Version texte de ce daf : original et traduction
Pessa'him 121a (קכא.) — le Talmud en français
Pessa'him 121a (פסחים קכא.): Et la Guemara explique : Rav Houna et Rav Hisda ne se sont pas opposés entre eux sur le fond même de la loi de l’impureté. Mais chacun parle d’un autre sujet de notre…
Texte original — Pessa'him 121a (קכא.)
ומבארת הגמרא: לא נחלקו רב הונא ורב חסדא ביניהם בעצם דין הטומאה. אלא כל אחד מדבר על נושא אחר שבמשנתנו.
חד, תני אפיגול
, מפרש את טעם הטומאה שבפיגול.
וחד תני אנותר
, מפרש את טעם הטומאה שגזרו בנותר.
מאן דתני אפיגול
, מפרש שהטעם הוא
משום חשדי כהונה
. שהכהנים חשודים לפגל את הקרבן במזיד כדי להפסיד לבעלים, ולומר שוגגים היינו. ולכן גזרו על הפיגול שיטמא את הידים כדי שיהא הכהן צריך לטרוח ולהטביל ידיו קודם שיגע בקודש [רש"י לעיל פה א]
מאן דתני אנותר
מפרש שהטעם הוא
משום עצלי כהונה
, כדי שהכהנים לא יתעצלו באכילת הקדשים ויבוא לידי נותר. וכך גזרו טומאה על הנותר, כדי להטריח את הכהנים בו.
אולם ביחס לשיעור טומאתו אכן נחלקו רב הונא ורב חסדא.
חד אמר
שבין הפיגול ובין הנותר שיעורם ב
כזית
.
וחד אמר
ששיעור שניהם ב
כביצה
.
וטעם פלוגתתם:
מאן דאמר
ב
כזית, כאיסורו
. כשיעור איסור אכילתו של הפיגול והנותר, שעל כזית מהם הוא חייב כרת ומלקות, כך הוא גם שיעור טומאתו.
ומאן דאמר
ב
כביצה, כטומאתו
. כשיעור טומאתו מן התורה, שרק כביצה אוכלים מיטמא או מטמא אוכלים אחרים, כך הוא שיעור טומאתו מדרבנן לטמא את הידים.
מתניתין:
כפי שנתבאר במסכתין לעיל היו מביאים עם הקרבן פסח קרבן חגיגה שנקרא "חגיגת ארבעה עשר", כדי שיהיה הפסח נאכל על השובע. ועל אכילת הפסח היו מברכים "אשר קדשנו במצותיו וצונו על אכילת פסחים", ועל החגיגה היו מברכים "על אכילת שלמים".
בירך
על הפסח
ברכת הפסח, פטר
בברכה זו
את של זבח
, את חגיגת ארבעה עשר, שאינו צריך לברך עליה, כי ברכת הפסח פוטרת אף את הזבח.
אבל אם קדם ו
בירך
תחילה
את של זבח, לא פטר את של פסח
בברכתו, אלא צריך לחזור ולברך על הפסח,
דברי רבי ישמעאל
.
רבי עקיבא אומר: לא זו פוטרת
את
זו
.
ולא זו פוטרת
את
זו
.
גמרא:
במסכת זבחים [לז א] מבואר שקרבן פסח שונה משאר הקרבנות, בכך שבשאר הקרבנות נתינת דמם על המזבח נעשית על ידי זריקה, שהכהן עומד מרחוק וזורק את הדם מהמזרק על קיר המזבח, ואילו בקרבן פסח נתינת הדם היא על ידי שפיכה, שהכהן עומד קרוב למזבח ושופך את הדם בנחת על קיר המזבח [במקום שיש תחתיו יסוד].
ועכשיו, שלמדנו במשנתנו מחלוקת רבי ישמעאל ורבי עקיבא בנוגע לברכות הפסח והזבח, הרי
כשתמצא לומר
[אמור מעתה], שבכך הם חולקים:
לדברי רבי ישמעאל, זריקה בכלל שפיכה
. הקרבנות שנאמר בהן דין זריקה מרחוק, לכתחילה, אם לא זרק אלא שפך את הדם מקרוב, יצא ידי חובה, בדיעבד. ולכן מתן דם החגיגה, שהיא קרבן שלמים, שדמו בזריקה, הינו בכלל מתן דם הפסח שדינו בשפיכה.
ומשום כך כשבירך על הפסח, פטר את של זבח, לפי שהזבח בכלל פסח, וכמו שמצינו בדין נתינת הדם.
ולא שפיכה בכלל זריקה
. שאם זרק מרחוק את דם הפסח, לא יצא אפילו בדיעבד.
ולכן אם בירך על הזבח, לא פטר את הפסח, שהרי אין הפסח בכלל שלמים.
ואילו
לדברי רבי עקיבא, לא שפיכה בכלל זריקה, ולא זריקה בכלל שפיכה
. שאף שלמים שעשה בהם שפיכה במקום זריקה לא יצא ידי חובתו, ולכן אין ברכה על אחד מהם פוטרת את ברכת השני, שהרי חלוקים הם לגמרי במתן דמם.
Traduction française
Et la Guemara explique : Rav Houna et Rav Hisda ne se sont pas opposés entre eux sur le fond même de la loi de l’impureté. Mais chacun parle d’un autre sujet de notre Michna.
L’un enseigne : à propos du pigoul,
il explique la raison de l’impureté du pigoul.
Et l’autre enseigne : à propos du notar,
il explique la raison de l’impureté que l’on a décrétée sur le notar.
Celui qui enseigne : à propos du pigoul,
explique que la raison est
en raison des soupçons concernant la prêtrise.
Car les cohanim sont soupçonnés de rendre volontairement le sacrifice pigoul afin de faire perdre les propriétaires, puis de dire : « Nous étions dans l’erreur. » C’est pourquoi l’on a décrété que le pigoul rende les mains impures, afin que le cohen doive se donner la peine de tremper ses mains avant de toucher ce qui est consacré [Rachi plus haut, 85a].
Celui qui enseigne : à propos du notar
explique que la raison est
en raison de la paresse des cohanim,
afin que les cohanim ne se montrent pas négligents dans la consommation des choses consacrées, ce qui conduirait au notar. Et c’est ainsi que l’on a décrété l’impureté sur le notar, afin de faire subir cette peine aux cohanim.
Cependant, concernant la mesure de son impureté, Rav Houna et Rav Hisda se sont effectivement opposés.
L’un a dit
que tant le pigoul que le notar ont pour mesure
un kazayit.
Et l’autre a dit
que la mesure des deux est
un kabeitsa.
Et la raison de leur controverse est la suivante :
celui qui dit
« un
kazayit », « selon son interdiction ».
De même que la mesure de l’interdiction de consommer le pigoul et le notar, pour laquelle celui qui consomme un kazayit de l’un ou de l’autre est passible de retranchement et de flagellation, de même est la mesure de son impureté.
Et celui qui dit
« un
kabeitsa », « selon son impureté ».
De même que, selon la mesure de son impureté prescrite par la Torah, seuls des aliments de la taille d’un kabeitsa contractent l’impureté ou rendent impurs d’autres aliments, de même est sa mesure, selon les Sages, pour rendre les mains impures.
Michna :
Comme cela a été expliqué plus haut dans ce traité, avec le sacrifice pascal, on apportait un sacrifice de fête appelé « sacrifice de fête du quatorze », afin que le sacrifice pascal soit consommé rassasié. Et pour la consommation du sacrifice pascal, on récitait : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné la consommation des sacrifices pascals », tandis que pour le sacrifice de fête, on récitait : « pour la consommation des sacrifices de paix ».
S’il a récité
pour le sacrifice pascal
la bénédiction du sacrifice pascal, il a acquitté
par cette bénédiction
celle du sacrifice,
c’est-à-dire le sacrifice de fête du quatorze, si bien qu’il n’a pas besoin de réciter une bénédiction sur lui, car la bénédiction du sacrifice pascal acquitte également le sacrifice.
Mais si auparavant il
a récité
d’abord
celle du sacrifice, elle n’a pas acquitté celle du sacrifice pascal
par sa bénédiction ; il doit plutôt recommencer et réciter une bénédiction sur le sacrifice pascal,
telles sont les paroles de Rabbi Ichmaël.
Rabbi Akiva dit : celle-ci n’acquitte pas
celle-ci,
celle-ci.
Et celle-ci n’acquitte pas
celle-ci,
celle-ci.
Guemara :
Dans le traité Zevahim [37a], il est expliqué que le sacrifice pascal diffère des autres sacrifices en ceci : pour les autres sacrifices, l’application de leur sang sur l’autel se fait par projection ; le cohen se tient à distance et projette le sang du récipient sur le mur de l’autel, tandis que, pour le sacrifice pascal, l’application du sang se fait par versement ; le cohen se tient près de l’autel et verse tranquillement le sang sur le mur de l’autel [à l’endroit sous lequel se trouve une base].
Et maintenant que nous avons appris dans notre Michna la controverse de Rabbi Ichmaël et de Rabbi Akiva concernant les bénédictions du sacrifice pascal et du sacrifice, voici
si tu veux le dire dit désormais : ils s’opposent sur ce point :
selon les paroles de Rabbi Ichmaël, la projection est comprise dans le versement.
Les sacrifices à propos desquels il est dit qu’ils doivent être projetés de loin sont, a priori, valables a posteriori si, au lieu de projeter, on a versé le sang de près. C’est pourquoi l’application du sang du sacrifice de fête, qui est un sacrifice de paix et dont le sang doit être projeté, est comprise dans l’application du sang du sacrifice pascal, dont la loi est qu’il soit versé.
C’est pourquoi, lorsqu’il a récité la bénédiction sur le sacrifice pascal, il a acquitté celle du sacrifice, puisque le sacrifice est compris dans le sacrifice pascal, comme nous l’avons trouvé concernant l’application du sang.
Mais le versement n’est pas compris dans la projection.
Car s’il a projeté de loin le sang du sacrifice pascal, il n’est pas quitte, même a posteriori.
C’est pourquoi, s’il a récité la bénédiction sur le sacrifice, il n’a pas acquitté le sacrifice pascal, puisque le sacrifice pascal n’est pas compris dans les sacrifices de paix.
Tandis que
selon les paroles de Rabbi Akiva, le versement n’est pas compris dans la projection, et la projection n’est pas comprise dans le versement.
Car même un sacrifice de paix pour lequel il a effectué un versement au lieu d’une projection ne le rend pas quitte de son obligation. C’est pourquoi la bénédiction de l’un n’acquitte pas la bénédiction de l’autre, puisqu’ils sont entièrement distincts quant à l’application de leur sang.