Version texte de ce daf : original et traduction
Sanhédrin 33b (לג:) — le Talmud en français
Sanhédrin 33b (סנהדרין לג:): On ramène à l'acquittement et on ne ramène pas à la condamnation, de cette manière : On ramène à l'acquittement dans les matières de peines capitales, dans des cas qui…
Texte original — Sanhédrin 33b (לג:)
מחזירין לזכות
ואין מחזירין לחובה,
באופן כזה:
מחזירין לזכות
בדיני נפשות, בדינים שהם
זכות גרידתא,
כגון שחייבוהו בדיני נפשות על חילול שבת, שאז החזרה היא זכות עבורו בלי שתהא בכך חובה לצד שכנגדו, שהרי אין כאן צד שכנגדו.
ואין מחזירין לחובה,
היינו,
לזכות שהיא חובה.
כי אי אפשר לפרש כפשוטו, שאין מחזירים בדיני נפשות מזכות לחובה, כי דבר זה אינו אפילו בדיני ממונות. ואילו המשנה מחלקת בין דיני ממונות לדיני נפשות.
אך תמהה הגמרא: בדיני נפשות,
חובתיה דמאן!?
למי תהא חובה אם נחזיר לזכות בדיני נפשות!? ומתרצת:
הא לא קשיא
-
חובתיה דגואל הדם.
שאם נחזיר לזכות את דין הרוצח, תהא זאת חובה לגואל הדם, לפי שקשה בעיניו בדבר שניצול הרוצח של קרובו.
ותמהה הגמרא: וכי
משום חובתיה דגואל הדם, קטלינן ליה להאי?
נהרוג את זה, ולא נחזיר את דינו לזכות!?
ועוד
קשה,
מאי,
מהו הלשון שנקט התנא שבדיני ממונות מחזירין
בין
לזכות
בין
לחובה? והרי לדבריך מחזירים רק לזכות [שהיא חובה לשני]!?
ומסקינן: אכן
קשיא.
רבינא אמר
: אפשר לומר כחילוקו של רב חסדא, כאן שנטל ונתן ביד, כאן שלא נטל ונתן ביד. ועל מה שהקשינו בזיכה את החייב איך יתכן נטל ונתן ביד, יש לומר שמדובר ב
כגון שהיה לו בידו
של המלוה
משכון
על החוב, ופטרו מן החוב,
ונטלו
הדיין למשכון
ממנו,
ונתנו ללווה. וכמו כן ב
טימא את הטהור,
יש להעמיד
דאגעי ביה שרץ,
שטימאו בידים, וכן יש ב
טיהר את הטמא
יש להעמיד
ש
הדיין
עירבן
לפירות הטמאים
בין פירותיו
הטהורים של הנשאל, וטימאן בכך את כולן.
שנינו במשנה:
דיני נפשות כו'.
תנו רבנן: מניין ליוצא מבית דין חייב, ואמר אחד: יש לי ללמד עליו זכות! מניין שמחזירין אותו?
-
תלמוד לומר
[
שמות כג
]
"נקי אל תהרג".
שמשמעות הכתוב היא, שאם המתחייב בדין הוא נקי מהחטא, אל תהרגנו, אלא תחזיר אותו ותשמע את לימוד הזכות שיש לאדם זה.
ומניין ליוצא מבית דין זכאי, ואמר אחד יש לי ללמד עליו חובה, מניין שאין מחזירין אותו?
-
תלמוד לומר
[
שמות כג
]
"צדיק אל תהרג".
שמשמעות הכתוב היא, שהוא צדיק בדינו, שיצא זכאי, אך אין הוא נקי מהחטא.
אמר רב שימי בר אשי: וחילופא למסית. דכתיב
[
דברים יג
]
"לא תחמל ולא תכסה עליו".
רב כהנא מתני
[
דברים יג
]
מ"כי הרג תהרגנו".
בעא מניה רבי זירא מרב ששת: חייבי גליות, מניין?
האם דינם לענין חזרה כדיני נפשות?
ומבארת הגמרא:
אתיא
גזירה שוה,
"רצח, רצח".
נאמר בחייבי מיתות "יומת הרוצח", ונאמר בחייבי גלויות "לנוס שמה רוצח".
חייבי מלקיות מניין?
-
אתיא
גזירה שוה
"רשע
-
רשע".
תניא נמי הכי: חייבי גליות, מאי?
-
אתיא
גזירה שוה
רצח רצח. חייבי מלקות
-
אתיא
גזירה שוה
רשע רשע.
שנינו במשנה:
ואין מחזירין לחובה.
אמר רבי חייא בר אבא אמר רבי יוחנן: והוא שטעה
המזכה
בדבר שאין הצדוקין מודין בו,
שאין טעותו מפורשת בתורה אלא בדברי המשנה והגמרא
. אבל טעה בדבר ש
אפילו
הצדוקין מודין בו,
מחזירין,
זיל, קרי בי רב הוא!
שהוא דבר שאפילו תינוקות של בית רבן יודעים שהוא טעות, ואין פסק דין שכזה נחשב כלום.
בעא מיניה רבי חייא בר אבא מרבי יוחנן: טעה
המזכה
בנואף ונואפת, מהו?
אמר ליה: אדמוקדך יקיד, זיל קוץ קרך וצלי.
משל הוא: כל זמן שהאש במוקד דולקת, נצל אותה, קצוץ את הדלועים שלך, וצלה אותה עליהם. והנמשל הוא, בשעה שאתה שומע דבר, תן לבך להבין ולהוסיף לקח. וכיון ששמעת ממני שאם טעה בדבר שהצדוקים מודים בו הדין חוזר אפילו מזכות לחובה, הרי היה לך להסיק מאליו, שאם טעה בנואף ונואפת, שהוא דבר שהצדוקים מודים בו, חוזר הדין, כי אין כאן כל צד לזכות.
איתמר נמי, אמר רבי אמי אמר רבי יוחנן: טעה בנואף חוזר.
אך דנה הגמרא:
אלא, היכי דמי "אין חוזרין"
בדיני נפשות,
שבהם נכללים גם נואף ונואפת?
אמר רבי אבהו אמר רבי יוחנן: כגון שטעה
בחיוב על ביאה
שלא כדרכה,
הנלמד מדברי הכתוב "משכבי אשה", שבשתי משכבות הכתוב מדבר, אחת כדרכה, ואחת שלא כדרכה, והוא דבר שאין הצדוקים בו, ודיין זה זיכה על ביאה שלא כדרכה.
שנינו במשנה:
דיני ממונות הכל מלמדים זכות וחובה, דיני נפשות הכל מלמדים זכות.
ומדייקת הגמרא:
"הכל"
-
ואפילו
ה
עדים
שהעידו על המעשה המחייב אותו מיתה, יכולים לבוא וללמד עליו זכות להצילו ממיתה.
נימא מתניתין רבי יוסי ברבי יהודה היא, ולא רבנן.
דתניא
: [
במדבר לה
]
"ועד אחד לא יענה בנפש"
-
בין לזכות בין לחובה, רבי יוסי ברבי יהודה אומר: עונה לזכות, ואין עונה לח ובה.
אמר רב פפא
: "הכל" האמור במשנה, הכוונה היא
באחד מן התלמידים
היושבים בשורות לפני הדיינים, ולא העדים,
ודברי הכל
היא.
Traduction française
On ramène à l'acquittement
et on ne ramène pas à la condamnation,
de cette manière :
On ramène à l'acquittement
dans les matières de peines capitales, dans des cas qui sont
un acquittement pur,
par exemple lorsqu'on l'a condamné en matière de peines capitales pour la profanation de Chabbat, car alors le renvoi constitue une faveur pour lui sans qu'il y ait là une condamnation envers la partie adverse, puisque il n'y a pas ici de partie adverse.
et on ne ramène pas à la condamnation,
c'est‑à‑dire
vers un acquittement qui est une obligation.
Car il est impossible d'interpréter littéralement que l'on ne ramène pas en matière de peines capitales de l'acquittement à la condamnation, car cette question n'est même pas en matière pécuniaire. Or la Michna distingue entre les matières pécuniaires et les matières capitales.
Mais la Guemara s'étonne : en matière de peines capitales
La charge, de qui ?!
À qui incomberait la charge si l'on ramenait à l'acquittement en matière de peines capitales ? Et elle répond :
Cela n'est‑il pas problématique ? —
la charge du goel hadam.
Car si l'on ramenait à l'acquittement le cas du meurtrier, ce serait là une obligation pour le goel hadam, puisque cela lui est pénible de voir que le meurtrier a épargné son proche.
Et la Guemara s'étonne encore :
À cause de la charge du goel hadam, devons‑nous le tuer pour cela ?
Allons‑nous le mettre à mort, et ne ramènerons‑nous pas son jugement à l'acquittement !?
De plus
il y a une difficulté :
Quoi,
quel est le terme employé par le tannai quand il dit qu'en matière pécuniaire on ramène
entre
l'acquittement
et
la condamnation ? Or d'après tes paroles on ramène seulement vers l'acquittement [qui est une charge pour les deux parties] !
Et nous concluons :
Difficulté.
Ravina dit :
on peut s'exprimer comme la distinction de Rav Ḥisda : ici il y eut prise et remise en main, ici il n'y eut pas prise et remise en main. Et sur ce que nous avons soulevé au sujet d'acquitter le débiteur — comment une prise et remise en main est‑elle possible — on dira qu'il s'agit,
par exemple qu'il avait en main
le gage du prêteur,
le mashkon,
sur la dette, et ils l'ont libéré de la dette,
et il prit
le juge [le] pour mashkon
de celui‑ci,
et le donnèrent à l'emprunteur. Et de même, dans
il souilla le pur,
il faut établir
qu'un reptile l'eût touché,
qui l'avaient rendu impur par leurs mains, et de même il y a dans
il purifia l'impur
il faut établir
que
le juge
mélangea
aux fruits impurs
parmi ses fruits
purs de l'emprunteur, et les rendit ainsi tous impurs.
Il est enseigné dans la Michna :
Les matières capitales etc.
Nos Maîtres ont enseigné : d'où sait‑on qu'on ramène de la Cour un accusé déclaré coupable, et si l'un dit : j'ai à lui enseigner une preuve en sa faveur ! d'où sait‑on qu'on le ramène ? —
Il est dit expressément
Exode 23
« Ne fais pas mourir l'innocent. »
Car le sens du verset est que, si celui qui est soumis au jugement est innocent du péché, ne le tuez pas, mais renvoyez‑le et écoutez l'exposé de la preuve à décharge que cet homme a.
Et d'où sait‑on qu'on ne ramène pas celui qui sort du tribunal acquitté et qu'un homme dit : j'ai à lui enseigner une preuve à charge, d'où sait‑on qu'on ne le ramène pas ? —
Il est dit
Exode 23
« Ne fais pas mourir le juste. »
Car le sens du verset est qu'il est juste dans son procès, qu'il est sorti acquitté, mais il n'est pas pur du péché.
R. Shimi bar Ashi dit : et inversement pour l'incitateur. Car il est écrit
Deutéronome 13
« Tu n'auras ni pitié ni ne le couvriras. »
Rav Kahana enseigne
Deutéronome 13
« Car : s'il a tué, tu le feras mourir. »
R. Zera demande au nom de Rav Sheshet : les condamnés à l'exil, d'où (les apprenons‑nous) ?
Sont‑ils soumis à la règle de retour comme en matière de peines capitales ?
Et la Guemara explique :
Voici
gzera shava
"meurtre, meurtre".
Il est dit pour les condamnés à mort « le meurtrier sera mis à mort », et il est dit pour les condamnés à l'exil « qu'un meurtrier s'y enfuit ».
D'où vient‑on pour les condamnés aux coups de fouet ? —
Voici
gzera shava
"méchant — méchant".
Il est aussi enseigné ainsi : les condamnés à l'exil, quoi ? —
Voici
gzera shava
"meurtre, meurtre. Condamnés aux coups de fouet" —
Voici
gzera shava
"méchant, méchant."
Il est enseigné dans la Michna :
Et on ne ramène pas à la condamnation.
R. Ḥiyya bar Abba dit en l'ame de R. Yohanan : et celui qui a erré
en faveur de l'accusé
dans une chose dont les justes ne reconnaissent pas la validité,
car son erreur n'est pas explicite dans la Torah mais seulement dans les paroles de la Michna et de la Guemara,
mais s'il a erré dans une chose que
même
les justes reconnaissent,
on le ramène ;
Va, qu'on dise de lui 'Rav' !
car c'est une affaire que même les enfants de la maison d'enseignement savent être une erreur, et un tel jugement n'est pas considéré du tout.
R. Ḥiyya bar Abba demande de R. Yohanan : il a erré
en faveur de l'accusé
dans un cas d'adultère, quoi ?
Il lui dit : "Si ton foyer est enflammé, découpe ta courge, et rôtis‑la."
C'est une parabole : tant que le feu dans le foyer est allumé, profite‑en, hache tes cucurbitacées et rôtis‑les sur lui. La leçon est : au moment où tu entends quelque chose, applique ton esprit pour comprendre et tirer une leçon. Et puisque tu as entendu de moi que si l'on a erré sur une chose reconnue par les justes le jugement revient même d'acquittement à condamnation, tu aurais dû en déduire aussitôt que si l'on a erré en matière d'adultère, qui est une chose reconnue par les justes, le jugement revient, car il n'existe là aucune partie en faveur.
Il est aussi dit : R. Ami, citant R. Yohanan, dit : s'il a erré sur un cas d'adultère, on ramène.
Mais la Guemara discute :
Mais comment entendre "on ne ramène pas"
en matière de peines capitales
qui comprennent aussi l'adultère ?
R. Abahu dit en l'ame de R. Yohanan : par exemple, s'il a erré
sur l'obligation relative au coït
qui n'est pas comme sa manière habituelle,
ceci s'apprend des paroles du verset "mishkvei isha", où il est parlé de deux rapports conjugaux, l'un comme sa manière habituelle, et l'autre pas comme sa manière habituelle, et c'est une chose sur laquelle les justes ne s'accordent pas, et ce juge acquitta au sujet d'un coït qui n'était pas comme sa manière habituelle.
Il est enseigné dans la Michna :
En matière pécuniaire, tout enseigne acquittement et condamnation ; en matière de peines capitales, tout enseigne l'acquittement.
Et la Guemara précise :
"tout" —
et même
le
témoins
qui attestèrent l'acte qui le condamnait à mort peuvent venir et présenter en sa faveur une preuve pour le sauver de la mort.
On pourrait dire que c'est l'enseignement de R. Yossi fils de R. Yehuda, et non des Rabbins.
Il est enseigné :
Nombres 35
"Pas un seul ne répondra pour une vie"
qu'il s'agisse d'acquittement ou de condamnation, R. Yossi fils de R. Yehuda dit : il répond pour l'acquittement, et il ne répondra pas pour la condamnation.
R. Pappa dit : le mot "tout" mentionné dans la Michna signifie
en l'un des élèves
siégeant en rangées devant les juges, et non les témoins,
et l'idée de "tout"
est cela.