Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 86a (פו.) — le Talmud en français
Nédarim 86a (נדרים פו.): Et l’on répond : Rabbi Ila a dit : il est effectivement possible d’interdire une chose de telle sorte que l’interdit ne prenne effet qu’ultérieurement. Et la preuve en est…
Texte original — Nédarim 86a (פו.)
ומתרצינן:
אמר רבי אילא
: אכן אפשר לאסור דבר שיחול רק לאחר זמן.
והראיה לכך:
ומה אילו
אדם ש
אומר לחבירו שדה זו שאני מוכר לך, לכשאקחנה ממך
[לכשאקנה אותה ממך],
תקדיש
[תהא קדושה],
מי
[וכי]
לא קדשה?
הלא מסברא יש לומר שיכול אדם להקדיש את שדהו בשעה שהוא מוכר אותה באופן שההקדש יחול אחר כך. ואם כן, הוא הדין בנידון דידן, יכולה האשה לאסור את ידיה באופן שזה יחול לאחר שתתגרש.
ומקשינן:
מתקיף לה רבי ירמיה,
מי דמי
וכי איך אתה משווה את שני הדינים?
הלא באופן שהוא הקדיש שדה ואמר:
שדה זו שאני מוכר לך,
חל ההקדש
כי השתא בידיה היא.
השדה עדיין ברשותו היא, ובידו להקדיש את זה עכשיו, ולכן אין זה נחשב דבר שלא בא לעולם
.
אבל
אשה,
וכי
בידה להקדיש
עכשיו את
מעשה ידיה?
הלא אינה יכולה להקדיש עכשיו כיון שהיא משועבדת לבעלה, ואם כן אין הנדר יכול לחול לאחר הגירושין כיון שזה דבר שלא בא לעולם.
ומביא ראיה לפשוט נידון זה ממקום אחר.
הא לא דמי
אין לדמות את נידון דידן
אלא ל
אדם ה
אומר לחבירו, שדה זו ש
כבר
מכרתי לך, לכשאקחנה ממך, תקדיש
[תהא קדושה],
דבאופן זה
מי
[וכי]
קדשה?
הרי זהו ודאי דבר שלא בא לעולם כיון שאין השדה ברשותו,
והוא הדין בנידון דידן אין האשה יכולה לאסור את מעשי ידיה לאחר שתתגרש, כיון שעכשיו מעשי ידיה אינם ברשותה, והרי זה דבר שלא בא לעולם.
מתקיף לה רב פפא,
דוחה רב פפא את סברת רבי ירמיה.
מי דמי
וכי איך אתה משווה את שני הדינים?
הרי דוקא
גבי זבינא
[מכירה] אנו אומרים שאין ההקדש חל,
כיון ש
פסיקא מילתייהו
שהשדה הזו בשעה שהוא מקדיש אותה, הרי היא איננה ברשותו לגמרי, ואין לו בה שום זכות, ולכן זה נחשב דבר שלא בא לעולם.
אבל
גבי אשה, מי
[וכי]
פסיקא מילתא?
הלא אין האשה שייכת לבעלה לגמרי, אלא היא משועבדת לבעלה, ולכן אין מעשי ידיה נחשבים כדבר שלא בא לעולם, שהרי הם ברשותה. אלא שכל זמן הנישואין הם משועבדים לבעל, אבל לאחר שתתגרש חל עליהם איסור הנדר.
ומביא ראיה לפשוט נידון זה ממקום אחר.
הא לא דמי
אין לדמות את נידון דידן,
אלא ל
אדם ה
אומר לחבירו, שדה זו שמשכנתי לך
[ששעבדתי אותה לך כנגד חובי]
, לכשאפדנה ממך, תקדיש
[תהא קדושה],
שבאופן זה
מי
[וכי]
לא קדשה?
הלא ודאי שזה נחשב דבר שכבר בא לעולם, כיון שהשדה היא למעשה שלו כבר עכשיו, אלא שהיא משועבדת, ולכן יכול בעל השדה להקדיש עכשיו באופן שזה יחול לאחר שיפסיק השעבוד.
והוא הדין בנידון דידן, יכולה האשה לאסור את מעשי ידיה עכשיו באופן שזה יחול לאחר שתתגרש, כיון שהם שלה כבר עכשיו אלא שהם משועבדים לבעל, וזה נחשב דבר שבא לעולם.
מתקיף לה רב שישא בריה דרב אידי
דוחה רב שישא את סברת רב פפא.
מי דמי
וכי איך אתה משווה את שני הדינים?
הרי דוקא לגבי
שדה
הממושכנת אנו אומרים שחל ההקדש,
כיון ש
בידו
של בעל השדה
לפדותו
ולהחזיר את השדה לרשותו
,
ועל כן אין זה נחשב דבר שלא בא לעולם.
אבל
אשה,
וכי
בידה להתגרש?
ואם כן, הרי הגירושין נחשבים דבר שלא בא לעולם.
ומביא ראיה לפשוט נידון זה ממקום אחר.
הא לא דמיא
אין לדמות את נידון זה
אלא לאומר לחבירו, שדה זו שמשכנתי לך לעשר שנים, לכשאפדנה ממך, תקדיש
[תהא קדושה],
דבאופן זה
מי
[וכי]
לא קדשה?
ודין זה יש לדמות לנידון דידן, דכשם שרואים אנו בשדה שעל אף שאינו יכול לפדות את השדה בכל זאת כיון שגוף השדה שלו הרי הוא יכול להקדיש את זה, וזה נחשב כדבר שישנו בעולם, כמו כן אשה יכולה להקדיש ולאסור את מעשי ידיה כיון שהם שלה, והם נחשבים כישנם בעולם.
מתקיף לה רב אשי
דוחה רב אשי את סברת רב שישא.
מי דמי
וכי איך אתה משווה את שני הדינים?
הרי דוקא לגבי שדה הממושכנת חל ההקדש,
כיון ש
התם קיץ
יש קצבה לשעבוד ולאחר עשר שנים קצובות יחזור אליו השדה, ולכן יכול הוא להקדיש את זה
אבל
אשה, מי
[וכי]
אית לה קיצותא?
והלא אין לה קצבה לנישואיה, ואם כן הרי הגירושין נחשבים כדבר שלא בא לעולם.
Traduction française
Et l’on répond :
Rabbi Ila a dit :
il est effectivement possible d’interdire une chose de telle sorte que l’interdit ne prenne effet qu’ultérieurement.
Et la preuve en est :
et qu’en serait-il si
un homme
disait à son prochain : « Ce champ que je te vends, lorsque je te le reprendrai,
lorsque je te le rachèterai,
consacre-le
qu’il soit consacré,
est-ce que
et peut-être
ne l’a-t-il pas consacré ?
N’est-il pas logique de dire qu’un homme peut consacrer son champ au moment où il le vend, de sorte que la consécration prenne effet ensuite ? Et donc, il en va de même dans notre cas : la femme peut interdire ses travaux de ses mains de telle sorte que cela prenne effet après son divorce.
Et l’on objecte :
Rabbi Yirmeya lui objecta :
Les deux cas sont-ils comparables —
comment compares-tu donc ces deux lois ?
N’est-il pas ainsi que, lorsqu’il a consacré un champ et qu’il a dit :
« Ce champ que je te vends,
la consécration prend effet
car, à présent, il est en sa possession.
Le champ est encore sous son autorité, et il est en son pouvoir de le consacrer maintenant ; cela n’est donc pas considéré comme une chose qui n’est pas encore venue au monde.
Mais
une femme,
et peut-être
est-il en son pouvoir de consacrer
à présent
ses travaux de ses mains ?
Ne peut-elle pas les consacrer maintenant, puisqu’elle est astreinte envers son mari ? Et donc, le vœu ne peut pas prendre effet après le divorce, puisque c’est une chose qui n’est pas encore venue au monde.
Et il apporte une preuve afin de trancher cette question à partir d’un autre endroit.
Ce cas n’est pas comparable —
on ne doit pas comparer notre cas
mais à
un homme qui
dit à son prochain : « Ce champ que je
déjà
t’ai vendu, lorsque je te le reprendrai, consacre-le
qu’il soit consacré,
car, dans ce cas,
est-ce que
et peut-être
il l’a consacré ?
Voilà assurément une chose qui n’est pas encore venue au monde, puisque le champ n’est pas sous son autorité,
et il en va de même dans notre cas : la femme ne peut pas interdire ses travaux de ses mains après son divorce, puisque, à présent, ses travaux de ses mains ne sont pas sous son autorité ; c’est donc une chose qui n’est pas encore venue au monde.
Rav Pappa lui objecta —
Rav Pappa réfute le raisonnement de Rabbi Yirmeya.
Les deux cas sont-ils comparables —
comment compares-tu donc ces deux lois ?
Voici que c’est précisément
concernant une vente
que nous disons que la consécration ne prend pas effet,
car
leur affaire est tranchée —
ce champ, au moment où il le consacre, n’est pas entièrement sous son autorité et il n’a aucun droit sur lui ; c’est pourquoi cela est considéré comme une chose qui n’est pas encore venue au monde.
Mais
concernant une femme, est-ce que
et peut-être
l’affaire est-elle tranchée ? —
La femme n’appartient pas entièrement à son mari ; elle lui est seulement astreinte. C’est pourquoi ses travaux de ses mains ne sont pas considérés comme une chose qui n’est pas encore venue au monde, puisqu’ils sont sous son autorité. Seulement, durant tout le temps du mariage, ils sont astreints envers le mari ; mais après son divorce, l’interdit du vœu prend effet sur eux.
Et il apporte une preuve afin de trancher cette question à partir d’un autre endroit.
Ce cas n’est pas comparable —
on ne doit pas comparer notre cas
mais à
un homme qui
dit à son prochain : « Ce champ que je t’ai donné en gage
que j’ai affecté à ton profit en garantie de ma dette
, lorsque je le rachèterai de toi, consacre-le
qu’il soit consacré,
car, dans ce cas,
est-ce que
et peut-être
il ne l’a pas consacré ?
N’est-il pas certain que cela est considéré comme une chose qui est déjà venue au monde, puisque le champ lui appartient en réalité dès maintenant, seulement il est affecté en garantie ? C’est pourquoi le propriétaire du champ peut le consacrer maintenant, de sorte que la consécration prenne effet après la fin de l’astreinte ?
Et il en va de même dans notre cas : la femme peut interdire ses travaux de ses mains maintenant, de sorte que cela prenne effet après son divorce, puisque, dès maintenant, ils lui appartiennent, mais ils sont astreints envers le mari ; cela est considéré comme une chose qui est venue au monde.
Rav Chicha, fils de Rav Idi, lui objecta —
Rav Chicha réfute le raisonnement de Rav Pappa.
Les deux cas sont-ils comparables —
comment compares-tu donc ces deux lois ?
Voici que c’est précisément concernant
un champ
donné en gage que nous disons que la consécration prend effet,
car
il est en son pouvoir,
du propriétaire du champ,
de le racheter
et de remettre le champ sous son autorité,
et c’est pourquoi cela n’est pas considéré comme une chose qui n’est pas encore venue au monde.
Mais
une femme,
et peut-être
est-il en son pouvoir de divorcer ?
Et donc, le divorce est considéré comme une chose qui n’est pas encore venue au monde.
Et il apporte une preuve afin de trancher cette question à partir d’un autre endroit.
Ce cas n’est pas comparable —
on ne doit pas comparer ce cas
mais à celui qui dit à son prochain : « Ce champ que je t’ai donné en gage pour dix ans, lorsque je le rachèterai de toi, consacre-le
qu’il soit consacré,
car, dans ce cas,
est-ce que
et peut-être
il ne l’a pas consacré ?
Et il faut comparer cette loi à notre cas : de même que nous voyons que, pour le champ, bien qu’il ne puisse pas le racheter, néanmoins, puisque le corps du champ lui appartient, il peut le consacrer, et cela est considéré comme une chose qui existe dans le monde, de même une femme peut consacrer et interdire ses travaux de ses mains, puisqu’ils lui appartiennent ; ils sont considérés comme existant dans le monde.
Rav Achi lui objecta —
Rav Achi réfute le raisonnement de Rav Chicha.
Les deux cas sont-ils comparables —
comment compares-tu donc ces deux lois ?
Voici que c’est précisément concernant le champ donné en gage que la consécration prend effet,
car
là-bas, il y a une échéance —
l’astreinte a une durée déterminée, et après dix années déterminées le champ lui reviendra ; c’est pourquoi il peut le consacrer.
Mais
une femme, est-ce que
et peut-être
son mariage a-t-il une échéance ? —
Son mariage n’a effectivement pas de durée déterminée ; et donc, le divorce est considéré comme une chose qui n’est pas encore venue au monde.