Version texte de ce daf : original et traduction
Yévamot 51b (נא:) — le Talmud en français
Yévamot 51b (יבמות נא:): Les rabbins pensent qu’il y a un lien. . C’est-à-dire que telle est l’hypothèse de la Guemara : ils sont également en désaccord sur ce point, bien que cela ne soit pas prouvé…
Texte original — Yévamot 51b (נא:)
רבנן סברי יש זיקה
.
והיינו, שזו היא הנחת הגמרא, שנחלקו גם בכך, אם כי זה לא מוכת ממחלוקתם.
וקתני סיפא: וכן אתה אומר בשני יבמין ויבמה אחת
, שאם שניהם נתנו לה גט, הרי על אף שהגט הרע את הזיקה, די בחליצת אחד מהם לפטור אותה גם מחבירו. וזאת, אפילו לרבנן, שאנו מניחים עתה שהם סוברים יש זיקה.
וכאן מדובר בחליצה פסולה, הבאה אחר בגט.
לימא, תיהוי תיובתא דרבה בר רב הונא אמר רב
.
דאמר רבה בר רב הונא אמר רב: חליצה פסולה
-
צריכה לחזור
היבמה
על כל האחין
לקבל מהם חליצה!?
אמר לך רבה בר רב הונא: בין לרבן גמליאל, בין לרבנן, סברי אין זיקה.
ואילו אני אמרתי זאת לדעת הסוברים יש זיקה.
והכא,
רק
בגט אחר גט ומאמר אחר מאמר קמיפלגי
, ולא אם יש זיקה או אין זיקה.
אמר מר: עשה מאמר בזו ומאמר בזו
-
רבן גמליאל אומר: נותן גט לראשונה, וחולץ לה, ואסור בקרובותיה ומותר בקרובות שניה.
והוינן בה:
מכדי
הרי
קסבר רבן גמליאל
ש
אין מאמר אחר מאמר,
ואם כן,
ראשונה נמי תתייבם!
ומשנינן:
גזירה דלמא אתי לייבומי לשניה.
אמר רבי יוחנן: רבן גמליאל, ובית שמאי, ורבי שמעון, ובן עזאי ורבי נחמיה
-
כולהו סבירא להו
ש
מאמר קונה
את היבמה מן התורה
קנין גמור
, חשוב [אך אינו גמור ממש, שהרי לפני שנבעלה אין קנינה גמור לגמרי, ועדיין היא צריכה חליצה כדי להנשא לשוק ולא יספיק לה גט].
רבן גמליאל, הא דאמרן
, שלכן הוא סובר שאין מאמר אחר מאמר, כי תפס המאמר הראשון את כל כוחו של מאמר כקידושי אשה.
בית שמאי, דתנן: שלשה אחין, שנים מהם נשואין לשתי אחיות ואחד מופנה
.
מת אחד מבעלי אחיות, ועשה בה מופנה מאמר
.
ואח"כ מת אחיו השני
-
ונופלת האחות לפני האח שעשה מאמר באחותה -
בית שמאי אומרים: אשתו
של זה שעשה בה מאמר נשארת
עמו,
ואין היא נאסרת עליו משום אחות זקוקתו, לפי שאחותה אינה זקוקה לו כלל, היות
והלזו
, אחותה הנופלת מאחיו,
תצא
ממנו ללא צורך בחליצה
משום
ערות
אחות אשה.
לפי שהועילו מן התורה קידושי המאמר שעשה באחותה, לאוסרה משום ערות אחות אשה.
רבי שמעון, דתניא
-
ביאתו של קטן בן תשע שנים ויום אחד ביבמתו נחשבת כמאמר, לדעת חכמים, ואם באו עליה בזה אחר זה שני יבמים קטנים כאלו, הרי היא כמקודשת לשניהם, ואסורה להם כדין מאמר אחר מאמר.
אמר להו רבי שמעון לחכמים: אם ביאת ראשון
היא נחשבת
ביאה
הרי קנינו הוא קנין גמור, כמו שהמאמר הוא קנין גמור, ואינה נאסרת על הראשון כי לא תפסו בה קידושי שני.
ו
ביאת שני אינה ביאה
לקנות בה אחר שקנה הראשון.
ו
אם ביאת ראשון אינה ביאה
להחשב קנין מאמר.
ביאת שני נמי אינה ביאה
.
ומדייקת הגמרא:
והא ביאת בן תשע דכמאמר שויוה רבנן, וקאמר רבי שמעון
שאם ביאת ראשון קנתה כמאמר ביאתו של שני
אינה ביאה
לקנות, לפי שקנה הראשון את כח כוחו של מאמר.
בן עזאי, דתניא
-
בן עזאי אומר: יש מאמר אחר מאמר בשני יבמין ויבמה אחת
.
ואין מאמר אחר מאמר בשתי יבמות ויבם אחד.
[עיין היטב ביאור הענין בשתי לשונותיו של רש"י, ומשמע מכאן לכאורה שגם אם נאמר שהמאמר קונה קנין גמור אין זה אלא מדרבנן, וכן משמע לכאורה מדברי רש"י בדף כט ב ד"ה השתא ארוסה, וצריך עיון גדול כיצד לבית שמאי הוא דוחה את אחות אשתו לצאת משום אחות אשה. ועיין באחרונים כאן ולעיל, ובהגהותיו של הגר"א יפהן לריטב"א, שדן בהרחבה בענין]
רבי נחמיה, דתנן
במשנתנו:
רבי נחמיה אומר: אחת בעילה ואחת חליצה, בין בתחלה בין באמצע בין בסוף
-
אין אחריה כלום
;
והא ביאה פסולה, דכמאמר שויוה רבנן,
, שצריכה ממנו חליצה בנוסף לגט,
וקתני: אין אחריה כלום.
שנינו במשנה:
כיצד?
עשה מאמר כו'
Traduction française
Les rabbins pensent qu’il y a un lien.
C’est-à-dire que telle est l’hypothèse de la Guemara : ils sont également en désaccord sur ce point, bien que cela ne soit pas prouvé par leur désaccord.
Et il est enseigné dans la fin de la Michna : De même, tu dis [cela] dans le cas de deux frères lévirs et d’une seule yevama,
à savoir que, si tous deux lui ont donné un guett, bien que le guett ait affaibli le lien, la ‘halitsa de l’un d’eux suffit à la libérer également de l’autre. Et cela, même selon les rabbins, dont nous supposons maintenant qu’ils pensent qu’il y a un lien.
Et ici, il s’agit d’une ‘halitsa invalide, qui vient après un guett.
Disons donc : cela constituerait une réfutation de Rabba bar Rav Houna au nom de Rav.
Car Rabba bar Rav Houna a dit au nom de Rav : une ‘halitsa invalide —
doit revenir
la yevama
vers tous les frères,
pour recevoir d’eux une ‘halitsa !?
Rabba bar Rav Houna pourrait te répondre : tant selon Rabban Gamaliel que selon les rabbins, ils pensent qu’il n’y a pas de lien.
Or moi, j’ai dit cela selon ceux qui pensent qu’il y a un lien.
Et ici,
seulement
ils sont en désaccord au sujet d’un guett après un guett et d’un maamar après un maamar,
et non au sujet de savoir s’il y a un lien ou s’il n’y en a pas.
Le maître a dit : Il a fait un maamar à celle-ci et un maamar à celle-là —
Rabban Gamaliel dit : Il donne un guett à la première, puis fait pour elle la ‘halitsa ; et elle lui est interdite comme proche parente, tandis que les proches de la seconde lui sont permises.
Nous avons soulevé une difficulté à ce sujet :
Puisque
voici que
Rabban Gamaliel pense
que
un maamar ne suit pas un maamar,
et, dès lors,
la première aussi devrait être soumise au yiboum !
Et nous répondons :
Décret : de peur qu’il ne vienne à soumettre la seconde au yiboum.
Rabbi Yo’hanan a dit : Rabban Gamaliel, Beth Chammaï, Rabbi Chim’on, Ben ‘Azzaï et Rabbi Ne’hémia —
tous pensent
que
le maamar acquiert
la yevama selon la Torah
d’une acquisition complète,
[importante, mais qui n’est pas réellement complète, car avant qu’il ait eu relation avec elle, son acquisition n’est pas entièrement complète ; elle a encore besoin de la ‘halitsa pour pouvoir se marier en dehors de la famille léviratique, et un guett ne lui suffira pas].
Rabban Gamaliel : c’est ce que nous avons dit,
car il pense pour cette raison qu’un maamar ne suit pas un maamar : le premier maamar a saisi toute la force d’un maamar, comme les qiddouchine d’une femme.
Beth Chammaï, comme il est enseigné dans la Michna : Trois frères, dont deux sont mariés à deux sœurs, et le troisième est célibataire.
L’un des maris des sœurs mourut, et le célibataire fit un maamar à cette sœur.
Puis son deuxième frère mourut —
et la sœur tomba devant le frère qui avait fait un maamar à sa sœur —
Beth Chammaï disent : son épouse
— celle à qui celui-ci avait fait un maamar — reste
avec lui,
et elle ne lui est pas interdite en tant que sœur de celle à laquelle il est lié, puisque sa sœur ne lui est nullement liée, étant donné que
celle-ci,
sa sœur qui tombe de son frère,
sort
de chez lui sans qu’une ‘halitsa soit nécessaire
en raison
de la nudité de
la sœur de la femme.
Car les qiddouchine du maamar qu’il avait faits à sa sœur ont été efficaces selon la Torah, pour la lui interdire en raison de la nudité de la sœur de la femme.
Rabbi Chim’on, comme il est enseigné dans une baraïta —
La relation d’un mineur âgé de neuf ans et un jour avec sa yevama est considérée comme un maamar, selon les Sages ; et si deux jeunes frères lévirs de cette sorte ont eu relation avec elle l’un après l’autre, elle est comme fiancée aux deux et leur est interdite, selon la règle d’un maamar après un maamar.
Rabbi Chim’on leur dit, aux Sages : Si la relation du premier
est considérée comme une
relation —
son acquisition est alors une acquisition complète, de même que le maamar est une acquisition complète ; et elle n’est pas interdite au premier, car les qiddouchine du second n’ont pas pris effet en elle.
Et
la relation du second n’est pas une relation
permettant d’acquérir, après que le premier a acquis.
Et
si la relation du premier n’est pas une relation
pour être considérée comme une acquisition de maamar,
la relation du second non plus n’est pas une relation.
Et la Guemara déduit :
Mais la relation d’un garçon de neuf ans, que les Sages ont rendue semblable à un maamar, et Rabbi Chim’on dit
que, si la relation du premier a acquis comme un maamar, la relation du second
n’est pas une relation
permettant d’acquérir, car le premier a acquis toute la force d’un maamar.
Ben ‘Azzaï, comme il est enseigné dans une baraïta —
Ben ‘Azzaï dit : Il y a un maamar après un maamar dans le cas de deux frères lévirs et d’une seule yevama.
Mais il n’y a pas de maamar après un maamar dans le cas de deux yevamot et d’un seul frère lévir.
Consulte attentivement l’explication de la question dans ses deux formulations chez Rachi ; il ressort apparemment d’ici que, même si l’on dit que le maamar constitue une acquisition complète, ce n’est que d’ordre rabbinique. Cela ressort également apparemment des paroles de Rachi, page 29 b, s. v. « à présent, fiancée », et il faut examiner très attentivement comment, selon Beth Chammaï, il repousse la sœur de sa femme pour qu’elle sorte en raison de la sœur de sa femme. Consulte les A’haronim ici et plus haut, ainsi que les gloses du Gaon Rabbi Éliézer Yé’hiel Yéfen sur le Ritba, où la question est examinée en détail.]]
Rabbi Ne’hémia, comme il est enseigné dans la Michna
dans notre Michna :
Rabbi Ne’hémia dit : qu’il y ait une relation ou une ‘halitsa, au début, au milieu ou à la fin —
il n’y a rien après elle ;
Mais cette relation invalide, que les Sages ont rendue semblable à un maamar,
qui nécessite de sa part une ‘halitsa en plus du guett,
et il est enseigné : il n’y a rien après elle.
Nous avons appris dans la Michna :
Comment cela ?
Il a fait un maamar, etc.