Version texte de ce daf : original et traduction
Pessa'him 108b (קח:) — le Talmud en français
Pessa'him 108b (פסחים קח:): Et Rabbi Yehoshoua ben Lévi dit : les femmes sont astreintes à ces quatre coupes du soir du Séder, parce que elles aussi ont été concernées par ce miracle. Car c’est par…
Texte original — Pessa'him 108b (קח:)
ואמר רבי יהושע בן לוי: נשים חייבות בארבעה כוסות הללו
של ליל הסדר, משום
שאף הן היו באותו הנס.
שהרי בזכות נשים צדקניות שבאותו הדור נגאלו ממצרים.
אמר רב יהודה אמר שמואל: ארבעה כוסות הללו צריך שיהא בהן
יין
כדי מזיגת כוס יפה.
דהיינו, כוס של ברכת המזון [שנקרא כוס יפה לפי שהצריכו חכמים ליפותו שטעון עיטור ועיטוף הדחה וכדומה, כדאיתא במסכת ברכות נא א].
ושיעור כוס של ברכה הוא רביעית הלוג. ומתוך שהיין שלהם היה חריף היו נוהגין למזוג אותו. דהיינו, להוסיף עליו מים ביחס של שלשה חלקים מים לחלק אחד יין.
ונמצא שכמות היין בכוס של רביעית הוא רבע מרביעית.
וקא סלקא דעתין דשמואל קאמר שכל ארבעה כוסות יחד יכילו שיעור זה של רבע רביעית יין [וביחד עם המים, רביעית שלם].
שתאן חי
שלא מזגן במים, אלא היין לבד היה שיעור רביעית,
יצא.
שתאן בבת אחת
שמזג בכוס אחד שיעור ארבעה כוסות ושתה בבת אחת
יצא.
השקה מהן לבניו ולבני ביתו
מכל כוס, שלא שתה את כולו אלא נתן ממנו גם לבני ביתו
י צא.
ומבארינן את כל ההלכות הללו -
שתאן חי יצא
-
אמר רבא: ידי יין יצא
.
שיצא מצות ארבעה כוסות.
אבל
ידי חירות לא יצא
. אין זו מצוה שלימה לפי שאין חשיבות אלא ביין מזוג.
שתאן בבת אחת
-
רב אמר: ידי
מצות שמחת יום טוב בשתיית
יין יצא
.
אבל
ידי
מצות שתיית
ארבעה כוסות לא יצא
. שכולן נחשבים לכוס אחד בלבד, וצריך לשתות עוד שלש כוסות.
השקה מהן לבניו ולבני ביתו יצא
-
אמר רב נחמן: והוא דאשתי
הוא בעצמו
רובא דכסא.
מיתיבי
לשמואל דאמר שצריך שיהיה בכל ארבעת הכוסות יחד רק רובע רביעית יין מהא דתניא:
ארבעה כוסות הללו
-
צריך שיהא בהן כדי רביעית
יין חי לכל ארבעת הכוסות.
והיינו, שמוסיף על היין שלש רביעיות מים, וביחד הוא ארבע רביעיות. דהיינו, רביעית יין מזוג לכל כוס מארבעת הכוסות.
ויכול לשתותן,
אחד חי
[ויהיה ביין לבד ארבע רביעיות],
ואחד מזוג
במים [ויחד עם המים יהיו ארבע רביעיות].
אחד
יין
חדש
שאין בו עדיין טעם יין,
ואחד
יין
ישן
שכבר נחלש טעם היין.
רבי יהודה אומר: צריך שיהא בו טעם
יין, ולא חדש ולא ישן שאין בהם טעם יין,
ו
גם צריך שיהיה בו
מראה
יין, שיהא אדום.
וקשיא לרב יהודה אמר שמואל. שהרי
קתני מיהת
בברייתא שצריך שיהא בארבעה הכוסות יחד
כדי רביעית
יין חי.
ו
אילו
את אמרת
דסגי לכולן בכדי מזיגת
כוס יפה
. דהיינו רבע רביעית יין חי?
ומתרצינן:
אמרי: אידי ואידי חד שיעורא הוא.
כי
מאי
"כדי מזיגת כוס יפה"
דקאמר
רב יהודה אמר שמואל -
לכל חד וחד
מהכוסות
! דהוי להו כולהו
ביחד
רביעית
שלם של יין חי, וכדקתני בברייתא.
שנינו בברייתא:
רבי יהודה אומר: צריך שיהא בו טעם ומראה יין.
אמר רבא: מאי טעמא דרבי יהודה?
דכתיב "אל תרא יין
[אל תחמוד להיות רגיל בו]
כי יתאדם"
. הרי שיין צריך שיהא בו מראה. ומזה שהכתוב מזהיר שלא להשתכר בו, משמע שאין נקרא יין אלא כשיש בו טעם יין.
תנו רבנן: הכל חייבין בארבעה כוסות הללו
.
אחד אנשים ואחד נשים ואחד תינוקות
, שגם הם נגאלו.
אמר רבי יהודה: וכי מה תועלת יש לתינוקות ביין?
הלא פטורין הן מהמצוות.
Traduction française
Et Rabbi Yehoshoua ben Lévi dit : les femmes sont astreintes à ces quatre coupes
du soir du Séder, parce que
elles aussi ont été concernées par ce miracle.
Car c’est par le mérite des femmes justes de cette génération qu’ils furent délivrés d’Égypte.
Rav Yehouda dit au nom de Chmouel : ces quatre coupes doivent contenir
du vin
à la mesure du mélange d’une belle coupe.
C’est-à-dire une coupe de la bénédiction après le repas, [qui est appelée une belle coupe, parce que les Sages ont exigé qu’on l’embellisse, qu’elle requiert ornement, enveloppement, rinçage et choses semblables, comme il est rapporté dans le traité Berakhot 51a].
La mesure d’une coupe de bénédiction est un quart de log. Et comme leur vin était fort, ils avaient coutume de le mélanger. C’est-à-dire d’y ajouter de l’eau dans la proportion de trois parts d’eau pour une part de vin.
Il s’ensuit que la quantité de vin dans une coupe d’un quart de log est le quart d’un quart de log.
Et l’on aurait pu penser que Chmouel dit que les quatre coupes ensemble contiennent cette mesure d’un quart de quart de log de vin [et, avec l’eau, un quart de log entier].
S’il les a bues pures,
sans les mélanger avec de l’eau, mais que le vin seul avait la mesure d’un quart de log,
il s’est acquitté.
S’il les a bues d’un seul trait,
ayant mélangé dans une seule coupe la mesure de quatre coupes et l’ayant bue d’un seul trait,
il s’est acquitté.
S’il en a fait boire à ses fils et aux membres de sa maisonnée,
de chaque coupe, de sorte qu’il ne l’a pas entièrement bue, mais en a aussi donné aux membres de sa maisonnée,
il s’est acquitté.
Et nous expliquons toutes ces lois :
« S’il les a bues pures, il s’est acquitté » :
Rava dit : il s’est acquitté de l’obligation du vin.
Car il s’est acquitté de la mitsva des quatre coupes.
Mais
il ne s’est pas acquitté de l’obligation de la liberté.
Ce n’est pas une mitsva complète, car il n’y a d’importance qu’au vin mélangé.
« S’il les a bues d’un seul trait » :
Rav dit : de l’obligation
de la mitsva de la joie du jour de fête par la consommation de
vin, il s’est acquitté.
Mais
de l’obligation
de la mitsva de consommation des
quatre coupes, il ne s’est pas acquitté.
Car elles sont toutes considérées comme une seule coupe seulement, et il doit encore boire trois coupes.
« S’il en a fait boire à ses fils et aux membres de sa maisonnée, il s’est acquitté » :
Rav Na’hman dit : et c’est à condition qu’il ait bu
lui-même
la majeure partie de la coupe.
On objecte
à Chmouel, qui dit que les quatre coupes ensemble ne doivent contenir qu’un quart d’un quart de log de vin, à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta :
« Ces quatre coupes —
doivent contenir la mesure d’un quart de log
de vin pur pour les quatre coupes ».
C’est-à-dire qu’il ajoute au vin trois quarts de log d’eau, et qu’ensemble cela fait quatre quarts de log. C’est-à-dire un quart de log de vin mélangé pour chacune des quatre coupes.
Et il peut les boire,
l’une pure [
et le vin seul contiendra quatre quarts de log],
et l’une mélangée
à l’eau [et, avec l’eau, elle contiendra quatre quarts de log].
L’une
de
vin nouveau,
qui n’a pas encore le goût du vin,
et l’une
de
vin vieux,
dont le goût du vin s’est déjà affaibli.
Rabbi Yehouda dit : il faut qu’il en ait le goût
du vin, et non du vin nouveau ni du vin vieux, qui n’ont pas le goût du vin,
et
il faut également qu’il en ait la
couleur
du vin, qu’il soit rouge.
Et c’est une difficulté pour Rav Yehouda au nom de Chmouel. En effet,
il est néanmoins enseigné
dans la baraïta qu’il faut que les quatre coupes contiennent ensemble
la mesure d’un quart de log
de vin pur.
Et
si
tu disais
qu’il suffit à toutes de la mesure du mélange d’une
belle coupe,
c’est-à-dire un quart d’un quart de log de vin pur ?
Et nous répondons :
Ils disent : l’un et l’autre représentent une seule et même mesure.
Car
que signifie
« la mesure du mélange d’une belle coupe »
que dit
Rav Yehouda au nom de Chmouel —
pour chacune
des coupes
! De sorte qu’elles sont toutes,
ensemble,
un quart de log
entier de vin pur, comme il est enseigné dans la baraïta.
Nous avons enseigné dans une baraïta :
« Rabbi Yehouda dit : il faut qu’il en ait le goût et la couleur du vin. »
Rava dit : quelle est la raison de Rabbi Yehouda ?
Car il est écrit : « Ne regarde pas le vin [
ne le convoite pas au point d’en prendre l’habitude]
lorsqu’il devient rouge ».
Il en ressort que le vin doit avoir une couleur. Et puisque le verset met en garde contre le fait de s’enivrer, il s’ensuit qu’il n’est appelé vin que lorsqu’il en a le goût du vin.
Nos maîtres ont enseigné : tous sont astreints à ces quatre coupes.
Les hommes aussi bien que les femmes et les enfants,
car eux aussi furent délivrés.
Rabbi Yehouda dit : quelle utilité les enfants ont-ils donc à tirer du vin ?
Ne sont-ils pas exemptés des mitsvot ?