Version texte de ce daf : original et traduction
Chabbat 44b (מד:) — le Talmud en français
Chabbat 44b (שבת מד:): Et si tel est le cas, objecte : et une lampe neuve, qui est faite pour cela, malgré tout, puisqu’on n’y a pas allumé — - il est permis de la déplacer. . Un lit, qui n’est pas…
Texte original — Chabbat 44b (מד:)
ואם כן תיקשי:
ומה נר
חדש,
דלהכי עבידא,
בכל זאת
כי לא הדליק בה
-
שרי לטלטולה
.
מטה, דלאו להכי עבידא
-
לא כל שכן
שאין היא מוקצה, על אף שייחדוה למעות!?
ומשנינן:
אלא, אי איתמר
-
הכי איתמר
:
אמר רב יהודה אמר רב
: א.
מטה שיחדה למעות,
הרי אם
הניח עליה מעות
מערב שבת -
אסור לטלטלה
אפילו אם ניטלו ממנה המעות לפני שבת. שאין זה ייחוד של "הזמנה" גרידא, אלא השתמש בה בפועל עבור מעות.
לא הניח עליה
מעולם
מעות
-
מותר לטלטלה
על אף שייחדה למעות.
ב.
לא יחדה למעות,
ועתה בשבת
יש עליה מעות
-
אסור לטלטלה
.
אין עליה מעות
-
מותר לטלטלה,
אפילו היו עליה מעות בימי חול.
והוא שלא היו עליה בין השמשות.
כי אם היו המעות עליה בין השמשות וניטלו ממנה בשבת, על ידי גוי או תינוק, אמרינן מיגו דאיתקצאי בין השמשות איתקצאי לכולי יומא.
אמר עולא, מתיב רבי אלעזר
:
אדם או כלי המאהילים על מת או על קבר - נטמאים בטומאת מת.
כלי עץ שמידת הנפח שלו היא למעלה מארבעים סאה המאהיל על המת - אינו נטמא כלל.
והוא אף מהווה חציצה מפני הטומאה לכלים אחרים הנמצאים בתוכו. כי נחשב הדבר כאילו נמצאים הכלים ב"אהל" אחר, ואינם מאהילים על המת.
לצורך חישוב מדידת נפחו של כלי העץ, אם הוא מכיל יותר מארבעים הסאה, מחשבים גם את עובי דפנות הכלי ואת בסיסי הרגליים הקטנות שהוא עומד עליהם.
אחת הצורות של כלי עץ גדול, המכיל בחישוב כולל יותר מארבעים סאה, היא עגלה [הנקראת "שידה"] העשויה עץ המוקפת מחיצות, ובצידיה גלגלי עץ, ובתוכה מושבים לאנשים.
האנשים והכלים המצויים בתוכה של עגלת העץ אינם נטמאים כאשר עוברת העגלה בבית הקברות ומאהילה על הקברים. כיון שהעגלה עצמה אינה נטמאת, עקב היותה גדולה מארבעים סאה. והיא אף חוצצת בין הטומאה ובין האנשים והכלים המצויים בתוכה.
גלגל העץ של העגלה, הנקרא "מוכני", היה בו בית קיבול, והוא היה פחות מארבעים סאה. לעיתים הוא היה מחובר באופן קבוע בעגלה, ולעיתים באופן שניתן לפרקו ולהרכיבו.
שנינו במשנה במסכת כלים פרק יח: השידה, העשויה עץ -
מוכני
, שהוא גלגל העץ
שלה, בזמן שהיא
[ה"מוכני" היא לשון נקיבה]
נשמטת
, שאין הגלגל קבוע בעגלה אלא הוא עשוי להתפרק ממנה ולחזור ולהיות מורכב בה, הרי אז אין הגלגל נחשב כחלק מן העגלה, אלא הוא כלי עץ בפני עצמו, ולכן דינה של אותה ה"מוכני" [גלגל העץ]:
א.
אין חבור לה
לענין טומאה.
שאם ה"שידה" אינה מכילה ארבעים סאה והיא מקבלת טומאה, הרי אם נטמאה העגלה לא נטמאה בכך גם המוכני, לפי שהיא כלי הנבדל ממנה.
וכן אם נטמאה המוכני לא נטמאה העגלה.
וכן אם העגלה מכילה ארבעים סאה ואינה נטמאת, בכל זאת המוכני נטמאת, כיון שאינה חלק מהעגלה, אלא היא כלי בפני עצמו.
ב.
ואין נמדדת
המוכני
עמה
, עם השידה, לשער אם יש בעגלה בצירוף המוכני ארבעים סאה.
ג.
ואין מצלת עמה באהל המת
. שאם עוברת העגלה בבית הקברות ומעל דפנות העגלה מלמעלה בולטים החוצה כלים, ומתחתם של הכלים נמצא גלגל העגלה, אין עובי הגלגל חוצץ ביניהם ובין הטומאה שהם מאהילים עליה. כי אין הגלגל חלק מהעגלה אלא הוא כלי נפרד, שיש בו בית קיבול שהוא פחות מארבעים סאה, ומקבל טומאה, ואינו חוצץ בפניה [על פי הר"ב במשניות בגירסא המתוקנת שם, והמהרש"א כאן].
ד.
ואין גוררין אותה בשבת בזמן שיש עליה מעות.
כי אם לא היה הגלגל כלי בפני עצמו אלא חלק מהעגלה עצמה היה מותר לגרור את העגלה בשבת על אף שהמעות מונחות על הגלגל, כיון שאין המעות מונחות על עיקר הכלי אלא על דבר הנספח אליו. אבל כיון שהגלגל הוא כלי בפני עצמו אסור לגרור את העגלה יחד עם הגלגל והמעות שעליו, כי הגרירה של הגלגל היא גרירת כלי בפני עצמו, ואסור לגוררו בגלל המעות המצויות עליו.
ומדייקינן:
הא אין עליה
של המוכני עתה
מעות
-
שריא
בטלטול,
אף על גב דהוו עליה
המעות
בין השמשות!
ומשנינן:
ההיא
מתניתין דמסכת כלים -
רבי שמעון היא, דלית ליה מוקצה
בדבר הראוי, ולא אמרינן בו מיגו דאיתקצאי בין השמשות איתקצאי לכולי יומא.
ו
אילו
רב
-
כרבי יהודה סבירא ליה
דאית ליה מוקצה.
Traduction française
Et si tel est le cas, objecte :
et une lampe
neuve,
qui est faite pour cela,
malgré tout,
puisqu’on n’y a pas allumé —
il est permis de la déplacer.
Un lit, qui n’est pas fait pour cela —
à plus forte raison
ne devrait-il pas être non mouqtsé, bien qu’on l’ait réservé aux pièces de monnaie !?
Et nous répondons :
mais, si cela a été dit —
c’est ainsi que cela a été dit :
Rav Yehouda a dit au nom de Rav :
a.
un lit qu’on a réservé aux pièces de monnaie,
si
on y a déposé des pièces
la veille de Chabbat —
il est interdit de le déplacer
même si les pièces en ont été retirées avant Chabbat. Car il ne s’agit pas d’une simple désignation comme « préparation », mais on l’a effectivement utilisé pour des pièces.
Si l’on n’y a pas déposé
jamais
de pièces —
il est permis de le déplacer
bien qu’on l’ait réservé aux pièces.
b.
S’il ne l’a pas réservé aux pièces,
et qu’à présent, pendant Chabbat,
il y a des pièces dessus —
il est interdit de le déplacer.
S’il n’y a pas de pièces dessus —
il est permis de le déplacer,
même si des pièces se trouvaient dessus pendant les jours de semaine.
Et cela, à condition qu’il n’y en ait pas eu dessus entre le coucher du soleil et la nuit.
Car si les pièces se trouvaient dessus entre le coucher du soleil et la nuit et qu’elles en ont été retirées pendant Chabbat par un non-Juif ou par un enfant, nous disons : puisque l’objet a été écarté entre le coucher du soleil et la nuit, il a été écarté pour toute la journée.
Oula dit ; Rabbi Éléazar objecte :
Un homme ou un ustensile qui forme un toit au-dessus d’un mort ou d’une tombe devient impur de l’impureté du mort.
Un ustensile de bois dont le volume est supérieur à quarante séa, lorsqu’il forme un toit au-dessus d’un mort, ne devient aucunement impur.
Il constitue même une séparation contre l’impureté pour les autres ustensiles qui se trouvent à l’intérieur. En effet, on considère que les ustensiles se trouvent dans un autre « toit », et qu’ils ne forment pas un toit au-dessus du mort.
Pour calculer le volume de l’ustensile de bois, s’il contient plus de quarante séa, on compte également l’épaisseur de ses parois et les bases des petits pieds sur lesquels il repose.
L’une des formes d’un grand ustensile de bois qui, dans le calcul total, contient plus de quarante séa, est une charrette [appelée « chida »], faite de bois, entourée de cloisons, munie sur ses côtés de roues de bois et contenant des sièges pour des personnes.
Les personnes et les ustensiles qui se trouvent à l’intérieur de cette charrette de bois ne deviennent pas impurs lorsque la charrette traverse le cimetière et forme un toit au-dessus des tombes. Puisque la charrette elle-même ne devient pas impure, étant plus grande que quarante séa, elle constitue également une séparation entre l’impureté et les personnes et les ustensiles qui se trouvent à l’intérieur.
La roue de bois de la charrette, appelée « mokheni », comportait un réceptacle et était d’un volume inférieur à quarante séa. Parfois, elle était fixée de manière permanente à la charrette ; parfois, elle était fixée de manière à pouvoir en être détachée et remontée.
Nous avons enseigné dans la Michna, traité Kelim, chapitre 18 : la chida, faite de bois —
la mokheni,
qui est sa roue de bois,
la sienne, lorsqu’elle [
« mokheni » est un terme féminin ]
est détachable,
car la roue n’est pas fixée à la charrette, mais est faite pour en être détachée puis y être remontée ; dès lors, la roue n’est pas considérée comme une partie de la charrette, mais comme un ustensile de bois indépendant ; par conséquent, le statut de cette « mokheni » [la roue de bois] :
a.
n’a pas d’union avec elle
en ce qui concerne l’impureté.
Car si la chida ne contient pas quarante séa et est susceptible de contracter l’impureté, alors, si la charrette devient impure, la mokheni ne devient pas impure de ce fait également, puisqu’elle est un ustensile distinct d’elle.
Et de même, si la mokheni devient impure, la charrette ne devient pas impure.
Et de même, si la charrette contient quarante séa et ne devient pas impure, la mokheni devient néanmoins impure, puisqu’elle ne fait pas partie de la charrette, mais est un ustensile indépendant.
b.
et elle n’est pas mesurée
la mokheni
avec elle,
avec la chida, pour déterminer si la charrette contient, en y ajoutant la mokheni, quarante séa.
c.
et elle ne protège pas avec elle sous le toit du mort.
Car si la charrette traverse le cimetière et que, au-dessus des parois de la charrette, des ustensiles dépassent vers l’extérieur, tandis que la roue de la charrette se trouve sous ces ustensiles, l’épaisseur de la roue ne constitue pas une séparation entre eux et l’impureté au-dessus de laquelle ils forment un toit. En effet, la roue ne fait pas partie de la charrette, mais est un ustensile distinct, qui possède un réceptacle inférieur à quarante séa, est susceptible de contracter l’impureté et ne constitue pas une séparation devant elle [selon le commentaire du rabbin Ovadia de Bertinoro dans la Michna, dans la version corrigée qui s’y trouve, et selon le Maharacha ici].
d.
et on ne la traîne pas pendant Chabbat lorsqu’il y a des pièces dessus.
Car si la roue n’était pas un ustensile indépendant, mais une partie de la charrette elle-même, il serait permis de traîner la charrette pendant Chabbat bien que les pièces soient posées sur la roue, puisque les pièces ne sont pas posées sur l’ustensile principal, mais sur un élément qui lui est rattaché. Mais puisque la roue est un ustensile indépendant, il est interdit de traîner la charrette avec la roue et les pièces qui se trouvent dessus, car traîner la roue revient à traîner un ustensile indépendant, et il est interdit de la traîner à cause des pièces qui s’y trouvent.
Et nous en déduisons :
donc, s’il n’y a pas sur elle
sur la mokheni à présent
de pièces —
elle est permise
au déplacement,
bien qu’il y en ait eu dessus
les pièces
entre le coucher du soleil et la nuit !
Et nous répondons :
cette
Michna du traité Kelim —
est celle de Rabbi Chimon, qui ne reconnaît pas le mouqtsé
pour une chose apte à l’usage, et nous ne disons pas à son sujet : puisque l’objet a été écarté entre le coucher du soleil et la nuit, il a été écarté pour toute la journée.
Et
si
Rav —
il partage l’opinion de Rabbi Yehouda
qui reconnaît le mouqtsé.