Version texte de ce daf : original et traduction

Soucca 12b (יב:) — le Talmud en français

Soucca 12b (סוכה יב:): car ici dans notre Michna qui enseigne : « On ne couvre pas avec eux », et elle n’enseigne pas : « Ce n’est pas une souka », il ressort donc que c’est a priori qu’on ne couvre…

Texte original — Soucca 12b (יב:)

כי הרי

הכא

במשנתנו

דקתני: "אין מסככין בהן",

ולא קתני "אינה סוכה", משמע,

לכתחילה הוא

דאין מסככין

באותן חבילות, והיינו מדרבנן

משום גזרת אוצר,

ומשמע,

הא מדאורייתא, שפיר דמי.

אבל

התם,

במשנה של החוטט בגדיש,

דקתני "אינה סוכה",

משמע שפסולה היא

אפילו דיעבד,

ולפיכך נראה ש

מדאורייתא נמי אינה סוכה,

משום תעשה ולא מן העשוי.

אבל אם לאחר שחטט בגדיש חזר ונענע את הסכך לשם סוכה, הסוכה כשרה אפילו מדרבנן, ואין לחוש שמא יעשה כן בלא נענוע. כי הרי כשנענע את הסכך, גילה דעתו שיודע הוא כי צריך לעשות את סכך הסוכה בהכשר, ואין לחוש שמא יבוא לישב תחת תקרת ביתו. ורק במשנה של חבילי עצים, שאין אנו יודעים האם הוא יודע שצריך לסכך את הסוכה לשם צל, יש לחוש שמא יניח חבילי עצים כדי ליבשן, ולאחר מכן ישנה את יעודם לסיכוך בלא נענוע.

אמר רב יהודה אמר רב

:

החיצים בזמנם היו עשויים משני חלקים: החץ עצמו היה עשוי ממתכת, אך הבית יד שלו היה עשוי מעץ. והיו שני מינים של בית יד, האחד בולט בראשו, והוא נכנס לתוך בית קיבול שבחץ עצמו, ובית יד זה נקרא "זכר" - שאין לו בית קיבול. והמין השני הוא בית יד שיש לו בית קיבול, והחץ הוא שהיה תחוב לתוכו, ובית יד זה נקרא "נקבה".

סיככה בחיצין

[בתי יד של חיצים שעדיין לא נתנו בהם החיצים]

זכרים,

שאין להם בית קיבול, ואינם אלא "פשוטי כלי עץ" [כלי עץ ללא בית קיבול] שאינם מקבלים טומאה, הסוכה

כשרה.

אבל אם סיככה

ב

בתי יד

נקבות,

שיש להם בית קיבול ומקבלים טומאה, [כדין כלי עץ שיש לו תוך], הסוכה

פסולה.

היות ואין מסככין בדבר המקבל טומאה, כמבואר במשנה.

ומקשה הגמרא: האם בא רב להשמיענו שאם סיככה בחיצים

זכרים כשרה?

הרי הואיל ואינם מקבלים טומאה,

פשיטא

הוא שכשרים הם לסיכוך, ומדוע הוצרך רב להשמיענו הלכה זו?!

ומתרצת הגמרא:

מהו דתימא: ניגזור

שאין לסכך בחיצים

זכרים, אטו

שמא יבא לסכך ב

נקבות, קא משמע לן

שאין לחוש לכך, והסוכה כשרה.

עוד מקשה הגמרא: האם בא רב להשמיענו שאם סיככה

בנקבות פסולה?

הרי אף זה

פשיטא

הוא?!

ומתרצת הגמרא:

מהו דתימא

: דוקא בית קיבול העשוי למילוי וריקון תדיר מקבל טומאה, אבל

בית קבול העשוי למלאות

מילוי קבוע, כגון בתי יד של חיצים, שאין דעתו לרוקנם לעולם,

לא שמיה

"בית

קבול

", ואינם בגדר כלים שיש להם בית קיבול המקבלים טומאה.

קמשמע לן,

שגם כלי קיבול שאינו עומד למילוי וריקון תדיר דינו ככלי קיבול לקבל טומאה.

אמר רבה בר בר חנה אמר רבי יוחנן

:

דרך עיבוד הפשתן הוא: תחילה שורין אותו במים, ולאחר מכן מנפצין אותו במכתשת כדי לרככו שיהיה אפשר לסרקו. ולאחר מכן סורקים אותו במסרק להחליקו ולנקותו, ומלבנים אותו בתנור. [וזה הוא הנקרא אונץ של פשתן, ובשלב זה הוא כבר ראוי לקבל טומאת נגעי בגדים, ופסול לסיכוך. שכן שנינו, דבר המקבל טומאה אין מסככין בו].

סיככה באניצי פשתן

סרוקים במסרק, שנתלבנו בתנור ונעשו ראויים לקבל טומאת נגעים, הסוכה

פסולה.

אבל אם סיככה

בהוצני פשתן,

כשהוא עדיין בהוצין שלו כדרך גדילתו, ועדיין לא הושרה במים ולא נופץ במכתשת, הסוכה

כשרה,

הואיל והפשתן עדיין אינו ראוי לקבל טומאה.

ו

אם סיככה ב

הושני פשתן,

אמר עליו רבי יוחנן,

איני יודע מהו

דינה של הסוכה.

והוסיף רבה בר בר חנה על שמועתו:

ו"הושני" עצמן, איני יודע.

כלומר, איני יודע מה היה קרוי בפיו של רבי יוחנן "הושני", ואיני יודע לפרש את ספקו.

ד

מה נפשך,

כלומר, יש לפרש את דבריו בשני אופנים:

אי

סיבי פשתן שהושרו במים, ואף

דייק

כתשו אותם במכתשת,

ולא נפיץ

במסרק,

"הושני" קרי ליה

רבי יוחנן, ובהם הסתפק מה דינם,

אבל תרי

סיבי פשתן שהושרו במים,

ו

עדיין לא

לא דייק

לא כתשם במכתשת, לא קרא אותם רבי יוחנן "הושני", אלא

הוצני קרי ליה,

וכשרים הם לסיכוך.

או דלמא: תרי ולא דייק,

סיבי פשתן שהושרו במים ולא נופצו במכתשת,

נמי

אף הם

"הושני" קרי ליה

רבי יוחנן, ואף הם בכלל ספקו, ולא הכשיר רבי יוחנן לסיכוך, רק סיבי פשתן שעדיין לא הושרו במים.

אמר רב יהודה: הני שושי ושווצרי,

[מיני ירקות הן],

מסככין בהו,

הואיל ואינם מאכל אדם ואינם מקבלים טומאה.

אביי אמר

: יש לחלק ביניהם:

בשושי מסככין,

אבל

בשווצרי לא מסככין.

ו

מאי טעמא

אין מסככין בהם, אף שאינן מקבלין טומאה?

Traduction française

car

ici

dans notre Michna

qui enseigne : « On ne couvre pas avec eux »,

et elle n’enseigne pas : « Ce n’est pas une souka », il ressort donc

que c’est a priori

qu’on ne couvre pas

avec ces fagots, et cela est une mesure rabbinique

en raison du décret concernant le dépôt,

et il ressort :

mais selon la Torah, c’est convenable.

Mais

là-bas,

dans la Michna concernant celui qui creuse une meule de gerbes,

qui enseigne : « Ce n’est pas une souka »,

il ressort qu’elle est invalide

même a posteriori,

et c’est pourquoi il semble que

même selon la Torah, ce n’est pas une souka,

en raison de « tu la feras, et non pas d’elle-même ».

Mais si, après avoir creusé la meule de gerbes, il a de nouveau remué le sekhakh au nom de la souka, la souka est valide même d’ordre rabbinique, et il n’y a pas lieu de craindre qu’il agisse ainsi sans le remuer. Car lorsqu’il a remué le sekhakh, il a manifesté qu’il sait qu’il faut préparer le sekhakh de la souka de manière conforme, et il n’y a pas lieu de craindre qu’il en vienne à s’asseoir sous le plafond de sa maison. C’est seulement dans la Michna concernant les fagots de bois, où nous ne savons pas s’il sait qu’il faut couvrir la souka au nom de l’ombre, qu’il y a lieu de craindre qu’il dépose des fagots de bois pour les faire sécher, puis modifie leur destination pour le sekhakh sans les remuer.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav :

À leur époque, les flèches étaient faites de deux parties : la flèche elle-même était faite de métal, tandis que son manche était fait de bois. Il y avait deux sortes de manches : l’un dépassait à son extrémité et entrait dans un réceptacle situé dans la flèche elle-même ; ce manche était appelé « mâle », car il n’avait pas de réceptacle. L’autre sorte était un manche qui possédait un réceptacle, et c’est la flèche qui y était introduite ; ce manche était appelé « femelle ».

S’il a couvert avec des flèches [

manches de flèches dans lesquels les flèches n’ont pas encore été introduites ]

mâles,

qui n’ont pas de réceptacle et ne sont que des « objets de bois simples » [objets de bois sans réceptacle], qui ne reçoivent pas l’impureté, la souka

est valide.

Mais s’il a couvert

avec des

manches

femelles,

qui possèdent un réceptacle et reçoivent l’impureté [conformément à la règle des objets de bois qui possèdent un intérieur], la souka

est invalide.

Puisqu’on ne couvre pas avec une chose qui reçoit l’impureté, comme cela est expliqué dans la Michna.

La Guemara objecte : Rav serait-il venu nous enseigner que si l’on a couvert avec des flèches

mâles, la souka est valide ?

Puisqu’elles ne reçoivent pas l’impureté,

c’est évident

qu’elles sont propres au sekhakh ; pourquoi Rav aurait-il eu besoin de nous enseigner cette loi ?!

La Guemara répond :

on aurait pu penser : décrétons

qu’il ne faut pas couvrir avec des flèches

mâles, de peur que

l’on en vienne à couvrir avec des flèches

femelles ; il nous enseigne

qu’il n’y a pas lieu de le craindre et que la souka est valide.

La Guemara objecte encore : Rav serait-il venu nous enseigner que si l’on a couvert

avec des flèches femelles, la souka est invalide ?

Même cela

est évident

?!

La Guemara répond :

on aurait pu penser :

seul un réceptacle destiné à être rempli et vidé fréquemment reçoit l’impureté ; mais

un réceptacle destiné à être rempli

d’un remplissage permanent, comme les manches de flèches, dont on n’a pas l’intention de les vider un jour,

ne se nomme pas «

réceptacle

de réception »,

et ils n’entrent pas dans la catégorie des objets possédant un réceptacle qui reçoivent l’impureté.

Il nous enseigne

que même le réceptacle qui n’est pas destiné à être rempli et vidé fréquemment a le statut d’un réceptacle pour recevoir l’impureté.

Rabba bar bar Hanna a dit au nom de Rabbi Yo’hanan :

Le traitement du lin est le suivant : on le fait d’abord tremper dans l’eau, puis on le broie dans un mortier afin de l’assouplir, de sorte qu’il soit possible de le peigner. Ensuite, on le peigne avec un peigne pour le lisser et le nettoyer, et on le blanchit dans un four. [C’est ce qu’on appelle l’« onets » du lin ; à ce stade, il est déjà apte à recevoir l’impureté des affections des vêtements et il est impropre au sekhakh. En effet, nous avons appris : toute chose qui reçoit l’impureté, on ne couvre pas avec elle.]

S’il a couvert avec des fibres de lin

peignées au peigne et blanchies dans un four, et devenues propres à recevoir l’impureté des affections, la souka

est invalide.

Mais s’il a couvert

avec des tiges de lin,

alors qu’il est encore dans ses fibres, conformément à sa croissance, et qu’il n’a pas encore été trempé dans l’eau ni broyé dans un mortier, la souka

est valide,

puisque le lin n’est pas encore propre à recevoir l’impureté.

Et

s’il a couvert avec

du houchné de lin,

Rabbi Yo’hanan a dit à son sujet :

je ne sais pas quel est

le statut de la souka.

Rabba bar bar Hanna ajouta à son enseignement :

« Et quant aux “houchné” eux-mêmes, je ne sais pas. »

C’est-à-dire : je ne sais pas ce qui était appelé « houchné » par Rabbi Yo’hanan, et je ne sais pas comment expliquer son doute.

D’

une manière ou d’une autre,

c’est-à-dire qu’il faut comprendre ses paroles de deux façons :

soit

des fibres de lin qui ont été trempées dans l’eau et dont on a même

précisément

écrasé les fibres dans un mortier,

mais que l’on n’a pas défibrées

au peigne,

Rabbi Yo’hanan les a appelées “houchné”

et c’est sur leur statut qu’il a émis un doute,

mais deux —

des fibres de lin qui ont été trempées dans l’eau

et

qui n’ont toujours

pas été précisément

écrasées, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas été broyées dans un mortier, Rabbi Yo’hanan ne les a pas appelées « houchné », mais

il les a appelées “outsené”,

et elles sont propres au sekhakh.

Ou peut-être : deux et n’a pas précisément broyé,

des fibres de lin qui ont été trempées dans l’eau et n’ont pas été broyées dans un mortier,

également

elles

Rabbi Yo’hanan les a appelées “houchné”

et elles sont également incluses dans son doute ; Rabbi Yo’hanan n’a autorisé pour le sekhakh que les fibres de lin qui n’ont pas encore été trempées dans l’eau.

Rav Yehouda a dit : « Ces chouchi et chouotséri,

on peut les utiliser pour le sekhakh,

puisqu’ils ne constituent pas une nourriture pour l’homme et ne reçoivent pas l’impureté.

Abayé a dit :

il faut les distinguer :

avec les chouchi, on couvre,

mais

avec les chouotséri, on ne couvre pas.

Et

pour quelle raison

ne couvre-t-on pas avec eux, bien qu’ils ne reçoivent pas l’impureté ?

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