Version texte de ce daf : original et traduction

Yévamot 26b (כו:) — le Talmud en français

Yévamot 26b (יבמות כו:): Nous objectons : « Si tel est le cas, s’il faut craindre la mort de ceux qui prennent au yiboum — cinq aussi ! Avec cinq frères également, craignons peut-être que deux frères…

Texte original — Yévamot 26b (כו:)

ומקשינן:

אי הכי

, שיש לחשוש למיתת המייבמים -

חמשה נמי!

גם בחמישה אחין ניחוש שמא ימותו שני אחים, ותיפול הצרה לפני המיבם הראשון, ותפטר משום אחות אשה!?

ומשנינן:

למיתה דתרי לא חיישינן

.

אמר רבא בר רב הונא אמר רב: שלש אחיות יבמות שנפלו לפני שני אחין יבמין

-

אי אפשר לייבם את שתיהן, כמו שאמרה המשנה [מהטעם שכל אחת מהיבמות אסורה עליו משום אחות זקוקתו, או מהטעם דאסור לבטל מצוות יבמין], אלא והדין הוא:

זה חולץ לאחת, וזה חולץ לאחת. ואמצעית

היינו האחרונה

צריכה חליצה משניהם

אמר ליה רבה: מדקאמרת אמצעית צריכה חליצה משניהם,

ואין די בחליצת אחד האחים, יש ללמוד מדבריך כי

קסברת

:

א.

יש זיקה!

ממה שאמרת שהאמצעית צריכה חליצה משני האחין, מוכח שאתה לומד שזיקת היבום בין היבמה היא זיקה "אלימא", והיא זיקה בינה לבין כל אחד מהאחים בנפרד [ולא רק זיקה חלשה, לאותו אחד שהיא לבסוף תתיבם לו].

ב.

והויא לה "חליצה פסולה".

חליצה ליבמה שאי אפשר ליבם אותה, חליצה גרועה היא, ונקראת "חליצה פסולה".

וחליצה פסולה

-

צריך לחזור על כל האחין!

כי בחליצה גרועה לא פוקע הקשר שיש לכל האחים עם היבמה כמו בחליצה רגילה, שפוטרת את היבמה מכל האחין, עד שיחלצו לה כל האחים.

ולכן, כיון שרב סובר שיש זיקה לכל אחד מהיבמין, היא צריכה חליצה מכל אחד מהם.

ומקשה הגמרא:

אי הכי

-

קמייתא נמי!?

למה רק השלישית צריכה חליצה מכל האחין, הרי גם הראשונות יצטרכו חליצה מכל אחד מהאחין, משום שגם אותן אי אפשר לייבם, והוי חליצה פסולה, וצריכה חליצה מכל אחד מהאחין!

ומשנינן:

אי דנפול בבת אחת,

אם מדובר שנפלו ליבום אחת אחר השניה, לפני שהספיקו ליבם או לחלוץ אחת מהן -

הכי נמי,

באמת כך הדין, שכל השלוש צריכות חליצה מכל אחד מהאחין.

לא צריכא,

אלא כאן מדובר

דנפול בזו אחר זו.

שלא נפלו כולם ליבום בבת אחת, והיו אסורות משום אחות זקוקתו, אלא נפלה השניה אחר חליצתה של הראשונה.

נפלה חדא, חלץ לה ראובן.

וחליצה זו היתה כשרה, שהרי היה ראובן יכול ליבם אותה אז.

וכאשר

נפלה אידך, חלץ לה שמעון,

וגם היא, חליצה כשירה היא, כי לגבי שמעון מותרת זו ביבום, היות ואחותה כבר התייבמה, והיא אינה אוסרת את אחותה משום אחות זקוקה.

אולם כאשר

נפלה אידך

-

שוב אין היא יכולה להתייבם, לפי שהשלישית אסורה לכל אחד מהאחים באיסור אחות חלוצתו, וחליצתה פסולה, ולכן היא צריכה לחזור על כל האחים כדי שכל אחד יפקיע ממנה את הזיקה הגרועה שיש לו בה.

חלץ לה האי

אחד מהאחין

מפקע זיקתו.

שחליצתו וזיקתו שוים הם.

ו

חלץ לה האי

האח השני, שאין חליצת אחיו פוטרת זיקתו, משום שהיתה חליצה פסולה -

מפקע זיקתו.

ומקשה הגמרא:

והאמר רב אין זיקה!?

ואם כן, איך יכול להיות שאמר את ההלכה שהשלישית צריכה חליצה מכל האחים?

ומשנינן:

לדברי האומר יש זיקה, קאמר

רב את דבריו.

אבל רב באמת חולק על דין זה וסובר שכיון שאין זיקה "אלימא" בין היבמה לבין כל אחד מהאחין.

לכן, גם חליצה פסולה של אחד מועילה להפקיע את זיקתה מכל האחים.

ושמואל אמר: אחד חולץ לכולן.

שמואל חולק גם על דינו של רב לגבי השניה, וסובר שאין השניה צריכה חליצה דווקא משמעון, וגם על דינו של רב לגבי השלישית, וסובר שאין השלישית צריכה חליצה מכולם.

ולקמן יתבאר במה נחלק על רב.

ומקשה הגמרא:

מכדי,

הרי,

שמעינן ליה לשמואל דאמר חליצה מעליא בעינן

שלא מועיל לפטור יבמה בחליצה גרועה.

דאמר שמואל

:

Traduction française

Nous objectons :

« Si tel est le cas,

s’il faut craindre la mort de ceux qui prennent au yiboum —

cinq aussi !

Avec cinq frères également, craignons peut-être que deux frères meurent, que la rivale tombe devant le premier qui a pris au yiboum, et qu’elle soit dispensée en tant que sœur de sa femme !?

Nous répondons :

« Nous ne craignons pas la mort de deux personnes. »

Rava fils de Rav Houna dit au nom de Rav : Trois sœurs, belles-sœurs destinées au yiboum, tombèrent devant deux frères destinés au yiboum —

Il est impossible de prendre les deux au yiboum, comme l’a dit la Michna [soit parce que chacune des belles-sœurs est interdite au frère en tant que sœur de celle qui lui est liée, soit parce qu’il est interdit d’annuler la mitsva des frères lévirs] ; mais la règle est la suivante :

Celui-ci accomplit la halitsa avec l’une, et celui-ci accomplit la halitsa avec l’une. Et celle du milieu

c’est-à-dire la dernière

a besoin de la halitsa des deux.

Rabba lui dit : Du fait que tu dis que celle du milieu a besoin de la halitsa des deux,

et que la halitsa d’un seul des frères ne suffit pas, on peut apprendre de tes paroles que

tu penses :

a.

Il existe un lien !

De ce que tu as dit, à savoir que celle du milieu a besoin de la halitsa des deux frères, il est prouvé que tu considères que le lien du yiboum entre la belle-sœur et les frères est un lien « fort », et qu’il existe entre elle et chacun des frères séparément [et non pas seulement un lien faible avec celui auquel elle finira par être prise au yiboum].

b.

Et elle devient une « halitsa invalide ».

La halitsa d’une belle-sœur qu’il est impossible de prendre au yiboum est une halitsa défectueuse, et elle est appelée « halitsa invalide ».

Et une halitsa invalide —

il faut la répéter avec tous les frères !

Car, dans le cas d’une halitsa défectueuse, le lien qui unit chacun des frères à la belle-sœur ne prend pas fin comme lors d’une halitsa ordinaire, qui dispense la belle-sœur de tous les frères, jusqu’à ce que tous les frères lui fassent subir la halitsa.

C’est pourquoi, puisque Rav considère qu’il existe un lien avec chacun des frères destinés au yiboum, elle a besoin de la halitsa de chacun d’eux.

La Guemara objecte :

« Si tel est le cas —

la première aussi !? »

Pourquoi seule la troisième a-t-elle besoin de la halitsa de tous les frères ? Les premières aussi devraient avoir besoin de la halitsa de chacun des frères, puisque, pour elles également, le yiboum est impossible, que leur halitsa est donc invalide et qu’elles ont besoin de la halitsa de chacun des frères !?

Nous répondons :

« Si elles sont tombées en même temps,

si elles sont tombées au yiboum l’une après l’autre, avant que l’on ait eu le temps de prendre l’une d’elles au yiboum ou de lui faire subir la halitsa —

il en est effectivement ainsi,

la règle est réellement que les trois ont besoin de la halitsa de chacun des frères.

Ce n’est pas nécessaire,

mais il s’agit ici du cas

où elles sont tombées l’une après l’autre.

Elles ne sont pas toutes tombées au yiboum en même temps et n’étaient donc pas interdites comme sœurs de celle qui est liée ; la seconde est tombée après la halitsa de la première.

L’une tomba, et Réouven lui fit subir la halitsa.

Cette halitsa était valide, puisque Réouven pouvait alors la prendre au yiboum.

Et lorsque

l’autre tomba, Chimone lui fit subir la halitsa,

et sa halitsa à elle aussi est valide, car, à l’égard de Chimone, celle-ci était permise au yiboum, puisque sa sœur avait déjà été prise au yiboum et qu’elle ne rendait pas sa sœur interdite en tant que sœur de celle qui est liée.

Mais lorsque

l’autre tomba —

elle ne peut de nouveau plus être prise au yiboum, puisque la troisième est interdite à chacun des frères par l’interdiction de la sœur de celle à laquelle il a fait subir la halitsa. Sa halitsa est invalide ; c’est pourquoi elle doit être répétée avec tous les frères, afin que chacun fasse disparaître d’elle le lien défectueux qu’il a avec elle.

Si celui-ci lui fit subir la halitsa

l’un des frères

il fait disparaître son lien.

Car sa halitsa et son lien sont équivalents.

Et

si celui-ci lui fit subir la halitsa

le second frère, dont la halitsa de son frère ne fait pas disparaître le lien, puisque c’était une halitsa invalide —

il fait disparaître son lien.

La Guemara objecte :

« Rav n’a-t-il pas dit : “Il n’existe pas de lien” !? »

Dès lors, comment peut-il avoir dit la règle selon laquelle la troisième a besoin de la halitsa de tous les frères ?

Nous répondons :

« Rav parle selon l’opinion de celui qui dit qu’il existe un lien »

lorsqu’il a énoncé ses paroles.

Mais Rav lui-même s’oppose réellement à cette règle et considère que, puisqu’il n’existe pas de lien « fort » entre la belle-sœur et chacun des frères,

même la halitsa invalide de l’un suffit à faire disparaître son lien avec tous les frères.

Et Chmouel dit : un seul accomplit la halitsa pour toutes.

Chmouel s’oppose également à la règle de Rav concernant la seconde : il considère que la seconde n’a pas besoin de la halitsa précisément de Chimone ; et il s’oppose aussi à la règle de Rav concernant la troisième, considérant que la troisième n’a pas besoin de la halitsa de tous.

Plus loin, il sera expliqué sur quel point il est en désaccord avec Rav.

La Guemara objecte :

« Puisque,

voici que

nous lui avons entendu dire, à Chmouel, qu’il faut une halitsa valable

et qu’une halitsa défectueuse ne suffit pas pour dispenser une belle-sœur —

car Chmouel a dit :

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