Version texte de ce daf : original et traduction
Roch Hachana 33a (לג.) — le Talmud en français
Roch Hachana 33a (ראש השנה לג.): Nous avons appris dans la Michna : et on ne le coupe pas le shofar que ce soit pour quelque chose dont l'interdiction est à cause du shvut d'origine rabbinique, ou…
Texte original — Roch Hachana 33a (לג.)
שנינו במשנה:
ואין חותכין אותו
, את השופר,
בין בדבר
שאיסורו
הוא משום שבות
דרבנן,
ובין בדבר ש
איסורו
הוא משום לא תעשה
מן התורה.
ומבארינן:
משום שבות
, כשחותכו ב
מגלא
מגל. לפי שאין דרך לחתוך בו שופרות, ותיקון כלי בדבר שאין דרכו בכך, שהוא מלאכה "כלאחר יד", אינו אסור אלא מדרבנן.
משום
לא תעשה
כשחותכו
בסכינא
, בסכין, שדרך לחתוך בו שופרות. והמתקן את השופר כדרכו, הרי זה מלאכה גמורה מדאורייתא של "מכה בפטיש".
ותמהינן:
השתא, משום שבות אמרת לא
. מאחר שאתה [התנא] כבר אמרת לנו שאסור לחתוך את השופר בדבר שאיסורו משום שבות, אם כן, בחיתוך כדרכו שהוא
לא תעשה
מן התורה -
מיבעיא
, וכי צריך התנא להשמיענו שאין חותכים את השופר בדבר שאסור מן התורה בלא תעשה?!
ומתרצינן: משנתנו נשנית בדרך של
"זו ואין צריך לומר זו".
שהתנא אמר שאסור לחתוך את השופר בדבר שאיסורו משום שבות, ואין צריך לומר שאסור לחתוך בדבר האסור מדאורייתא, שקל וחומר הוא.
שנינו במשנה:
אבל אם רצה ליתן לתוכו מים או יין יתן.
ומדייקינן: דוקא
מים או יין, אין
. כן. אבל
מי רגלים לא
יתן לשופר, כדלהלן.
מתניתין מני
, כדעת מי נשנית משנתנו? כ
אבא שאול היא.
דתניא: אבא שאול אומר: מים או יין מותר
-
כדי לצחצחו.
אבל
מי רגלים אסור
-
מפני הכבוד
של המצוה.
שנינו במשנה:
אין מעכבין
[מונעים]
את התינוקות מלתקוע.
ומדייקינן: משמע שדוקא את התינוקות אין מעכבין, מפני שצריך לחנכם במצות שיתחייבו בהם כאשר הם יגדלו.
הא נשים
שפטורות לגמרי מתקיעת שופר, מפני שהיא מצות עשה שהזמן גרמא, ונשים פטורות ממנה,
מעכבין
, מונעים אותן מלתקוע. מפני שאם הן תתקענה, הרי הן עוברות על "בל תוסיף".
ומקשינן:
והתניא
, והרי שנינו בברייתא:
אין מעכבין לא את הנשים ולא את התינוקות מלתקוע ביום טוב!
אמר אביי: לא קשיא
, אין להקשות סתירה בין משנתנו לברייתא:
הא
, משנתנו היא כדעת
רבי יהודה
.
הא
, הברייתא היא כדעת
רבי יוסי ורבי שמעון
, וכדלהלן:
דתניא
: נאמר [ויקרא א] בענין קרבן עולה:
"דבר אל בני ישראל
ואמרת אליהם אדם כי יקריב מכם. וסמך ידו על ראש קרבנו".
דוקא
בני ישראל
[שהוזכרו בפסוק]
סומכין, ואין בנות ישראל סומכות,
ואפילו אם רוצות לסמוך אינן רשאיות, מפני שעוברות על "בל תוסיף",
דברי רבי יהודה.
רבי יוסי ורבי שמעון אומרים: נשים
אף על פי שאינן חייבות לסמוך, אם רצו
סומכות רשות
, מדעתן. ואין הדבר אסור משום בל תוסיף.
ולפי זה, משנתנו, האומרת שמונעים את הנשים מלתקוע בראש השנה, סוברת כדעת רבי יהודה, שהפטור מן הדבר ועושהו עובר בבל תוסיף. ולפיכך אסור לנשים לתקוע בראש השנה.
ואילו הברייתא סוברת כדעת רבי יוסי ורבי שמעון. שנשים יכולות לקיים מצוות שהן לא מחויבות בהם, ואין בדבר איסור משום "בל תוסיף".
שנינו במשנה: אין מעכבין את התנוקות מלתקוע
אבל
[אלא]
מתעסקין בהם
, שאומרים להם לתקוע,
עד שילמדו.
אמר רבי אלעזר: אפילו בשבת
מתעסקים עם התנוקות עד שילמדו. ואין חוששים שמא יבואו לטלטל ארבע אמות ברשות הרבים.
מפני שהגדול אינו טרוד בעצמו במצוה, אלא מתעסק בלימוד הקטן. ולא גזרו שמא יטלטל ארבע אמות, אלא כשחייב בתקיעת שופר, שמא מתוך טרדתו ישכח את השבת. רע"ב.
תניא נמי הכי
, אף בברייתא שנו כן:
מתעסקין בהן
[בקטנים]
עד שילמדו, אפילו בשבת.
ואין מעכבין
את
התינוקות מלתקוע בשבת
.
ואף על פי שאסור לטלטל את השופר ארבע אמות בשבת, לא חששו שמא יבואו לטלטלו.
ואין צריך לומר
שאין מעכבין אותם
ביום טוב
, שמותר לטלטל בו את השופר ברשות הרבים.
ותמהינן:
הא גופא קשיא
. דברי הברייתא סותרים מיניה וביה:
בתחילה
אמרת
ש
מתעסקין בהן עד שילמדו, ואפילו בשבת.
אלמא
, מכאן אנו לומדים ש
לכתחילה אמרינן תקעו!
שהגדולים יכולים לומר לקטנים לכתחילה לכו תקעו.
והדר תנא
, ואחר כך שנו בברייתא:
אין מעכבין
את התינוקות מלתקוע בשבת.
ומשמע שדוקא לענין
עכובא, הוא דלא מעכבין
.
הא
, אבל
לכתחילה
-
לא אמרינן
אין אומרים להם
תקעו!
נמצאו דברי הברייתא סותרים זה לזה!
ומתרצינן:
לא קשיא
.
Traduction française
Nous avons appris dans la Michna :
et on ne le coupe pas
le shofar
que ce soit pour quelque chose
dont l'interdiction
est à cause du shvut
d'origine rabbinique,
ou que ce soit pour une chose dont
son interdiction
est à cause du lo ta'aseh
de la Torah.
Nous expliquons :
en raison du shvut,
lorsqu'on le coupe
avec une faucille
une faucille. Car ce n'est pas l'usage de couper des shofarim ainsi, et la réparation d'un instrument pour une chose qui n'est pas sa manière, étant un travail accessoire, n'est interdit que d'origine rabbinique.
Quant à
du lo ta'aseh -
lorsqu'on le coupe
avec un couteau
avec un couteau, qui est la manière habituelle de couper les shofarim. Et celui qui répare le shofar selon sa manière, voilà un travail complet d'origine torahique de «frapper au marteau».
Et nous demandons :
Maintenant, tu as dit : à cause du shvut tu dis non.
Puisque toi [le tanaï] tu nous as déjà dit qu'il est interdit de couper le shofar dans une chose dont l'interdiction est à cause du shvut, donc, dans la coupe selon sa manière qui est
du lo ta'aseh
de la Torah -
est-ce nécessaire ?
Et le Tanna devait-il nous apprendre qu'on ne coupe pas le shofar pour une chose qui est interdite par la Torah en tant que lo ta'aseh ?!
Et nous résolvons : notre enseignement est répété selon la formule
"celle‑ci et il n'est pas nécessaire de dire celle‑là".
Que le Tanna a dit qu'il est interdit de couper le shofar pour une chose dont l'interdiction est à cause du shvut, et il n'est pas nécessaire de dire qu'il est interdit de couper pour une chose interdite de la Torah, car c'est un kal va'homer.
Nous avons appris dans la Michna :
Mais si (il) voulut y mettre de l'eau ou du vin, qu'il le fasse.
Et nous précisons : précisément
eau ou vin seulement, non.
Oui. Mais
'mei regalim' non
n'en mettra pas dans le shofar, comme suit.
'mitnatin mine'
De l'avis de qui la Michna a‑t‑elle été répétée ?
c'est Abba Shaul.
Il est enseigné : Abba Shaul dit : eau ou vin est permis
afin de le nettoyer.
Mais
'mei regalim' est interdit
par respect
du mitsva.
Nous avons appris dans la Michna :
On ne retient pas
(empêchent)
les nourrissons de faire sonner le shofar.
Et nous précisons : il en résulte que précisément les nourrissons on ne les retient pas, parce qu'il faut les éduquer dans les mitsvot qu'ils auront à observer lorsqu'ils grandiront.
Les femmes
qui sont complètement exemptes de la sonnerie du shofar, parce que c'est une mitsva positive liée au temps, et les femmes en sont exemptes,
on les retient,
les empêche de faire sonner. Car si elles sonnent, elles transgressent le bal tosif.
Et nous objectons :
Et il est enseigné
et voici que nous avons appris dans une baraïta :
On ne retient ni les femmes ni les nourrissons de faire sonner le shofar le Yom Tov!
Abaye dit : ce n'est pas une difficulté,
il n'y a pas lieu d'opposer une contradiction entre notre Michna et la baraïta :
Voici :
notre Michna est selon l'avis de
Rabbi Yehuda.
Et
la baraïta est selon l'avis de
Rabbi Yossi et Rabbi Shimon,
comme suit :
Il est enseigné :
Il est dit [Lévitique 1] à propos du korban olah :
"Parle aux fils d'Israël"
et tu leur diras : quand un homme de vous offrira; et il posera sa main sur la tête de son offrande.
Précisément
les fils d'Israël
(qui sont mentionnés dans le verset)
posent la main, et les filles d'Israël ne posent pas la main,
et même si elles veulent poser la main elles n'en ont pas le droit, parce qu'elles transgressent le bal tosif,
selon les paroles de Rabbi Yehuda.
Rabbi Yossi et Rabbi Shimon disent : les femmes
même si elles ne sont pas obligées de poser la main, si elles veulent
elles posent la main, c'est permis
de leur propre gré. Et cela n'est pas interdit par le bal tosif.
Et selon cela, notre Michna, qui dit qu'on empêche les femmes de faire sonner le shofar à Rosh Hashana, adopte l'avis de Rabbi Yehuda, que le fait d'être exemptes mais de le faire transgresse le bal tosif. Dès lors il est interdit aux femmes de sonner à Rosh Hashana.
La baraïta en revanche adopte l'avis de Rabbi Yossi et Rabbi Shimon : que les femmes peuvent accomplir des mitsvot auxquelles elles ne sont pas obligées, et il n'y a pas d'interdiction en raison du bal tosif.
Nous avons appris dans la Michna : on ne retient les nouveau‑nés de faire sonner
mais
(mais plutôt)
on s'occupe d'eux
en leur disant de faire sonner
jusqu'à ce qu'ils apprennent.
Rabbi Elazar dit : même le Chabbat
on s'occupe des nouveau‑nés jusqu'à ce qu'ils apprennent. Et l'on ne craint pas qu'ils ne viennent à transporter quatre coudées dans le domaine public.
Parce que l'adulte n'est pas absorbé par la mitsva pour lui‑même, mais s'occupe d'enseigner le petit. Et on n'a pas décrété par crainte qu'il transporterait quatre coudées, sauf quand il est lui‑même obligé d'effectuer la sonnerie du shofar, car par sa distraction il pourrait oublier le Chabbat. [incertain : abréviation non identifiée]
Il est aussi enseigné ainsi
même dans la baraïta il est dit ainsi :
On s'occupe d'eux
(des petits)
jusqu'à ce qu'ils apprennent, même le Chabbat.
Et on ne retient pas
les
nouveaux‑nés de faire sonner le shofar le Chabbat.
Et bien qu'il soit interdit de porter le shofar sur quatre coudées le Chabbat, ils ne craignaient pas qu'ils ne viennent à le transporter.
Et il n'est pas nécessaire de dire
que l'on ne les retient
le Yom Tov
puisqu'il est permis d'y transporter le shofar dans le domaine public.
Et nous nous étonnons :
Mais ici il y a une difficulté.
Les propos de la baraïta se contredisent entre eux :
Au début
elle a dit
que
on s'occupe d'eux jusqu'à ce qu'ils apprennent, et même le Chabbat.
Donc
d'ici nous apprenons que
au départ nous dirions : 'Soufflez !'
car les grands peuvent dire aux petits au départ : allez, soufflez.
Et le Tanna reprit
et ensuite il est dit dans la baraïta :
on ne retient pas
les nouveau‑nés de faire sonner le shofar le Chabbat.
Et il en ressort que précisément pour ce qui concerne
l'entrave, c'est qu'on ne retient pas.
Voici
mais
au départ
nous ne disons pas
on ne leur dit pas
Soufflez !
Les paroles de la baraïta se trouvent donc contradictoires entre elles !
Et nous apportons la solution :
Ce n'est pas une difficulté.