Version texte de ce daf : original et traduction
Soucca 24a (כד.) — le Talmud en français
Soucca 24a (סוכה כד.): Rabbi Yehouda, Rabbi Yossi et Rabbi Chim'on l'interdisent, en raison de la crainte que l'outre du vin ne se rompe, qu'il ne puisse en résulter une berera, et qu'il se trouve…
Texte original — Soucca 24a (כד.)
רבי יהודה ורבי יוסי ורבי שמעון אוסרין
, ומשום שמא יבקע הנוד של היין ולא יבוא לידי ברירה ונמצא שותה טבלים.
הרי למדנו שרבי יהודה חושש למיתה [בקיעת הנוד], ואילו רבי מאיר אינו חושש לכך; ובכך מתיישבת הסתירה בין המשנה והברייתא בענין תרומה אם חוששת למיתה, כי הא רבי מאיר והא רבי יהודה.
והשתא תיקשי: הרי לדעת אביי רבי יהודה הוא החושש למיתה, ואילו רבי מאיר אינו חושש; ואילו לגבי בהמה שעשאה דופן לסוכה, אמר אביי, כי רבי מאיר הוא החושש למיתה, ורבי יהודה אינו חושש?!
ומשנינן:
איפוך
תירוצו של אביי על הסתירה בין המשנה לברייתא בתרומה, וכך אמר:
רבי מאיר חייש למיתה
והברייתא כדעתו,
ורבי יהודה לא חייש למיתה
והמשנה כדעתו; ולא השוה אביי לדין "הלוקח יין", אלא ל"עשאה לבהמה דופן לסוכה" -
דתניא: עשאה לבהמה דופן לסוכה: רבי מאיר פוסל
משום דחייש למיתה,
ורבי יהודה מכשיר
, כי אינו חושש למיתה.
ואכתי תמהינן:
קשיא דרבי מאיר
ד"הלוקח יין" שאינו חושש לבקיעת הנוד,
אדרבי מאיר
ד"עשאה לבהמה דופן לסוכה" דחייש למיתה?!
אמר לך רבי מאיר: מיתה שכיחא, בקיעת הנוד לא שכיחא
כי
אפשר דמסר ליה לשומר
.
ואכתי תיקשי:
קשיא דרבי יהודה
ד"הלוקח יין מבין הכותים" החושש אפילו לבקיעת הנוד,
אדרבי יהודה
ד"עשאה לבהמה דופן לסוכה" שאינו חושש אפילו למיתה?!
ומשנינן:
טעמא דרבי יהודה
גבי "הלוקח יין מבין הכותים"
לאו משום דחייש לבקיעת נוד, אלא משום דלית ליה
"
ברירה
", ולא יתברר כשיפריש אחר זמן, שאותן לוגין שהפריש נעשו תרומה מתחילה, ולפיכך אסור לשתות, שמא על לוג אחר חלה התרומה, ונמצא זה שותה תרומה.
ותמהינן:
ו
כי אטו
לא חייש רבי יהודה לבקיעת נוד
, והטעם שאסר ב"הלוקח יין מבין הכותים" הוא משום דאין ברירה?!
והא מדקתני סיפא: אמרו לו לרבי מאיר: אי אתה מודה שמא יבקע הנוד ונמצא זה שותה טבלים למפרע, ואמר להו
רבי מאיר:
לכשיבקע
נתבונן בדבר, כלומר: אין לחוש לזה -
מכלל דחייש רבי יהודה לבקיעת הנוד?!
ומשנינן:
התם רבי יהודה הוא דקאמר לרבי
מאיר: לדידי לית לי ברירה, אלא לדידך דיש ברירה, אי אתה מודה דשמא יבקע הנוד?
! אמר ליה: לכשיבקע
.
ואכתי תמהינן:
ו
כי אטו
לא חייש רבי יהודה למיתה?!
והא תנן: רבי יהודה אומר: אף אשה אחרת מתקינין לו
לכהן גדול בערב יום הכפורים
שמא תמות אשתו
, והתורה אמרה: וכפר - הכהן הגדול ביום הכפורים - בעדו ובעד "ביתו" היא אשתו?!
ומשנינן:
הא איתמר עלה: אמר רב הונא בריה דרב יהושע: מעלה עשו בכפרה
של יום הכפורים, שחשש בה רבי יהודה למיתה אף כי בעלמא אינו חושש למיתה.
ותמהינן:
בין למאן דאמר
: טעמו של רבי מאיר הסובר: אין עושים בהמה דופן לסוכה, הוא משום
שמא תמות
הבהמה, ו
בין למאן דאמר
: טעמו הוא משום
שמא תברח
הבהמה - הרי נמצא כי
מדאורייתא מחיצה מעליא היא, ורבנן הוא דגזרו בה
-
ו
אלא מעתה
שמדרבנן הוא,
לרבי מאיר תטמא
בהמה
משום גולל
ו
אלמה תנן: רבי יהודה מטמא משום גולל, ורבי מאיר מטהר?!
והרי קולא היא שהקיל שאינה בטילה ונעשית גולל; והואיל ומדרבנן בעלמא הוא, מה טעם יש להקיל בגולל?!
אלא אמר רב אחא בר יעקב
טעם אחר לדבריו של רבי מאיר:
קסבר רבי מאיר: כל מחיצה
שעומדת ברוח
[על ידי רוח] כגון רוח חיים
אינה מחיצה
, הואיל ועיקר עמידתה על ידי דבר שאין בו ממש הוא.
איכא דאמרי: אמר רב אחא בר יעקב: קסבר רבי מאיר: כל מחיצה שאינה עשויה בידי אדם אינה מחיצה
, ואף רוח חיים לאו בידי אדם הוא, שהרי אין רוח בידו לנפחו [לשון רש"י].
ומפרשינן:
מאי בינייהו
דשתי הלשונות של רב אחא בר יעקב?
איכא בינייהו דאוקמה
לדופן הסוכה
בנוד תפוח
[סמך הדופן על בלון נפוח] -
שהרי
למאן דאמר: מחיצה
ה
עומדת ברוח אינה מחיצה, הרי
אף זו
עומדת ברוח
, ופסולה -
ואילו
למאן דאמר
: מחיצה ש
אינה עשויה בידי אדם
אינה מחיצה -
Traduction française
Rabbi Yehouda, Rabbi Yossi et Rabbi Chim'on l'interdisent,
en raison de la crainte que l'outre du vin ne se rompe, qu'il ne puisse en résulter une berera, et qu'il se trouve ainsi boire des produits tevel.
Nous avons donc appris que Rabbi Yehouda craint la mort [la rupture de l'outre], tandis que Rabbi Meïr ne la craint pas ; ainsi se résout la contradiction entre la Michna et la baraïta au sujet de la terouma, quant à savoir si elle craint la mort : l'une est selon Rabbi Meïr, et l'autre selon Rabbi Yehouda.
Mais maintenant une difficulté se pose : selon l'avis d'Abayé, c'est Rabbi Yehouda qui craint la mort, tandis que Rabbi Meïr ne la craint pas ; or, à propos de l'animal dont on a fait une paroi pour la soukka, Abayé a dit que c'est Rabbi Meïr qui craint la mort, tandis que Rabbi Yehouda ne la craint pas
.
Inversions
la réponse d'Abayé à la contradiction entre la Michna et la baraïta au sujet de la terouma, et voici ce qu'il a dit :
Rabbi Meïr craint la mort
et la baraïta est selon son opinion,
et Rabbi Yehouda ne craint pas la mort
et la Michna est selon son opinion ; Abayé n'a pas comparé cela à la loi de « celui qui achète du vin », mais au cas où « il en a fait une paroi de soukka pour l'animal » -
Car il a été enseigné dans une baraïta : s'il en a fait une paroi de soukka pour l'animal, Rabbi Meïr la déclare impropre,
parce qu'il craint la mort,
et Rabbi Yehouda la déclare apte,
car il ne craint pas la mort.
Et pourtant nous nous étonnons
: la difficulté de Rabbi Meïr
dans le cas de « celui qui achète du vin », où il ne craint pas la rupture de l'outre,
par rapport à Rabbi Meïr
dans le cas de « s'il en a fait une paroi de soukka pour l'animal », où il craint la mort
?
Rabbi Meïr pourrait te répondre : la mort est fréquente, la rupture de l'outre n'est pas fréquente,
car
il est possible qu'il le confie à un gardien.
Et pourtant nous nous étonnons
: la difficulté de Rabbi Yehouda
dans le cas de « celui qui achète du vin parmi les Samaritains », où il craint même la rupture de l'outre,
par rapport à Rabbi Yehouda
dans le cas de « s'il en a fait une paroi de soukka pour l'animal », où il ne craint même pas la mort
?
La raison de Rabbi Yehouda
dans le cas de « celui qui achète du vin parmi les Samaritains »
n'est pas qu'il craint la rupture de l'outre, mais qu'il ne possède pas de berera,
et cela ne sera pas déterminé lorsqu'il prélèvera plus tard : les log qu'il a prélevés seront considérés comme étant devenus de la terouma dès le commencement ; c'est pourquoi il est interdit de boire, de peur que la terouma ne se soit appliquée à un autre log, et qu'il se trouve boire de la terouma.
Et nous nous étonnons
: et
est-ce donc que
Rabbi Yehouda ne craint pas la rupture de l'outre,
et que la raison pour laquelle il a interdit dans le cas de « celui qui achète du vin parmi les Samaritains » est qu'il n'y a pas de berera
?
Or, puisque l'on enseigne dans la fin de la Michna : « Ils dirent à Rabbi Meïr : ne reconnais-tu pas que, peut-être, l'outre se rompra et que celui-ci se trouvera boire rétroactivement du tevel, et il leur dit
: “Lorsqu'elle se rompra”
considérons la chose, c'est-à-dire : il n'y a pas lieu de le craindre -
N'en découle-t-il pas que Rabbi Yehouda craint la rupture de l'outre ?
Et nous répondons
: là, c'est Rabbi Yehouda qui dit à Rabbi
Meïr : “Pour moi, je ne possède pas de berera ; mais pour toi, qui dis qu'il y a une berera, ne reconnais-tu pas que peut-être l'outre se rompra ?”
Il lui répondit : “Lorsqu'elle se rompra”.
Et pourtant nous nous étonnons
: et
est-ce donc que
Rabbi Yehouda ne craint pas la mort ?
Or, nous avons appris dans la Michna : Rabbi Yehouda dit : “On prépare aussi une autre femme pour lui”
pour le grand
cohen, la veille de Kippour,
“de peur que sa femme ne meure”, et la Torah a dit : il fera expiation — le grand cohen, le jour de Kippour — pour lui-même et pour sa « maison », c'est-à-dire sa femme
?
Et nous répondons : cela a été dit à ce sujet : Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, a dit : “On a établi une exigence particulière pour l'expiation”
du jour de Kippour ; Rabbi Yehouda y a donc craint la mort, bien qu'en règle générale il ne craigne pas la mort.
Et nous nous étonnons
: selon celui qui dit
que la raison de Rabbi Meïr, qui soutient qu'on ne fait pas d'un animal une paroi de soukka, est
“de peur que l'animal ne meure”, et
selon celui qui dit
que sa raison est
“de peur que l'animal ne s'enfuie” — il s'avère donc que
selon la Torah, c'est une paroi excellente, et que ce sont les Sages qui ont décrété à son sujet -
Dès lors,
puisque cela relève d'un décret rabbinique,
selon Rabbi Meïr, l'animal devrait devenir impur
en tant que
couverture de tombeau -
et pourquoi donc avons-nous appris : Rabbi Yehouda rend impur en tant que couverture de tombeau, et Rabbi Meïr déclare pur ?
Or, c'est une indulgence qu'il a accordée, en ce qu'elle n'est pas annulée et ne devient pas une couverture de tombeau ; et puisqu'il ne s'agit que d'une mesure rabbinique, pour quelle raison se montrer indulgent concernant une couverture de tombeau ?
Mais Rav A'ha bar Yaakov a dit
qu'il y a une autre raison aux paroles de Rabbi Meïr :
Rabbi Meïr pense : toute paroi
qui tient par le vent
[par l'intermédiaire du vent], comme le souffle d'un être vivant,
n'est pas une paroi,
puisque l'essentiel de sa stabilité dépend d'une chose qui n'a pas de consistance.
Il y en a qui disent : Rav A'ha bar Yaakov a dit : Rabbi Meïr pense : toute paroi qui n'est pas faite par la main de l'homme n'est pas une paroi,
et le souffle d'un être vivant non plus n'est pas fait par la main de l'homme, car il n'a pas le souffle dans sa main pour l'y insuffler [langage de Rachi].
Et nous expliquons
: quelle différence y a-t-il entre eux
— entre les deux formulations de Rav A'ha bar Yaakov
?
Il y a entre elles le cas où l'on a placé
pour paroi de la soukka
une outre gonflée [on a appuyé la paroi sur un ballon gonflé] -
car
selon celui qui dit : une paroi
qui tient par le vent n'est pas une paroi, voici donc
que celle-ci aussi
tient par le vent,
et elle est impropre -
tandis que
selon celui qui dit : une paroi qui
n'est pas faite par la main de l'homme
n'est pas une paroi -