Version texte de ce daf : original et traduction

Nédarim 91a (צא.) — le Talmud en français

Nédarim 91a (נדרים צא.): Et c’est l’homme dont le champ a été ravagé — quant à moi, je suis en elle-même digne de toi, et ce n’est pas moi qui ai causé l’interdit ; c’est seulement en raison de la…

Texte original — Nédarim 91a (צא.)

וגברא הוא דנסתחפה שדהו

אני כשלעצמי ראויה לך ולא אני גרמתי את האיסור, אלא בגלל קדושת כהונתך נאסרתי עליך, ואם כן אין אני צריכה להפסיד את כתובתי.

ואמרינן ליה

[ופשטנו לרבא]:

מתניתין היא

[שזוהי משנה מפורשת].

ששנינו במשנה:

האומרת טמאה אני לך יש לה כתובה.

ומפרשת הגמרא כיצד מוכח ממשנה זו.

במאי עסקינן

[באיזה אופן מדובר במשנה],

אילימא

אם נאמר שמדובר

באשת ישראל,

אם כן יהיה קשה ממה נפשך,

אי

האשה אומרת שזנתה

ברצון, כלום יש לה כתובה?

הלא היא הגורמת את האיסור!

ואי

היא אומרת שזנתה

באונס, מי קא מיתסרא על גברא!?

ואם כן, מדוע הוא חייב לגרשה?

ואלא

נצטרך להעמיד את המשנה

באשת כהן,

ו

אי

נפרש שהאשה אומרת שזנתה

ברצון, כלום יש לה כתובה?

הלא היא הגורמת את האיסור!

מי גרעה מאשת ישראל ברצון

ומה שונה אשת כהן מאשת ישראל כאשר היא מזנה ברצון?

אלא לאו

ומוכרח להיות שהמשנה מדברת באופן שהאשה אומרת שזנתה

באונס.

וקתני, יש לה כתובה,

ומוכח ממשנתנו שאשת כהן שנאנסה אינה מפסידה את כתובתה.

איבעיא להו,

אמרה לבעלה, גרשתני

ונאבד הגט או שנקרע, והבעל מכחיש,

מהו,

האם היא נאמנת ומותר לה לינשא לאחר, או שאינה נאמנת.

ופשטינן:

אמר רב המנונא, תא שמע: האומרת טמאה אני לך

הרי היא נאמנת לפי משנה ראשונה.

ואם כן יש ראיה לספק דידן, כיון

דאפילו למשנה אחרונה דקתני

ש

לא מהימנא,

היינו דוקא באופן של המשנה שאומרת טמאה אני לך, דדוקא

התם הוא דמשקרה, דידעה דבעלה לא ידע בה

דבאופן זה חוששים שהיא משקרת כיון שאין בעלה יודע האם היא משקרת או לא, ועל כן אינה חוששת להעיז פניה נגדו ולשקר.

אבל גבי גרשתני, דידע בה, מהימנא

אבל כאשר היא אומרת גרשתני שבעלה יודע אם היא משקרת או לא, הרי היא נאמנת משום

דחזקה אין אשה מעיזה פניה בפני בעלה.

אמר ליה רבא

דוחה רבא את סברת רב המנונא.

אדרבה,

יש לומר סברא הפוכה,

אפילו למשנה ראשונה, דקתני

ש

מהימנא,

הינו דוקא כאשר היא אומרת טמאה אני לך, דדוקא

התם

היא נאמנת

משום דלא עבידא לבזויי נפשה

משום שזהו בזיון לה ואין אשה עשויה לבזות את עצמה אם זה לא היה נכון,

אבל הכא

כאשר היא אומרת גרשתני,

דזמנין דתקיף לה מן גברא מעיזה ומעיזה

כיון שאין לה מזה בזיון, ועשויה היא לעיתים לכעוס על בעלה, אם כן יש לחשוש שהיא משקרת, ולפי האמת לא נתגרשה.

מתיב רב משרשיא

מקשה רב משרשיא על דברי רבא.

השמים ביני לבינך דמשנה ראשונה, תיובתא דרבא,

כלומר: ממה ששנינו במשנה ראשונה שכאשר היא אומרת השמים ביני לבינך הרי היא נאמנת, קשה על רבא, שרבא הלא אומר שבאופן שאין לאשה בזיון מזה אז אפילו לפי משנה ראשונה אינה נאמנת, ואם כן קשה ש

הכא דלית לה כיסופא

[שכאשר היא אומרת השמים ביני לבינך הרי אין לה מזה בזיון],

ו

אעפ"כ

קתני

במשנה ראשונה

דמהימנא.

ומתרצינן:

קסבר רבא: התם

[כאשר היא אומרת השמים ביני לבינך]

כיון דלא סגי לה דלא אמרה אין יורה כחץ

כיון שאינה נאמנת בטענה סתמית שאין לה ילדים, אלא צריכה היא לטעון שהבעל הוא שאינו יורה את זרעו כחץ ולכן אינו יכול להוליד,

ואם כן,

אי לא איתא כדקאמרה לא אמרה ליה

אין לחשוש שהיא משקרת, כיון שאילולי שזה היה נכון לא היתה מעיזה לטעון דבר כזה שזהו גנאי גדול.

ומקשה הגמרא על סברת רב המנונא.

השמים ביני לבינך דמשנה אחרונה, תהוי תיובתא דרב המנונא.

כלומר: ממה ששנינו במשנה אחרונה שכאשר היא אומרת השמים ביני לבינך אינה נאמנת, קשה על רב המנונא, דהלא רב המנונא אומר שכאשר הבעל יודע אם היא משקרת אז היא נאמנת, כיון שאינה מעיזה פניה בפני בעלה,

והא הכא

כאשר היא טוענת השמים ביני לבינך,

דידעה היא ובעלה ידע בה

[שיודעת האשה שבעלה יודע אם היא משקרת], ואם כן הרי אינה מעיזה פניה בפני בעלה,

ו

אעפ"כ

קתני

במשנה אחרונה

דלא מהימנא.

ומתרצינן:

קסבר רב המנונא, הכא נמי היא גופה אמרה, נהי דבביאה ידע ביורה כחץ מי ידע, ומשום הכי משקרא,

כלומר: אף כאשר היא אומרת השמים ביני לבינך הרי היא מעיזה פניה, כיון שהיא אומרת בליבה אף על פי שהבעל יודע שהוא מזריע, בכל זאת אינו יודע אם הוא יורה כחץ, ואם כן אינו יודע אם אני משקרת, ולכן מעיזה היא את פניה לשקר ואינה נאמנת.

ההיא איתתא

[היה מעשה באשה],

דכל יומא דתשמיש מיקדמה משיא ידיה לגברא

בכל עת לאחר תשמיש המיטה היתה מביאה לו מים לרחוץ ידיו.

יומא חד אתיא ליה מיא לממשא

ובאחד מהימים הביאה לו מים כדרכה,

אמר לה, הדא מילתא לא הות האידנא

והלא לא עשינו דבר זה כעת ומדוע את מביאה לי מים?

Traduction française

Et c’est l’homme dont le champ a été ravagé —

quant à moi, je suis en elle-même digne de toi, et ce n’est pas moi qui ai causé l’interdit ; c’est seulement en raison de la sainteté de ta prêtrise que je te suis interdite. Dès lors, je ne dois pas perdre ma ketouba.

Et nous lui avons dit [

et nous avons répondu à Rava ] :

C’est la Michna [

car c’est une Michna explicite ].

Comme nous l’avons enseigné dans la Michna :

« Celle qui dit : “Je te suis interdite”, a droit à sa ketouba. »

Et la Guemara explique comment cette Michna constitue une preuve.

Dans quel cas parlons-nous [

de quelle manière la Michna doit-elle être comprise ],

Si l’on dit —

s’il est question

d’une épouse d’Israélite,

alors, de quelque manière qu’on l’envisage, ce sera difficile :

si

la femme dit qu’elle a commis l’adultère

volontairement, a-t-elle vraiment droit à sa ketouba ?

N’est-ce pas elle qui a causé l’interdit !

Et si

elle dit qu’elle a commis l’adultère

sous la contrainte, est-elle interdite à son mari !?

Et si tel est le cas, pourquoi serait-il obligé de la divorcer ?

Mais alors

il faudra établir la Michna

dans le cas d’une épouse de cohen,

et

si

nous expliquons que la femme dit avoir commis l’adultère

volontairement, a-t-elle vraiment droit à sa ketouba ?

N’est-ce pas elle qui a causé l’interdit !

Est-elle moins bien traitée que l’épouse d’un Israélite qui a commis l’adultère volontairement —

et en quoi l’épouse d’un cohen diffère-t-elle de l’épouse d’un Israélite lorsqu’elle commet volontairement l’adultère ?

Mais n’est-ce pas plutôt —

il est nécessaire que la Michna parle du cas où la femme dit avoir commis l’adultère

sous la contrainte.

Et elle enseigne : “Elle a droit à sa ketouba,” —

il ressort de notre Michna que l’épouse d’un cohen qui a été violée ne perd pas sa ketouba.

Ils soulevèrent la question :

Si elle dit à son mari : “Tu m’as divorcée”

et que l’acte de divorce ait été perdu ou déchiré, tandis que le mari le nie,

qu’en est-il,

lui fait-on confiance et lui est-il permis d’épouser un autre homme, ou bien ne lui fait-on pas confiance ?

Et nous avons répondu :

Rabbi Hamnouna dit : ta chema : “Celle qui dit : ‘Je te suis interdite’”

— elle est digne de foi selon la première Michna.

Et il y a donc une preuve en faveur de notre doute, puisque

même selon la dernière Michna, qui enseigne

que

elle n’est pas digne de foi,

cela ne vaut que dans le cas de la Michna où elle dit : « Je te suis interdite », car

c’est là seulement qu’elle ment, parce qu’elle sait que son mari ne le sait pas —

dans ce cas, nous craignons qu’elle mente, puisque son mari ne sait pas si elle ment ou non ; elle ne craint donc pas de faire preuve d’insolence envers lui et de mentir.

Mais dans le cas où elle dit : “Tu m’as divorcée”, puisqu’il le sait, on lui fait confiance —

mais lorsqu’elle dit : « Tu m’as divorcée », son mari sait si elle ment ou non ; elle est donc digne de foi, car

il existe une présomption selon laquelle une femme ne fait pas preuve d’insolence devant son mari.

Rava lui dit —

Rava réfute le raisonnement de Rabbi Hamnouna.

Au contraire,

on peut dire le raisonnement inverse :

Même selon la première Michna, qui enseigne

que

elle est digne de foi,

cela ne vaut que lorsqu’elle dit : « Je te suis interdite », car

là

elle est digne de foi

parce qu’elle ne se ferait pas honte à elle-même —

puisque c’est une honte pour elle, aucune femme ne se ferait honte à elle-même si ce n’était pas vrai.

Mais ici,

lorsqu’elle dit : « Tu m’as divorcée »,

il arrive que, lorsqu’elle est exaspérée par son mari, elle fasse preuve d’insolence et en fasse encore preuve —

puisque cela ne lui fait pas honte, il lui arrive de se mettre en colère contre son mari ; nous devons donc craindre qu’elle mente et qu’en réalité elle n’ait pas été divorcée.

Rabbi Mecharchia objecta —

Rabbi Mecharchia soulève une difficulté contre les paroles de Rava.

“Le Ciel est entre moi et toi”, selon la première Michna : objection contre Rava,

c’est-à-dire : de ce que nous avons enseigné dans la première Michna, que lorsqu’elle dit : « Le Ciel est entre moi et toi », elle est digne de foi, il résulte une difficulté contre Rava. Rava dit en effet que, lorsqu’une femme ne subit aucune honte de ce qu’elle dit, même selon la première Michna, on ne lui fait pas confiance ; dès lors, il est difficile que

ici, puisqu’elle n’en éprouve aucune honte [

lorsqu’elle dit : « Le Ciel est entre moi et toi », elle n’en éprouve aucune honte ],

et

malgré cela

elle enseigne

dans la première Michna

qu’on lui fait confiance.

Et nous répondons :

Rava considère : là [

lorsqu’elle dit : « Le Ciel est entre moi et toi » ],

puisqu’il ne lui suffit pas de ne pas dire : “Il ne lance pas comme une flèche” —

puisqu’on ne lui fait pas confiance lorsqu’elle affirme simplement qu’elle n’a pas d’enfants, elle doit soutenir que c’est son mari qui n’émet pas sa semence comme une flèche et qu’il ne peut donc pas engendrer,

et dès lors

si ce n’était pas comme elle le dit, elle ne le lui aurait pas dit —

il ne faut pas craindre qu’elle mente, puisque, si ce n’était pas vrai, elle n’aurait pas eu l’insolence de formuler une telle affirmation, qui constitue une grande honte.

Et la Guemara soulève une difficulté contre le raisonnement de Rabbi Hamnouna.

“Le Ciel est entre moi et toi”, selon la dernière Michna : que ce soit une objection contre Rabbi Hamnouna.

C’est-à-dire : de ce que nous avons enseigné dans la dernière Michna, que lorsqu’elle dit : « Le Ciel est entre moi et toi », on ne lui fait pas confiance, il résulte une difficulté contre Rabbi Hamnouna. Rabbi Hamnouna dit en effet que lorsque le mari sait si elle ment, on lui fait confiance, puisqu’elle ne fait pas preuve d’insolence devant son mari ;

or ici,

lorsqu’elle affirme : « Le Ciel est entre moi et toi »,

elle le sait et son mari le sait [

la femme sait que son mari sait si elle ment ], et pourtant elle ne fait pas preuve d’insolence devant son mari,

et

malgré cela

elle enseigne

dans la dernière Michna

qu’on ne lui fait pas confiance.

Et nous répondons :

Rabbi Hamnouna considère : ici aussi, elle-même dit : “Bien qu’il sache lors de la relation qu’il émet sa semence, qui sait s’il la lance comme une flèche ?” Et c’est pourquoi elle ment,

c’est-à-dire : même lorsqu’elle dit : « Le Ciel est entre moi et toi », elle fait preuve d’insolence, puisqu’elle se dit : bien que son mari sache qu’il émet sa semence, il ne sait toutefois pas s’il la lance comme une flèche ; il ne sait donc pas si je mens. C’est pourquoi elle fait preuve d’insolence en mentant, et on ne lui fait pas confiance.

Cette femme [

il arriva un fait concernant une femme ],

qui, chaque jour où elle avait une relation conjugale, s’empressait de verser de l’eau sur les mains de son mari —

chaque fois, après la relation conjugale, elle lui apportait de l’eau pour qu’il se lave les mains.

Un jour, elle lui apporta de l’eau pour se laver les mains —

et un certain jour, elle lui apporta de l’eau comme à son habitude,

il lui dit : “Cette chose n’a pas eu lieu aujourd’hui” —

mais nous n’avons pas fait cette chose à présent ; pourquoi m’apportes-tu de l’eau ?

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