Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 90a (צ.) — le Talmud en français
Nédarim 90a (נדרים צ.): Et il lui enduisit de la boue - Après qu’il eut épousé une femme, Rav A’ha fils de Rav Houna le prit et l’enduisit de boue, puisqu’il lui était interdit par vœu de tirer…
Texte original — Nédarim 90a (צ.)
ושרקיה טינא
ולאחר שנשא אשה לקחו רב אחא בר רב הונא, וטחו בטיט כיון שאסור לו ליהנות מהעולם, שהרי הוא נשא אשה קודם שלמד תורה,
ואתייה לקמיה דרב חסדא
[והביאו לפני רב חסדא שיתיר לו את נדרו].
והטעם שעשה כך, הוא משום שלפני נישואיו אי אפשר היה להתיר לו את נדרו, כיון שאי אפשר להתיר את הנדר קודם שהוא חל. ולכן הטעהו, כדי שישא אשה. ואז חל נדרו, והביאו לפני רב חסדא שיתיר לו את נדרו.
אמר רבא: מאן חכים למיעבד כי הא מילתא, אי לאו דרב אחא בר רב הונא דגברא רבה הוא
[מי חכם לעשות מעשה זה אם לא אדם גדול כרב אחא בר רב הונא]!
דקסבר, דכי היכי דפליגי רבנן ורבי נתן בהפרה,
אם אפשר להפר את הנדר קודם שחל,
הכי נמי פליגי בשאלה
אם אפשר להתיר את הנדר קודם שחל.
ולכן הטעהו רב אחא לאותו אדם שישא אשה כדי שיוכל להתיר לו את נדרו. כי אילו לא היה נושא אשה, לא היה יכול להתיר לו את נדרו לפי רבי נתן, שהרי הנדר עדיין לא חל.
ורב פפי
אמר: מחלוקת בהפרה, דרבי נתן סבר, אין הבעל מיפר אלא אם כן חל נדר, דכתיב "וחפרה הלבנה".
ומהא משמע שאין אפשרות להפר אלא לאחר שחל הנדר.
ורבנן סברי, בעל מיפר אף על פי שלא חל נדר, דכתיב "מפר מחשבות ערומים",
ומכך שכתוב לשון הפרה על מחשבה, משמע שתיתכן הפרה אפילו על דבר שעדיין איננו חל.
אבל בשאלה, דברי הכל אין חכם מתיר כלום, אלא אם כן חל נדר. דכתיב "לא יחל דברו",
ומפסוק זה נלמדת פרשת התרת נדרים. ומשמע שהתרת נדרים שייכת רק בנדרים שכבר נאמר בהם לא יחל דברו, וזה יתכן רק לאחר שהנדר כבר חל.
לימא מסייע ליה,
לרב פפי מהא דתניא:
אם אדם נדר ואמר:
קונם שאיני נהנה לפלוני, ו
אחר כך נדר שאיני נהנה
למי שאשאל עליו.
דהיינו, שנדר שלא יהנה מהאדם שאצלו ילך לישאל על נדרו הראשון,
נשאל
(אצל חכם)
על הראשון, ואחר כך נשאל על השני.
אם רוצה אותו אדם להתיר את נדרו, צריך הוא להתיר את שני הנדרים. כיון שאם לא יתיר את הנדר השני אז בכך שנשאל על הראשון הוא עובר על נדרו, שהרי הוא נהנה מהאדם שהתיר לו את נדרו.
ומוכיחה הגמרא מברייתא זו:
ואי אמרת, נשאל
[שאפשר לישאל]
אף על פי שלא חל נדר,
אם כן מדוע צריך האדם לישאל קודם על נדרו הראשון, ואחר כך על נדרו השני, הלא
אי בעי, על האי ניתשיל ברישא.
ו
אי בעי, על האי ניתשיל ברישא
יכול הוא לישאל על נדרו השני לפני הנדר הראשון. כי אף על פי שהנדר השני עדיין לא חל כל זמן שלא נשאל על הראשון, בכל זאת הרי אפשר לישאל על הנדר עוד לפני שהוא חל בפועל.
ויש ראיה מכאן שאי אפשר לישאל על נדר לפני שהוא חל, ולכן צריך האדם לישאל קודם על הראשון, ואז חל הנדר השני, ואז צריך הוא לישאל על השני.
ודוחה הגמרא את הראיה:
ומי ידע אי האי קמא, אי האי בתרא
וכי מנין אתה אומר שכונת התנא "ראשון ושני" היינו הנדר הראשון והנדר השני?
והלא אפשר לומר שכונת התנא "ראשון ושני" היינו הראשון שהוא בא להתיר, והשני שהוא בא להתיר. ועיקר כונת התנא היא לומר שצריך להתיר את שני הנדרים, ואין הבדל איזה נדר הוא מתיר קודם.
אלא לימא מסייע ליה
ומביאה הגמרא ראיה אחרת לדברי רב פפי:
אדם שאמר:
קונם שאיני נהנה לפלוני,
והוסיף ואמר:
הריני נזיר לכשאשאל עליו.
כלומר: אם אשאל על הנדר הראשון, אהיה נזיר, הרי זה,
נשאל על נדרו, ואחר כך נשאל על נזרו.
אם רוצה הוא להתיר את נדרו, צריך הוא גם להתיר את נזירותו. כיון שאם לא יתיר את נזירותו הרי מיד בשעה שיותר הנדר, הוא יהיה נזיר.
ומוכיחה הגמרא מברייתא זו:
ואי אמרת, נשאל
[שאפשר לישאל]
אף על פי שלא חל נדר,
אם כן
ואמאי,
מדוע צריך לישאל קודם על הנדר ואחר כך על הנזירות?
הלא
אי בעי, על נדרו איתשיל ברישא,
ו
אי בעי על נזרו איתשיל ברישא
יכול האדם לישאל על הנזירות עוד לפני שנשאל על הנדר. כי לדבריך, אפילו שהנזירות עדיין לא חלה כל זמן שלא הותר הנדר, בכל זאת הרי אפשר להתיר נדרים עוד לפני שהם חלים בפועל.
ויש ראיה מכאן לדברי רב פפי שאי אפשר להתיר נדרים לפני שהם חלים, ולכן צריך האדם להתיר קודם את הנדר, ואז חלה הנזירות, ורק אז יכול הוא להתיר את הנזירות.
ודחינן:
רבי נתן היא
אין להביא ראיה מכאן לדברי רב פפי, אלא אפשר לומר שרבנן ורבי נתן נחלקו אף לענין התרת חכם, ורבנן סוברים בין בהפרה בין בהתרת חכם שאפשר להפר ולהתיר נדרים עוד לפני שהם חלים, וברייתא זו היא כדעת רבי נתן.
אמר רבינא: אמר לי מרימר, הכי אמר אבוך משמיה דרב פפי
:
מחלוקת
של רבנן ורבי נתן היא רק
בהפרה.
אבל בשאלה, דברי הכל מפר
(כלומר: לכולי עלמא יכול החכם להתיר את הנדר)
ואף על פי שלא חל נדר. דכתיב "לא יחל דברו",
Traduction française
Et il lui enduisit de la boue -
Après qu’il eut épousé une femme, Rav A’ha fils de Rav Houna le prit et l’enduisit de boue, puisqu’il lui était interdit par vœu de tirer profit du monde, car il avait épousé une femme avant d’avoir étudié la Torah,
et il l’amena devant Rav ‘Hisda
pour qu’il l’amène devant Rav ‘Hisda, afin que celui-ci dénoue son vœu].
La raison pour laquelle il agit ainsi est qu’avant son mariage, il était impossible de dénouer son vœu, puisqu’il est impossible de dénouer le vœu avant qu’il ne prenne effet. C’est pourquoi il le trompa, afin qu’il épouse une femme. Alors son vœu prit effet, et il l’amena devant Rav ‘Hisda, afin que celui-ci dénoue son vœu.
Rava dit : Qui aurait été assez sage pour faire une chose pareille, si ce n’est Rav A’ha fils de Rav Houna, qui est un grand homme
? Qui aurait eu la sagesse de faire cette chose, si ce n’est un grand homme tel que Rav A’ha fils de Rav Houna !
Car il pensait que, de même que les Sages et Rabbi Nathan sont en désaccord au sujet de l’annulation par le mari,
sur la possibilité d’annuler le vœu avant qu’il ne prenne effet,
ils sont également en désaccord au sujet de la question
de la possibilité de dénouer le vœu avant qu’il ne prenne effet.
C’est pourquoi Rav A’ha trompa cet homme afin qu’il épouse une femme, pour pouvoir dénouer son vœu. Car s’il n’avait pas épousé de femme, il n’aurait pas pu dénouer son vœu selon Rabbi Nathan, puisque le vœu n’avait pas encore pris effet.
Et Rav Papi
dit : La discussion au sujet de l’annulation par le mari porte sur ceci : Rabbi Nathan pense que le mari n’annule que si le vœu a pris effet, comme il est écrit : « Et la lune sera couverte. »
Cela indique qu’il n’est possible d’annuler qu’après que le vœu a pris effet.
Mais les Sages pensent que le mari peut annuler même si le vœu n’a pas pris effet, comme il est écrit : « Il déjoue les pensées des hommes rusés »,
et puisque le terme d’annulation est employé à propos d’une pensée, il ressort qu’une annulation peut être possible même pour une chose qui n’a pas encore pris effet.
Mais au sujet de la consultation, tout le monde est d’accord qu’aucun sage ne dénoue quoi que ce soit, si ce n’est lorsque le vœu a pris effet. Car il est écrit : « Il ne profanera pas sa parole »,
et c’est de ce verset qu’est enseignée la règle du dénouement des vœux. Il ressort que le dénouement des vœux ne concerne que des vœux à propos desquels il a déjà été dit : « Il ne profanera pas sa parole », ce qui n’est possible qu’après que le vœu a déjà pris effet.
Dirons-nous que cela lui apporte un appui,
à Rav Papi, à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta :
Si un homme a fait un vœu et a dit :
« Kounam, je ne tire pas profit d’Untel, et
il a ensuite fait le vœu : « Je ne tirerai pas profit
de celui auprès duquel je consulterai à son sujet. »
C’est-à-dire qu’il a fait le vœu de ne pas tirer profit de l’homme auprès duquel il ira consulter au sujet de son premier vœu,
il consulte (
auprès d’un sage)
au sujet du premier, puis il consulte au sujet du second.
Si cet homme veut dénouer son vœu, il doit dénouer les deux vœux. En effet, s’il ne dénoue pas le second vœu, en consultant au sujet du premier, il transgressera son vœu, puisqu’il tire profit de l’homme qui a dénoué son vœu.
La Guemara apporte une preuve à partir de cette baraïta :
Et si tu dis : il consulte
qu’il est possible de consulter
même si le vœu n’a pas pris effet,
alors pourquoi l’homme doit-il consulter d’abord au sujet de son premier vœu, puis au sujet de son second vœu ? Ne pourrait-il pas
s’il le souhaite, consulter au sujet de celui-ci en premier ?
Et
s’il le souhaite, consulter au sujet de celui-ci en premier -
il peut consulter au sujet de son second vœu avant son premier vœu. Car, bien que le second vœu n’ait pas encore pris effet aussi longtemps qu’il n’a pas consulté au sujet du premier, il est néanmoins possible de consulter au sujet d’un vœu avant qu’il ne prenne effectivement effet.
Il y a ici une preuve qu’il est impossible de consulter au sujet d’un vœu avant qu’il ne prenne effet ; c’est pourquoi l’homme doit d’abord consulter au sujet du premier, puis le second vœu prend effet, et il doit alors consulter au sujet du second.
La Guemara rejette cette preuve :
Mais qui sait si celui-ci est le premier, et celui-là le dernier -
d’où dis-tu que l’intention du tannay, lorsqu’il dit « premier et second », est le premier vœu et le second vœu ?
On peut dire, au contraire, que l’intention du tannay, lorsqu’il dit « premier et second », est le premier [vœu] qu’il vient dénouer et le second [vœu] qu’il vient dénouer. L’intention principale du tannay est de dire qu’il doit dénouer les deux vœux ; peu importe quel vœu il dénoue en premier.
Mais dirons-nous que cela lui apporte un appui -
la Guemara apporte une autre preuve aux paroles de Rav Papi :
Un homme qui a dit :
« Kounam, je ne tire pas profit d’Untel,
et il ajouta et dit :
« Voici que je suis naziréen lorsque je consulterai à son sujet. »
C’est-à-dire : si je consulte au sujet du premier vœu, je serai naziréen, il en est ainsi :
Il consulte au sujet de son vœu, puis il consulte au sujet de son naziréat.
S’il veut dénouer son vœu, il doit également dénouer son naziréat. En effet, s’il ne dénoue pas son naziréat, dès l’instant où le vœu sera dénoué, il deviendra naziréen.
La Guemara apporte une preuve à partir de cette baraïta :
Et si tu dis : il consulte
qu’il est possible de consulter
même si le vœu n’a pas pris effet,
alors
pourquoi -
pourquoi doit-il consulter d’abord au sujet du vœu, puis au sujet du naziréat ?
Ne pourrait-il pas
s’il le souhaite, consulter d’abord au sujet de son vœu,
et
s’il le souhaite, consulter d’abord au sujet de son naziréat -
l’homme peut consulter au sujet du naziréat avant même d’avoir consulté au sujet du vœu. Car, selon tes paroles, même si le naziréat n’a pas encore pris effet aussi longtemps que le vœu n’a pas été dénoué, il est néanmoins possible de dénouer les vœux avant même qu’ils ne prennent effectivement effet.
Il y a ici une preuve aux paroles de Rav Papi : il est impossible de dénouer les vœux avant qu’ils ne prennent effet. C’est pourquoi l’homme doit d’abord dénouer le vœu ; alors le naziréat prend effet, et c’est seulement ensuite qu’il peut dénouer le naziréat.
Et nous rejetons :
C’est l’opinion de Rabbi Nathan -
on ne peut pas apporter de preuve à partir d’ici aux paroles de Rav Papi ; on peut dire que les Sages et Rabbi Nathan sont également en désaccord au sujet du dénouement par un sage. Les Sages pensent que, tant pour l’annulation par le mari que pour le dénouement par un sage, il est possible d’annuler et de dénouer les vœux avant qu’ils ne prennent effet ; et cette baraïta suit l’opinion de Rabbi Nathan.
Ravina dit : Marimar m’a dit : ainsi ton père a dit au nom de Rav Papi :
La discussion
entre les Sages et Rabbi Nathan porte seulement
sur l’annulation par le mari.
Mais au sujet de la consultation, tout le monde est d’accord que le sage dénoue (
c’est-à-dire que tout le monde admet que le sage peut dénouer le vœu)
même si le vœu n’a pas pris effet. Car il est écrit : « Il ne profanera pas sa parole »,