Version texte de ce daf : original et traduction
Pessa'him 102b (קב:) — le Talmud en français
Pessa'him 102b (פסחים קב:): Et quand eurent fini leur repas, on lui apporte deux coupes. Sur la première coupe on prononce la Birkat Hamazon. . Et la seconde proclame la sainteté du jour. Et cela est…
Texte original — Pessa'him 102b (קב:)
וכש
גמרו
סעודתן, מביאין לו שתי כוסות.
כוס ראשון מברך עליו ברכת המזון
.
והשני אומר עליו קדושת היום.
והוינן לרבי יוסי:
אמאי
צריך שתי כוסות נפרדות לברכת המזון ולקידוש?
ונימרינהו לתרוייהו אחד כסא!
[בשלמא לרבי יהודה לא קשיא, כיון שהוא מפסיק בעקירת שולחן בין הקידוש לברכת המזון, צריך שתי כוסות]. ומתרצינן:
אמר רב הונא אמר רב ששת: אין אומרים שתי קדושות
[שתי מצוות]
על כוס אחד!
ומבארת הגמרא:
מאי טעמא?
אמר רב נחמן בר יצחק: לפי שאין עושין מצוות "חבילות חבילות",
שנראה כאילו הם משא עליו, שממהר לפרוק משאו, ונראות המצוות כחבילות משא שפורק מכתפו.
ומקשינן:
ו
כי
לא
מצינו שאומרים שתי קדושות על כוס אחד?
והא תניא: הנכנס לביתו במוצאי שבת
-
מברך על היין
תחילה, כשעושה הבדלה [לפי שברכת היין תדירה יותר משאר הברכות של הבדלה, ותדיר ושאינו תדיר - תדיר קודם].
ו
אחר כך מברך
על המאור
בורא מאורי האש.
ו
אחר כך מברך
על הבשמים
[ברייתא זו כבית שמאי, ובית הלל סברי שברכת הבשמים היא לפני המאור, כמנהגנו].
ואחר כך אומר הבדלה על הכוס,
לפי שהיא ברכה ארוכה והשאר ברכות קצרות הלכך אומרה לבסוף.
ואם אין לו אלא כוס אחד
ולא ישאר לו יין לכוס של ברכת המזון אחר סעודתו במוצאי שבת -
מניחו לאחר המזון, ומשלשלן
[מלשון שלשלת], שמחברן
כולן
-
לאחריו!
שאומר את כל הברכות אחר ברכת המזון, על אותו הכוס.
הרי שאומרים שתי ברכות על כוס אחד, דהיינו הבדלה וברכת המזון?!
ומתרצינן:
אין לו
-
שאני!
אם אין לו אלא כוס אחת מותר לומר שתי קדושות על כוס אחת, ומה שאמרנו שאין לומר שתי קדושות על כוס אחת הוא כשיש לו יין לשתי כוסות.
ואכתי תקשי:
והא
ליל
יום טוב
ראשון של פסח
שחל להיות אחר השבת, דאית ליה
יין, לפי שכל אדם מישראל יש לו מספיק יין, שהרי אפילו עני בישראל נותנים לו יין לארבעה כוסות,
ואמר רב: יקנ"ה
שסדר הברכות הוא יין, קידוש, נר, הבדלה [שראשי תיבות שלהם יקנ"ה]. וקסלקא דעתין שבליל יום טוב ראשון של פסח שחל במוצ"ש הוא מדבר.
הרי, שאף שיש לו יין מותר לומר שתי ברכות דהיינו קידוש והבדלה על כוס אחד? ומתרצינן:
אמרי: מדלא אמר
רב
"זמן"
, שלא הזכיר בסדר הברכות גם ברכת שהחיינו שאומרים בליל ראשון של פסח,
מכלל, דבשביעי של פסח עסקינן
, שאין אומרים אז שהחיינו.
ושמא עני הוא,
דכל מאי דהוה ליה
כבר
אכיל ליה
בכל ימות החג,
ולית ליה
. שלא נשאר לו עתה כי אם כוס אחד של יין. ולכן מותר לו לומר שתי ברכות על כוס אחד.
ואכתי תיקשי:
והא
ליל
יום טוב ראשון
של פסח,
דאית ליה
יין,
ואמר אביי: יקזנ"ה.
שהסדר הוא: יין, קידוש, זמן, נר הבדלה.
ורבא אמר: יקנה"ז
יין, קידוש, נר, הבדלה, זמן.
ודבריהם נאמרו על ליל יום טוב ראשון של פסח, שהרי הם הזכירו גם זמן.
הרי, שאומרים קידוש והבדלה על כוס אחד אפילו כשיש לו יין! ומתרצינן:
אלא הבדלה וקידוש חדא מילתא היא,
לפי ששניהם ענינם קדושת יום טוב [שגם בהבדלה הוא מזכיר קדושת יום טוב, שאומר ברוך המבדיל בין קדש לקדש], ולכן מותר לאומרם על כוס אחד.
אבל
ברכת המזון וקידוש
-
תרי מילי נינהו,
ואין לאומרם על כוס אחד. ולכן מצריך רבי יוסי לעיל שתי כוסות לקידוש וברכת המזון.
גופא
: ליל
יום טוב שחל להיות אחר השבת
-
רב אמר: יקנ"ה.
שהקידוש קודם להבדלה משום שקדושת היום עדיפא מהבדלה, או משום שאם יבדיל קודם יראה הדבר כאילו קדושת יום השבת היא כמשא עליו שממהר ליפטר ממנה. הלכך, ברכת היין היא הראשונה כבכל קידוש, שהיין קודם לקידוש משום שברכת היין תדירה יותר מהקידוש. ולאחר הקידוש אומר נר והבדלה, כמו בכל הבדלה, שהנר קודם להבדלה.
ושמואל אמר: ינה"ק.
שהוא סובר שהבדלה קודמת לקידוש, כדמפרש לקמן: משל למלך שיוצא ושליט נכנס מלווין קודם את המלך ואח"כ יוצאים לקראת השלטון. כך השבת חשובה מיום טוב, ומלוין אותה קודם בהבדלה. הלכך אומר יין נר הבדלה, לפי הסדר שבכל הבדלה, ואח"כ קידוש.
Traduction française
Et quand
eurent fini
leur repas, on lui apporte deux coupes.
Sur la première coupe on prononce la Birkat Hamazon.
Et la seconde proclame la sainteté du jour.
Et cela est selon Rabbi Yossi :
Pourquoi
a‑t‑on besoin de deux coupes séparées pour la Birkat Hamazon et pour le kiddouch?
Et nous les montrons tous deux comme une seule coupe !
[Dans l'opinion de Rabbi Yehouda il n'y a pas de difficulté, puisqu'il interrompt en déplaçant la table entre le kiddouch et la Birkat Hamazon, il a donc besoin de deux coupes]. On résout [la difficulté] :
Rav Houna a dit au nom de Rav Chisda : on ne prononce pas deux kiddouchot
[deux mitsvot]
sur une seule coupe !
Et la Guemara explique :
Quelle est la raison ?
Rav Nahman bar Yitzchak a dit : parce qu'on ne fait pas les mitsvot «en paquet»,
c'est‑à‑dire qu'il ne faudrait pas que cela paraisse comme s'il se débarassait de son fardeau, se hâtant de décharger son fardeau, et que les mitsvot paraissent comme des paquets de fardeau qu'il décharge de son épaule.
Et nous objectons :
Et
car
n'avons‑nous pas trouvé
qu'on prononce deux kiddouchot sur une seule coupe?
Et voici une baraïta : Celui qui entre chez lui à la sortie du Chabbat —
bénit d'abord sur le vin
(car la bénédiction sur le vin est plus fréquente que les autres bénédictions de la havdala, et le fréquent précède l'infrequent).
Et
ensuite il bénit
sur la lumière
«Bore me'orei ha‑esh».
Et
ensuite il bénit
sur les parfums
(cette baraïta est selon Beit Shammaï, et Beit Hillel estime que la bénédiction sur les parfums est avant la lumière, comme c'est notre rite).
Et ensuite il dit la havdala sur la coupe,
parce que c'est une bénédiction longue et les autres sont des bénédictions courtes ; c'est pourquoi il la dit en dernier.
Et s'il n'a qu'une seule coupe
et qu'il ne restera pas de vin pour la coupe de la Birkat Hamazon après son repas à la sortie du Chabbat —
il la place après le repas, et il les enfile
(du mot «lechoshel»), qu'il les attache
toutes
après elle !
qu'il dit toutes les bénédictions après la Birkat Hamazon, sur cette même coupe.
Alors on dit deux bénédictions sur une seule coupe, c'est‑à‑dire la havdala et la Birkat Hamazon? !
Et nous résolvons :
Il n'en a pas —
de surplus !
Si l'on n'a qu'une seule coupe, il est permis de dire deux kiddouchot sur une seule coupe ; et ce que nous avons dit que l'on ne dit pas deux kiddouchot sur une seule coupe vaut quand il a du vin pour deux coupes.
Et cependant tu objecteras :
Et voici
la nuit du
premier jour de fête
de Pessah
qui tombe après le Chabbat, car il a
du vin, puisque chaque Israélien a du vin en abondance, et même au pauvre parmi Israël on lui donne du vin pour quatre coupes,
et Rav a dit : le sigle Y-K-N-H
que l'ordre des bénédictions est : vin, kiddouch, lumière, havdala [dont les initiales forment YKNH]. Et il semble que, à l'esprit, dans la nuit du premier jour de fête de Pessah qui tombe un samedi soir, il s'agit d'une personne aisée qui parle.
Ainsi, même s'il a du vin, est‑il permis de dire deux bénédictions, c'est‑à‑dire kiddouch et havdala, sur une seule coupe ? Et nous résolvons :
Dis : ce n'est pas que Rav a dit «zeman»,
non pas Rav,
«zeman»
n'a pas été mentionné dans l'énumération des bénédictions — aussi la bénédiction de Shehecheyanu que l'on dit la première nuit du premier jour de Pessah n'a pas été mentionnée —
puisqu'il s'agit d'ailleurs du septième jour de Pessah
où l'on ne dit pas Shehecheyanu.
Et peut‑être c'est un pauvre,
car tout ce qu'il avait
déjà
l'a nourri
pendant tous les jours de la fête,
et il n'en reste pas.
qu'il ne lui reste maintenant qu'une seule coupe de vin. C'est pourquoi il est permis pour lui de dire deux bénédictions sur une seule coupe.
Et toutefois tu objecteras :
Et voici
la nuit du
premier jour de fête
de Pessah,
qui a
du vin,
et Abaye a dit : YKZNH.
que l'ordre est : vin, kiddouch, zeman, lumière, havdala.
Et Rabba a dit : YKNNH —
vin, kiddouch, lumière, havdala, zeman.
Et leurs propos ont été dits pour la nuit du premier jour de fête de Pessah, car ils ont aussi mentionné zeman.
Ainsi on dit kiddouch et havdala sur une seule coupe même s'il a du vin ! Et nous résolvons :
Mais la havdala et le kiddouch sont une seule et même chose,
puisque les deux concernent la sainteté du jour de fête [car dans la havdala il évoque la sainteté du jour de fête, disant «Béni soit Celui qui sépare entre saint et saint»], et c'est pourquoi il est permis de les dire sur une seule coupe.
Mais
la Birkat Hamazon et le kiddouch
sont deux choses distinctes,
et on ne peut les dire sur une seule coupe. C'est pourquoi Rabbi Yossi ci‑dessus exige deux coupes pour le kiddouch et pour la Birkat Hamazon.
En soi :
la nuit du
jour de fête qui tombe après le Chabbat
Rav a dit : YK N H.
Que le kiddouch précède la havdala parce que la sainteté du jour prime la havdala, ou parce que si l'on faisait la havdala d'abord cela semblerait comme si la sainteté du Chabbat était un fardeau dont on se hâte de se défaire. C'est pourquoi la bénédiction sur le vin est la première, comme dans tout kiddouch, le vin venant avant le kiddouch parce que la bénédiction sur le vin est plus fréquente que celle du kiddouch. Et après le kiddouch il dit la lumière et la havdala, comme dans toute havdala, la lumière venant avant la havdala.
Et Chmuel a dit : Y N A K.
Qu'il soutient que la havdala doit précéder le kiddouch, comme il expliquera plus loin : c'est comme le roi qui sort et le gouverneur entre ; les accompagnateurs précèdent le roi et ensuite on sort pour accueillir le gouverneur. Ainsi le Chabbat est plus important que le jour de fête, et on l'accompagne d'abord par la havdala. C'est pourquoi il dit : vin, lumière, havdala, puis kiddouch.