Version texte de ce daf : original et traduction
Yoma 48b (מח:) — le Talmud en français
Yoma 48b (יומא מח:): Il a eu une pensée de pigoul lors du prélèvement des braises, qu’en est-il quant à ce que l’encens soit invalidé ? [Et, selon une autre formulation, Rachi a expliqué : qu’en…
Texte original — Yoma 48b (מח:)
חישב
מחשבת פיגול
בחתיית גחלים מהו
שתיפסל הקטורת? [ובלשון אחר ביאר רש"י: מהו שייפסלו הגחלים]; כלומר: האם חתיית הגחלים "עבודה" היא או לא.
מכשירי מצוה
הגחלים שהם מכשירי הקטורת שעיקר מצותה היא ההקטרה
כמצוה דמו
, וכשם שפוסלת מחשבה בחפינה לפסול את הקטורת, כך מועלת מחשבה בחתיית הגחלים לפסול את הקטורת [או הגחלים],
או לא
.
(בעי
) [
בעו
] בני הישיבה
מיניה מרב ששת
:
ארבע עבודות יש בדם:
א.
שחיטה
, והיא כשירה אפילו בזר וכל שכן בשמאל.
ב.
קבלת הדם וקידושו בכלי
, והיא אינה כשירה אלא בכהן, שנאמר: ושחט את בן הבקר לפני ה' והקריבו בני אהרן הכהנים את הדם; כי אף שאמרה תורה "והקריבו" שהוא לשון הולכה, אין כוונת הכתוב אלא לקבלה, שהרי לאחר שחיטה נכתבה, ואין הולכה אלא אם כן קיבל הדם [רש"י חגיגה יא א].
והואיל ונאמר בקבלה לשון "כהונה" הרי שאינה כשירה אלא בימין, כי כך קיבלו חז"ל: כל מקום שנאמר: "אצבע" או "כהונה" אינו אלא בימין.
ג.
הולכת הדם לזריקה על המזבח
, אינה כשירה אלא בכהן, והוא נלמד ממה שכתבה התורה את עבודת הקבלה בלשון "והקריבו" שהוא לשון הולכה; ודין עבודת הולכה בשמאל מתבאר בסוגיא שלפנינו.
ד.
זריקה
, והיא אינה כשירה אלא בכהן, שנאמר: והקריבו בני אהרן הכהנים את הדם וזרקו - הכהנים - את הדם על המזבח סביב; וכיון שכן אף היא אינה כשירה אלא בימין, שהרי נאמר בה כהונה.
הולכה
בדם - שלא נאמר בה לשון "כהונה" בהדיא, כי עיקר הפסוק "והקריבו בני אהרן הכהנים את הדם" על קבלת הדם נאמרה ולא על הולכה, אף שדרשוהו חז"ל על הולכה - הנעשית
בשמאל, מהו
שתהא כשירה?
אמר להו רב ששת: תניתוה
לשאלתכם במשנתנו, דתנן:
נטל את המחתה
של הגחלים
בימינו, ואת הכף
עם הקטורת
בשמאלו
, הרי שהולכה בשמאל כשירה.
ותמהינן עליה דרב ששת שפשט הספק שנסתפקו בדם הזבח, מן הקטורת שאינה זבח:
ונפשוט להו
רב ששת
מהא דתנן
במסכת תמיד גבי זבח עצמו - בסדר הולכת אברי התמיד אל הכבש כדי להקטירן על המזבח:
הראשון - שזכה בפיס להעלות אברים לכבש, זכה - בראש וברגל; הראש - קיבל מיד מנתח האברים - בימינו וכו', ואת
הרגל של ימין בשמאל
[
ו
] -
ו
מוליך את הרגל כש
בית עורה
הצד שהיה מכוסה בעור קודם ההפשט, כלומר: לא במקום החתך -
לחוץ;
ואילו מקום החתך לפנים כלפי כהן, כי כך נאה הדבר.
הרי למדנו: הולכה כשירה בשמאל; ולמה לא פשט רב ששת את הבעיא ממשנה זו המדברת בזבח ולא בקטורת?!
ומשנינן:
אי מהתם
מן המשנה בתמיד, המדברת בהולכת אברים להקטרה על המזבח, עדיין אין להכריח על הולכת דם לזריקה שתהא כשירה בשמאל - כי
הוה אמינא: הני מילי
שהכשרנו בשמאל -
הולכה
של אברים
דלא מעכבא
הקטרתם את ה
כפרה
, כי אין כפרה אלא בדם ואם לא הוקטרו אבריו הרי הקרבן כשר.
אבל הולכת דם, ד
זריקת
דם מעכב, כפרה הוא
, הוה אמינא ד
לא
.
לפיכך
קא משמע לן
רב ששת דאפילו הולכה כזו כשירה בשמאל, שהרי הקטרת הקטורת ביום הכפורים מעכבת, ואפילו הכי הולכתה כשירה בשמאל.
Traduction française
Il a eu une pensée
de pigoul
lors du prélèvement des braises, qu’en est-il
quant à ce que l’encens soit invalidé ? [Et, selon une autre formulation, Rachi a expliqué : qu’en est-il de l’invalidation des braises ?] C’est-à-dire : le prélèvement des braises est-il une « avoda » ou non.
Les préparatifs de la mitsva
les braises, qui sont les préparatifs de l’encens, dont la mitsva essentielle est la combustion,
sont-ils considérés comme la mitsva
et, de même qu’une pensée invalide lors de la prise à poignées invalide l’encens, ainsi une pensée est-elle efficace lors du prélèvement des braises pour invalider l’encens [ou les braises]],
ou non ?
(Ils posèrent une question
ils posèrent une question]
les membres de la maison d’étude
à Rav Chéchet :
Il y a quatre avodot concernant le sang :
a.
l’abattage,
et il est valide même lorsqu’il est accompli par un étranger au sacerdoce, et à plus forte raison de la main gauche.
b.
la réception du sang et sa sanctification dans un ustensile,
et elle n’est valide que par un cohen, ainsi qu’il est dit : « Il abattra le fils du gros bétail devant l’Éternel, et les fils d’Aharon, les cohanim, présenteront le sang » ; car, bien que la Torah ait dit « ils présenteront », expression désignant le transport, l’intention du verset n’est que la réception, puisque cette expression est écrite après l’abattage, et il n’y a pas de transport si ce n’est après que le sang a été reçu [Rachi, Hagיגה 11a].
Et puisque, pour la réception, il est employé une expression de ke’houna, elle n’est donc valide que de la main droite, car c’est ainsi que les Sages ont reçu la tradition : partout où il est dit « doigt » ou « ke’houna », il ne s’agit que de la main droite.
c.
le transport du sang pour l’aspersion sur l’autel,
n’est valide que par un cohen. Cela est déduit du fait que la Torah a écrit l’avoda de réception avec l’expression « ils présenteront », qui désigne le transport ; et la règle relative à l’avoda de transport de la main gauche sera expliquée dans la sougia qui se présente à nous.
d.
l’aspersion,
et elle n’est valide que par un cohen, ainsi qu’il est dit : « Les fils d’Aharon, les cohanim, présenteront le sang et ils aspergeront — les cohanim — le sang sur l’autel, tout autour » ; et puisqu’il en est ainsi, elle n’est elle aussi valide que de la main droite, car il y est dit ke’houna.
Le transport
du sang — car l’expression « ke’houna » n’y est pas explicitement employée, puisque l’essentiel du verset « les fils d’Aharon, les cohanim, présenteront le sang » a été dit au sujet de la réception du sang et non du transport, bien que les Sages l’aient interprété au sujet du transport — accompli
de la main gauche, qu’en est-il
quant à sa validité ?
Rav Chéchet leur dit : vous l’avez appris
en réponse à votre question dans notre Michna, car il est enseigné :
Il prit la pelle
des braises
de sa main droite, et la cuiller
avec l’encens
de sa main gauche,
voici donc que le transport de la main gauche est valide.
Et nous nous étonnons au sujet de Rav Chéchet, qui a tranché le doute qu’ils avaient soulevé concernant le sang du sacrifice à partir de l’encens, qui n’est pas un sacrifice :
et que Rav Chéchet leur tranche donc la question
Rav Chéchet
à partir de ce qui est enseigné
dans le traité Tamid au sujet du sacrifice lui-même — dans l’ordre du transport des membres du sacrifice perpétuel vers la rampe, afin de les faire brûler sur l’autel :
Le premier — celui qui avait été désigné par tirage au sort pour monter les membres sur la rampe — avait obtenu la tête et la patte ; la tête, il la recevait du découpeur des membres de sa main droite, etc., et
la patte droite, de la main gauche
et —
et
il transportait la patte avec
le côté de sa peau
le côté qui était recouvert de peau avant le dépouillement, c’est-à-dire : non à l’endroit de la section —
vers l’extérieur ;
tandis que l’endroit de la section était tourné vers l’intérieur, vers le cohen, car c’est ainsi que la chose est convenable.
Nous avons donc appris : le transport de la main gauche est valide ; et pourquoi Rav Chéchet n’a-t-il pas tranché la question à partir de cette Michna, qui parle d’un sacrifice et non de l’encens ?!
Et nous répondons :
si tu tires la preuve de là —
de la Michna de Tamid, qui parle du transport des membres pour leur combustion sur l’autel, il n’est toujours pas possible de contraindre à conclure que le transport du sang pour l’aspersion serait valide de la main gauche — car
j’aurais pu dire : ces paroles —
que nous avons rendu valides de la main gauche —
concernent le transport
des membres
dont la combustion n’est pas indispensable
à
l’expiation,
car il n’y a d’expiation que par le sang, et si ses membres n’ont pas été brûlés, le sacrifice est néanmoins valide.
Mais le transport du sang, dont
l’aspersion du
sang est indispensable, constitue l’expiation,
j’aurais pu dire qu’il
ne l’est pas.
C’est pourquoi
Rav Chéchet nous enseigne
que même un tel transport est valide de la main gauche, puisque la combustion de l’encens à Yom haKippourim est indispensable, et malgré cela son transport est valide de la main gauche.