Version texte de ce daf : original et traduction
Chevou'ot 9a (ט.) — le Talmud en français
Chevou'ot 9a (שבועות ט.): Il n’y en aura pas si ce n’est un seul par an. C’est-à-dire qu’il n’y aura pas durant toute l’année d’autre sacrifice qui procure une telle expiation, pas même le bouc…
Texte original — Chevou'ot 9a (ט.)
לא תהא
אלא אחת בשנה.
שלא יהיה במשך כל השנה קרבן נוסף שמכפר כפרה כזאת, ואפילו לא השעיר החיצון, על אף שהוקש לפנימי.
ולרבי ישמעאל, דאמר: אין בה ידיעה בתחילה ויש בה ידיעה בסוף. בר קרבן הוא,
ואינו יכול להתכפר בקרבן הציבור, אם כן -
שעיר הנעשה בחוץ אמאי מכפר?
על שאין בה ידיעה לא בתחילה ולא בסוף,
שאינו חייב קרבן יחיד משום שעדיין לא נודע לו בסוף.
ותמהינן:
האי
, הרי זה שלא נודע לו לא בתחילה ולא בסוף,
שעירי הרגלים ושעירי ראשי חדשים מכפרים
עליו!?
ומשנינן:
סבר לה
רבי ישמעאל
כרבי מאיר, דאמר
-
כל השעירים כפרתן שוה!
שכולם באים
על טומאת מקדש וקדשיו,
ומכפרים בשוה על כל אופני הידיעות. ומ"מ לטומאה שאירעה בין זה לזה (רש"י).
ותו הוינן בה: הרי מבואר במשנה ששני השעירים הוקשו זה לזה. ואליבא דידן בא ההיקש לומר כשם שבשעיר הפנימי בעי ידיעה [בתחילה] כך בחיצון בעי ידיעה [בסוף]. אך לרבי ישמעאל, דסבר קרבן החיצון מכפר על אין בה ידיעה כלל, לא בתחילה ולא בסוף -
אלא, למאי הילכתא איתקש חיצון לפנימי?
ומשנינן: לרבי ישמעאל בא ההיקש ללמדנו -
מה פנימי
אינו מכפר אלא על טומאת מקדש וקדשיו ש
אינו מכפר בשאר עבירות. אף חיצון אינו מכפר בשאר עבירות!
שנינו במשנה:
על שאין בה ידיעה בתחילה ולא בסוף
-
שעירי רגלים ושעירי ראשי חדשים מכפרין, דברי רבי יהודה.
אמר רב יהודה אמר שמואל: מאי טעמא דרבי יהודה? אמר קרא,
בשעיר ראש חודש,
"ושעיר עזים אחד לחטאת לה'"
על
חטא שאין מכיר בו אלא ה'
, שלא היתה לחוטא ידיעה לא בתחילה ולא בסוף,
יהא שעיר זה מכפר!
ופרכינן:
והאי
קרא,
מיבעי ליה לכדריש לקיש. דאמר ריש לקיש: מה נשתנה שעיר של ראש חודש שנאמר בו
"לחטאת
לה'"
-
אמר הקב"ה: שעיר זה יהא כפרה על שמעטתי את הירח
.
ומשנינן:
אם כן
, דלא אתי קרא אלא לכדריש לקיש,
לימא קרא
"לחטאת
על ה'." מאי
"חטאת
לה'"?
-
לכדאמרן,
שעל חטא שאין מכיר בו אלא ה' בלבד, מכפר השעיר הזה.
ואכתי פרכינן:
ואימא כוליה
קרא רק
להכי הוא דאתא,
ולא לחידושו של ריש לקיש?
ומשנינן:
אם כן
, שרק להכי הוא דאתא
נימא קרא "חטאת ה'." מאי
"חטאת
לה'"
-
שמעת מיניה תרתי!
והוינן בה: לרבי יהודה, דיליף מהאי קרא "לחטאת לה'" דכל שרק ה' יודע מהחטא הרי הוא מתכפר בשעיר ראש חודש,
ונכפר נמי
שעיר ראש חודש
אפילו בשאר עבירות
, ולא רק על טומאת מקדש וקדשיו!? שהרי התחדש בפסוק זה שכל חטא שאין מכיר בו אלא ה' יהא שעיר זה מכפר.
ומשנינן:
תנא דבי רבי ישמעאל: הואיל וזה,
שעיר ראש חודש,
בא בזמן קבוע, וזה,
שעיר החיצון של יום הכיפורים,
בא בזמן קבוע,
אמרינן:
מה זה,
חיצון דיום הכיפורים,
אינו מכפר אלא על טומאת מקדש וקדשיו
[שהרי הוקש לפנימי, ובו נאמר במפורש שמכפר על
הקודש
מטומאות בני ישראל].
אף זה,
שעיר דראש חודש,
אינו מכפר אלא על טומאת מקדש וקדשיו.
ותו הוינן בה:
אשכחן שעירי ראשי חדשים
שמכפרים על טומאת מקדש וקדשיו דילפינן משעיר החיצון.
שעירי רגלים מנלן
שמכפרים על טומאת מקדש וקדשיו? ודילמא אינם מכפרים אלא על עבירות קלות שאין בהן כרת [ועל שעיר ראש חודש לא היה קשה לנו, כיון שנאמר בו במפורש שמכפר על חטא שרק ה' יודע בו, הרי זה כולל את כל החטאים ואפילו החמורים. ואדרבה, היינו צריכים למעט שאר עבירות ולומר שאינו מדבר אלא בטומאת מקדש וקדשיו].
וכי תימא, הא נמי כדתנא דבי רבי ישמעאל,
דאיכא למילף מראש חודש או מיום הכיפורים, הואיל וזה בא בזמן קבוע וזה בא בזמן קבוע, מה זה מכפר על טומאת מקדש וקדשיו אף זה מכפר כמוהו,
איכא למיפרך
:
אי מדראש חודש
ילפת -
מה לראש חודש, שכן תדיר,
תאמר בשעירי הרגלים שאינם תדירים כמוהו.
אי מדיום הכיפורים
ילפת - הרי יש לפרוך:
מה ליום הכיפורים
, שהשעיר החיצון מכפר בו בצירוף עיצומו של יום הכיפורים, ועיצומו של יום הכיפורים הוא חמור,
שכן מרובה כפרתו,
שהוא מכפר על כל העבירות שבתורה, ולפיכך הצירוף של עיצומו של יום [המכפר על כל העבירות] ביחד עם השעיר החיצון, יכול הוא לכפר על טומאת מקדש וקדשיו. תאמר בשעירי הרגלים, שאף על גב דכתיב בהו "לכפר", דילמא מכפרי רק על עבירות קלות, ולא על חייבי כריתות?
Traduction française
Il n’y en aura pas
si ce n’est un seul par an.
C’est-à-dire qu’il n’y aura pas durant toute l’année d’autre sacrifice qui procure une telle expiation, pas même le bouc extérieur, bien qu’il ait été mis en parallèle avec l’intérieur.
Et selon Rabbi Ichmaël, qui dit : lorsqu’il n’y a pas de connaissance au début, mais qu’il y a connaissance à la fin, il est passible d’un sacrifice,
et il ne peut pas obtenir l’expiation par le sacrifice communautaire, dès lors —
pourquoi le bouc fait à l’extérieur procure-t-il l’expiation ?
Pour le cas où il n’y a eu de connaissance ni au début ni à la fin,
car il n’est pas passible d’un sacrifice individuel, puisqu’à la fin la chose ne lui a toujours pas été connue.
Et nous nous étonnons :
celui-ci,
voici le cas de celui à qui la chose n’a été connue ni au début ni à la fin,
les boucs des fêtes et les boucs des nouvelles lunes procurent l’expiation
pour lui !?
Et nous répondons :
il le considère
Rabbi Ichmaël
comme Rabbi Méïr, qui dit —
que tous les boucs ont une expiation identique !
C’est-à-dire qu’ils viennent tous
pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées,
et procurent de manière identique l’expiation pour toutes les modalités de connaissance. Mais, pour l’impureté survenue entre celui-ci et celui-là (Rachi).
Et nous nous interrogeons encore à ce sujet : il est expliqué dans la Michna que les deux boucs ont été mis en parallèle l’un avec l’autre. Selon notre avis, cette mise en parallèle vient enseigner que, de même que le bouc intérieur requiert une connaissance [au début], de même le bouc extérieur requiert une connaissance [à la fin]. Mais selon Rabbi Ichmaël, qui considère que le sacrifice extérieur procure l’expiation lorsque la chose n’a été connue en aucune manière, ni au début ni à la fin —
alors, à quelle fin le bouc extérieur a-t-il été mis en parallèle avec l’intérieur ?
Et nous répondons : selon Rabbi Ichmaël, la mise en parallèle vient nous enseigner :
de même que l’intérieur
ne procure l’expiation que pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées,
il ne procure pas l’expiation pour les autres transgressions ; de même, l’extérieur ne procure pas l’expiation pour les autres transgressions !
Nous avons enseigné dans la Michna :
pour le cas où il n’y a eu de connaissance ni au début ni à la fin —
les boucs des fêtes et les boucs des nouvelles lunes procurent l’expiation ; telles sont les paroles de Rabbi Yehouda.
Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : quelle est la raison de Rabbi Yehouda ? Le verset dit,
au sujet du bouc de la nouvelle lune,
« et un bouc parmi les chèvres, pour expiation, pour l’Éternel » —
pour
un péché que nul ne connaît, si ce n’est l’Éternel,
car le pécheur n’en a eu connaissance ni au début ni à la fin,
que ce bouc procure l’expiation !
Et nous objectons :
or, ce
verset,
est nécessaire pour ce qu’a dit Rech Lakich. Car Rech Lakich a dit : en quoi le bouc de la nouvelle lune est-il différent, pour qu’il soit dit à son sujet «
pour expiation
pour l’Éternel » —
le Saint, béni soit-Il, a dit : que ce bouc soit une expiation parce que j’ai diminué la lune .
Et nous répondons :
dans ce cas,
si le verset ne vient que pour ce qu’a dit Rech Lakich,
que le verset dise «
pour expiation
pour l’Éternel. Que signifie «
expiation
pour l’Éternel ? » —
pour ce que nous avons dit,
à savoir que ce bouc procure l’expiation pour un péché que nul ne connaît, si ce n’est l’Éternel seul.
Et nous objectons encore :
et disons que tout le
verset
ne vient que pour cela,
et non pour l’enseignement novateur de Rech Lakich ?
Et nous répondons :
dans ce cas,
s’il ne vient que pour cela,
que le verset dise : « expiation de l’Éternel ». Que signifie «
expiation
pour l’Éternel » —
tu en déduis deux enseignements !
Et nous nous interrogeons à ce sujet : selon Rabbi Yehouda, qui déduit de ce verset — « pour expiation, pour l’Éternel » — que tout péché dont l’Éternel seul a connaissance obtient l’expiation par le bouc de la nouvelle lune,
que le
bouc de la nouvelle lune
procure également l’expiation, même pour les autres transgressions,
et non seulement pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées !? En effet, ce verset innove que tout péché que nul ne connaît, si ce n’est l’Éternel, est expié par ce bouc.
Et nous répondons :
les tanaïm de l’école de Rabbi Ichmaël ont enseigné : puisque celui-ci,
le bouc de la nouvelle lune,
vient à un moment fixé, et que celui-ci,
le bouc extérieur de Yom Kippour,
vient à un moment fixé,
nous disons :
de même que celui-ci,
le bouc extérieur de Yom Kippour,
ne procure l’expiation que pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées [
car il a été mis en parallèle avec l’intérieur, et il est dit explicitement à son sujet qu’il procure l’expiation pour
le Sanctuaire
contre les impuretés des enfants d’Israël ].
de même celui-ci,
le bouc de la nouvelle lune,
ne procure l’expiation que pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées.
Et nous nous interrogeons encore à ce sujet :
nous avons trouvé [la source concernant] les boucs des nouvelles lunes,
qui procurent l’expiation pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées, car nous le déduisons du bouc extérieur.
D’où le déduisons-nous pour les boucs des fêtes,
qui procurent l’expiation pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées ? Peut-être ne procurent-ils l’expiation que pour les transgressions légères qui n’impliquent pas de retranchement [et, au sujet du bouc de la nouvelle lune, la difficulté ne se posait pas pour nous, puisque son sujet énonce explicitement qu’il procure l’expiation pour un péché que l’Éternel seul connaît ; cela inclut donc tous les péchés, même les graves. Au contraire, nous aurions dû exclure les autres transgressions et dire que le verset ne parle que de l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées].
Et si tu dis que ceci aussi relève de ce qu’ont enseigné les tanaïm de l’école de Rabbi Ichmaël,
car il est possible de le déduire de la nouvelle lune ou de Yom Kippour : puisque celui-ci vient à un moment fixé et que celui-là vient à un moment fixé, de même que celui-ci procure l’expiation pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées, celui-là aussi procure l’expiation comme lui,
il est possible de réfuter :
Si tu le déduis de la nouvelle lune,
que tu le déduis —
qu’a donc la nouvelle lune ? Elle est fréquente ;
peut-on en dire autant des boucs des fêtes, qui ne sont pas aussi fréquents qu’elle ?
Si tu le déduis de Yom Kippour,
que tu le déduis — il faut pourtant réfuter :
qu’a donc Yom Kippour,
où le bouc extérieur procure l’expiation conjointement avec la sainteté même du jour de Yom Kippour, et où la sainteté même de Yom Kippour est sévère,
car son expiation est étendue,
puisqu’il procure l’expiation pour toutes les transgressions de la Torah ; c’est pourquoi l’association de la sainteté même du jour [qui procure l’expiation pour toutes les transgressions] avec le bouc extérieur peut procurer l’expiation pour l’impureté du Sanctuaire et de ses choses consacrées. Peut-on en dire autant des boucs des fêtes, alors que, bien qu’il soit écrit à leur sujet « pour procurer l’expiation », peut-être ne procurent-ils l’expiation que pour les transgressions légères, et non pour celles qui sont passibles de retranchement ?