Version texte de ce daf : original et traduction

Yoma 81b (פא:) — le Talmud en français

Yoma 81b (יומא פא:): Rav Pappa a dit : lui-même, le Jour de l’Expiation, est appelé lui-même « Chabbat », comme il est écrit : en lui « vous observerez un Chabbat qui vous est propre ». Et puisque…

Texte original — Yoma 81b (פא:)

רב פפא אמר

:

הוא

יום הכיפורים

גופיה "שבת" איקרי, דכתיב

בו

"תשבתו שבתכם

". וכיון שנקרא העינוי שבת, הרי זה כיום השבת הן לענין עונש והן לענין אזהרה.

והוינן בה:

בשלמא רב פפא לא אמר כרב אחא בר יעקב

, משום

דקרא

"שבת שבתון",

דכתיב בגופיה

דיום הכיפורים,

עדיף

ללמוד ממנו.

אלא רב אחא בר יעקב

-

מאי טעמא לא אמר כרב פפא?

ומשנינן:

מיבעי ליה

להאי קרא

לכדתניא

: [ויקרא כג]

"ועניתם את נפשתיכם בתשעה לחדש

".

יכול יתחיל ויתענה בתשעה

-

תלמוד לומר "בערב

". לאחר שכבר חלף היום התשיעי.

אי בערב

-

יכול משתחשך

-

תלמוד לומר "בתשעה

", לפני שתחשך.

הא כיצד?

מתחיל ומתענה מבעוד יום.

ו

מכאן

יש ללמוד את הכלל

שמוסיפין מחול על הקודש.

ואין לי אלא

שמוסיפים מהחול על הקודש

בכניסתו

.

ביציאתו

-

מנין

שמוסיפים?

תלמוד לומר: "מערב עד ערב

", שתמשך התענית לערב הבא.

ואין לי

שמוסיפים מהחול על הקודש

אלא

ב

יום הכפורים

.

שבתות

-

מניין?

תלמוד לומר

יתור הפסוק

"תשבתו

".

אין לי אלא שבתות, ימים טובים

-

מנין?

תלמוד לומר

יתור נוסף

"שבתכם

".

הא כיצד?

כל מקום שנאמר "שבות" מוסיפין מחול על הקודש.

ועוד הוינן בה:

ותנא

לעיל,

ד

דריש

"עצם עצם

" למעט את התוספת מכרת, וממיעוט זה יש ללמוד את מצות התוספת, שהרי בכך שממעט הכתוב מעונש, הוא מגלה שיש איסור בדבר,

האי "בתשעה לחדש

" -

מאי עביד ליה?

ומשנינן:

מיבעי ליה לכדתני חייא בר רב מדיפתי.

דתני חייא בר רב מדפתי: "ועניתם את נפשתיכם בתשעה

".

וכי בתשעה מתענין?

והלא בעשור מתענין!

אלא לומר לך: כל האוכל ושותה בתשיעי

-

מעלה עליו הכתוב כאילו התענה תשיעי ועשירי.

שנינו במשנה: אכל אוכלין שאין ראוין לאכילה.

אמר רבא: כס

כסס שלא כדרך אכילה

פלפלי ביומא דכפורי

-

פטור

.

וכן ה

כס זנגבילא ביומא דכפורי

-

פטור.

מיתיבי

על כך שפטר רבא את הכוסס פלפלין ביום הכיפורים:

דתניא:

היה רבי מאיר אומר: ממשמע שנאמר

[ויקרא יט]

"וערלתם ערלתו את פריו

",

איני יודע שעץ מאכל הוא?

אלא, מה תלמוד לומר "עץ מאכל

"?

עץ שטעם עצו ופריו שוה

.

הוי אומר

-

זה פלפלין

, שהשיח הנמוך שהם גדלים עליו נחשב לעץ החייב בערלה, ואינו ירק הפטור מערלה.

ובא הכתוב

ללמדך שהפלפלין חייבין בערלה

, ולא תאמר שעץ הפלפלין הוא ירק היות והוא שיח נמוך.

ו

עוד מלמד אותך הכתוב, ש

אין ארץ ישראל חסרה כלום

.

שנאמר

[דברים ח]

"לא תחסר כל בה

".

ומוכח שפלפלים ראוי לאכילה, מכך שנוהג בו דין ערלה, שהוא רק בעץ מאכל.

ומשנינן:

לא קשיא

.

הא

-

ב

פלפל

רטיבתא,

לח, הראוי לאכילה, חייבים עליו.

והא

שפטורים על אכילתו -

ביבשתא

, שאינו ראוי לאכילה.

אמר ליה רבינא למרימר

כיצד אמר רבא שהכוסס זנגבילא ביום הכיפורים פטור?

והאמר רב נחמן: האי "הימלתא

" מבושלת, העשויה מבשמים של זנגביל כתושים, מעורבים בדבש,

דאתי מבי הנדואי

, הבאה מארץ כוש

שריא

, מותר לאוכלה, ואין לחשוש לה לא משום "בישולי נכרים" לפי שהזנגביל נאכל גם כשהוא חי, ללא בישול [ולא גזרו אלא על דבר שאינו ראוי לאוכלו אלא כשהוא מבושל], וכן אין לחשוש משום "גיעולי נכרים" היות והוא נותן טעם לפגם.

ומברכינן עליה בורא פרי האדמה!

ומוכח שהזנגביל ראוי לאכילה כמות שהוא, ואם כן מדוע אין חייבים על אכילתו ביום הכיפורים?

ומשנינן:

לא קשיא

.

הא

-

ברטיבתא,

כשהוא לח ראוי הוא לאכילה.

והא ביבישתא

, אינו ראוי לאכילה.

תנו רבנן: אכל

ביום הכיפורים

עלי קנים

שאינם ראויים לאכילה -

פטור

.

אכל

לולבי גפנים

-

חייב.

אלו הן לולבי גפנים?

אמר רבי יצחק מגדלאה: כל שלבלבו מראש השנה ועד יום הכפורים

, שעדיין הם צעירים ורכים. אבל אם לבלבו לפני ראש השנה הם כבר קשים, ואינם ראויים לאכילה.

ורב כהנא אמר

: לבלבו

כל שלשים יום

עדיין הם ראויים לאכילה.

תניא כוותיה דרבי יצחק מגדלאה: אכל עלי קנים

-

פטור, ולולבי גפנים

-

חייב.

אלו הן לולבי גפנים

-

כל שלבלבו מראש השנה ועד יום הכפורים.

שנינו במשנה:

שתה ציר או מורייס פטור.

ומדייקת הגמרא:

הא

שתה

חומץ

-

חייב.

מתניתין מני

-

רבי היא

.

דתניא, רבי אומר: חומץ משיב את הנפש.

דרש רב גידל בר מנשה מבירי דנרש: אין הלכה כרבי

, ואין החומץ משיב את הנפש.

לשנה

הבאה

נפקי כולי עלמא, מזגו

מים בחומץ כדי להחליש את חמיצותו,

ושתו חלא

חומץ מעורב במים.

שמע רב גידל, ואיקפד

.

אמר: אימר דאמרי אנא

שאין החומץ משיב את הנפש, לענין

דיעבד,

שאינו חייב להביא קרבן, אבל להתיר לשתותו

לכתחלה

-

מי אמרי?

ועוד,

אימר דאמרי אנא

בחומץ

פורתא,

מועט, שהוא אינו משיב את הנפש.

אבל שתיית חומץ

טובא

, בשיעור גדול -

מי אמרי

שאינו משיב את הנפש בכמות מרובה?

ועוד,

אימר דאמרי אנא

, בחומץ

חי

ללא תערובת מים.

חומץ

מזוג

במים -

מי אמרי

שאינו משיב הנפש!?

Traduction française

Rav Pappa a dit :

lui-même,

le Jour de l’Expiation,

est appelé lui-même « Chabbat », comme il est écrit :

en lui

« vous observerez un Chabbat qui vous est propre ».

Et puisque l’affliction est appelée Chabbat, voici qu’il est comme le jour du Chabbat, tant en ce qui concerne la peine qu’en ce qui concerne l’avertissement.

Et nous avons discuté à ce sujet :

il est certes compréhensible que Rav Pappa n’ait pas dit comme Rav A’ha bar Yaakov,

en raison de

ce verset

« Chabbat Chabbatone »,

qui est écrit dans le corps même

du Jour de l’Expiation,

et qu’il est préférable

d’apprendre de lui.

Mais Rav A’ha bar Yaakov —

pour quelle raison n’a-t-il pas dit comme Rav Pappa ?

Et nous répondons :

il en a besoin

pour ce verset

comme il est enseigné :

(Lévitique 23)

« Vous affligerez vos personnes le neuvième jour du mois ».

Peut-être commencera-t-il et s’affligera-t-il le neuvième jour —

le texte dit : « au soir ».

Après que le neuvième jour est déjà passé.

Si c’est « au soir »,

peut-être dès qu’il fait nuit —

le texte dit : « le neuvième jour »,

avant qu’il ne fasse nuit.

Comment cela se conçoit-il ?

Il commence et s’afflige alors qu’il fait encore jour.

Et

de là

on apprend la règle

selon laquelle on ajoute du profane au sacré.

Et je ne dispose que de ceci :

que l’on ajoute du profane au sacré

à son entrée.

À sa sortie,

d’où

que l’on ajoute ?

Le texte dit : « du soir au soir »,

afin que le jeûne se prolonge jusqu’au soir suivant.

Et je ne dispose

que de l’ajout du profane au sacré

que

pour

le Jour de l’Expiation.

Les Chabbatot —

d’où le sait-on ?

Le texte dit

par la répétition du verset :

« vous observerez ».

Je ne dispose que des Chabbatot ; les jours de fête,

d’où le sait-on ?

Le texte dit

par une autre répétition :

« qui vous est propre ».

Comment cela se conçoit-il ?

Partout où il est dit « cessation », on ajoute du profane au sacré.

Et nous avons encore discuté à ce sujet :

et le tan « a enseigné

plus haut

qu’il

a interprété

« essence, essence »

pour exclure l’ajout de la peine de retranchement ; et de cette exclusion on apprend la mitsva de l’ajout, car en excluant de la peine, le texte révèle qu’il y a là une interdiction,

ce « le neuvième jour du mois » —

qu’en fait-il ?

Et nous répondons :

il en a besoin pour ce qu’a enseigné ‘Hiyya bar Rav de Difti.

Car ‘Hiyya bar Rav de Difti a enseigné : « Vous affligerez vos personnes le neuvième jour ».

Et est-ce donc le neuvième jour que l’on jeûne ?

N’est-ce pas le dixième jour que l’on jeûne ?

Mais cela vient te dire : quiconque mange et boit le neuvième jour,

le texte lui en attribue le mérite comme s’il avait jeûné le neuvième et le dixième.

Nous avons appris dans la Michna : celui qui a mangé des aliments qui ne sont pas aptes à la consommation.

Rava a dit : celui qui croque

des poivres, d’une manière qui n’est pas celle de la consommation,

le Jour de l’Expiation —

est exempt.

Et de même, celui qui

croque du gingembre le Jour de l’Expiation —

est exempt.

Meytivi,

à propos du fait que Rava a exempté celui qui croque des poivres le Jour de l’Expiation :

Car il est enseigné :

Rabbi Meïr disait : du fait qu’il est dit

(Lévitique 19)

« vous considérerez son fruit comme une prépuce »,

ne sais-je pas que c’est un arbre fruitier ?

Mais que vient enseigner « arbre fruitier » ?

Un arbre dont le goût du bois et celui de son fruit sont identiques.

Tu dois dire —

ce sont les poivres,

car l’arbuste bas sur lequel ils poussent est considéré comme un arbre soumis à la loi de la prépuce, et non comme un légume exempt de cette loi.

Et le texte est venu

t’enseigner que les poivres sont soumis à la loi de la prépuce,

et ne va pas dire que l’arbre des poivres est un légume parce qu’il est un arbuste bas.

Et

le texte t’enseigne encore qu’

il ne manque rien à la Terre d’Israël,

comme il est dit

(Deutéronome 8)

« elle ne manquera de rien ».

Et il est prouvé que les poivres sont aptes à la consommation tels quels par le fait que la loi de la prépuce s’y applique, laquelle ne s’applique qu’à un arbre fruitier.

Et nous répondons :

ce n’est pas difficile.

Ceci —

pour

le poivre

frais,

humide et apte à la consommation : on est passible à cause de lui.

Et ceci,

pour lequel on est exempt en le consommant —

pour le sec,

qui n’est pas apte à la consommation.

Ravina dit à Marimar :

comment Rava a-t-il dit que celui qui croque du gingembre le Jour de l’Expiation est exempt ?

Mais Rav Na’hman n’a-t-il pas dit : cette « himalta »,

préparation cuite faite d’épices de gingembre broyées, mélangées avec du miel,

qui vient de chez l’Indien,

qui vient du pays de Kouch,

est permise,

elle peut être consommée, et il n’y a pas à craindre à son sujet ni la cuisson des non-Juifs, puisque le gingembre se mange également cru, sans cuisson [et ils n’ont institué un décret que pour une chose qui n’est apte à être mangée que cuite], ni l’absorption des non-Juifs, puisqu’il donne un goût qui altère.

Et l’on prononce sur elle : « Créateur du fruit de la terre » !

Il est donc prouvé que le gingembre est apte à la consommation tel quel ; dès lors, pourquoi n’est-on pas passible pour l’avoir consommé le Jour de l’Expiation ?

Et nous répondons :

ce n’est pas difficile.

Ceci —

pour le frais,

lorsqu’il est humide, il est apte à la consommation.

Et ceci, pour le sec,

il n’est pas apte à la consommation.

Nos maîtres ont enseigné : celui qui a mangé

le Jour de l’Expiation

des feuilles de roseau,

qui ne sont pas aptes à la consommation —

est exempt.

Celui qui a mangé

des pousses de vigne —

est passible.

Quelles sont ces pousses de vigne ?

Rabbi Its’hak de Migdal a dit : toutes celles qui ont bourgeonné depuis Roch Hachana jusqu’au Jour de l’Expiation,

car elles sont encore jeunes et tendres. Mais si elles ont bourgeonné avant Roch Hachana, elles sont déjà dures et ne sont pas aptes à la consommation.

Et Rav Kahana a dit :

celles qui ont bourgeonné

durant les trente jours,

elles sont encore aptes à la consommation.

Il est enseigné conformément à l’opinion de Rabbi Its’hak de Migdal : celui qui a mangé des feuilles de roseau —

est exempt, et celui qui a mangé des pousses de vigne —

est passible.

Quelles sont ces pousses de vigne —

toutes celles qui ont bourgeonné depuis Roch Hachana jusqu’au Jour de l’Expiation.

Nous avons appris dans la Michna :

celui qui a bu de la saumure ou du morais est exempt.

Et la Guemara déduit :

ceci,

celui qui a bu

du vinaigre —

est passible.

De qui est la Michna —

c’est Rabbi.

Car il est enseigné : Rabbi dit : le vinaigre rend vigueur à l’âme.

Rav Guidel bar Menaché de Biri de Nerach a exposé : la g laha n’est pas conforme à Rabbi,

et le vinaigre ne rend pas vigueur à l’âme.

L’année

suivante,

tout le monde sortit, ils le diluèrent,

ajoutant de l’eau au vinaigre afin d’en affaiblir l’acidité,

et burent du ‘hala,

du vinaigre mélangé à de l’eau.

Rav Guidel l’entendit et se mit en colère.

Il dit : disons que moi, j’ai dit

que le vinaigre ne rend pas vigueur à l’âme, en ce qui concerne

a posteriori,

de sorte qu’il n’est pas passible d’apporter un sacrifice ; mais pour permettre de le boire

a priori —

qui l’ai-je dit ?

Et encore,

disons que moi, j’ai dit

pour le vinaigre

en petite quantité,

en faible quantité, qu’il ne rend pas vigueur à l’âme.

Mais la consommation de vinaigre

en grande quantité,

dans une mesure importante —

qui l’ai-je dit,

qu’il ne rend pas vigueur à l’âme en grande quantité ?

Et encore,

disons que moi, j’ai dit,

pour le vinaigre

pur,

sans mélange d’eau.

Du vinaigre

dilué

dans l’eau —

qui l’ai-je dit,

qu’il ne rend pas vigueur à l’âme !?

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