sur quel point porte leur désaccord concernant une chose importante : s’agit-il précisément de « ce que l’on a coutume de compter », ou également de « toute chose que l’on a coutume de compter ».
Car nous avons enseigné [Michna Orla 3, 6] :
« Celui qui avait des bottes de fenugrec, »
une espèce d’épice très importante, et ces bottes de fenugrec étaient interdites par l’interdit
des mélanges de la vigne,