Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 82a (פב.) — le Talmud en français
Nédarim 82a (נדרים פב.): Qu’il révoque sa part, afin qu’elle lui soit permise, et qu’il ait des relations avec elle. Et qu’elle soit interdite aux Juifs. Le vœu demeure encore valable à l’égard de…
Texte original — Nédarim 82a (פב.)
יפר חלקו,
כדי שתהא מותרת לו,
ומשמשתו.
ותהא נטולה מן היהודים.
הנדר עדיין קיים לגבי כל היהודים, ואם נתגרשה, אסורה על כל העולם.
ואי אמרת
שמניעת תשמיש
נדר ענוי נפש הוי
-
אמאי תהא נטולה מן היהודים!?
למה היא תהא אסורה על כל ישראל,
והרי
כיון שזה נחשב לנדרי ענוי נפש, הבעל יכול להפר את הנדר לכל ישראל.
שמע מינה,
שמניעת תשמיש -
דברים שבינו לבינה הויין,
ולא ענוי נפש.
ולכך אינו מפר אלא לעצמו, אבל אם התגרשה, אסורה על כל העולם.
ודחי -
לרבנן תבעי לך
דעדיין יש להסתפק לפי רבנן, כיון שהתנא של המשנה, הוא רבי יוסי, והוא הרי סובר שמניעת תשמיש אינו ענוי נפש, וכמו ששנינו בברייתא בדף הקודם, אבל לרבנן עדיין יש להסתפק אם מניעת תשמיש הוא ענוי נפש או לא.
משום דנטולה אני מן היהודים רבי יוסי קתני לה
ומשום שהמשנה של נטולה מן היהודים רבי יוסי הוא בעל המשנה.
ומנין שהתנא של המשנה הוא רבי יוסי?
דאמר רב הונא: כוליה פירקין רבי יוסי היא
שכל המשניות בפרקין השנויות בסתמא הם מדברי רבי יוסי.
ממאי
ומנין לרב הונא כן.
כיון דקתני
במתניתין
רבי יוסי אומר אין אלו נדרי עינוי נפש
למה ליה תו למיתנא
מדוע המשנה צריכה לכפול ולכתוב -
הרי זה יפר דברי רבי יוסי.
שמע מינה מכאן ואילך
כל המשניות שבפרק זה
רבי יוסי היא,
אבל לרבנן עדיין יש להסתפק אם מניעת תשמיש נחשב לענוי נפש או לא
27 .
אמר שמואל משמיה דלוי
-
כל נדרים בעל מפר לאשתו
כל הנדרים שיש בהם ענוי לאשה נחשבים לענוי נפש.
חוץ
-
מן הנאתי על פלוני שאינו מפר
שאסרה על פלוני ליהנות ממנה, כיון שאין בו ענוי נפש, אין הבעל יכול להפר
אבל
אם אסרה על עצמה את
הנאת פלוני עלי
אף על פי שלא אסרה את עצמה מאדם אחד
מפר
שזה ענוי נפש.
תנן
אם אמרה קונם
פירות מדינה זו עלי, יביא לה ממדינה אחרת,
כיון שיכול להביא לה פירות ממדינה אחרת, אינו בכלל נדרי ענוי נפש, שהרי יש לה אפשרות לאכול פירות ממדינה אחרת,
הרי מבואר שאם אסרה על עצמה הנאה מדבר מסויים לחלוטין, ויש לה אפשרות להגיע להנאה ממקום אחר אינו נחשב לענוי נפש, וא"כ ודאי שאם אסרה על עצמה ליהנות מאדם מסויים, ומותרת ליהנות מכל העולם חוץ ממנו דאינו ענוי נפש.
ודחי
אמר רב יוסף דקאמרה שתביא
וכגון שאמרה קונם פירות מדינה זו עלי אם בעלה יביא לה את הפירות, וכיון שיש לה אפשרות ליהנות מ"פירות" על ידי שבעלה עצמו יביא לה פירות ממקום אחר, אינו ענוי נפש ואינו יכול להפר , אבל באומרת הנאת פלוני עלי כיון שמאותו פלוני אין לה אפשרות ליהנות בשום אופן, יש לומר שזה נחשב לענוי נפש.
תא שמע
שנינו בסיפא של המשנה:
פירות חנוני זה עלי אין יכול להפר
כיון שיכול להביא לה פירות מחנווני אחר אי"ז ענוי נפש, ואף הכא, אף על פי שאסורה בהנאה מאחר אינו ענוי נפש, כיון שיש לה אפשרות ליהנות ממישהו אחר, אינו ענוי נפש.
הכא נמי
גם כאן מדובר.
דקא אמרה שתביא אתה
וכיון שיש לה אפשרות ליהנות מ"פירות" על ידי שבעלה עצמו יכול להביא לה פירות מחנוני אחר, אינו ענוי נפש ואינו יכול להפר, אבל באופן שאומרת הנאת פלוני עלי, כיון שמאותו פלוני אין לה שום אפשרות ליהנות, יש לומר שזה נחשב לענוי נפש.
ופריך - מהסיפא של המשנה:
לא היתה פרנסתו אלא ממנו
כיון שרק חנווני זה נותן לבעל בהקפה ולא ימצא אחר שיתן לו בהקפה, ופעמים שאין לו מעות, ונמצאת האשה מתענה
הרי זה יפר
כיון שזה ענוי נפש.
ואי אמרת
שכל המשנה דיברה באופן
דקא אמרה שתביא אתה
ואסרה את הנדר רק מבעלה
אמאי יפר
בסיפא, הא בארנו לעיל שזה לא נחשב לענוי נפש.
אלא מדסיפא
בהכרח מדובר באופן
דלא מייתי בעל
שלא נדרה דוקא באופן שרק לבעל יהא איסור להביא לה פירות, ולכך אם אין פרנסתו אלא ממנו, נחשב לענוי נפש
.
הוי רישא דקא מייתא היא
אף ברישא מדובר באופן שאסרה על עצמה ליהנות מפירותיו של חנוני זה, ולא רק בעלה אסור, אלא אפילו היא עצמה לא תוכל לקנות ממנו פירות .
אלא רישא אין יכול להפר, ודקא מייתא היא.
אלא ודאי כמו שהוכחנו שברישא מדובר באופן שאסרה על עצמה ליהנות מפירותיו של חנוני זה, ואפילו היא עצמה לא תוכל לקנות ממנו פירות.
Traduction française
Qu’il révoque sa part,
afin qu’elle lui soit permise,
et qu’il ait des relations avec elle.
Et qu’elle soit interdite aux Juifs.
Le vœu demeure encore valable à l’égard de tous les Juifs ; et si elle est divorcée, elle est interdite à tout le monde.
Et si tu dis
que la privation de relations conjugales
est un vœu d’affliction de l’âme —
pourquoi serait-elle interdite aux Juifs ?
Pourquoi serait-elle interdite à tout Israël,
alors que
puisque cela est considéré comme un vœu d’affliction de l’âme, le mari peut révoquer le vœu pour tout Israël ?
Apprends-en
que la privation de relations conjugales
relève des choses qui sont entre lui et elle,
et non de l’affliction de l’âme.
C’est pourquoi il ne révoque le vœu que pour lui-même ; mais si elle est divorcée, elle est interdite à tout le monde.
Et il rejette :
cela doit être demandé selon les Rabbins,
car il faut encore s’interroger selon les Rabbins : puisque le tana de la Michna est Rabbi Yossi, et qu’il soutient que la privation de relations conjugales n’est pas une affliction de l’âme, comme nous l’avons enseigné dans la baraïta de la page précédente, il faut encore s’interroger, selon les Rabbins, pour savoir si la privation de relations conjugales est une affliction de l’âme ou non.
C’est parce que Rabbi Yossi l’enseigne à propos de : « Je suis interdite aux Juifs »
et que Rabbi Yossi est l’auteur de la Michna concernant « interdite aux Juifs ».
Et d’où sait-on que le tana de la Michna est Rabbi Yossi ?
Car Rav Houna a dit : tout ce chapitre est de Rabbi Yossi,
c’est-à-dire que toutes les Michnayot de ce chapitre, qui sont enseignées anonymement, sont les paroles de Rabbi Yossi.
D’où le sait-il —
et d’où Rav Houna le sait-il ?
Puisqu’il enseigne
dans la Michna :
« Rabbi Yossi dit : ce ne sont pas des vœux d’affliction de l’âme »,
pourquoi a-t-elle encore besoin d’enseigner
et pourquoi la Michna doit-elle répéter et écrire :
« Voici qu’il révoquera » — paroles de Rabbi Yossi.
Apprends-en qu’à partir de là
toutes les Michnayot de ce chapitre sont de
Rabbi Yossi,
mais, selon les Rabbins, il faut encore s’interroger pour savoir si la privation de relations conjugales est considérée comme une affliction de l’âme ou non 27 .
Chmouel a dit au nom de Lévi :
Le mari peut révoquer tous les vœux
tous les vœux qui comportent une affliction pour la femme sont considérés comme une affliction de l’âme.
À l’exception —
de : « Le bénéfice que je tire d’Untel m’est interdit », qu’il ne peut pas révoquer,
car elle s’est interdit à Untel de tirer bénéfice d’elle ; puisque cela ne comporte pas d’affliction de l’âme, le mari ne peut pas le révoquer.
Mais
si elle s’est interdit à elle-même
le bénéfice d’Untel,
bien qu’elle ne se soit pas interdit à elle-même un homme particulier,
il le révoque,
car cela constitue une affliction de l’âme.
Nous avons appris :
si elle a dit : « Konam, les
fruits de cette province me sont interdits, qu’il lui en apporte d’une autre province »,
puisqu’il peut lui apporter des fruits d’une autre province, cela n’entre pas dans les vœux d’affliction de l’âme ; en effet, elle a la possibilité de manger des fruits d’une autre province,
il apparaît donc que si elle s’est complètement interdit le bénéfice d’une chose déterminée et qu’elle a la possibilité d’obtenir ce bénéfice d’un autre endroit, cela n’est pas considéré comme une affliction de l’âme. Dès lors, certainement, si elle s’est interdit de tirer bénéfice d’un homme déterminé et qu’il lui est permis de tirer bénéfice de tout le monde à l’exception de lui, cela ne constitue pas une affliction de l’âme.
Et il rejette :
Rav Yossef a dit : c’est lorsqu’elle dit qu’il lui en apporte,
par exemple lorsqu’elle a dit : « Konam, les fruits de cette province me sont interdits, si son mari lui apporte les fruits » ; et puisqu’elle a la possibilité de tirer bénéfice des « fruits » grâce au fait que son mari lui-même lui apporte des fruits d’un autre endroit, cela ne constitue pas une affliction de l’âme et il ne peut pas révoquer le vœu ; mais lorsqu’elle dit : « Le bénéfice d’Untel m’est interdit », puisqu’elle n’a aucun moyen de tirer bénéfice de cet Untel, on peut dire que cela est considéré comme une affliction de l’âme.
Ta chema —
nous avons enseigné dans la fin de la Michna :
« Les fruits de ce marchand m’étant interdits, il ne peut pas révoquer »
puisqu’il peut lui apporter des fruits d’un autre marchand, cela ne constitue pas une affliction de l’âme ; ici aussi, bien qu’elle se soit interdit le bénéfice d’un autre homme, cela ne constitue pas une affliction de l’âme, puisqu’elle a la possibilité de tirer bénéfice de quelqu’un d’autre : cela ne constitue pas une affliction de l’âme.
Ici aussi,
il s’agit également d’un cas
où elle dit : « Que toi, tu les apportes »,
et puisqu’elle a la possibilité de tirer bénéfice des « fruits » grâce au fait que son mari lui-même peut lui apporter des fruits d’un autre marchand, cela ne constitue pas une affliction de l’âme et il ne peut pas révoquer. Mais lorsqu’elle dit : « Le bénéfice d’Untel m’est interdit », puisqu’elle n’a aucun moyen de tirer bénéfice de cet Untel, on peut dire que cela est considéré comme une affliction de l’âme.
Et il objecte — à partir de la fin de la Michna :
« Si son approvisionnement ne provenait que de lui,
puisque seul ce marchand fait crédit au mari et qu’il ne trouvera pas un autre marchand qui lui fasse crédit, et qu’il arrive qu’il n’ait pas d’argent, la femme se trouverait affligée,
voici qu’il le révoque »,
puisque cela constitue une affliction de l’âme.
Et si tu dis
que toute la Michna parle d’un cas
où elle dit : « Que toi, tu les apportes »,
et qu’elle a interdit le vœu seulement à l’égard de son mari,
pourquoi le révoque-t-il
dans la fin de la Michna ? Or nous avons expliqué plus haut que cela n’est pas considéré comme une affliction de l’âme.
Mais puisque la fin
parle nécessairement d’un cas
où le mari n’apporte pas,
où elle n’a pas formulé son vœu de manière que seul le mari ait l’interdiction de lui apporter des fruits ; c’est pourquoi, si son approvisionnement ne provient que de lui, cela est considéré comme une affliction de l’âme.
Il s’ensuit que le début parle du cas où elle les apporte elle-même,
et même dans le début il s’agit d’un cas où elle s’est interdit à elle-même de tirer bénéfice des fruits de ce marchand ; ce n’est pas seulement le mari qui est dans l’interdiction, mais elle-même non plus ne pourra lui acheter de fruits .
Mais le début : il ne peut pas révoquer, et c’est le cas où elle les apporte elle-même.
Mais certainement, comme nous l’avons démontré, le début parle d’un cas où elle s’est interdit à elle-même de tirer bénéfice des fruits de ce marchand ; même elle-même ne pourra pas lui acheter de fruits.