Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 64a (סד.) — le Talmud en français
Nédarim 64a (נדרים סד.): Michna : Rabbi Éliézer dit : on ouvre à l’homme une ouverture de remords concernant son vœu, par l’honneur de son père et de sa mère. . On lui dit : si tu avais su qu’en…
Texte original — Nédarim 64a (סד.)
מתניתין:
רבי אליעזר אומר: פותחין לאדם
פתח לחרטה מנדרו,
בכבוד אביו ואמו
.
ואומרים לו: אילו ידעת שאתה גורם להוריך בזיון כאשר נדרת, משום שאנשים רואים בך אדם המקל ראש בנדרים, ותולים את הפגם שלך בהוריך, האם היית נודר?
אם היה משיב שלא היה נודר אז בגלל כבוד הוריו, יכולים להתיר את נדרו.
וחכמים אוסרין
לפתוח לו פתח לחרטה על נדרו על ידי השימוש בכבוד אביו ואמו. כי שמא אינו מתחרט באמת מחמת כבוד הוריו, אלא אומר זאת לפנינו בפיו בלבד, שהוא מתחרט מפני כבודם, אבל אינו חושב כך בלבו.
כי אם יענה עתה על שאלת החכם, שלא היה איכפת לו מכבודם, אלא היה נודר על אף שאין זה לכבודם, הרי בעצם האמירה הזאת הוא פוגע בכבוד הוריו, ושמא ישקר בפנינו, כדי שלא לומר אמירה הפוגעת בכבוד הוריו.
הסבר הגמרא להלן, הוא לפי גירסת הר"ן, והסברו -
אמר רבי צדוק
: לפי רבי אליעזר, הסובר שפותחים בכבוד הוריו,
עד שפותחין לו בכבוד אביו ואמו
-
יפתחו לו,
אפשר לפתוח לו גם
בכבוד המקום
.
ואומרים לו: אילו ידעת שכאשר אתה נודר, אתה מקל ראש בכבוד המקום. לפי שהנודר נדר, הרי זה כאילו הוא נודר במלך עצמו, ויש בכך זלזול בכבוד המלך, האם היית נודר?
אם היה משיב שלא היה נודר, מתיר לו החכם את נדרו.
אמרו לו
חכמים לרבי צדוק:
אם כן
, לדבריך, שלפי רבי אליעזר פותחים לכל נודר אפילו בכבוד המקום -
אין נדרים
.
ונחלקו אביי ורבא בביאור דברי המשנה הללו.
לדעת אביי, ביאור הדבר, שאין נדרים ניתרים יפה!
שהרי כל אדם, כאשר ישאלוהו האם היה נודר גם אם היה יודע שבכך הוא מיקל ראש בכבוד המקום, לא יעיז לענות שאכן הוא היה עושה נודר. ואם כן, יש לנו לחוש שאינו אומר עתה את האמת.
ובהכרח, שגם לרבי אליעזר אין פותחים בכבוד המקום. אלא רק בכבוד אביו ואמו התיר רבי אליעזר לפתוח, כי לדעתו, אין לחוש שמא ישקר הנודר ולא יאמר את האמת משום כבוד הוריו.
אך רבא ביאר אחרת את דברי המשנה, וכפי שיבואר בגמרא.
ומודים חכמים לרבי אליעזר,
במי שנדר
בדבר שבינו לבין אביו ואמו
, כגון שאסר את הנאתו עליהם,
שפותחין לו בכבוד אביו ואמו.
כי כאן ודאי הוא לא ישקר מחמת כבודם לומר שלא היה נודר, למרות שאינו מתחרט בלבו. שהרי עצם הנדר הזה הוא פגיעה בכבודם, ומוכח ממנו שאדם זה אינו זהיר בכבודם.
ועוד אמר רבי אליעזר: פותחין ב
"
נולד
", בדבר שאירע באופן בלתי צפוי כפי שתבאר המשנה מיד.
וחכמים אוסרין
לפתוח בנולד.
ומבארת המשנה:
כיצד
היא הפתיחה בנולד, שנחלקו בה חכמים ורבי אליעזר?
אמר: קונם שאיני נהנה לאיש פלוני
לפרק זמן מסויים.
ו
לאחר מכן
נעשה
אותו איש פלוני
סופר
[תלמיד חכם או לבלר העיר], והוא צריך להזדקק אליו תמיד.
או שהיה
אותו איש פלוני
משיא את בנו
, ורגילים כל חביריו להשתתף בסעודת הנישואין.
ואמר
אז הנודר:
אילו הייתי יודע
בשעה שנדרתי
שהוא נעשה סופר
[תלמיד חכם, או לבלר העיר], ואצטרך להזדקק לו,
או שהיה משיא את בנו בקרוב
ואצטרך להשתתף בשמחתו -
לא הייתי נודר!
וכיון שדבר זה אירע באופן בלתי צפוי, הרי זה "נולד".
ומביאה המשנה דוגמא נוספת למחלוקתם אם פותחים בנולד:
אמר הנודר:
קונם לבית זה, שאיני נכנס
.
ו
לאחר מכן
נעשה
בית זה
בית הכנסת
.
ואז
אמר
הנודר:
אילו הייתי יודע
בשעה שנדרתי
שהוא נעשה בית הכנסת
-
לא הייתי נודר!
רבי אליעזר מתיר
לפתוח בנולד שכזה.
וחכמים אוסרין
לפתוח בנולד.
גמרא:
שנינו במשנה, שאמרו חכמים לרבי צדוק: אם פותחים בכבוד המקום - אין נדרים!
ודנה הגמרא:
מאי
, מהו הביאור בדברי חכמים - "
אין נדרים
"?
אמר אביי
, כך אמרו חכמים לרבי צדוק:
אם כן
, שפותחים בכבוד המקום,
אין נדרים ניתרין יפה
, לפי שאדם אינו מעיז לומר בפניו שנדר על אף שאין זה לכבודו של מקום, ויש חשש שהיתר הנדרים, התלוי בחרטה האמיתית של האדם, אינו נעשה כראוי.
Traduction française
Michna :
Rabbi Éliézer dit : on ouvre à l’homme
une ouverture de remords concernant son vœu,
par l’honneur de son père et de sa mère.
On lui dit : si tu avais su qu’en faisant ton vœu tu causerais une humiliation à tes parents, parce que les gens te voient comme un homme qui prend les vœux à la légère et attribuent ton défaut à tes parents, aurais-tu fait le vœu ?
S’il répond qu’il n’aurait alors pas fait le vœu à cause de l’honneur de ses parents, ils peuvent autoriser son vœu.
Et les Sages l’interdisent,
c’est-à-dire qu’ils interdisent de lui ouvrir une ouverture de remords concernant son vœu par l’intermédiaire de l’honneur de son père et de sa mère. Car peut-être ne regrette-t-il pas véritablement à cause de l’honneur de ses parents ; il le dit seulement de sa bouche devant nous, affirmant qu’il regrette à cause de leur honneur, mais il ne le pense pas dans son cœur.
En effet, s’il répondait maintenant à la question du Sage qu’il ne se souciait pas de leur honneur, mais qu’il aurait fait le vœu même si cela ne leur faisait pas honneur, cette déclaration même porterait atteinte à l’honneur de ses parents ; peut-être mentirait-il devant nous afin de ne pas prononcer une parole portant atteinte à l’honneur de ses parents.
L’explication de la Guemara ci-dessous suit la version du Ran, ainsi que son explication :
Rabbi Tsadok dit :
selon Rabbi Éliézer, qui estime que l’on ouvre par l’honneur de ses parents,
jusqu’au point où l’on ouvre pour lui par l’honneur de son père et de sa mère —
on lui ouvrira,
il est possible de lui ouvrir également
par l’honneur du Lieu.
On lui dit : si tu avais su qu’en faisant ton vœu tu traiterais à la légère l’honneur du Lieu — car celui qui fait un vœu, c’est comme s’il faisait un vœu au Roi lui-même, et cela constitue un mépris de l’honneur du Roi — aurais-tu fait le vœu ?
S’il répond qu’il n’aurait pas fait le vœu, le Sage autorise son vœu.
Ils lui dirent,
les Sages dirent à Rabbi Tsadok :
dans ce cas,
selon tes paroles, puisque d’après Rabbi Éliézer on ouvre à tout homme ayant fait un vœu, même par l’honneur du Lieu,
il n’y a pas de vœux.
Abayé et Rava sont en désaccord sur l’explication de ces paroles de la Michna.
Selon Abayé, le sens est qu’il n’y a pas de vœux qui soient correctement autorisés !
Car tout homme, lorsqu’on lui demandera s’il aurait fait le vœu même s’il avait su qu’il traiterait ainsi à la légère l’honneur du Lieu, n’osera pas répondre qu’il l’aurait effectivement fait. Dès lors, nous devons craindre qu’il ne dise pas maintenant la vérité.
Il est donc nécessaire de dire que même pour Rabbi Éliézer, on n’ouvre pas par l’honneur du Lieu. Rabbi Éliézer a seulement permis d’ouvrir par l’honneur du père et de la mère, car selon lui il n’y a pas lieu de craindre que celui qui a fait le vœu mente et ne dise pas la vérité à cause de l’honneur de ses parents.
Mais Rava a expliqué autrement les paroles de la Michna, comme cela sera expliqué dans la Guemara.
Et les Sages admettent l’opinion de Rabbi Éliézer,
dans le cas de celui qui a fait un vœu
concernant ce qui est entre lui et son père et sa mère,
par exemple s’il leur a interdit de tirer profit de lui,
que l’on ouvre pour lui par l’honneur de son père et de sa mère.
Car ici, assurément, il ne mentira pas à cause de leur honneur en disant qu’il n’aurait pas fait le vœu, alors qu’il ne le regrette pas dans son cœur. En effet, ce vœu lui-même constitue une atteinte à leur honneur, et il est démontré par celui-ci que cet homme ne veille pas à leur honneur.
Rabbi Éliézer dit en outre : on ouvre par le «
nolad »,
par une chose survenue de manière imprévisible, comme la Michna va immédiatement l’expliquer.
Et les Sages l’interdisent,
c’est-à-dire qu’ils interdisent d’ouvrir par un nolad.
La Michna explique :
comment
se présente l’ouverture fondée sur un nolad, sur laquelle les Sages et Rabbi Éliézer sont en désaccord ?
Il dit : « Konam, je ne tirerai pas profit d’un tel homme
pendant une certaine période.
Et
ensuite
cet homme devient
un tel homme
scribe
[sage de la Torah ou scribe de la ville], et il doit constamment recourir à lui.
Ou bien cet homme
un tel homme
marie son fils,
et tous ses amis ont l’habitude de participer au repas de noces.
Et
celui qui a fait le vœu
dit alors : « Si j’avais su
au moment où j’ai fait mon vœu
qu’il deviendrait scribe
[sage de la Torah ou scribe de la ville] et que je devrais recourir à lui,
ou qu’il marierait prochainement son fils
et que je devrais participer à sa joie —
je n’aurais pas fait le vœu ! »
Et puisque cette chose est survenue de manière imprévisible, c’est un « nolad ».
La Michna apporte un autre exemple de leur désaccord sur la question de savoir si l’on ouvre par un nolad :
Celui qui a fait le vœu dit :
« Konam pour cette maison : je n’y entrerai pas ».
Et
ensuite
cette maison devient
cette maison
une synagogue.
Alors
celui qui a fait le vœu dit :
celui qui a fait le vœu :
« Si j’avais su
au moment où j’ai fait mon vœu
qu’elle deviendrait une synagogue —
je n’aurais pas fait le vœu ! »
Rabbi Éliézer autorise
à ouvrir dans un tel cas de nolad.
Et les Sages l’interdisent
d’ouvrir par un nolad.
Guemara :
Nous avons appris dans la Michna que les Sages ont dit à Rabbi Tsadok : si l’on ouvre par l’honneur du Lieu, il n’y a pas de vœux !
La Guemara demande :
que signifie,
quelle est l’explication des paroles des Sages — «
il n’y a pas de vœux » ?
Abayé dit,
voici ce que les Sages ont dit à Rabbi Tsadok :
Dans ce cas,
si l’on ouvre par l’honneur du Lieu,
les vœux ne sont pas correctement autorisés,
car un homme n’ose pas dire devant lui qu’il a fait un vœu bien que cela ne fasse pas honneur au Lieu ; il est donc à craindre que l’autorisation des vœux, qui dépend du véritable remords de l’homme, ne soit pas effectuée comme il convient.