Version texte de ce daf : original et traduction

Nédarim 84a (פד.) — le Talmud en français

Nédarim 84a (נדרים פד.): Rava objecta à Rav Nahman : : Et puisque le mari n'est-il pas inclus parmi les gens ? Et pourtant nous avons appris : si elle s'est interdit par vœu les rapports conjugaux…

Texte original — Nédarim 84a (פד.)

איתיביה רבא לרב נחמן

:

ו

כי

בעל לאו בכלל בריות הוא?

והתנן: נטולה אני מן היהודים

אם אסרה על עצמה תשמיש המיטה מכל היהודים,

יפר

הבעל את

חלקו, ותהא משמשתו, ותהא נטולה מן

שאר

היהודים.

כיון שההפרה של הבעל אינה חלה אלא על מה שאסרה עצמה עליו, אבל במה שאסרה עצמה מאחרים, אינו יכול להפר.

ואי אמרת, בעל לאו בכלל בריות הוא,

מדוע צריך הבעל להפר את חלקו? הלא חלקו לא נאסר כלל!

ומתרצינן: לעולם בעל, לאו בכלל בריות הוא. ו

שאני הכא, דמוכחא מלתא דעל היתרא קאסרה נפשה.

שבאופן זה, שאסרה את עצמה מתשמיש המיטה, מוכח שהתכוונה אף לבעלה. כיון שעל אחרים הרי היא אסורה בלאו הכי.

שנינו במשנה:

יכולה ליהנות בלקט שכחה ופאה

:

ולא קתני

במשנה

ובמעשר עני.

ומשמע, שהמודרת הנאה מהבריות, אינה יכולה ליהנות ממעשר עני

.

ומקשינן:

והתניא בברייתא: ובמעשר עני

שיכולה היא אף ליהנות ממעשר עני, ונמצא שיש סתירה בין דברי המשנה לדברי הברייתא.

ומתרצינן:

אמר רב יוסף: לא קשיא.

הא רבי אליעזר, הא רבנן.

דתנן: בי אליעזר אומר, אין אדם צריך לקרות שם

[להחיל חלות שם מעשר על עשירית מהפירות]

על מעשר עני, של דמאי.

[בשם "דמאי" נקראים פירות של עמי הארץ, שגזרו חכמים להפריש מהם מעשרות, על אף שרוב עמי הארצות מעשרים את פירותיהם, כיון שחשודים הם שאינם נזהרים להפריש מעשרות].

וסבר רבי אליעזר, שהיות ודמאי הוא רק גזירת חכמים מחמת חשש ספק טבל, וגם אם יפריש את המעשר עני הוא לא יהיה חייב ליתנו לעניים, היות שספק ממון לקולא, לכן, לדעתו, אין צורך אפילו לקרוא שם על מעשר עני כלל.

Traduction française

Rava objecta à Rav Nahman :

Et

puisque

le mari n'est-il pas inclus parmi les gens ?

Et pourtant nous avons appris :

si elle s'est interdit par vœu les rapports conjugaux avec tous les Juifs,

le mari révoquera

le mari

sa part, et elle aura des rapports avec lui, et elle sera interdite par vœu aux

autres

Juifs.

Puisque la révocation du mari ne s'applique qu'à ce qu'elle s'est interdit à lui, mais que, pour ce qu'elle s'est interdit aux autres, il ne peut pas révoquer.

Et si tu dis que le mari n'est pas inclus parmi les gens,

pourquoi le mari devrait-il révoquer sa part ? Sa part n'a pourtant pas du tout été interdite !

Nous répondons : en réalité, le mari n'est pas inclus parmi les gens.

Mais ici, c'est différent, car il est manifeste qu'elle s'est interdit ce qui lui est permis.

Car, de cette manière, puisqu'elle s'est interdit les rapports conjugaux, il est manifeste qu'elle visait également son mari, puisqu'à l'égard des autres elle est de toute façon interdite.

Nous avons appris dans la Michna :

elle peut tirer profit du leket, de la chikh'ha et de la peah.

Et elle n'enseigne pas

dans la Michna

« et du maasser ani. »

Il en ressort que celle qui s'est interdit par vœu de tirer profit des gens ne peut pas tirer profit du maasser ani. .

Nous objectons :

Et pourtant il est enseigné dans une baraïta : « et du maasser ani »

ce qui signifie qu'elle peut également tirer profit du maasser ani ; il se trouve donc qu'il y a contradiction entre les paroles de la Michna et celles de la baraïta.

Nous répondons :

Rav Yossef dit : ce n'est pas difficile.

Ici, c'est Rabbi Éliézer ; là, ce sont les Sages.

Car nous avons appris : Rabbi Éliézer dit qu'une personne n'a pas besoin de désigner [

pour appliquer la désignation de maasser au dixième des fruits]

le maasser ani de demai. [

Le nom de demai désigne les fruits des gens du peuple, dont les Sages ont décrété qu'il fallait prélever les dîmes, bien que la majorité des gens du peuple prélèvent la dîme de leurs fruits, car ils sont soupçonnés de ne pas veiller à prélever les dîmes.]

Et Rabbi Éliézer estime que, puisque le demai n'est qu'un décret des Sages fondé sur la crainte d'un doute concernant du tevel, et que même s'il prélevait le maasser ani, il ne serait pas tenu de le donner aux pauvres, puisque, dans le doute concernant des biens, on adopte la règle indulgente, il n'est donc pas nécessaire, selon lui, de désigner même le maasser ani en tant que tel.

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