Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 91b (צא:) — le Talmud en français
Nédarim 91b (נדרים צא:): Elle lui dit : «Si donc c'était l'un des étrangers» \< Il y avait ici maintenant un groupe de vendeurs de tentes ; si tu n'en fais pas partie, - il y avait ici à présent un…
Texte original — Nédarim 91b (צא:)
אמרה ליה, אם כן חד מן נכרים
\<
אהלויי דהוו הכא האידנא, אי אנת לא דילמא מנהון,
היו פה כעת קבוצה של מוכרי אהל, ואם כדבריך שהנך אומר שלא היה דבר זה כעת כעת, כפי הנראה זה היה אחד מהם, ואני חשבתי לתומי שזה אתה.
ובאה שאלה לפני רב נחמן האם נאסרה זו על בעלה.
אמר רב נחמן, עיניה נתנה באחר ולית בה מששא במלה
אין ממש בדבריה ואינה נאמנת, משום שיש לחשוש שמא עיניה נתנה באחר ורוצה היא להתגרש מבעלה ולכן היא משקרת.
ההיא איתתא, דלא הוה בדיחא דעתה בהדי גברא
[שלא היו פניה צהובות לבעלה],
אמר לה, האידנא מאי שנא
[מה יום מיומים? וכי יש בלבך כעס עלי?],
אמרה ליה, מעולם לא צערתן בדרך ארץ כי האידנא
[אכן יש בלבי כעס עליך כיון שמעולם לא הכאבת לי בשעת תשמיש כשם שהכאבת לי כעת]
אמר לה, לא הוה הדא מילתא האידנא
[על מה את מתלוננת הלא לא היה דבר זה כעת?]
אמרה ליה, אם כן הלין נכרים נפטויי דהוו הכא האידנא אי אנת לא דילמא חד מנהון
היו פה כעת קבוצה של מוכרי נפט, ואם הנך טוען כי לא היה דבר זה כעת כפי הנראה זה היה אחד מהם ואני חשבתי לתומי שזה אתה.
ובאה שאלה לפני רב נחמן האם נאסרה זו על בעלה.
אמר להו רב נחמן: לא תשגיחון בה, נותנת עיניה באחר הואי
אין מאמינים לסיפוריה משום שיש לחשוש שמא רוצה היא להתגרש מבעלה ועל כן בדתה סיפור זה מליבה ולפי האמת לא עברה איסור עם אף אחד.
ההוא גברא דהוה מהרזיק בביתא
[נחבא בבית]
הוא ואינתתא
[הוא ובעלת הבית]
,
על אתא מריה דביתא
[נכנס ובא בעל האשה לביתו],
פרטיה נואף להוצא וערק
[שבר הנואף את גדר הקנים שהיה שם ונמלט],
ובאה השאלה לפני רבא האם נאסרה זו על בעלה.
אמר רבא: איתתא שריא
[מותרת האשה לבעלה], ולא חוששים שהיה כאן מעשה ניאוף,
ד
אם איתא דעבד איסורא, ארכוסי הוה
מירכס
אילו היה כן, לא היה בורח הנואף באופן שיתגלה לפני בעל הפירות אלא היה נחבא שלא יראהו.
ההוא נואף דעל לגבי דההיא אנתתא
[נואף נכנס לביתה של אישה כאשר בעלה לא היה בבית],
אתא גברא
[בא בעלה של האשה אל הבית],
סליק נואף איתיב
[
בכלאי
]
בבא
[ברח הנואף ונחבא מאחורי הדלת],
הוה מחתן תחלי תמן וטעמינון חויא
[היו שם בבית אוכל הקרוי שחלים, ובא נחש וטעם מזה],
בעא מרי דביתא למיכל מן הנהו תחלי בלא דעתא דאינתתא
[ראה הנואף שהבעל רוצה לאכול מן השחלים הללו, ואין האשה רואה שהוא רוצה לאכול מזה],
אמר ליה ההוא נואף: לא תיכול מנהון דטעמינון חויא
[נגלה הנואף לבעל ואמר לו שלא יאכל מזה כי טעם מזה נחש ויש בזה סכנת נפשות]
ובאה שאלה לפני רבא האם יש לחשוש שבא הנואף על האשה ואסורה היא לבעלה, או לא.
אמר רבא, אינתתיה שריא
[מותרת האשה], ולא חוששים שהיה כאן ניאוף,
ד
אם איתיה דעבד איסורא, ניחא ליה דליכול ולימות
[דאם לפי האמת הנואף והאשה עברו על איסור אשת איש לא היה הנואף מציל את הבעל מסכנת נפשות],
דכתיב "כי נאפו ודם בידיהן"
ויש ללמוד מפסוק זה, שהנואפים חשודים הם אף על שפיכות דמים.
ומקשינן:
פשיטא,
ומה חידוש חידש רבא בזה?
ומתרצינן:
מהו דתימא
[היה אפשר לומר] ד
איסורא עבד
ובאמת היה כאן ניאוף ונאסרה האשה,
והאי דאמר ליה
[והטעם שהנואף הציל את הבעל הוא משום]:
דניחא ליה דלא לימות בעל דתהוי אינתתיה עלויה "מים גנובים ימתקו ולחם סתרים ינעם"
שהנואף רוצה שהבעל לא ימות כדי שהאישה עדיין תהיה אסורה עליו, כיון שהוא נהנה כאשר היא אסורה עליו יותר מכאשר היא מותרת לו, דכתיב מים גנובים ימתקו ולחם סתרים ינעם.
קא משמע לן
רבא שלא אומרים סברא זו ואין האשה נאסרת לבעלה:
הדרן עלך פרק ואלו נדרים וסליקא לה מסכת נדרים
Traduction française
Elle lui dit : «Si donc c'était l'un des étrangers» \<
Il y avait ici maintenant un groupe de vendeurs de tentes ; si tu n'en fais pas partie, -
il y avait ici à présent un groupe de vendeurs de tentes, et si, selon tes dires, tu affirmes que cela n'était pas maintenant, il est vraisemblable que c'était l'un d'eux, et j'avais cru à tort que c'était toi.
Et la question fut posée devant Rav Nahman : cette femme est‑elle interdite à son mari ?
Rav Nahman dit : «Ses yeux se sont donnés à un autre et on ne la croit pas» -
il n'y a pas de vérité dans ses paroles et elle n'est pas crue, parce qu'on craint que ses yeux se soient posés sur un autre et qu'elle veuille divorcer de son mari, et c'est pourquoi elle ment.
Cette femme, qui n'avait point été légère d'esprit envers ces hommes
[qu'elle n'avait pas le visage jaune devant son mari],
Il lui dit : «Et maintenant, qu'y a‑t‑il de différent ?»
[Que signifie «maintenant» ? As‑tu de la colère contre moi ?],
Elle lui dit : «Jamais auparavant tu ne m'as fait de peine en ce monde ; mais maintenant…»
[en vérité j'ai de la rancœur contre toi, car auparavant tu ne m'avais jamais fait souffrir au moment des relations comme tu me l'as fait maintenant]
Il lui dit : «Ce fait n'avait pas lieu maintenant»
[De quoi te plains‑tu ? Cela n'a‑t‑il pas été absent jusqu'à présent ?]
Elle lui dit : «Alors il y avait ici maintenant des vendeurs de naphte ; si tu n'en es pas, peut‑être l'un d'eux» -
il y avait ici à présent un groupe de vendeurs de naphte, et si tu prétends que cela n'était pas maintenant, il est vraisemblable que c'était l'un d'eux et j'avais cru que c'était toi.
Et la question fut posée devant Rav Nahman : cette femme est‑elle interdite à son mari ?
Rav Nahman leur dit : «Ne vous fiez pas à elle ; elle a donné ses yeux à un autre — hélas !» -
on ne croit pas à ses récits, car on craint qu'elle veuille divorcer de son mari et qu'elle ait forgé cette histoire dans son cœur ; en vérité elle n'a transgressé avec personne.
Cet homme qui était caché dans la maison
[qui s'était dissimulé dans la maison]
lui et la maîtresse de la maison
,
lorsque le maître de la maison arriva
,
l'adultère brisa la palissade et s'enfuit
,
Et la question vint devant Rava : cette femme est‑elle interdite à son mari ?
Rava dit : «Celle‑ci est permise»
, ולא חוששים שהיה כאן מעשה ניאוף, et l'on ne craint pas qu'il y ait eu ici acte d'adultère,
Si tu disais qu'il avait commis une transgression, il eût été attrapé
— car si tel eût été le cas, l'adultère n'eût pas fui d'une manière à se dévoiler devant le maître des fruits mais se fût caché pour ne point être vu.
Cet adultère qui était entré chez cette femme
,
vint le mari
,
l'adultère se leva et se cacha
, il s'enfuit et se dissimula derrière la porte.
Il y avait là des mets appelés shachalim et un serpent en goûta
,
Le maître de maison voulut prendre des ces mets sans que la maîtresse en eût connaissance
, l'adultère vit que le mari voulait en manger, et la femme ne vit pas qu'il voulait en manger.
Cet adultère lui dit : «Tu ne pourras pas en prendre, car un serpent en a goûté et il y a danger de mort»
.
Et la question vint devant Rava : faut‑il craindre que l'adultère ait eu commerce avec la femme de sorte qu'elle soit interdite à son mari, ou non ?
Rava dit : «Elle est permise»
, ולא חוששים שהיה כאן ניאוף, et l'on ne craint pas qu'il y ait eu ici adultère,
Si avec elle il avait commis une transgression, il eût mieux valu pour lui la laisser manger et mourir
, car si en vérité l'adultère et la femme avaient transgressé l'interdit d'une femme d'autrui, l'adultère ne l'eût point sauvée du danger de mort.
Car il est écrit : «Car elles ont commis adultère, et le sang est entre leurs mains»
et de ce verset on peut apprendre que les adultères sont suspectés même de répandre le sang.
Et nous objectons :
Évident,
et quel est le nouvel argument que Rava a introduit en cela ?
Et l'on répond :
Que diras‑tu
[tu aurais pu dire]
qu'il y eut une transgression
et en vérité il y eut ici adultère et la femme fut interdite,
et ceci qu'il lui dit
[et la raison pour laquelle l'adultère sauva le mari est la suivante] :
qu'il lui plaisait que le mari ne meure pas afin que sa femme demeure à lui : «les eaux volées sont douces, et le pain caché est savoureux»
car l'adultère souhaite que le mari ne meure pas pour que la femme lui reste interdite, puisque son plaisir est plus grand lorsque la femme est interdite pour le mari que lorsqu'elle lui est permise, comme il est dit «les eaux volées sont douces…».
Cela nous enseigne
que Rava ne retient pas ce raisonnement et que la femme n'est pas interdite à son mari.
Hadran sur toi le chapitre Ve'lu Nedarim et la masekhet Nedarim s'en va.