Version texte de ce daf : original et traduction
Chabbat 106a (קו.) — le Talmud en français
Chabbat 106a (שבת קו.): Et Rabbi Hiyya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : si l’un des frères meurt tous les frères doivent s’inquiéter, de peur qu’ils ne meurent. Si l’un des membres du groupe…
Texte original — Chabbat 106a (קו.)
ואמר רבי חייא בר אבא אמר רבי יוחנן: אחד מן האחין שמת
ידאגו כל האחין כולן
שמא ימותו.
אחד מבני החבורה שמת תדאג כל החבורה כולה.
אמרי לה
: דוקא
דמת גדול
האחין ידאגו הואיל ושלטה מדת הדין בראש הבית.
ואמרי לה
: דוקא
דמת קטן
האחין שבקלקלה מתחילין מן הקטן.
שנינו במשנה:
וכל המקלקלין פטורין.
תני רבי אבהו קמיה דרבי יוחנן: כל המקלקלין פטורין חוץ מחובל ומבעיר
שמצינו משנה שהחובל בחבירו בשבת חייב וכן יש משנה שהמבעיר את הגדיש חייב אעפ"י שהן מקלקלין. הרי שמלאכות אלו יוצאות מן הכלל לענין מקלקל.
אמר ליה רבי יוחנן: פוק תני לברא
צא לחוץ ואמור שם ברייתא זו, כלומר טעות הוא,
חובל ומבעיר אינה משנה
שאף הם פטורין במקלקל.
ואם תמצי לומר משנה, "חובל"
-
בצריך
את הדם היוצא מהחבלה
לכלבו
דמתקן הוא לגבי הכלב.
"מבעיר"
-
בצריך לאפרו
ולכן הוא חייב, אבל במקלקל גמור פטור.
ומקשינן לרבי אבהו:
והאנן תנן
במתניתין:
כל המקלקלין פטורין
משמע אפילו חובל ומבעיר וקשיא אברייתא דרבי אבהו דקתני חוץ מחובל ומבעיר?
ומתרצינן:
מתניתין, רבי יהודה
דסבר מלאכה שאינה צריכה לגופה חייב עליה וממילא אין הכרח לומר דחובל ומבעיר שונים מכל המלאכות, שהרי גם בהם יתכן אופנים שלא יהא מקלקל, כדאמרינן לעיל בצריך לכלבו וצריך לאפרו, שאעפ"י שלגבי המלאכה עצמה הוא מקלקל והוי מלאכה שאינה צריכה לגופה מ"מ חייב עליה, אבל מקלקל גמור פטור גם בחובל ומבעיר.
ברייתא, רבי שמעון
דסבר מלאכה שאינה צריכה לגופה פטור עליה וא"כ לא יתכן שום חובל ומבעיר שלא יהא מקלקל, ואפילו מבעיר עצים לצורך בישול נחשב מקלקל דאף שהוא מתקן אצל אחרים מ"מ הוי מלאכה שאינה צריכה לגופה וע"כ דחובל ומבעיר חייב אפילו במקלקל.
ומבארינן:
מאי טעמא דרבי שמעון?
מדאיצטריך קרא למישרא מילה
בשבת [כדדרשינן מדכתיב "וביום השמיני ימול בשר ערלתו" והיה יכול לומר "ובשמיני", ומרבינן מ"ביום" דאפילו בשבת]. ומילה הוי מקלקל דחובל, משמע
הא חובל בעלמא חייב
ואפילו מקלקל.
ומדאסר רחמנא הבערה גבי בת כהן
שזינתה שעונשה בשריפה וילפינן [ביבמות ו, ב] שאין שורפין אותה בשבת
שמע מינה: מבעיר בעלמא חייב
ואפילו מקלקל.
[והקשה הרש"ש מדוע לא יליף מעצם המלאכות דחובל ומבעיר שנמנו באבות מלאכות משום שהיו במשכן, ולא יתכן אלא במקלקל כדאמרינן לעיל].
ורבי יהודה
אמר לך:
התם
במילה ובת כהן
מתקן הוא, וכדרב אשי, דאמר רב אשי: מה לי לתקן מילה מה לי לתקן כלי
דבמילה נמי מתקן גברא הוא. וכן בבת כהן
מה לי לבשל פתילה מה לי לבשל סמנין
שהמלאכה שם אינה מבעיר אלא מבשל, שהיו מבשלים פתילה של עופרת עד שנמסה ונותנים לתוך פיה, ובישול גמור הוא ואינו מקלקל אלא מתקן וצירף את הפתילה, כבישול סמנין של צבע במשכן. אבל מקלקל גמור פטור בחובל ומבעיר.
שנינו במשנה:
שיעור המלבן
כמלא רוחב הסיט כפול.
רב יוסף מחוי
-
כפול
. היה מראה באצבעותיו המרחק שבין האמה לאצבע, וכפול מזה הוא השיעור.
רב חייא בר אמי מחוי פשוט
. פעם אחת, שהיה מראה המרחק שבין הגודל לאצבע שהוא כפלים מבין אמה לאצבע.
מתניתין:
רבי יהודה אומר: הצד צפור למגדל
שהכניס אותה לארון,
וצבי לבית, חייב.
אבל צפור לבית עדיין אינה נחשבת כניצודה שיכולה לברוח דרך החלונות, וכן צבי שהכניסו לגינה או לחצר אין זו צידה.
Traduction française
Et Rabbi Hiyya bar Abba dit au nom de Rabbi Yo'hanan : si l’un des frères meurt
tous les frères doivent s’inquiéter,
de peur qu’ils ne meurent.
Si l’un des membres du groupe meurt, tout le groupe doit s’inquiéter.
Certains disent :
précisément
si c’est l’aîné qui meurt,
les frères doivent s’inquiéter, puisque la mesure de justice a sévi sur le chef de la maison.
Et certains disent :
précisément
si c’est le plus jeune qui meurt,
la détérioration commence par le plus jeune des frères.
Nous avons appris dans la Michna :
et tous ceux qui détériorent sont dispensés.
Rabbi Abahou enseigna devant Rabbi Yo'hanan : tous ceux qui détériorent sont dispensés, à l’exception de celui qui blesse et de celui qui allume,
car nous trouvons une Michna selon laquelle celui qui blesse son prochain le Chabbat est passible, et de même il existe une Michna selon laquelle celui qui allume la meule est passible, bien qu’ils détériorent. Il apparaît donc que ces travaux sortent de la règle concernant celui qui détériore.
Rabbi Yo'hanan lui dit : va enseigner cela à l’extérieur,
sors et énonce là-bas cette baraïta ; c’est-à-dire que c’est une erreur,
« celui qui blesse et celui qui allume » n’est pas une Michna,
car eux aussi sont dispensés lorsqu’ils détériorent.
Et si tu veux dire que c’est une Michna, « celui qui blesse » —
lorsqu’il en a besoin
du sang qui sort de la blessure
pour son chien,
car c’est une amélioration pour le chien.
« celui qui allume » —
lorsqu’il en a besoin pour ses cendres,
et c’est pourquoi il est passible ; mais lorsqu’il détériore complètement, il est dispensé.
Et nous objectons à Rabbi Abahou :
mais nous avons pourtant enseigné
dans notre Michna :
tous ceux qui détériorent sont dispensés,
ce qui signifie : même celui qui blesse et celui qui allume ; et c’est une difficulté contre la baraïta de Rabbi Abahou, qui enseigne : à l’exception de celui qui blesse et de celui qui allume ?
Et nous répondons :
la Michna : Rabbi Yehouda,
qui considère qu’un travail qui n’est pas requis pour lui-même rend passible celui qui l’accomplit ; il n’est donc pas nécessaire de dire que celui qui blesse et celui qui allume sont différents de tous les autres travaux, car il est également possible que, dans leur cas, il existe des manières où il ne détériore pas, comme nous l’avons dit précédemment : lorsqu’il en a besoin pour son chien et lorsqu’il en a besoin pour ses cendres. Bien que, du point de vue du travail lui-même, il détériore et que ce soit un travail qui n’est pas requis pour lui-même, il est néanmoins passible ; mais celui qui détériore complètement est dispensé, également lorsqu’il blesse et lorsqu’il allume.
La baraïta : Rabbi Chimon,
qui considère que celui qui accomplit un travail qui n’est pas requis pour lui-même est dispensé ; dès lors, il ne peut exister aucun cas de celui qui blesse ou de celui qui allume où il ne détériorerait pas. Même celui qui allume du bois pour la cuisson est considéré comme détériorant, car, bien qu’il améliore la situation d’autres choses, il s’agit néanmoins d’un travail qui n’est pas requis pour lui-même ; nécessairement, celui qui blesse et celui qui allume sont passibles même lorsqu’ils détériorent.
Et nous expliquons :
pour quelle raison Rabbi Chimon ?
Puisque le verset a dû autoriser la circoncision
le Chabbat — comme nous l’interprétons à partir de ce qui est écrit : « Et au huitième jour, on circoncira la chair de son prépuce », alors qu’il aurait pu dire : « et le huitième », et nous incluons du mot « au jour » que cela s’applique même au Chabbat. Or la circoncision est une détérioration par le fait de blesser ; cela signifie donc :
celui qui blesse en général est passible,
même lorsqu’il détériore.
Et puisque la Torah a interdit l’allumage dans le cas de la fille d’un cohen,
qui s’était livrée à la débauche et dont la peine est la combustion, et que nous déduisons [dans le traité Yevamot, 6b] qu’on ne la brûle pas le Chabbat,
écoute de là : celui qui allume en général est passible,
même lorsqu’il détériore.
Et le Rachach a objecté : pourquoi ne tire-t-il pas l’enseignement de la nature même des travaux de celui qui blesse et de celui qui allume, qui ont été comptés parmi les travaux fondamentaux parce qu’ils existaient dans le Tabernacle, alors que cela ne peut être que dans un cas de détérioration, comme nous l’avons dit précédemment ?
Et Rabbi Yehouda,
te répondrait :
là-bas,
dans le cas de la circoncision et de la fille d’un cohen,
il améliore, et c’est comme l’a dit Rav Achi, car Rav Achi a dit : « Quelle différence y a-t-il entre améliorer une circoncision et améliorer un ustensile ? »
car, dans la circoncision également, il améliore l’homme. Et de même dans le cas de la fille d’un cohen,
« quelle différence y a-t-il entre cuire une mèche et cuire des substances tinctoriales ? »
car le travail accompli là-bas n’est pas l’allumage, mais la cuisson : on cuisait une mèche de plomb jusqu’à ce qu’elle fonde, puis on la déposait dans sa bouche ; c’est une cuisson complète, et non une détérioration, mais une amélioration, et elle achevait la mèche, comme la cuisson des substances tinctoriales dans le Tabernacle. Mais celui qui détériore complètement est dispensé lorsqu’il blesse ou lorsqu’il allume.
Nous avons appris dans la Michna :
la quantité de blanchiment
est comme la largeur pleine d’un sit, multipliée par deux.
Rav Yossef montre —
multipliée par deux.
Il montrait avec ses doigts la distance entre le majeur et l’index, et la quantité est le double de cette distance.
Rav Hiyya bar Ami montre une seule fois.
Une fois, il montrait la distance entre le pouce et l’index, qui est le double de celle entre le majeur et l’index.
Michna :
Rabbi Yehouda dit : celui qui capture un oiseau dans une tour,
qu’il a introduit dans une armoire,
et une gazelle dans une maison est passible.
Mais un oiseau dans une maison n’est pas encore considéré comme capturé, car il peut s’enfuir par les fenêtres ; et de même, une gazelle qu’on a introduite dans un jardin ou dans une cour : ce n’est pas là une capture.