Version texte de ce daf : original et traduction

Soucca 26b (כו:) — le Talmud en français

Soucca 26b (סוכה כו:): Et les Sages disent : un homme peut dormir avec les tefilin d’un sommeil passager, mais non d’un sommeil fixe. . C’est-à-dire : durant le jour, un homme peut dormir d’un…

Texte original — Soucca 26b (כו:)

וחכמים אומרים: ישן אדם בתפילין שינת עראי, אבל לא שינת קבע

.

כלומר: ביום ישן אדם שינת עראי, כי אין לחוש שמא ימלך ויישן שינת קבע, אבל בלילה אין ישנין אפילו שינת עראי, הואיל ויש לחוש שמא ימלך ויישן שינת קבע [תוספות עפ"י מהרש"ל]

וכמה שינת עראי: כדי הילוך מאה אמה

.

אמר רב: אסור לאדם לישן ביום יותר משינת הסוס

משום ביטול תורה.

וכמה שינת הסוס?

כדי שיעור

שיתין נשמי

[ששים נשימות].

אמר אביי: שנתיה דמר

[שינתו של רבה בר נחמני] ביום -

כדרב

.

ממנו למד אביי מידת שינתו, שהיה ישן רב ביום כשיעור זה.

ו

שינתו

דרב

-

כדרבי

, רב למדה מרבינו הקדוש, שגדל רב אצלו, והיה ישן רבי ביום כשיעור זה.

ו

שינתו

דרבי

-

כ

שינתו

דדוד

. כך קיבל רבי מאבותיו שזו היתה שינת דוד מלך ישראל.

ודדוד

-

כדסוסיא

[כשינת הסוס].

ודסוסיא

-

שיתין נשמי

.

אביי הוה נאים

ביום [רש"י]

כדמעייל מפומבדיתא לבי כובי

[ישן היה ביום כשיעור מהלך מפומבדיתא לבי כובי] שהוא ששה פרסאות [רש"י].

קרי עליה רב יוסף

את הפסוק: "

עד מתי עצל תשכב, מתי תקום משנתך

".

תנו רבנן: הנכנס לישן

שינת עראי

ביום, רצה חולץ

את תפיליו,

רצה מניח

. לפי שביום אין דרכו של אדם לשמש מיטתו ולא לישון שינת קבע.

ואילו

בלילה

הרי זה

חולץ

תפיליו אפילו לשינת עראי,

ואינו מניח

שמא ימלך ויישן שינת קבע,

דברי רבי נתן

.

רבי יוסי אומר: הילדים

[בחורים]

לעולם

, ואפילו ביום ולשינת עראי -

חולצין ואינן מניחין, מפני שרגילין בטומאה

.

והשתא סלקא דעתין לפרש, שהרהור מצוי בהן ושמא יראו קרי.

ומקשינן: האם

לימא

ד

קסבר רבי יוסי: בעל קרי אסור להניח תפילין?!

שאם אמנם כן היא שיטתו של רבי יוסי, יש לנו לפסוק הלכה כמותו, דקיימא לן: רבי יוסי נימוקו עמו.

אמר

פירש

אביי

דברי רבי יוסי:

בילדים ונשותיהן עמהן עסקינן, שמא יבואו לידי הרגל דבר

לשמש כשהתפילין בראשן. והא ודאי אסור לבזותן לנהוג בהן קלות ראש.

תנו רבנן: שכח ושימש מטתו בתפילין, אינו אוחז לא ברצועה ולא בקציצה, עד שיטול ידיו, ו

אז

יטלם

לתפילין

מפני שהידים עסקניות הן

, ושמא נגעו במקום הטינופת.

מתניתין:

מעשה והביאו לו לרבן יוחנן בן זכאי

בחג הסוכות

לטעום את התבשיל

, ששיעור מועט הוא ואינו חייב בסוכה [ר"ן],

ולרבן גמליאל

הביאו

שני כותבות

ודלי של מים

, שאינו חשוב [ר"ן].

ו

אף על פי כן

אמרו: העלום לסוכה!

שלא רצו לאכול ולשתות שום דבר חוץ לסוכה.

וכשנתנו לו לרבי צדוק אוכל

[מאכל]

פחות מכביצה, נטלו במפה

. כלומר: לא נטל ידיו, אלא כרך ידיו במפה משום נקיות [רש"י].

ואכלו חוץ לסוכה

היות ואכילת עראי היא.

ולא בירך אחריו

ברכת המזון, דסבר כרבי יהודה, שאינו חייב בברכת המזון אלא על אכילה שיש בה שביעה דהיינו כביצה, וכדכתיב "ואכלת ושבעת וברכת".

גמרא:

שנינו במשנה לעיל: אוכלין ושותין עראי חוץ לסוכה, ושנינו כאן: מעשה והביאו לו לרבן יוחנן בן זכאי לטעום את התבשיל, ואמרו העלום לסוכה.

ותמהינן: הרי נמצא

מעשה

ששנינו במשנה, בא

לסתור

את תחילת דברי המשנה. שהרי לא אכלו תנאים אלו אפילו אכילת עראי חוץ לסוכה, וכי אטו דרך המדברים להביא אחר דבריהם מעשה הסותר דבריהם?!

ומשנינן:

חסורי מחסרא והכי קתני

: אוכלין ושותין עראי חוץ לסוכה, אבל

אם בא להחמיר על עצמו

הרי זה

מחמיר, ולית ביה משום יוהרא

[אין בו משום גאוה].

ומעשה נמי, והביאו לו לרבן יוחנן בן זכאי לטעום את התבשיל, ולרבן גמליאל שני כותבות ודלי של מים

ואמרו: העלום לסוכה

.

Traduction française

Et les Sages disent : un homme peut dormir avec les tefilin d’un sommeil passager, mais non d’un sommeil fixe.

C’est-à-dire : durant le jour, un homme peut dormir d’un sommeil passager, car il n’y a pas à craindre qu’il se ravise et dorme d’un sommeil fixe ; mais durant la nuit, on ne dort même pas d’un sommeil passager, puisqu’il y a lieu de craindre qu’il se ravise et dorme d’un sommeil fixe [Tossafot d’après le Maharshal]

Et quelle est la durée d’un sommeil passager ? Le temps nécessaire pour parcourir cent coudées.

Rav dit : il est interdit à l’homme de dormir durant le jour plus longtemps que le sommeil du cheval,

en raison de l’annulation de l’étude de la Torah.

Et quelle est la durée du sommeil du cheval ?

La durée de

soixante respirations

[soixante respirations].

Abbayé dit : le sommeil de mon maître

[le sommeil de Rabba bar Na’hmani] durant le jour —

comme celui de Rav.

Abbayé apprit de lui la durée de son sommeil : Rav dormait durant le jour cette durée.

Et

son sommeil

de Rav —

comme celui de Rabbi,

Rav l’ayant appris de Rabbenou ha-Kadoch, auprès duquel Rav avait grandi ; Rabbi dormait durant le jour cette durée.

Et

son sommeil

de Rabbi —

comme

le sommeil

de David.

Ainsi Rabbi le reçut-il de ses ancêtres : tel était le sommeil de David, roi d’Israël.

Et David —

comme le petit cheval

[comme le sommeil du cheval].

Et le petit cheval —

soixante respirations.

Abbayé somnolait

durant le jour [Rachi]

comme lorsqu’il entrait de Poumbedita à Bei Kouvei

[il dormait durant le jour le temps nécessaire pour aller de Poumbedita à Bei Kouvei], soit six parsot [Rachi].

Rav Yossef lui appliqua

le verset : «

Jusqu’à quand, paresseux, resteras-tu couché ? Quand te lèveras-tu de ton sommeil ? »

Les maîtres ont enseigné : celui qui entre pour dormir

d’un sommeil passager

durant le jour, s’il le veut, enlève

ses tefilin,

s’il le veut, les met.

Car durant le jour, il n’est pas dans les habitudes de l’homme d’avoir des relations conjugales ni de dormir d’un sommeil fixe.

Mais

durant la nuit, le voici

qui enlève

ses tefilin même pour un sommeil passager,

et ne les met pas,

de crainte qu’il ne se ravise et ne dorme d’un sommeil fixe,

paroles de Rabbi Nathan.

Rabbi Yossi dit : les jeunes garçons

[les jeunes gens]

en toute circonstance,

même durant le jour et pour un sommeil passager,

enlèvent [leurs tefilin] et ne les mettent pas, car ils sont habitués à l’impureté.

Et maintenant, on pourrait penser à expliquer qu’une pensée [à caractère sexuel] leur est fréquente et qu’ils risquent d’avoir une émission séminale.

Et nous objectons : est-ce que

dirons-nous

qu’il

pense, selon Rabbi Yossi, qu’un homme ayant eu une émission séminale n’a pas le droit de mettre les tefilin ?

Car si telle était effectivement la méthode de Rabbi Yossi, nous devrions fixer la halakha comme lui, puisque nous avons établi que Rabbi Yossi est celui dont le raisonnement l’accompagne.

Il dit

Il expliqua

Abbayé

les paroles de Rabbi Yossi :

nous parlons de jeunes garçons dont les épouses sont avec eux, de crainte qu’ils n’en viennent à l’habitude des relations conjugales,

à avoir des relations alors qu’ils portent les tefilin sur la tête. Et il est assurément interdit de les avilir en se comportant avec eux avec légèreté.

Les maîtres ont enseigné : s’il a oublié et a eu des relations conjugales alors qu’il portait les tefilin, il ne saisit ni la courroie ni le boîtier, jusqu’à ce qu’il se lave les mains, et

alors

il les prend

les tefilin

car les mains sont affairées,

et il est possible qu’elles aient touché l’endroit souillé.

Michna :

Il arriva qu’on apporta à Rabban Yo’hanan ben Zakkaï

durant la fête de Soukot

de goûter le mets,

car il s’agit d’une petite quantité et il n’est pas tenu de manger dans la souka [Ran],

et à Rabban Gamliel

on apporta

deux dattes

et un seau d’eau,

car cela n’est pas considéré comme important [Ran].

Et

malgré cela,

ils dirent : faites-les monter dans la souka !

Car ils ne voulurent rien manger ni boire à l’extérieur de la souka.

Et lorsqu’on donna à Rabbi Tsadok de la nourriture

[un aliment]

inférieure au volume d’un œuf, il la prit dans une serviette.

C’est-à-dire : il ne se lava pas les mains, mais enveloppa ses mains dans une serviette, par souci de propreté [Rachi].

Et ils la mangèrent à l’extérieur de la souka,

puisqu’il s’agissait d’une consommation passagère.

Et il ne récita pas de bénédiction après,

la bénédiction après le repas, car il pensait comme Rabbi Yehouda : on n’est tenu de réciter la bénédiction après le repas que pour une consommation qui procure la satiété, c’est-à-dire le volume d’un œuf, comme il est écrit : « Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras ».

Guemara :

Nous avons appris dans la Michna précédente : on mange et on boit une consommation passagère à l’extérieur de la souka ; et nous avons appris ici : il arriva qu’on apporta à Rabban Yo’hanan ben Zakkaï de goûter le mets, et ils dirent : faites-les monter dans la souka.

Et nous nous étonnons : il se trouve donc

un fait

que nous avons rapporté dans la Michna, qui vient

contredire

le début des paroles de la Michna. En effet, ces tanaïm ne mangèrent même pas une consommation passagère à l’extérieur de la souka ; serait-ce que ceux qui parlent ont pour habitude d’apporter, après leurs paroles, un fait qui contredit leurs paroles ?!

Et nous répondons :

il manque [un passage] et voici ce qu’elle enseigne :

on mange et on boit une consommation passagère à l’extérieur de la souka, mais

si l’on vient à s’imposer la rigueur,

le voici

qui s’impose la rigueur, et il n’y a pas là de prétention

[il n’y a pas là d’orgueil].

Et il arriva également qu’on apporta à Rabban Yo’hanan ben Zakkaï de goûter le mets, et à Rabban Gamliel deux dattes et un seau d’eau

et ils dirent : faites-les monter dans la souka.

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