Version texte de ce daf : original et traduction
Soucca 39a (לט.) — le Talmud en français
Soucca 39a (סוכה לט.): Rav Safra lui dit : Moïse, c'est‑à‑dire, le grand de la génération [puisque l'on compare toujours le grand de la génération à Moïse notre maître], et est‑ce que tu as bien dit…
Texte original — Soucca 39a (לט.)
אמר ליה רב ספרא:
משה,
כלומר, גדול הדור [שלעולם גדול הדור נמשל למשה רבינו], וכי
שפיר קאמרת?
אלא
: בין
התם
גבי ברוך הבא,
ו
בין
הכא
גבי יהא שמיה רבה, הרי מתכוין ל
אסוקי מילתא הוא,
כלומר, כונתו לגמור דיבורו,
ו
בכהאי גוונא
לית לן בה.
שנינו במשנתנו:
מקום שנהגו לכפול
יכפול:
ושנינו בברייתא:
תנא: רבי כופל בה דברים,
מאנא ה' ואילך עד סוף ההלל.
ואילו
רבי אלעזר בן פרטא מוסיף בה
בהלל לכפול
דברים
יותר מכפילתו של רבי.
ומבארת הגמרא:
מאי מוסיף
רבי אליעזר בר פרטא? אילו דברים היה כופל יותר מאלו שכפל רבי?
אמר אביי: מוסיף
היה
לכפול מאודך ולמטה,
כדרך שאנו נוהגים. ומה שלא היה כופל מתחילת המזמור, משום שהמזמור עצמו כופל את דבריו עד לשם, כמבואר לעיל לח א. [ש"קראתי י-ה" - מקביל ל"ענני במרחבי-ה", "ה' לי" נכפל פעמיים, "טוב לחסות" - נכפל פעמיים, "סבבוני" - "סבוני", "דחה" - "דחיתני", "ויהי לי לישועה" - "כל רינה וישועה", "ימין ה'"
\- נכפל פעמיים, "לא אמות" - "ולמוות לא נתנני", "פתחו לי שערי צדק" - "זה השער לה'". אבל מ"אודך" והלאה אינו כפול].
שנינו במשנתנו: מקום שנהגו
לברך, יברך
:
אמר אביי: לא שנו
שהברכה תליא במנהג,
אלא
בברכה ש
לאחריו,
אבל
ברכה ש
לפניו, מצוה לברך.
דאמר רב יהודה אמר שמואל: כל המצות כולן מברך עליהן עובר
[קודם]
לעשייתן.
ומאי משמע דהאי "עובר"
האמור בדברי שמואל
לישנא דאקדומי הוא?
דאמר רב נחמן בר יצחק, דכתיב
: [שמואל ב יח כג]:
"וירץ אחימעץ דרך הככר, ויעבר את הכושי".
והיינו, שהקדים את הכושי ורץ לפניו.
אביי אמר: מהכא
ילפינן [בראשית לג ג]:
"והוא עבר לפניהם".
ואיבעית אימא: מהכא
ילפינן [מיכה ב יג]:
"ויעבר מלכם לפניהם וה' בראשם".
מתניתין:
הלוקח לולב
[לאו דוקא לולב אלא כל מיני הלולב בכלל ],
מחבירו
עם הארץ [רש"י לא גרס חבירו, כיון דאיירי בעם הארץ כמבואר בגמרא, ועם הארץ לא חשיב חבירו של חבר],
בשביעית,
יבקש מאותו עם הארץ שיהא
נותן לו
את ה
אתרוג במתנה,
לפי שאין רשאי ללוקחו
ממנו בדמים
בשביעית
מטעם שיתבאר להלן.
גמרא:
ומבררת הגמרא: אם
לא רצה
אותו עם הארץ
ליתן לו
את האתרוג
במתנה, מהו
[מה יעשה]?
אמר רב הונא
: יקנה ממנו את הלולב ביוקר, יותר מכדי דמיו, עד שיהיה
מבליע ליה
את
דמי
ה
אתרוג בלולב.
דהיינו, אם אין אותו עם הארץ מתרצה ליתן לו אתרוג במתנה, יתן לו את דמיו עבור דבר אחר ויתנה עמו שהאתרוג לעולם יהיה במתנה אצלו.
מקשה הגמרא: מדוע הוא צריך ליקח ממנו את האתרוג במתנה,
וליתיב ליה
מעות
בהדיא,
מה אכפת לן בכך שקונה אותו בדמים?!
מבארת הגמרא: ליתן דמיו להדיא אי אפשר,
לפי שאין מוסרין דמי פירות שביעית לעם הארץ.
שכך שנינו בברייתא,
דתניא: אין מוסרין דמי פירות שביעית לעם הארץ, יותר ממזון שלש סעודות.
והטעם בזה הוא, שהתורה אמרה: "והיתה שבת הארץ לכם לאכלה", ודרשו חכמים: לאכלה - ולא לסחורה. והיינו, שכל פירות שביעית חייבים להתבער בשביעית הן ודמיהן, ולא ניתנו לעשות מהן סחורה, להצניע הדמים בביתו שירבה ממונו.
ועמי ארצות חשודים על כך, ומשום כך אסרו ליקח מהם כלום וליתן דמי שביעית בידיהם, שמא יצניעו הדמים ולא יבערום, ונמצא עובר ב"לפני עור לא תתן מכשול".
אבל מזון ג' סעודות מוסרים בידיהם מפירות שביעית, שיש לחוש שמא לסעודת שבת הם צריכים, וכיון שהותר שיעור זה בערב שבת הותר גם בימות החול.
ואם
שכח ו
מסר
לו מעות שהן דמי פירות שביעית, וכגון שקנה ממנו פירות שביעית,
יאמר
אותו חבר שמסר לו את המעות:
הרי מעות הללו
שמסרתי לו, הקדושים בקדושת שביעית,
יהו מחוללין על פירות
שאינם של שביעית
שיש לי בתוך ביתי,
ויכנסו אותן פירות לקדושה תחתיהם.
Traduction française
Rav Safra lui dit :
Moïse,
c'est‑à‑dire, le grand de la génération [puisque l'on compare toujours le grand de la génération à Moïse notre maître], et
est‑ce que tu as bien dit cela ?
Mais :
entre
là‑bas
au sujet de « baroukh haba »,
et
entre
ici
au sujet de « yehei shemê rabba », alors il entend
qu'il est occupé par l'affaire,
c'est‑à‑dire, son intention est de terminer son discours,
et
de cette manière
cela ne nous concerne pas.
Nous avons enseigné dans notre Mishna :
Endroit où l'on a l'usage de doubler
doublera :
Et nous avons enseigné dans la baraïta :
Tanna : Rabbi répète les paroles,
de « Maanah, Hashem » et ainsi de suite jusqu'à la fin du Hallel.
Et si
Rabbi Eléazar ben Parta y ajoute
dans le Hallel pour doubler
des paroles
plus que la répétition de Rabbi.
Et la Gémara explique :
Qu'ajoute
Rabbi Eliezer bar Parta ? Quels termes il doublait de plus que ceux que doublait Rabbi ?
Abaye dit : il ajoute
était
de répéter « Aodkha » et la suite,
comme nous avons l'usage. Et ce qu'il ne répétait pas depuis le début du psaume, c'est parce que le psaume lui‑même répète ses paroles jusqu'à ce point, comme expliqué plus haut fol. 30a. [incertain : fin du passage corrompue ; la suite de citations du psaume est incomplète]
Est répété deux fois : « lo amout » — « ve'lemavet lo nitnani », « pitechu li she'arei tzedek » — « zeh hashaar l'Adonai ». Mais à partir de « Aodkha » et au‑delà ce n'est pas doublé.
Nous avons enseigné dans notre Mishna : endroit où il est d'usage
de bénir, qu'il bénisse :
Abaye dit : nous n'avons pas enseigné
que la bénédiction dépend de la coutume,
mais
dans la bénédiction qui
vient après,
mais
pour la bénédiction qui
vient avant, c'est une mitsva de bénir.
Rabbi Yehuda a dit au nom de Shmuel : toutes les mitsvot, on bénit sur elles avant
[avant]
leur accomplissement.
Et que signifie ce « עובר »
dont parlent les propos de Shmuel ?
Est‑ce que « עובר » signifie « qui vient avant » ?
Car Rav Nahman bar Yitzhak dit, qu'il est écrit :
[Samuel II 12:23]
"Et Achiémaats courut par la place, et il passa devant le Koushite."
C'est‑à‑dire, qu'il dépassa le Koushite et courut devant lui.
Abaye dit : d'ici
nous déduisons [Genèse 33:3] :
"Et il passa devant eux."
Et si tu veux dire : d'ici
nous déduisons [Michée 2:13] :
"Et Celui qui les délivre passera devant eux et l'Éternel sera à leur tête."
Il est enseigné (Mishna) :
Celui qui prend le lulav
(non pas seulement le lulav mais tous genres de lulav en général),
avec son compagnon
avec un am ha'aretz [Rachi n'a pas lu « chavero », puisque je soutiens « am ha'aretz » comme expliqué dans la Gémara, et un am ha'aretz n'est pas considéré comme le compagnon d'un ami],
dans la shevi'it,
il demandera à ce am ha'aretz qu'
il lui donne
l'
étrog en cadeau,
parce qu'il n'est pas permis de le prendre
de lui pour de l'argent
en shevi'it
pour la raison qui sera expliquée ci‑dessous.
Gémara :
Et la Gémara examine : si
l'am ha'aretz ne voulut pas
donner
lui
l'étrog
en cadeau, que fera‑t‑il
?
Rav Huna dit :
il lui achètera le lulav à prix élevé, au‑delà de la valeur de ses deniers, jusqu'à ce que
il l'intègre à lui
les
deniers
de
l'étrog dans le lulav.
C'est‑à‑dire, si ce am ha'aretz ne consent pas à offrir l'étrog en don, il lui donnera son argent pour autre chose et conviendra avec lui que l'étrog restera toujours un don chez lui.
La Gémara oppose : pourquoi doit‑il le prendre comme don
et ne pas laisser
les deniers
de façon explicite,
qu'on se demande qu'importe qu'il l'achète en argent ?!
La Gémara explique : on ne peut donner son argent de façon explicite,
parce qu'on ne remet pas les deniers des fruits de la shevi'it entre les mains d'un am ha'aretz.
Cela est ainsi comme nous l'avons enseigné dans la baraïta,
car il est dit : on ne remet pas les deniers des fruits de la shevi'it à un am ha'aretz, plus que l'équivalent de la nourriture de trois repas.
Et la raison en est que la Torah dit : « et la terre de la shabbat sera pour vous pour nourriture », et les Sages ont expliqué : « pour nourriture » — et non pour commerce. C'est‑à‑dire, tous les fruits de la shevi'it, eux et leurs deniers, doivent être consommés pendant la shevi'it et ne peuvent être transformés en marchandise, pour dissimuler les deniers chez soi afin d'accroître sa fortune.
Et les habitants des terres étrangères sont suspects sur ce point, et c'est pourquoi il fut interdit de recevoir quoi que ce soit d'eux et de leur donner l'argent de la shevi'it entre leurs mains, de peur qu'ils dissimulent les deniers et ne les consument pas, et qu'ils transgressent « Tu ne mettras pas d'obstacle devant un aveugle ».
Mais la nourriture de trois repas on la remet entre leurs mains à partir des fruits de la shevi'it, car on craint qu'ils n'aient besoin pour le repas de shabbat, et comme cette quantité est permise la veille du shabbat elle est permise aussi en semaine.
Et si
il oublia et
remit
des deniers qui sont les deniers des fruits de la shevi'it, comme s'il avait acheté de lui des fruits de la shevi'it,
dire
cet ami qui me remit les deniers :
voici ces deniers
que je t'ai remis, sont consacrés à la sainteté de la shevi'it,
ils entraînent la profanation des fruits
qui ne sont pas de la shevi'it
que j'ai chez moi,
et ces fruits seront convertis en sainteté sous eux.