Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 69b (סט:) — le Talmud en français
Nédarim 69b (נדרים סט:): Venez entendre : il faut résoudre cette question à partir de la controverse de Rabbi Méïr et de Rabbi Yossi. Comme nous avons appris dans le traité de Temoura [25b] : במסכת…
Texte original — Nédarim 69b (סט:)
תא שמע,
יש לפשוט שאלה זו מפלוגתא של רבי מאיר ורבי יוסי.
דתנן
במסכת תמורה [כה ב]:
אדם שהיו לפניו שני קרבנות, קרבן עולה וקרבן שלמים, ורצה להמירן בבהמת חולין. [והדין הוא שהממיר קרבן בבהמת חולין, חלה קדושת הקרבן על בהמת החולין, אך הקרבן נשאר בקדושתו], ואמר בתוך כדי דיבור על בהמת חולין העומדת לפניו, בזה הלשון:
הרי זו תמורת עולה, תמורת שלמים
והיינו שהמיר בבהמה אחת של חולין גם את קרבן העולה וגם את קרבן השלמים -
הרי
בהמה
זו
נהיית
תמורת עולה,
לפי שאמר "עולה" תחילה, וחלה עליה מיד קדושת עולה, ומשחלה עליה קדושת עולה לא יכולה לחול עליה קדושת שלמים
.
דברי רבי מאיר.
ורבי יוסי אומר: אם לכך,
שבהמת החולין תהיה גם עולה וגם שלמים,
נתכוין מתחילה
, לא חלה עליה קדושת עולה מיד כשאמר "עולה".
כי
הואיל ואי אפשר לקרות שני שמות
של עולה ושלמים
כאחת
, כפי שהתכוון לקרות,
דבריו קיימין,
וחלה על בהמה זאת גם קדושת עולה וגם קדושת שלמים, ןלכן תרעה הבהמה הזאת עד שיפול בה מום, ואז יוכלו לפדותה, ולמוכרה, ובמחצית דמיה יביאו עולה, ובמחצית השניה יביאו שלמים.
ומחלוקתם היא בשאלה מהי כוונת המקדיש בכך שהקדים עולה לשלמים:
לדעת רבי מאיר, כוונתו להתנות, ולומר: תחול תמורת העולה, ואחר כך תחול תמורת השלמים. וכיון שכבר חלה תמורת העולה תחילה, שוב אין יכולה לחול עליה תמורת השלמים.
ואילו לדעת רבי יוסי, כיון שאין אפשרות לומר את שניהם כאחד, אין משמעות מיוחדת לכך שהקדים את העולה לשלמים, וכוונתו היא שיחולו שניהם כאחד, וחלה על הבהמה גם קדושת העולה וגם קדושת השלמים. ותמכר הבהמה, ויקנו בדמי חציה עולה, ובדמי חציה שלמים.
ולאור מחלוקת זאת יש לפשוט את הספק שלנו.
לדעת רבי יוסי, אין עדיפות מיוחדת לדבר שהקדים בלשונו, כיון שאי אפשר לומר את שניהם כאחד, וכמו כן כאן, אין עדיפות להקמה יותר מההפרה בכך שהקדים את ההקמה לפני ההפרה.
ומכיון שהתנה בפירוש והעדיף את ההפרה יותר מההקמה - חלה ההפרה.
ואפילו רבי מאיר, לא קאמר
שיש כונה ועדיפות למה שהקדים בלשונו,
אלא
במקרה של תמורה,
דלא
התנה ו
אמר
"
לא תיחול זו אלא אם כן חלה זו",
ולכן יש לנו לתלות שהתכוין להעדיף את מה שהקדים בלשונו.
אבל הכא, ד
התנה ו
אמר
בפירוש "
לא תיחול הקמה אלא אם כן חלה הפרה",
יש לומר שאף
רבי מאיר נמי מודה דהפרה חלה
כי עדיפותו של המפר, היא ההפרה.
בעי רבה
:
אם אמר בתוך כדי דיבור לשון זו:
קיים ומופר ליכי.
והיינו, שכלל ואמר שיחולו הקיום וההפרה
בבת אחת
-
מהו?
האם מאחר ואין יכולים שניהם לחול, יש לומר שתחול ההקמה [כיון שהיא קדמה], או כיון שגילה דעתו שרוצה שיחולו שניהם כאחד, ואין אחד קודם לחבירו לא יחול כלום.
תא שמע
לפשוט את הספק מהכלל שאמר רבה:
דאמר רבה
לגבי אדם המקדש שתי אחיות כאחת [ולא יכולים לחול קידושין בשתיהן, שאין אדם יכול לקדש אשה ואחותה, וכיון שקידש את שתיהן כאחת אי אפשר לדעת איזו מהן מקודשת ואיזו אינה מקודשת].
כל דבר שאינו
יכול לחול
בזה אחר זה
-
אפילו בבת אחת אינו
יכול לחול כלל!
וכיון שאינו יכול לקדש את שתי האחיות בזה אחר זה, לא תפסו קידושין באחת מהן, כיון שקידשן כאחת, ואין בהן אפילו ספק קידושין.
והוא הדין לעניננו, קיים כלל זה.
ומאחר ואין יכולות לחול ההקמה וההפרה בזה אחר זה [כיון שאם חלה ההפרה אין נדר, ואין מה לקיים, ואם חלה ההקמה, הנדר מקוים, ושוב אין אפשרות להפר אותו], לפיכך אין יכול לחול כלום, אם יפר ויקים בבת אחת.
בעי רבה
:
אם אמר
קיים ליכי היום.
והיינו, שקיומו הוא להיום בלבד -
מהו?
ובספק זה כלולים שני ספיקות:
האחד, האם קיום כזה מונע ממנו להפר למחר.
והשני, אם נאמר שקיום זה אינו מונע ממנו להפר למחר. האם בלשון זה כלול לשון הפרה למחר.
מי אמרינן
כי בכך שאמר "היום", הרי זה
כמאן דאמר לה: מופר ליכי למחר.
או דלמא, הא לא אמר לה
בפירוש שמופר למחר, ואין זה נכלל בתוך לשונו.
ומוסיפה הגמרא להסתפק:
Traduction française
Venez entendre :
il faut résoudre cette question à partir de la controverse de Rabbi Méïr et de Rabbi Yossi.
Comme nous avons appris dans le traité de Temoura [25b] :
Un homme avait devant lui deux sacrifices, un sacrifice d’holocauste et un sacrifice rémunératoire, et il voulut les substituer par un animal profane. [Et la règle est que celui qui substitue un sacrifice par un animal profane fait reposer la sainteté du sacrifice sur l’animal profane, mais le sacrifice demeure dans sa sainteté], et il dit, dans le délai de la parole, au sujet de l’animal profane qui se tenait devant lui, en ces termes :
« Voici la substitution d’un holocauste, la substitution d’un sacrifice rémunératoire » —
c’est-à-dire qu’il substitua, par un seul animal profane, à la fois le sacrifice d’holocauste et le sacrifice rémunératoire —
voici
l’animal
que voici
devient
la substitution d’un holocauste,
parce qu’il a dit « holocauste » en premier, et que la sainteté d’un holocauste a immédiatement reposé sur lui ; et dès lors que la sainteté d’un holocauste a reposé sur lui, la sainteté d’un sacrifice rémunératoire ne peut plus reposer sur lui.
Telles sont les paroles de Rabbi Méïr.
Et Rabbi Yossi dit : si telle était l’intention,
que l’animal profane soit à la fois un holocauste et un sacrifice rémunératoire,
telle était son intention dès le début,
la sainteté d’un holocauste n’a pas reposé sur lui immédiatement lorsqu’il a dit « holocauste ».
Car
puisqu’il est impossible d’attribuer deux désignations
d’holocauste et de sacrifice rémunératoire
en même temps,
comme il avait l’intention de les attribuer,
ses paroles subsistent,
et la sainteté d’un holocauste comme celle d’un sacrifice rémunératoire ont reposé sur cet animal ; c’est pourquoi cet animal paîtra jusqu’à ce qu’un défaut lui survienne ; alors ils pourront le racheter et le vendre, et avec la moitié de son prix ils apporteront un holocauste, et avec l’autre moitié ils apporteront un sacrifice rémunératoire.
Telles sont les paroles de Rabbi Méïr. [incertain : le segment hébreu source semble répéter la formule attribuée à Rabbi Méïr, alors que le contexte l’attribue à Rabbi Yossi] Leur controverse porte sur la question de savoir quelle était l’intention de celui qui consacrait, en faisant précéder l’holocauste au sacrifice rémunératoire :
Selon Rabbi Méïr, son intention était de poser une condition et de dire : que la substitution de l’holocauste repose, puis que repose la substitution du sacrifice rémunératoire. Et puisque la substitution de l’holocauste a déjà reposé en premier, la substitution du sacrifice rémunératoire ne peut plus reposer sur elle.
Tandis que selon Rabbi Yossi, puisqu’il n’est pas possible de dire les deux en même temps, le fait qu’il ait fait précéder l’holocauste au sacrifice rémunératoire n’a pas de signification particulière ; son intention est que les deux reposent en même temps, et la sainteté de l’holocauste comme celle du sacrifice rémunératoire ont reposé sur l’animal. L’animal sera vendu, et avec le prix de sa moitié on achètera un holocauste, et avec le prix de son autre moitié un sacrifice rémunératoire.
À la lumière de cette controverse, il faut résoudre notre doute.
Selon Rabbi Yossi, il n’y a pas de préférence particulière pour ce qu’il a fait précéder dans sa parole, puisqu’il est impossible de dire les deux en même temps ; de même ici, le maintien n’a pas de préférence sur l’annulation du fait qu’il a fait précéder le maintien à l’annulation.
Et puisqu’il a explicitement posé une condition et donné la préférence à l’annulation plutôt qu’au maintien, l’annulation prend effet.
Et même Rabbi Méïr n’a pas dit
qu’il y a une intention et une préférence pour ce qu’il a fait précéder dans sa parole,
si ce n’est
dans le cas d’une substitution,
où il n’a pas posé de condition et
dit «
« que celle-ci ne prenne effet que si celle-là prend effet »,
et c’est pourquoi nous devons supposer qu’il avait l’intention de donner la préférence à ce qu’il avait fait précéder dans sa parole.
Mais ici, où il a posé une condition et
dit explicitement : «
« que le maintien ne prenne effet que si l’annulation prend effet »,
on peut dire que
Rabbi Méïr aussi reconnaît que l’annulation prend effet,
car la préférence de celui qui annule porte sur l’annulation.
Rava demande :
S’il a dit, dans le délai de la parole, cette formule :
« Il est maintenu et annulé pour toi. »
C’est-à-dire qu’il a inclus les deux et dit que le maintien et l’annulation prennent effet
en même temps —
qu’en est-il ?
Faut-il dire que, puisque les deux ne peuvent pas prendre effet, le maintien prend effet [puisqu’il a précédé], ou bien, puisqu’il a révélé son intention de faire prendre effet aux deux en même temps, aucun ne précédant l’autre, rien ne prend effet ?
Venez entendre,
pour résoudre le doute à partir de la règle énoncée par Rava :
Car Rava a dit au sujet d’un homme qui sanctifie deux sœurs en même temps [et la sanctification matrimoniale ne peut pas prendre effet pour les deux, car un homme ne peut pas sanctifier une femme et sa sœur ; et puisqu’il les a sanctifiées en même temps, il est impossible de savoir laquelle des deux est sanctifiée et laquelle ne l’est pas] :
Tout élément qui ne peut pas prendre effet
prendre effet
l’un après l’autre —
même en même temps, il ne peut
absolument pas prendre effet !
Et puisqu’il ne peut pas sanctifier les deux sœurs l’une après l’autre, la sanctification matrimoniale n’a pris effet pour aucune d’elles, puisqu’il les a sanctifiées en même temps ; il n’y a même pas, à leur sujet, de doute de sanctification matrimoniale.
Il en va de même pour notre sujet : cette règle s’applique.
Et puisque le maintien et l’annulation ne peuvent pas prendre effet l’un après l’autre [car si l’annulation prend effet, il n’y a plus de vœu et il n’y a rien à maintenir ; et si le maintien prend effet, le vœu est maintenu et il n’est plus possible de l’annuler], rien ne peut donc prendre effet s’il annule et maintient en même temps.
Rava demande :
S’il a dit :
« Il est maintenu pour toi aujourd’hui. »
C’est-à-dire que son maintien ne vaut que pour aujourd’hui —
qu’en est-il ?
Ce doute comprend deux doutes :
Le premier : un tel maintien l’empêche-t-il d’annuler demain ?
Et le second : si nous disons que ce maintien ne l’empêche pas d’annuler demain, cette formulation comprend-elle une formulation d’annulation pour demain ?
Disons-nous
que, par le fait qu’il a dit « aujourd’hui », cela revient à
dire : « Il est annulé pour toi demain. »
Ou peut-être ne lui a-t-il pas dit
explicitement qu’il est annulé demain, et cela n’est pas inclus dans sa formulation.
La Guemara ajoute un autre doute :