Version texte de ce daf : original et traduction

Chabbat 72a (עב.) — le Talmud en français

Chabbat 72a (שבת עב.): Ainsi, celui qui a eu cinq rapports avec une servante désignée par inadvertance, et en a eu connaissance entre un rapport et l’autre [et a fortiori si la connaissance lui est…

Texte original — Chabbat 72a (עב.)

אם כן, מי ש

בעל חמש בעילות בשפחה חרופה

בשוגג, ונודע לו בין ביאה לביאה [וכל שכן אם הידיעה היתה לאחריהן בזה אחר זה] -

אינו חייב אלא אחת

. שהואיל ואין צורך לידיעה בקרבן אשם, והיא אינה מהוה גורם בכפרה - אין היא חשובה לחלק בו.

אבל לדברי האומר שאשם בעי ידיעה בתחילה, הרי הדבר תלוי במחלוקת דלעיל, דלרבי יוחנן שהידיעה לאחר המעשים מחלקת לחטאות, הכי נמי בשפחה חרופה היא מחלקת.

לפי שלדעתו, עצם הידיעה נחשבת לחלק כאילו הביא קרבן [שלכן הוא סובר שאפילו אכל שני זיתי חלב בהעלם אחד כיון שנודע לו תחילה על הראשון הרי הוא כאילו כבר הביא אז את הקרבן והשני אינו יכול להתכפר בו]. ואם כן, גם בשפחה חרופה, אעפ"י שהוא מביא קרבן אחד על כמה ביאות של מזיד, אבל בשוגג שהיתה לו ידיעה אפילו לאחר הביאה אחרונה [בזה אחר זה], הרי זה כאילו נודע לו על ביאה השניה אחר כפרת הקרבן הראשון, שצריך להביא קרבן אחר על השניה. וכל שכן כשנודע לו בין ביאה לביאה שהרי הוא כאילו הביא קרבן ביניהם.

מתקיף לה רב המנונא: אלא מעתה, בעל

שפחה חרופה [

וחזר ובעל

] [הב"ח מוחק]

והפריש קרבן, ואמר: המתינו לי

מלהקריב את הקרבן

עד שאבעול

שוב, האם

הכי נמי

נאמר

דאינו חייב אלא אחת?!

וכי נאמר שהקרבן יכפר גם על הבעילה שלאחר הפרשתו?

וכשם שאתה אומר שהידיעה שבין הביאות אינה מחלקת [להך מאן דאמר], כך גם הפרשה שבין הביאות לא תחלק.

אמר ליה

עולא:

מעשה

בעילה

דלאחר הפרשה קאמרת?

! מעשה דלאחר הפרשה לא קאימנא!

שודאי אין הקרבן יכול לכפר על מעשה עבירה שנעשה לאחר הפרשתו.

כי אתא רב דימי, אמר: למאן דאמר אשם ודאי בעי ידיעה בתחלה, בעל חמש בעילות בשפחה חרופה

בשוגג ונודע לו בין ביאה לביאה -

חייב על כל אחת ואחת.

אמר לו אביי

: מדבריך משמע שדברי הכל הוא. ואיך אפשר לומר כך?

ו

הרי חטאת, דבעינן ידיעה בתחלה

,,

ופליגי רבי יוחנן וריש לקיש

לעיל [עא ב], וסובר ריש לקיש שהידיעות אין מחלקות.

הרי, שלדבריו, אפילו במקום שהידיעה יש לה חשיבות, מכל מקום היא אינה נחשבת כהבאת קרבן. ואם כן, בשפחה חרופה, הרי גם אם הידיעה היתה בין ביאה לביאה, דין הוא שלא יביא אלא קרבן אחד.

ואעפ"י שריש לקיש לא פליג אלא בידיעות שלאחר המעשים, אבל בידיעות שבין מעשה למעשה מודה שמחלקות, זה דוקא בחטאת הבאה על השוגג, שאפילו אם הידיעה אינה נחשבת כהבאת קרבן מכל מקום כיון שהיא בין שגגה לשגגה הרי היא מחלקת לשתי שגגות.

אבל באשם שפחה חרופה, לא איכפת לן שהן שתי שגגות. שהרי הוא מביא גם על המזיד וגם על הרבה בעילות קרבן אחד. ורק ידיעה שהיא כהבאת קרבן בכחה לחלק.

כללו של דבר: ידיעה שבין מעשה למעשה בשפחה חרופה דינה כידיעה שלאחר המעשים בחטאת.

אישתיק

רב דימי!

אמר ליה

אביי:

דלמא במעשה דלאחר הפרשה קאמרת

, שהיתה הפרשה בין ביאה לביאה.

וכדרב המנונא

שהשיב לו עולא. שאז ודאי חייב על כל ביאה, וזו אכן לדברי הכל היא. אבל אם היתה רק ידיעה גרידא בין הביאות הרי הדבר תלוי במחלוקת רבי יוחנן וריש לקיש, וכדעולא.

אמר ליה

רב דימי:

אין!

לכך נתכוונתי.

כי אתא רבין, אמר: הכל מודים

, בין רבי יוחנן ובין ריש לקיש,

בשפחה חרופה

שאינו חייב אלא אחת על כל הביאות.

והכל מודים, בשפחה חרופה

דחייב על כל ביאה וביאה.

ומחלוקת

רבי יוחנן וריש לקיש היא

בשפחה חרופה

, כמה אשמות הוא חייב.

ומבארינן:

הכל מודים בשפחה חרופה דאינו חייב אלא אחת

-

כדעולא

. והיינו למאן דאמר אשם ודאי לא בעי ידיעה בתחילה. דלדידיה אפילו רבי יוחנן מודה שהידיעות אין מחלקות.

והכל מודים בשפחה חרופה דחייב על כל אחת ואחת

-

כרב המנונא

במעשה שלאחר הפרשה. שאפילו ריש לקיש מודה, כי אפילו למאן דאמר אשם לא בעי ידיעה, הפרשות מחלוקת בין ביאה לביאה.

ומחלוקת בשפחה חרופה

-

למאן דאמר אשם ודאי בעי ידיעה בתחלה

. ואליבא דידיה היא

מחלוקת דרבי יוחנן וריש לקיש

. דלרבי יוחנן הסובר שידיעות לאחר המעשים מחלקות בחטאת, הוא הדין בשפחה חרופה שמחלקות הידיעות שלאחר הביאות את האשמות. וכל שכן הידיעות שבין הביאות.

ולריש לקיש הסובר כי ידיעות שלאחר המעשים אין מחלקות, הוא הדין בשפחה חרופה שאינן מחלקות, ואפילו ידיעות שבין ביאה לביאה.

Traduction française

Ainsi, celui qui

a eu cinq rapports avec une servante désignée

par inadvertance, et en a eu connaissance entre un rapport et l’autre [et a fortiori si la connaissance lui est venue après chacun d’eux, successivement] —

n’est passible que d’une seule offrande.

Puisqu’il n’est pas nécessaire d’avoir cette connaissance pour l’offrande de culpabilité, et qu’elle ne constitue pas un facteur dans l’expiation, elle n’est pas considérée comme séparant les actes.

Mais selon celui qui dit qu’une offrande de culpabilité nécessite une connaissance au préalable, la chose dépend de la controverse exposée plus haut : selon Rabbi Yohanan, pour qui la connaissance survenue après les actes sépare dans le cas des offrandes expiatoires, il en va de même pour la servante désignée : elle sépare.

Car, selon lui, la connaissance elle-même est considérée comme une séparation, comme si l’on avait apporté une offrande [c’est pourquoi il estime que même si l’on a mangé deux morceaux de graisse interdite dans une seule méprise, dès lors qu’on a eu connaissance du premier, c’est comme si l’on avait déjà apporté alors l’offrande, et le second ne peut pas être expié par celle-ci]. Ainsi, également dans le cas de la servante désignée, bien qu’il apporte une seule offrande pour plusieurs rapports accomplis volontairement, si, dans un cas d’inadvertance, il a eu connaissance même après le dernier rapport [successivement], c’est comme s’il avait eu connaissance du second rapport après l’expiation procurée par la première offrande, et qu’il devait apporter une autre offrande pour le second. À plus forte raison lorsqu’il en a eu connaissance entre un rapport et l’autre, car c’est comme s’il avait apporté une offrande entre eux.

Rav Hamnouna lui objecta : Désormais, celui qui a eu

des rapports avec une servante désignée [

et a eu de nouveau un rapport] [

le Bakh efface]

et a mis une offrande à part, en disant : Attendez-moi

avant d’offrir l’offrande

jusqu’à ce que j’aie de nouveau un rapport

— dirons-nous

également

qu’il est

passible d’une seule offrande seulement ?

Dirons-nous que l’offrande expiera également le rapport qui a eu lieu après qu’elle a été mise à part ?

Et de même que tu dis que la connaissance survenue entre les rapports ne sépare pas [selon cet avis], de même la mise à part survenue entre les rapports ne séparera pas.

Il lui dit

Oula :

Est-ce l’acte

du rapport

qui a eu lieu après la mise à part que tu évoques ?

! Je ne me tiens pas à l’acte qui a eu lieu après la mise à part !

Car il est certain que l’offrande ne peut pas expier un acte de transgression accompli après qu’elle a été mise à part.

Lorsque Rav Dimi vint, il dit : Selon celui qui dit qu’une offrande de culpabilité certaine nécessite une connaissance au préalable, celui qui a eu cinq rapports avec une servante désignée

par inadvertance et en a eu connaissance entre un rapport et l’autre —

est passible pour chacun d’eux.

Abayé lui dit :

Tes paroles laissent entendre que c’est l’avis de tous. Comment cela serait-il possible ?

Et

voici le cas de l’offrande expiatoire, pour laquelle nous exigeons une connaissance au préalable,,

et Rabbi Yohanan et Rech Lakich sont en désaccord

plus haut [page 71b], Rech Lakich estimant que les connaissances ne séparent pas.

Il ressort donc de ses paroles que même là où la connaissance a de l’importance, elle n’est toutefois pas considérée comme l’apport d’une offrande. Ainsi, dans le cas de la servante désignée, même si la connaissance est survenue entre un rapport et l’autre, il convient qu’il n’apporte qu’une seule offrande.

Et bien que Rech Lakich ne soit en désaccord que concernant les connaissances survenues après les actes, tandis que pour les connaissances survenues entre un acte et l’autre il reconnaît qu’elles séparent, cela ne vaut que pour l’offrande expiatoire apportée pour une inadvertance : même si la connaissance n’est pas considérée comme l’apport d’une offrande, puisqu’elle se trouve entre une inadvertance et une autre, elle sépare en deux inadvertances.

Mais dans le cas de l’offrande de culpabilité de la servante désignée, peu importe qu’il s’agisse de deux inadvertances. En effet, il apporte une seule offrande aussi bien pour l’acte volontaire que pour plusieurs rapports. Seule une connaissance qui a le pouvoir d’être considérée comme l’apport d’une offrande peut séparer.

En résumé : dans le cas de la servante désignée, une connaissance survenue entre un acte et l’autre est assimilée à une connaissance survenue après les actes dans le cas de l’offrande expiatoire.

Rav Dimi se tut

!

Abayé lui dit

:

Peut-être évoquais-tu un acte accompli après la mise à part,

c’est-à-dire qu’une mise à part avait eu lieu entre un rapport et l’autre.

Comme Rav Hamnouna,

à qui Oula a répondu. Dans ce cas, il est certainement passible pour chaque rapport, et cela est effectivement l’avis de tous. Mais si seule une connaissance était survenue entre les rapports, la chose dépend de la controverse entre Rabbi Yohanan et Rech Lakich, comme l’a dit Oula.

Il lui dit

Rav Dimi :

Si !

C’est ce que je voulais dire.

Lorsque Ravin vint, il dit : Tous reconnaissent,

Rabbi Yohanan comme Rech Lakich,

dans le cas de la servante désignée,

qu’il n’est passible que d’une seule offrande pour tous les rapports.

Et tous reconnaissent, dans le cas de la servante désignée,

qu’il est passible pour chaque rapport.

La controverse

entre Rabbi Yohanan et Rech Lakich porte

sur la servante désignée,

sur le nombre d’offrandes de culpabilité dont il est passible.

Et nous expliquons :

Tous reconnaissent, dans le cas de la servante désignée, qu’il n’est passible que d’une seule offrande —

comme Oula.

C’est-à-dire selon celui qui dit qu’une offrande de culpabilité certaine ne nécessite pas de connaissance au préalable. Selon lui, même Rabbi Yohanan reconnaît que les connaissances ne séparent pas.

Et tous reconnaissent, dans le cas de la servante désignée, qu’il est passible pour chacun d’eux —

comme Rav Hamnouna

pour un acte accompli après la mise à part. Même Rech Lakich le reconnaît, car même selon celui qui dit qu’une offrande de culpabilité ne nécessite pas de connaissance, les mises à part séparent entre un rapport et l’autre.

Et la controverse, dans le cas de la servante désignée, porte

selon celui qui dit qu’une offrande de culpabilité certaine nécessite une connaissance au préalable.

Et selon lui, il s’agit de la

controverse entre Rabbi Yohanan et Rech Lakich.

Selon Rabbi Yohanan, qui estime que les connaissances survenues après les actes séparent dans le cas de l’offrande expiatoire, il en va de même dans le cas de la servante désignée : les connaissances survenues après les rapports séparent les offrandes de culpabilité. À plus forte raison, les connaissances survenues entre les rapports.

Et selon Rech Lakich, qui estime que les connaissances survenues après les actes ne séparent pas, il en va de même dans le cas de la servante désignée : elles ne séparent pas, même les connaissances survenues entre un rapport et l’autre.

Mots de ce daf dans le dictionnaire