Version texte de ce daf : original et traduction
Soucca 18b (יח:) — le Talmud en français
Soucca 18b (סוכה יח:): Et la Guemara explique : Abayé dit : elle est valide, du fait que nous disons : « le bord du plafond [l’épaisseur des planches qui se trouvent au bord du plafond de l’exèdre et…
Texte original — Soucca 18b (יח:)
ומבארת הגמרא:
אביי אמר כשרה,
היות ו
אמרינן "פי תקרה
[עובי הנסרים שבשפת תקרת האכסדרה, הנראים בסוכה], הרי הוא כאילו
יורד וסותם",
ונעשה כדופן שלימה לסוכה שבחצר, והוא הנקרא "גוד אחית מחיצתא", משוך והורד את המחיצה.
רבא אמר פסולה,
דסבר
לא אמרינן "פי תקרה יורד וסותם".
כלומר, באופן הזה לא אמרינן פי תקרה יורד וסותם, וטעמו יתפרש להלן.
אמר ליה רבא לאביי: לדידך, דאמרת פי תקרה יורד וסותם,
האם תאמר זאת
אפילו
בסוכה העשויה באמצע החצר, שאין מחיצות החצר נעשים דפנות לסוכה, וכשהיתה הסוכה מסוככת בנסרים עבים שאינם רחבים ארבעה טפחים וכשרים לסיכוך, ו
הפחית
דופן אמצעי
של הסוכה, ולא נותרו לה אלא שתי דפנות משני צידיה, האם נכשיר סוכה זו משום "פי תקרה יורד וסותם", וכאילו יורד עובי הנסרים שבסוף הסוכה ומשלים את הדופן החסירה?!
אמר ליה
אביי לרבא:
מודינא לך,
מודה אני לדבריך
בההיא
סוכה שהפחית דופן אמצעי שלה, שאין אומרים בה "פי תקרה יורד וסותם",
ד
כיון שנותרו רק שתי מחיצות זו כנגד זו,
הוה ליה
סוכה זו
כמבוי המפולש
העשוי להילוך הרבים, שבקיעת הרבים דרכו מבטלת את המחיצה. ומשום כך אף כאן גזרו חכמים שלא לסמוך על "פי תקרה יורד וסותם", הואיל ודומה סוכה זו למבוי המפולש. ואין אומרים "פי תקרה יורד וסותם" אלא בסוכה העשויה בחצר, הואיל ומוקפת היא בכתלי הבית
ודנה הגמרא:
לימא,
האם יש לנו לומר, כי
אביי ורבא, בפלוגתא דרב ושמואל קמיפ לגי?
דאתמר: אכסדרה
שאין לה דפנות כלל, לא לפניה ולא לאחריה, אלא יש לה רק תקרה, וכגון שעשויה
בבקעה,
שדינה ככרמלית, ואסור לטלטל בה בשבת ארבע אמות כדין רשות הרבים דאורייתא. [אבל אכסדרה העשויה לפני הבתים, אף שאין עושין לה דפנות, מכל מקום, גדורה היא על ידי כתלי הבתים משלשת צידיה, ורשות היחיד גמורה היא],
רב אמר: מותר לטלטל
חפצים בשבת ממקום למקום
בכולו,
כלומר, בכל האכסדרה, ודינה כרשות היחיד גמורה, משום
דאמרינן "פי תקרה יורד וסותם",
והרי היא כמוקפת מחיצות מכל רוחותיה.
ושמואל אמר: אין מטלטלין בה
בתוך האכסדרה
אלא בארבע אמות
כדין כרמלית [וכדין רשות הרבים], משום
דלא אמרינן פי תקרה יורד וסותם
מארבע רוחותיה.
אבל, אם היתה שם לכל הפחות מחיצה אחת, מודה שמואל שאמרינן "פי תקרה יורד וסותם" להשלים את שאר מחיצותיה.
ונמצא לכאורה, שאביי, האומר "פי תקרה יורד וסותם" בסוכה שבחצר שאין לה אפילו מחיצה אחת, סבר כרב. ואילו רבא, הסובר שאין אומרים "פי תקרה יורד וסותם" בסוכה שבחצר, סבר כשמואל, שאין אומרים פי תקרה יורד וסותם בכל המחיצות.
ודוחה הגמרא:
אליבא דשמואל,
הסובר שאין אומרים "פי תקרה יורד וסותם" בכל המחיצות,
כולי עלמא,
בין רבא ובין אביי,
לא פליגי.
ולדעת כולם סובר שמואל, שאין אומרים פי תקרה יורד וסותם להקיף סוכה שבחצר מכל רוחותיה.
Traduction française
Et la Guemara explique :
Abayé dit : elle est valide,
du fait que
nous disons : « le bord du plafond
[l’épaisseur des planches qui se trouvent au bord du plafond de l’exèdre et qui sont visibles dans la souka], est considéré comme si
il descendait et fermait »,
et elle devient une paroi complète pour la souka qui se trouve dans la cour ; c’est ce que l’on appelle « goud a’hit mehitsa », tire et fais descendre la paroi.
Rava dit : elle est invalide,
car il considère que
nous ne disons pas : « le bord du plafond descend et ferme ».
C’est-à-dire que, dans ce cas, nous ne disons pas : le bord du plafond descend et ferme ; sa raison sera expliquée plus loin.
Rava lui dit, à Abayé : selon toi, puisque tu dis : le bord du plafond descend et ferme,
diras-tu cela
même
pour une souka construite au milieu de la cour, dont les parois de la cour ne deviennent pas les parois de la souka, et lorsque la souka était couverte de planches épaisses qui n’ont pas une largeur de quatre téfa’him et qui sont valides pour servir de sekhakh, et
que l’on a retiré
la paroi médiane
de la souka, de sorte qu’il ne lui reste plus que deux parois de ses deux côtés : validerons-nous cette souka en vertu de « le bord du plafond descend et ferme », comme si l’épaisseur des planches situées à l’extrémité de la souka descendait et complétait la paroi manquante ?!
Il lui dit
Abayé, à Rava :
je te donne raison,
je reconnais la justesse de tes paroles
dans ce cas-là,
la souka dont on a retiré la paroi médiane, car on ne dit pas à son sujet : « le bord du plafond descend et ferme »
puisque
il ne reste que deux parois l’une en face de l’autre,
cette souka devient
cette souka
semblable à une ruelle traversante
destinée au passage du public, dont le passage du public annule la paroi. C’est pourquoi, ici également, les Sages ont décrété de ne pas s’appuyer sur « le bord du plafond descend et ferme », puisque cette souka ressemble à une ruelle traversante. Mais on ne dit « le bord du plafond descend et ferme » que pour une souka construite dans une cour, puisqu’elle est entourée par les murs de la maison.
Et la Guemara discute :
dirons-nous,
devons-nous dire que
Abayé et Rava sont en controverse selon la controverse de Rav et de Chmouel ?
Car il a été dit : une exèdre
qui n’a absolument aucune paroi, ni devant ni derrière, mais qui n’a qu’un plafond, par exemple lorsqu’elle est construite
dans une plaine,
dont le statut est celui d’une karmelit, et où il est interdit de transporter pendant le Chabbat sur une distance de quatre coudées, comme dans le domaine public selon la Torah. [Mais une exèdre construite devant les maisons, bien qu’on ne lui fasse pas de parois, est néanmoins fermée par les murs des maisons sur trois de ses côtés, et constitue pleinement un domaine privé],
Rav dit : il est permis de transporter
des objets pendant le Chabbat d’un endroit à un autre
dans toute son étendue,
c’est-à-dire dans toute l’exèdre, et son statut est celui d’un domaine privé complet, parce que
nous disons : « le bord du plafond descend et ferme »,
et elle est ainsi considérée comme entourée de parois de tous ses côtés.
Et Chmouel dit : on ne transporte pas dans celle-ci
à l’intérieur de l’exèdre
si ce n’est sur quatre coudées,
comme dans une karmelit [et comme dans le domaine public], parce que
nous ne disons pas : le bord du plafond descend et ferme
sur ses quatre côtés.
Mais si au moins une paroi s’y trouvait, Chmouel reconnaît que nous disons « le bord du plafond descend et ferme » pour compléter ses autres parois.
Il s’ensuit apparemment qu’Abayé, qui dit « le bord du plafond descend et ferme » pour une souka dans une cour qui n’a même pas une seule paroi, est de l’avis de Rav. Quant à Rava, qui considère que l’on ne dit pas « le bord du plafond descend et ferme » pour une souka dans une cour, il est de l’avis de Chmouel, qui considère que l’on ne dit pas « le bord du plafond descend et ferme » pour toutes les parois.
Et la Guemara réfute :
selon l’avis de Chmouel,
qui considère que l’on ne dit pas « le bord du plafond descend et ferme » pour toutes les parois,
tout le monde,
Rava comme Abayé,
ne sont pas en controverse.
Selon l’avis de tous, Chmouel considère que l’on ne dit pas « le bord du plafond descend et ferme » pour entourer une souka dans une cour de tous ses côtés.