Version texte de ce daf : original et traduction
Pessa'him 101b (קא:) — le Talmud en français
Pessa'him 101b (פסחים קא:): Car Rav Hanin bar Abaye a dit au nom de Rabbi Pedat, qui a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il en va de même pour un changement de vin : celui qui boit du vin et, au milieu…
Texte original — Pessa'him 101b (קא:)
דאמר רב חנין בר אביי אמר רבי פדת אמר רבי יוחנן: אחד שינוי יין
מי ששותה יין ובאמצע שתייתו הביאו לו יין מחבית אחרת, וטעמו שונה מהקודם, בין אם הוא משובח ממנו או גרוע ממנו,
ואחד שינוי מקום,
אם הלך באמצע שתייתו לבית אחר ולא הסיח דעתו מהשתיה, והביאו לו שם יין [וכן בכל דבר הנאכל],
אין צריך לברך
שנית על היין.
מיתיבי
מהא דתניא:
שינוי מקום
-
צריך לברך. שינוי יין
-
אין צריך לברך.
תיובתא דרבי יוחנן
דאמר דאף בשינוי מקום אין צריך לברך?!
ומסקינן:
תיובתא!
יתיב רב אידי בר אבין קמיה דרב חסדא, ויתיב רב חסדא וקאמר משמיה דרב הונא: הא דאמרת שינוי מקום צריך לברך, לא שנו אלא
שהשינוי היה
מבית לבית. אבל
אם שינה באותו בית
ממקום למקום,
כגון מבית לעליה -
לא
הוי שינוי, ואין צריך לברך שוב.
אמר ליה רב אידי בר אבין: הכי תנינא ליה במתניתא דבי רב הינק, ואמרי ליה
שכך אמר לו:
במתניתא דבי בר הינק
שנינו
כוותיך!
שממקום למקום לא הוי שינוי.
ומקשינן:
ואלא רב הונא,
וכי
מתניתא קמשמע לן?
למה צריך להשמיענו דבר המפורש בברייתא.
ומשנינן:
רב הונא, מתניתא לא שמיע ליה.
ותו יתיב רב חסדא וקאמר משמיה דנפשיה: הא דאמרת שינוי מקום צריך לברך, לא אמרן אלא בדברים שאין טעונין ברכה לאחריהן במקומן,
כגון מים או פירות, שמברכין אחריהם רק בורא נפשות, שאינה ברכה חשובה, ולכן אין צריך לברך אותה דוקא במקום שאכל.
הלכך, מיד שעמד והלך למקום אחר, עמידתו זו היא גמר סעודתו [שהרי אינו צריך לחזור למקומו כדי לברך ברכה אחרונה]. ומה שאוכל עתה במקום אחר הוי סעודה אחרת, וצריך לברך שוב.
אבל דברים הטעונין ברכה לאחריהן במקומן,
כגון שבעת המינים, שמברכין אחריהם ברכת מעין שלש [וכל שכן פת], שברכה חשובה היא, וצריך לברך אותה דוקא במקום שאכל -
אין צריך לברך
עוד פעם אם שינה מקומו והלך למקום אחר וממשיך שם אכילתו.
מאי טעמא?
כי
לקיבעא קמא הדר!
כי מאחר שאם לא היה אוכל כאן היה צריך לחזור למקומו הראשון ולברך שם ברכה אחרונה, הרי על דעת קביעות סעודה הראשונה הוא אוכל, שנתכוין לסיים כאן סעודתו ולברך ברכה אחת על שתיהם. ולפיכך אינו צריך לברך ברכה ראשונה על אכילתו כאן.
ורב ששת אמר: אחד זה ואחד זה,
בין אותם שטעונים ברכה לאחריהם במקומן, בין אותם שאין טעונים ברכה לאחריהם במקומן -
צריך לברך
שוב כששינה מקומו באמצע אכילתו.
מיתיבי
מהא דתניא:
בני חבורה שהיו מסובין לשתות, ועקרו רגליהם לצאת לקראת חתן או לקראת כלה.
כשהן יוצאין
-
אין טעונין ברכה למפרע!
כלומר שאין צריכין לברך קודם צאתם ברכה אחרונה, על מה ששתו, שהרי הם עתידים לחזור ולהמשיך לשתות.
כשהן חוזרין
-
אין טעונין ברכה לכתחילה
על המשך שתייתן.
במה דברים אמורים
: כ
שהניחו שם זקן או חולה,
שלא יצא אתם לקראת החתן.
אבל
אם
לא הניחו שם לא זקן ולא חולה
הרי
כשהן יוצאין
-
טעונין ברכה למפרע
לברך תחילה ברכה אחרונה על מה ששתו. ו
כשהן חוזרין טעונין ברכה לכתחילה,
לברך שוב על המשך שתייתם.
ודייקינן:
מדקתני
בברייתא
"עקרו רגליהן",
דמשמע שמיהרו לצאת לקראת חתן וכלה, ולכן הם מברכים ברכה אחרונה בדרך [בלא הניחו זקן או חולה]. אבל אם לא היו ממהרים לצאת לקראת חתן וכלה הם היו מתעכבים במקומם לברך תחילה ברכה אחרונה.
מכלל, דבדברים הטעונין ברכה לאחריהן במקומן עסקינן.
[עפ"י הפמ"ג באשל אברהם סי' קע"ח סק"א בדעת רש"י ורשב"ם].
וטעמא דהניחו שם זקן או חולה הוא
דאמרינן
דכשהן יוצאין אין טעונין ברכה
למפרע, וכשהן חוזרין אין טעונין ברכה לכתחילה.
אבל לא הניחו שם זקן או חולה
הרי
כשהן יוצאין טעונין ברכה לפניהם וכשהן חוזרין טעונין ברכה לכתחילה.
ומכאן
קשיא לרב חסדא!
דהוא אמר שבדברים הטעונים ברכה במקומן הרי אפילו לא חזרו למקומן אלא המשיכו לאכול במקום אחר אין צריכין לברך שם ברכה ראשונה, ואילו כאן בברייתא מבואר שאפילו חזרו למקומן הראשון צריכין לברך שוב ברכה ראשונה, אפילו בדברים הטעונים ברכה במקומן.
Traduction française
Car Rav Hanin bar Abaye a dit au nom de Rabbi Pedat, qui a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : il en va de même pour un changement de vin :
celui qui boit du vin et, au milieu de sa consommation, on lui apporte du vin d'un autre tonneau, dont le goût diffère du précédent, qu'il soit meilleur ou moins bon que lui,
et il en va de même pour un changement de lieu,
s'il est allé, au milieu de sa consommation, dans une autre maison sans détourner son attention de la consommation, et qu'on lui y ait apporté du vin [et il en va de même pour toute chose qui se mange],
il n'est pas nécessaire de réciter une bénédiction
une seconde fois sur le vin.
On objecte
de ce qui a été enseigné dans une baraïta :
Un changement de lieu —
il faut réciter une bénédiction. Un changement de vin —
il n'est pas nécessaire de réciter une bénédiction.
C'est une réfutation de Rabbi Yo'hanan,
qui disait que même en cas de changement de lieu il n'est pas nécessaire de réciter une bénédiction ?!
Et nous concluons :
réfutation !
Rav Idi bar Avin était assis devant Rav 'Hisda, et Rav 'Hisda était assis et disait au nom de Rav Houna : ce que tu as dit, à savoir qu'un changement de lieu exige une bénédiction, n'a été dit que
lorsque le changement était
d'une maison à une autre. Mais
si l'on a changé de lieu dans la même maison,
d'un endroit à un autre,
par exemple de la maison à l'étage supérieur —
ce
n'est pas un changement, et il n'est pas nécessaire de réciter de nouveau une bénédiction.
Rav Idi bar Avin lui dit : c'est ainsi que je l'ai appris dans la baraïta de l'école de Rav Hinek, et certains lui disent
que c'est ainsi qu'il lui a dit :
dans la baraïta de l'école de Bar Hinek —
nous avons appris
comme toi !
car d'un endroit à un autre ce n'est pas un changement.
Et nous objectons :
Mais alors, Rav Houna,
est-ce que
la baraïta vient nous l'enseigner ?
Pourquoi doit-il nous faire entendre une chose explicitement énoncée dans la baraïta ?
Et nous répondons :
Rav Houna n'avait pas connaissance de la baraïta.
Et de nouveau, Rav 'Hisda était assis et disait de son propre chef : ce que tu as dit, à savoir qu'un changement de lieu exige une bénédiction, nous ne l'avons dit que pour les choses qui ne requièrent pas que la bénédiction qui les suit soit récitée à leur endroit,
par exemple l'eau ou les fruits, sur lesquels on récite seulement Boré néfachot, qui n'est pas une bénédiction importante ; c'est pourquoi il n'est pas nécessaire de la réciter précisément à l'endroit où l'on a mangé.
Dès lors, dès qu'il s'est levé et qu'il est allé dans un autre endroit, le fait qu'il se soit levé constitue la fin de son repas [puisqu'il n'a pas besoin de retourner à son endroit pour réciter la dernière bénédiction]. Et ce qu'il mange maintenant dans un autre endroit constitue un autre repas, et il doit réciter de nouveau une bénédiction.
Mais pour les choses qui requièrent que la bénédiction qui les suit soit récitée à leur endroit,
par exemple les sept espèces, sur lesquelles on récite ensuite la bénédiction Méïn chaloch [et à plus forte raison le pain], qui est une bénédiction importante et qu'il faut réciter précisément à l'endroit où l'on a mangé —
il n'est pas nécessaire de réciter une bénédiction
une nouvelle fois s'il a changé de lieu, est allé dans un autre endroit et y poursuit son repas.
Pour quelle raison ?
Car
il retourne à son premier établissement !
Puisque, s'il ne mangeait pas ici, il devrait retourner à son premier endroit et y réciter la dernière bénédiction, il mange donc avec l'intention du premier établissement du repas : il a l'intention d'achever ici son repas et de réciter une seule bénédiction pour les deux. C'est pourquoi il n'a pas besoin de réciter la première bénédiction sur ce qu'il mange ici.
Et Rav Chechet dit : l'un comme l'autre,
tant ceux qui requièrent que la bénédiction qui les suit soit récitée à leur endroit que ceux qui ne le requièrent pas —
il faut réciter une bénédiction
de nouveau lorsqu'il a changé de lieu au milieu de son repas.
On objecte
de ce qui a été enseigné dans une baraïta :
Des membres d'un groupe qui étaient attablés pour boire et qui ont déplacé leurs pieds pour sortir à la rencontre d'un fiancé ou à la rencontre d'une fiancée.
Lorsqu'ils sortent —
ils ne requièrent pas de bénédiction après coup !
C'est-à-dire qu'ils n'ont pas besoin, avant leur sortie, de réciter une dernière bénédiction sur ce qu'ils ont bu, puisqu'ils sont destinés à revenir et à continuer à boire.
Lorsqu'ils reviennent —
ils ne requièrent pas de bénédiction initiale
pour la continuation de leur consommation.
Dans quel cas cela est-il dit ?
Lorsque
ils ont laissé là un vieillard ou un malade,
qui n'est pas sorti avec eux à la rencontre du fiancé.
Mais
si
ils n'ont laissé là ni vieillard ni malade,
alors
lorsqu'ils sortent —
ils requièrent une bénédiction après coup
: ils doivent d'abord réciter une dernière bénédiction sur ce qu'ils ont bu. Et
lorsqu'ils reviennent, ils requièrent une bénédiction initiale,
pour réciter de nouveau une bénédiction sur la continuation de leur consommation.
Et nous déduisons :
du fait qu'il est enseigné
dans la baraïta
« ils ont déplacé leurs pieds »,
ce qui signifie qu'ils se sont dépêchés de sortir à la rencontre du fiancé et de la fiancée ; c'est pourquoi ils récitent la dernière bénédiction en chemin [lorsqu'ils n'ont pas laissé de vieillard ou de malade]. Mais s'ils ne s'étaient pas dépêchés de sortir à la rencontre du fiancé et de la fiancée, ils seraient restés à leur place pour réciter d'abord la dernière bénédiction.
Il ressort de là que nous traitons de choses qui requièrent que la bénédiction qui les suit soit récitée à leur endroit. [
d'après le Pri Megadim, dans Eshel Avraham, chapitre 178, paragraphe 1, selon l'opinion de Rachi et du Rochbam].
Et la raison [pour laquelle] ils ont laissé là un vieillard ou un malade est
que nous disons :
lorsqu'ils sortent, ils ne requièrent pas de bénédiction
après coup, et lorsqu'ils reviennent, ils ne requièrent pas de bénédiction initiale.
Mais s'ils n'ont pas laissé là un vieillard ou un malade,
alors
lorsqu'ils sortent, ils requièrent une bénédiction devant eux, et lorsqu'ils reviennent, ils requièrent une bénédiction initiale.
Et de là
il y a une difficulté pour Rav 'Hisda !
Car il a dit que, pour les choses qui requièrent que la bénédiction soit récitée à leur endroit, même s'ils ne sont pas retournés à leur endroit mais ont continué à manger dans un autre endroit, ils n'ont pas besoin d'y réciter une première bénédiction ; tandis qu'ici, dans la baraïta, il est expliqué que même s'ils sont retournés à leur premier endroit, ils doivent réciter de nouveau une première bénédiction, même pour les choses qui requièrent que la bénédiction soit récitée à leur endroit.