Version texte de ce daf : original et traduction
Nidda 62b (סב:) — le Talmud en français
Nidda 62b (נדה סב:): Rabbi Aba dit à Rav Ashi : Et est‑ce que la scrupuleuse attention du propriétaire dépend la chose ? Et voici, dès lors que les purifications après le premier lavage sont pures…
Texte original — Nidda 62b (סב:)
אמר ליה רבי אבא לרב אשי
: וכי
מידי בקפידא
של הבעלים
תליא מילתא?
והרי כיון שהטהרות אחרי הכיבוס הראשון טהורות הוכח שכתם זה אינו דם אלא צבע , ומדוע יטמאו הטהרות שלאחר הכיבוס השני מכח הקפדתו?
אמר ליה: אין.
והראיה מהא
דתניא: רבי חייא אומר דם הנדה ודאי
הנמצא על הבגד -
מעביר עליו ז' סמנין, ומבטלו
, ויכול להטביל את הבגד על אף שעדיין ניכרים בו סימני הדם. לפי שעברה חזותו של הדם ושוב אין בני אדם מקפידים על המראה שנשאר.
ואמאי
יכול להטבילו ולטהרו כשעוד ניכר שהיה בו דם? ו
הא דם נדה
ודאי
הוא!
אלמא
, מוכח, כי
בקפידא
של האדם
תליא מילתא,
וכל שאינו מקפיד בטל ממנו שם דם מכיון שאינו מקפיד.
הכא נמי
, כשחוזר ומעביר שבעה סממנים פעם שניה, הרי הטהרות שמכאן ולהבא טמאות כי גילה בדעתו שמקפיד על מראה הכתם, והרי
בקפידא תליא מילתא!
תנן התם: חרסין
כגון עביט מחרס העשוי לקבל בתוכו מי רגליים,
שנשתמש בהן זב, שבלעו
כלי החרס
משקין
היוצאים מהזב, ונטמאו,
ונפלו
החרסים
לאויר התנור, והוסק התנור
-
התנור טמא, שסוף משקה לצאת
על ידי ליבון החרסים, ונטמא התנור מהמשקין של הזב שיצאו מן החרסים אל התנור.
אמר ריש לקיש: לא שנו
שרק אם הוסק התנור ויצאו המשקים נטמא התנור,
אלא
כשהיו
משקין קלים,
שטומאתם קלה שאינם אב הטומאה, דקימא לן שאין משקין מטמאים כלי אלא משקין שהן אב הטומאה. ולכן, אף אם הם יוצאים מהחרסים אין הם מטמאים את התנור אלא מדרבנן, ולכן לא גזרו בהם שיטמאו בעודם בלועים בחרסים.
אבל משקין חמורין
, שהם אב הטומאה כגון מי רגלים של זב, התנור
טמא אע"פ שלא הוסק התנור.
שכיון שיכולים לצאת על ידי היסק לא חשיבי טומאה בלועה, ונטמא התנור עוד בהיותם בתוך החרסים .
רבי יוחנן אמר: אחד משקין קלין ואחד משקין חמורין, אם הוסק התנור
-
אין, אי לא
-
לא
. לפי שגם טומאה דאורייתא אינה מטמאה, כשהיא בלועה .
איתיביה רבי יוחנן לריש לקיש
: בגד שנמצא בו כתם,
הטבילו, ועשה על גביו טהרות, והעביר עליו ז' סמנין ולא עבר
-
הרי זה צבע, וטהרותיו טהורות
.
ואין צריך להטביל!
הרי אפילו שיכול להעביר עליו "צפון", שמוציא את הדם, נחשבת הטומאה לטומאה בלועה שאפשר להקל בה ולתלות שאין זה דם אלא צבע . ובשלמא לשיטת ושטומאה שיכולה לצאת על ידי הדחק הקלנו לטהר את הטהרות כל זמן שהכתם בלוע, אבל לדידך שגם בעודו בלוע הוא מטמא אמאי לא חששנו פה שמא בלוע בו דם?
אמר ליה
ריש לקיש:
הנח לכתמים
איסורם הוא מ
דרבנן,
והקלו בהם חכמים .
וחזר רבי יוחנן והקשה:
והתני רבי חייא
: אפילו
דם הנדה ודאי
-
מעביר עליו ז' סמנין, ומבטלו
, ולא חוששים לדם נדה שידוע שבלוע בבגד, ודנים את הדם כטומאה בלועה אף על גב שיכול להוציאו על ידי צפון.
אמר ליה: רבי לא שנה
דין זה במשנתו -
רבי חייא מנא ליה?
ובודאי שגירסא משובשת היא!
איתיביה רבי יוחנן לריש לקיש: רביעית דם
מהמת
שנבלע בבית
-
הבית טמא
משום אהל המת.
ואמרי לה: הבית טהור.
ומבארת הגמרא,
ולא פליגי: הא
שנאמר שהבית טמא -
בכלים דמעיקרא,
שהיו בבית בעת שהיה בו הדם לפני שנבלע בו.
הא
שאמרו טהור -
בכלים דבסוף
, שהובאו אל הבית אחרי שנבלע בו הדם.
נבלעה בכסות, אם מתכבסת ויוצא ממנה רביעית דם
-
טמאה
93 , ואם לאו
-
טהורה!
ומכך שדם שאינו יוצא בכיבוס אינו מטמא, מוכח שטומאה בלועה אינה מטמאה גם אם אפשר להוציאה על ידי הדחק.
ומתרצת הגמרא:
אמר רב כהנא: מקולי רביעיות
דם המת
שנו כאן.
שאין מדובר כאן בדם המת ודאי אלא,
שאני דם תבוסה
, שיתכן שיצא רוב רביעית מחיים ואינו מטמא, ולכן כל טומאתו היא רק מ
דרבנן,
ובאיסור מדרבנן מודה ריש לקיש שהקלו לטהר טומאה בלועה .
איתיביה ריש לקיש לרבי יוחנן: כל הבלוע שאינו יכול לצאת
-
טהור.
הא יכול לצאת
-
טמא, ואף על גב דלא נפיק!
ומוכח מכאן שאם ישנה אפשרות אפילו על ידי הדחק שתצא הטומאה לחוץ, אינה נחשבת ל'טומאה בלועה'.
ומתרצת הגמרא,
אמר רב פפא: כל היכא דאין יכול לצאת, ולא הקפיד עליו
-
דברי הכל טהור.
יכול לצאת והקפיד עליו
בעל הבגד ובדעתו להוציאו -
דברי הכל טמא.
כי פליגי
-
דיכול לצאת ולא הקפיד עליו.
מר
ריש לקיש
סבר כיון דיכול לצאת
-
אף על גב דלא הקפיד עליו.
ולכן מטמאים החרסים את התנור.
Traduction française
Rabbi Aba dit à Rav Ashi :
Et est‑ce que
la scrupuleuse attention
du propriétaire
dépend la chose ?
Et voici, dès lors que les purifications après le premier lavage sont pures, il est prouvé que cette tache n'est pas du sang mais une teinte, et pourquoi les purifications après le second lavage (seraient‑elles) rendues impures du fait de sa scrupulosité ?
Il lui dit : Non.
Et la preuve en est tirée de
comme il est enseigné : Rabbi Chiyya dit : le sang de la niddah est assurément
présent sur le vêtement —
on le fait passer par sept signes, et on l'annule,
et l'on peut immerger le vêtement malgré qu'il subsistent encore des traces visibles du sang, parce que l'aspect du sang a disparu et que désormais les gens ne font plus cas de l'apparence qui reste.
Et pourquoi donc
peut‑on l'immerger et le rendre pur alors qu'il est encore manifeste qu'il y avait du sang ? Et
ce sang de niddah
est
certes !
Donc ,
il est prouvé que
la scrupulosité
de l'homme
détermine la chose,
et tout ce qui n'est pas scrupuleux perd de ce fait le nom de «sang», parce qu'il n'est pas scrupuleux.
Ici aussi ,
lorsqu'il revient et fait de nouveau passer les sept signes une seconde fois, les purifications d'ici et à l'avenir sont impures, car il a manifesté dans son esprit qu'il fait attention à l'apparence de la tache, et voici
la chose dépend de la scrupulosité !
Il est enseigné là : des vases d'argile
par exemple un bassin d'argile fait pour recevoir en lui de l'eau de lavage des pieds,
que des liquides dont se servit un zav ont été absorbés
par les récipients d'argile,
les liquides
sortant du zav, et ils furent rendus impurs,
et tombèrent
les morceaux d'argile
dans l'air du four, et le four fut chauffé —
le four est impur, car au bout du compte le liquide finit par sortir par la cuisson des pots
et le four s'est rendu impur à cause des liquides du zav qui sont sortis des pots vers le four.
Rish Lakish dit : ils n'ont pas enseigné
que seulement si le four était chauffé et que les liquides en sortirent, le four devenait impur ;
mais
quand ils étaient
des liquides légers,
dont l'impureté est légère et qui ne sont pas ab‑d'impureté ; il est établi pour nous que des liquides ne rendent pas impurs les ustensiles sauf les liquides qui sont ab d'impureté. Donc, même s'ils sortent des pots, ils ne rendent le four impur qu'au niveau rabbinique, et c'est pourquoi on n'a pas décrété qu'ils rendent impur tant qu'ils sont encore absorbés dans les pots.
Mais des liquides graves ,
qui sont ab d'impureté, tels que les eaux de pieds d'un zav,
le four est impur même si le four n'a pas été chauffé.
Car, puisqu'ils peuvent sortir par la chauffe, on ne les considère pas comme purement tom'a balu'a, et le four se rend impur alors même qu'ils sont encore dans les pots.
Rabbi Yochanan dit : s'il y a un liquide léger et un liquide grave, si le four est chauffé —
non, si non —
non.
car même une impureté d'origine Torah ne rend pas impur lorsqu'elle est absorbée.
Rabbi Yochanan l'interpella contre Rish Lakish :
Un vêtement qui porte une tache,
on l'a immergé, on a fait dessus des purifications, et on lui a fait passer les sept signes et il n'a pas passé —
alors c'est de la teinture, et ses purifications sont pures.
Et il n'était pas nécessaire d'immerger !
Car même si l'on peut lui appliquer un «tsafon» qui ôte le sang, on tient l'impureté pour une tom'a balu'a dont on peut être indulgent et l'on suspend (l'interdit) en tenant que ce n'est pas du sang mais de la teinture.
Et Rabbi Yochanan revint et objecta :
et que la Baraïta enseigne Rabbi Chiyya :
même
le sang de niddah est assurément —
on lui fait passer les sept signes et on l'annule,
et l'on ne craint pas pour le sang de niddah, qui est connu pour être absorbé dans le vêtement ; on juge le sang comme tom'a balu'a même alors qu'on peut l'en extraire par un tsafon.
Il lui dit : Rabbi n'a pas enseigné
que tel est le droit dans sa Mishna —
d'où est‑ce que Rabbi Chiyya l'a (pris) ?
et il est certain que la version est corrompue !
Rabbi Yochanan interpella Rish Lakish : une quarte de sang
d'un mort
qui a été absorbée dans la maison —
la maison est impure
à cause de l'odeur (ou de l'effet) de la tente du mort.
Et d'autres disent : la maison est pure.
Et la Guemara explique,
et ils ne divergent pas : le cas
où il est dit que la maison est impure —
pour les ustensiles qui étaient originellement là,
qui se trouvaient dans la maison au moment où le sang y était avant qu'il n'ait été absorbé.
Ce
qu'ils ont dit «pur» —
pour les ustensiles venus à la fin,
qui ont été apportés dans la maison après que le sang y eut été absorbé.
Si elle a été absorbée dans le tissu ; si on lave et qu'en sort de là une quarte de sang
elle est impure
, et sinon —
elle est pure !
Et d'où il suit que le sang qui ne sort pas au lavage n'imprègne pas, il est prouvé que la tom'a balu'a n'est pas impure même si l'on peut l'extraire par pression.
Et la Guemara apporte la solution :
Rav Kahana dit : nous traitons ici des quarts
de sang de mort
dont il est question ici.
qu'il ne s'agit pas ici d'un sang de mort certain mais
qu'il s'agit de sang mélangé,
qui peut être en grande partie issu d'un vivant et ne pas rendre impur ; et par conséquent toute son impureté est seulement d'
ordre rabbinique,
et pour une interdiction rabbinique Rish Lakish admet qu'ils allégèrent pour purifier une tom'a balu'a qui sort par pression.
Rish Lakish répliqua à Rabbi Yochanan : tout ce qui est absorbé et ne peut sortir —
est pur.
Ce qui peut sortir —
est impur, même si l'on ne l'extrait pas !
Et il en est ainsi prouvé que s'il existe la possibilité, même par pression, que l'impureté sorte à l'extérieur, on ne la considère pas comme tom'a balu'a.
Et la Guemara explique,
Rav Papa dit : partout où elle ne peut pas sortir, et qu'on n'en fit pas cas, —
tout est pur.
S'il peut sortir et qu'il y fut attentif —
le propriétaire du vêtement ayant l'intention de l'en extraire —
tous disent que c'est impur.
Car ils divergent —
sur (le cas) : il peut sortir et on n'en fit pas cas.
Car
Rish Lakish
pensait que puisque cela peut sortir —
alors même s'il n'en fit pas cas c'est impur.
Et c'est pourquoi les poteries rendent le four impur.