Version texte de ce daf : original et traduction

Pessa'him 105b (קה:) — le Talmud en français

Pessa'him 105b (פסחים קה:): On dit à son sujet la nuit du Chabbat le kiddouch du jour, et qu'il ne le laissera pas jusqu'au lendemain pour le boire en l'honneur du jour au milieu du repas. Parce que…

Texte original — Pessa'him 105b (קה:)

אומר עליו

בליל שבת

קידוש היום,

ולא ישאירנו למחר לשתותו לכבוד היום באמצע הסעודה.

מפני שקידוש היום קודם לכבוד יום.

ואם איתא

שאפשר לקדש כל היום כולו -

לישבקה,

ישאיר את הכוס

עד למחר, וליעביד ביה תרתי!

יקדש עליו, ויקיים בזה גם מצות כבוד היום [במקצת, אעפ"י שאינו שותהו בתוך הסעודה]?

אמר ליה

רב נחמן בר יצחק:

חביבה מצוה בשעתה!

שהרי מצינו שמקריבין על המזבח בשבת את האיברים של קרבנות הציבור של שבת, אעפ"י שמעיקר הדין אפשר להקריבם גם במוצאי שבת.

והכא נמי, עדיף שיקדש בלילה שהוא עיקר זמנו, מאשר להמתין למחר, למרות שיקיים אז גם את מצות כבוד היום.

ומקשה רבינא:

ומי אמרינן חביבה מצוה בשעתה

לגבי ברכה?

והא תניא: הנכנס לביתו במוצאי שבת

ומבדיל על הכוס -

מברך על היין

תחילה ברכת בורא פרי הגפן, לפי שברכת היין תדירה יותר משאר הברכות.

ו

אחר כך מברך

על המאור, ועל הבשמים

[כדברי בית שמאי. ובית הלל סברי בשמים לפני מאור, כמנהגנו].

ואחר כך אומר הבדלה על הכוס

. לפי שהיא ברכה ארוכה והשאר הן ברכות קצרות, לפיכך אומרה לבסוף.

ואם אין לו אלא כוס אחד

ולא ישאר לו יין לכוס של ברכת המזון אחר סעודתו במוצאי שבת -

מניחו

לכוס

עד לאחר המזון, ומשלשלן

מחברן

כולן

את כל הברכות

לאחריו

, שאומר את כולן לאחר ברכת המזון על אותו הכוס.

ו

מוכח ש

לא אמרינן חביבה מצוה בשעתה!

שלא עדיף להבדיל מיד במוצאי שבת קודם הסעודה, על אף שאז הוא שעת הבדלה.

אמר ליה

רב נחמן בר יצחק:

אנא

-

לא חכימא אנא!

לא אמרתי זאת מדעתי שחביבה מצוה בשעתה.

ולא חוזאה אנא!

אינני מגיד עתידות,

ולא יחידא אנא

לא אמרתי זאת משמו של אדם יחיד.

אלא, גמרנא,

כך שמעתי בישיבה,

וסדרנא אנא

מסדר שמועות [הלכות] לפני רבותי תמיד,

וכן מורין בבי מדרשא כוותי.

וליישב קושיתך מהבדלה, יש לומר:

שאני לן בין עיולי יומא,

הקידוש בכניסת יום השבת,

ל

בין

אפוקי יומא,

להבדלה, שהיא ביציאת השבת.

כי לגבי

עיולי יומא

-

כל כמה דמקדמינן ליה עדיף

.

ומחבבינן ליה

להקדים ולעשות את הקידוש בליל שבת דוקא ולא ביום למחרת, כי חביבה מצוה בשעתה, וזריזין מקדימין למצוה.

אבל לגבי

אפוקי יומא

-

מאחרינן ליה!

כשיש איזו שהיא אמתלא, כגון היכא שאין לו אלא כוס אחד, מאחרין את ההבדלה עד לאחר המזון,

כי היכי דלא ליהוי עלן כטונא!

שלא תראה השבת עלינו כמשא, שממהרין ליפטר ממנו.

שמע מינה מהא מתניתא תמני

שמונה הלכות:

א.

שמע מינה: המבדיל בתפלה

, שאומר אתה חוננתנו,

צריך שיבדיל

גם

על הכוס.

דקתני בברייתא: הנכנס לביתו במוצאי שבת מברך על היין, אעפ"י שבדרך כלל אנשים מבדילין בתפלה.

ב.

ושמע מינה: ברכה,

ברכת המזון,

טעונה כוס.

דקתני שמניח את הכוס לאחר המזון כדי שיברך עליו.

ג.

ושמע מינה: כוס של ברכה

-

צריך שיעור

שיהא בו לפחות רביעית.

שאם לא כן היה יכול לחלק את הכוס שיש לו לשתים, ויוכל להבדיל בזמן, וגם ישאר לו יין לכוס נוספת לברך עליה לאחר מכן ברכת המזון.

ד.

ושמע מינה: המברך

על הכוס

צריך שיטעום

ממנו!

שאם לא כן היה יכול להבדיל תחילה, ולהשאיר את הכוס מלא לברכת המזון.

ה.

ושמע מינה: טעמו

-

פגמו!

שאם טעם מהכוס הוא נפסל לכוס של ברכה.

שאם לא כן היה יכול להבדיל ולטעום ממנו מלא לוגמיו, ועדיין ישאר רביעית לברכת המזון [ובאופן כזה מדובר כאן, שיש לו בכוס האחת יותר מרביעית. ו"אין לו אלא כוס אחד" היינו שיש בה יין פחות משתי רביעיות. תוס' ד"ה שמע מינה טעמו].

ו.

ושמע מינה: טעם

-

מבדיל!

מי שאכל קודם הבדלה יכול עדיין להבדיל בערב ואינו צריך להמתין עד למחר ולהבדיל קודם האכילה [שיש מאן דאמר שסובר כן, לקמן קו ב]. שהרי כאן הוא אוכל סעודתו קודם, ולאחר מכן הוא מבדיל.

Traduction française

On dit à son sujet

la nuit du Chabbat

le kiddouch du jour,

et qu'il ne le laissera pas jusqu'au lendemain pour le boire en l'honneur du jour au milieu du repas.

Parce que le kiddouch du jour précède l'honneur du jour.

Et s'il est rapporté

qu'il est possible de faire le kiddouch pendant toute la journée entière -

[incertain : lecture ambiguë]

il laissera la coupe

jusqu'au lendemain, et il en accomplira deux choses !

?]et il en fera le kiddouch, et accomplira ainsi aussi la mitsva d'honneur du jour [en partie, bien qu'il ne le boive pas pendant le repas] ?

Il lui répondit

Rav Nachman bar Yitzchak :

Mitsva précieuse en son temps !

car nous trouvons que l'on offre sur l'autel, le jour du Chabbat, les parties des sacrifices publics du Chabbat, bien qu'en droit il soit possible de les offrir aussi au sortir du Chabbat.

Et ici aussi, il est préférable qu'il fasse le kiddouch la nuit, qui est son temps principal, plutôt que d'attendre au lendemain, malgré qu'alors il accomplira aussi la mitsva d'honneur du jour.

Ravina objecte :

Et qui dira « Mitsva précieuse en son temps »

à propos d'une bénédiction ?

Or il est enseigné dans la baraïta : « Celui qui entre chez lui au sortir du Chabbat »

et qui fait la havdala sur la coupe -

il bénit le vin

d'abord la bénédiction Boré p'ri ha'gafen, puisque la bénédiction du vin est plus fréquente que les autres bénédictions.

et

puis il bénit

sur la lumière et sur les parfums

[comme dit Beit Shammaï. Et Beit Hillel tient que c'est les parfums avant la lumière, comme notre usage].

Et ensuite il prononce la havdala sur la coupe.

Car c'est une bénédiction longue et les autres sont des bénédictions courtes, aussi la dit‑on enfin.

Et s'il n'a qu'une seule coupe

et qu'il ne lui restera pas de vin pour une coupe destinée à la Birkat haMazon après son repas au sortir du Chabbat -

Il la pose

sur la coupe

jusqu'après le repas, et il les rassemble

en les unissant

toutes

les bénédictions toutes entières

après lui,

car il dit toutes celles‑ci après la Birkat haMazon sur cette même coupe.

Et

il est prouvé que

nous ne disons pas « Mitsva précieuse en son temps » !

qu'il n'est pas préférable de faire la havdala aussitôt au sortir du Chabbat, avant le repas, bien que ce soit alors l'heure de la havdala.

Il lui dit

Rav Nachman bar Yitzchak :

Moi -

je ne suis pas un sage !

Je n'ai pas dit cela de mon savoir que « une mitsva est précieuse en son temps ».

Et je ne suis pas un voyant !

Je ne prédis pas l'avenir.

Et je ne suis pas un homme isolé

Je ne l'ai pas dit d'après la parole d'un seul homme.

Mais, nous avons entendu,

c'est ce que j'ai entendu à la yeshiva,

et je suis sadrna

qui ordonne les rapports [des halakhot] devant mes maîtres en permanence,

et ainsi enseignent dans le beit‑midrash, comme je l'affirme.

Et pour répondre à ton objection concernant la havdala, on peut dire :

que je distingue entre les débuts du jour,

le kiddouch à l'entrée du jour du Chabbat,

et

et

les fins du jour,

la havdala, qui est la sortie du Chabbat.

Car concernant

les débuts du jour -

plus on l'avance, mieux c'est.

et nous le préférons

d'avancer et de faire le kiddouch précisément la nuit du Chabbat et non le jour suivant, car une mitsva est précieuse en son temps, et les zélés précèdent dans la mitsva.

Mais en ce qui concerne

les fins du jour -

on le remet à plus tard !

Quand il existe quelque circonstance, par exemple là où il n'a qu'une seule coupe, on retardera la havdala jusqu'après le repas,

afin que le Chabbat ne pèse pas sur nous comme un fardeau !

pour que le Chabbat ne nous apparaisse pas comme un poids, comme si l'on se hâtaît de s'en débarrasser.

De là on entend de cette mishna : huit

halakhot :

a.

On en entend : celui qui fait la havdala dans la prière

qui dit Ata chonantanu,

doit faire la havdala

aussi

sur la coupe.

Car il est enseigné dans la baraïta : « Celui qui entre chez lui au sortir du Chabbat bénit le vin », bien que d'ordinaire les gens fassent la havdala dans la prière.

b.

Et on en entend : la bénédiction,

la Birkat haMazon

exige une coupe.

Car il est enseigné qu'il laisse la coupe après le repas afin de bénir sur elle.

c.

Et on en entend : une coupe pour la bénédiction -

doit avoir une mesure

de sorte qu'elle contienne au moins un quart.

Car autrement il aurait pu partager la coupe qu'il a pour boire, et il aurait pu faire la havdala à temps, et il lui serait resté du vin pour une autre coupe sur laquelle bénir ensuite la Birkat haMazon.

d.

Et on en entend : que celui qui bénit

sur la coupe

doit y goûter

d'en goûter !

Car sinon il aurait pu d'abord faire la havdala et laisser la coupe pleine pour la Birkat haMazon.

e.

Et on en entend : son goût -

le rend impropre !

Car si l'on a goûté de la coupe, elle est invalidée comme coupe pour la bénédiction.

Sinon il aurait pu faire la havdala et en goûter la quantité minimale, et il serait demeuré un quart pour la Birkat haMazon [dans le cas ici, il a dans la seule coupe plus qu'un quart ; « il n'a qu'une seule coupe » signifie qu'elle contient moins de deux quarts. Les Tossafot sur le mot « on en entend » « son goût »…].

f.

Et on en entend : qu'il a goûté -

il fait la havdala !

Celui qui a mangé avant la havdala peut néanmoins faire la havdala le soir et n'a pas besoin d'attendre jusqu'au lendemain et de faire la havdala avant de manger [certains disent qu'il y a qui tiennent ainsi, infra 161b]. Car ici il mange d'abord son repas, puis ensuite il fait la havdala.

Mots de ce daf dans le dictionnaire