Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 61a (סא.) — le Talmud en français
Nédarim 61a (נדרים סא.): Ilimé : comme il est enseigné [ si tu dis qu’il a fait un vœu dans le langage énoncé dans la Michna — c’est-à-dire qu’il a dit : « cette année »] Il est impossible de dire…
Texte original — Nédarim 61a (סא.)
אילימא כדקתני
[אם תאמר שנדר באותו לשון השנוי במשנה] והיינו שאמר "השנה"
אי אפשר לומר כך.
כי אם כן
למה לי למימרא
[מה חידוש יש בדבר]? והרי מאחר שאסר את השנה הזו, ודאי שהוא אסור בעיבורה, אם נתעברה!?
אלא לאו
[בהכרח] שהמשנה עוסקת בכגון
דאמר
"
שנה
". ולהשמיענו באה המשנה מה הוא פירוש "שנה": אם כמו "השנה" או כמו "שנה אחת".
אלמא
, הרי מוכח שכאשר אמר "
שנה
" -
כ
"
השנה
"
דמי
.
שאם לא כן, אלא כ"שנה אחת" דמי, הרי פשיטא שאינו נאסר בעיבורה של השנה, אלא רק שנים עשר חודש כרוב שנים.
ו
אם כן "
יום אחד
"
נמי
-
כ
"
היום
"
דמי
.
ודחינן:
לא
כאשר פירשת.
אין פירוש המשנה כפשוטה, ואינה עוסקת באומר "השנה", ומשום דקשיא לך "מאי למימרא".
לעולם דאמר
"
השנה
".
ודקשיא לך: "מאי למימרא" -
ומהו דתימא
[כי שמא תאמר]
הלך אחר רוב השנים, ולא אית בהו עיבור
[שהן פשוטות ואינן מעוברות], ולא יהא אסור אלא בשנים עשר חודש.
ולכן
קא משמע לן
משנתנו שאסור הוא בכל השנה כולה.
איבעיא להו
:
אם
אמר
: קונם
יין שאני טועם
במשך
יובל
זה -
מאי?
האם
שנת חמשים
, שהיא שנת היובל,
כלפני חמשים
היא, ואסור הוא בה כשם שאסור בשנים שלפניו.
או
שמא שנת החמשים היא
כלאחר חמשים
, ששנת היובל עצמה דינה כשנים שאחריה, שהוא מותר בהן, ואף בשנת היובל עצמו הוא מותר?
ויסוד הספק הוא: שהרי אמרה תורה "וספרת לך שבע שבתות שנים [שבע שמיטות] שבע שנים שבע פעמים, והיו לך ימי שבע שבתות השנים, תשע וארבעים שנה. וקדשתם את שנת החמשים שנה".
ובמנין זה יש לפרש שני אופנים:
האחד: מונים שבע פעמים שבע שנות שמיטה, שהן ארבעים ותשע שנים, ולאחריהם בשנת החמשים עושים יובל. ושוב מתחילים למנות מהשנה שאחרי היובל שנה ראשונה לשמיטה, וכעבור שבע פעמים שבע שנות שמיטה עושים יובל בשנת החמשים. ולפי צד זה היובל שייך למחזור הקודם ואסור הוא בו.
השני: היובל עצמו אינו מחוץ למנין שנות השמיטה, אלא נמנה הוא כשנה ראשונה של השמיטה שלאחריו.
ולענין מנין שנות היובל, הוא נמנה הן כ"שנת החמשים" לאחר המחזור של שבע השמיטות שחלפו, והן כ"שנה ראשונה" למחזור הבא. ולפי צד זה שנת היובל שייכת למחזור הבא.
תא שמע
מהא דתניא
פלוגתא דרבי יהודה ורבנן
, שנחלקו במנין שנות היובל:
כתיב: "
וקדשתם את שנת החמשים שנה
".
ודרשינן:
שנת החמשים אתה מונה, ואי אתה מונה שנת חמשים ואחת
, כלומר: שנה זו נמנית רק כשנת חמשים למחזור זה, ואינה נמנית מנין כפול, לכאן ולכאן, כ"חמשים" ליובל זה, ו"אחת" ליובל הבא.
מכאן אמרו
: ה
יובל אינו עולה למנין שבוע
של שמיטה שלאחריו. אלא מתחילים למנות את שנות השמיטה מהשנה שאחר היובל.
רבי יהודה אומר: יובל עולה למנין שבוע
של השמיטה שלאחריו.
אמרו לו לרבי יהודה
:
הרי הוא אומר
: "
שש שנים תזרע שדך
ושש שנים תזמור כרמך ואספת את תבואתה, ובשנה השביעית שבת שבתון יהיה לארץ".
ו
לדבריך,
אין כאן
במנין הראשון של שנות השמיטה שאחר היובל
אלא חמש
שנים בלבד. שהרי היובל עצמו אסור הוא בזריעה ובזמירה כמו בשנת השמיטה, ונמצא שיש רק חמש שנים שמותר לעבוד בהן בינו ובין השמיטה שלאחריו.
אמר להם
רבי יהודה:
לדבריכם
שאתם סוברים שיש לקיים את כל האמור בפרשת שביעית בכל השמיטות -
הרי הוא אומר
עוד בפרשת שביעית: "וכי תאמרו מה נאכל בשנה השביעית, הן לא נזרע ולא נאסוף את תבואתנו. וצויתי את ברכתי לכם
ועשת את התבואה לשלש השנים
[ערב שמיטה, שנת השמיטה, והשנה שלאחריה] ".
ו
הרי כאן
בשמיטה האחרונה, שלאחריה היובל, ואסור בו כמו בשמיטה -
ארבע
שנים הצריכות ברכה.
אלא
אף אתם מודים ד
איכא לאוקמי
[יש לפרש פסוק זה]
בשאר שני שבוע
, בשנים אחרות של שמיטה, שאינן סמוכות ליובל.
אם כן, הפסוק
דילי
[שאתם מקשים ממנו עלי],
נמי איכא לאוקמי בשאר שני שבוע
, ולא בשמיטה הראשונה שלאחר היובל.
שנינו במשנה:
עד הפסח אסור
עד שיגיע עד שיהא אסור עד שיצא.
"עד פני הפסח", רבי מאיר אומר: אסור עד שיגיע, רבי יוסי אומר: אסור עד שיצא:
Traduction française
Ilimé : comme il est enseigné [
si tu dis qu’il a fait un vœu dans le langage énoncé dans la Michna — c’est-à-dire qu’il a dit : « cette année »]
Il est impossible de dire ainsi.
Car, si tel était le cas,
pourquoi fallait-il l’enseigner [
quelle nouveauté y aurait-il en cela] ? Puisqu’il a interdit cette année-ci, il est certainement interdit pendant son mois intercalaire, si elle devient une année embolismique !
Mais n’est-ce pas [
nécessairement] que la Michna traite d’un cas où
il a dit : «
une année ».
Et la Michna vient nous enseigner quelle est la signification de « une année » : comme « cette année » ou comme « une année ».
Il en ressort,
il est donc démontré que lorsqu’il a dit
« une année »,
c’est comme
« cette année »
qu’elle est considérée.
Car sinon, si elle était considérée comme « une année », il serait évident qu’il n’est pas interdit pendant le mois intercalaire de l’année, mais seulement douze mois, comme dans la plupart des années.
Et
si tel est le cas,
« un jour »
aussi —
c’est comme
« le jour »
qu’il est considéré.
Et nous repoussons :
non,
ce n’est pas ainsi que tu l’as expliqué.
La Michna ne doit pas être comprise selon son sens simple, et elle ne traite pas de celui qui dit « cette année », en raison de la difficulté que tu as soulevée : « Pourquoi fallait-il l’enseigner ? »
En réalité, il a dit : «
cette année ».
Et quant à ce qui t’est difficile : « Pourquoi fallait-il l’enseigner ? » —
Et tu pourrais dire [
car peut-être dirais-tu]
suis la majorité des années, et il n’y a pas en elles de mois intercalaire [
qui sont ordinaires et ne sont pas embolismiques], et il ne serait interdit que pendant douze mois.
C’est pourquoi
elle nous enseigne
notre Michna : il est interdit pendant toute l’année entière.
Ils posèrent la question suivante :
Si
il a dit :
konam,
le vin que je goûte
pendant
ce jubilé
—
qu’en est-il ?
Est-ce que
la cinquantième année,
qui est l’année du jubilé,
est comme ce qui précède la cinquantième
et lui est-il interdit d’y consommer du vin, de même qu’il lui est interdit pendant les années qui la précèdent ?
Ou
peut-être que la cinquantième année est
comme ce qui suit la cinquantième,
que l’année même du jubilé a le statut des années qui la suivent, pendant lesquelles il lui est permis, et qu’il lui est également permis pendant l’année même du jubilé ?
Le fond du doute est le suivant : la Torah dit : « Tu compteras pour toi sept semaines d’années [sept années de jachère], sept années, sept fois, et les jours de ces sept semaines d’années seront pour toi quarante-neuf ans. Et vous sanctifierez la cinquantième année ».
Et dans ce décompte, deux manières peuvent être expliquées :
La première : on compte sept fois sept années de jachère, qui font quarante-neuf ans, et après elles, durant la cinquantième année, on instaure le jubilé. Puis on recommence à compter à partir de l’année qui suit le jubilé comme première année de la jachère, et, après sept fois sept années de jachère, on instaure le jubilé durant la cinquantième année. Selon cette possibilité, le jubilé appartient au cycle précédent, et il lui est interdit d’y être.
La seconde : le jubilé lui-même n’est pas en dehors du décompte des années de jachère, mais il est compté comme la première année de la jachère qui le suit.
Et en ce qui concerne le décompte des années du jubilé, il est compté à la fois comme « la cinquantième année » après le cycle des sept jachères écoulées et comme « la première année » du cycle suivant. Selon cette possibilité, l’année du jubilé appartient au cycle suivant.
Ta chma
de ce qui a été enseigné dans une baraïta :
la controverse entre Rabbi Yehouda et les Sages,
qui ont discuté du décompte des années du jubilé :
Il est écrit : «
Et vous sanctifierez la cinquantième année ».
Et nous l’interprétons :
tu comptes la cinquantième année, mais tu ne comptes pas la cinquante et unième année,
c’est-à-dire que cette année est comptée seulement comme la cinquantième année de ce cycle et n’est pas comptée deux fois, des deux côtés, comme « cinquante » pour ce jubilé et « une » pour le jubilé suivant.
De là ils ont dit :
la
jubilé n’entre pas dans le décompte de la semaine
de la jachère qui la suit. Mais on commence à compter les années de la jachère à partir de l’année qui suit le jubilé.
Rabbi Yehouda dit : le jubilé entre dans le décompte de la semaine
de la jachère qui le suit.
Ils dirent à Rabbi Yehouda :
Voici ce qu’il est dit : «
Pendant six ans tu ensemenceras ton champ
et pendant six ans tu tailleras ta vigne et tu en recueilleras le produit ; mais la septième année, il y aura pour la terre un repos complet ».
Et
selon tes paroles,
il n’y a ici
dans le premier décompte des années de la jachère qui suit le jubilé
que cinq
années seulement. En effet, le jubilé lui-même est interdit pour les semailles et la taille, comme durant l’année de la jachère ; il se trouve donc qu’il n’y a que cinq années durant lesquelles il est permis de travailler entre lui et la jachère qui le suit.
Il leur dit,
Rabbi Yehouda :
Selon vos paroles —
vous qui estimez qu’il faut accomplir tout ce qui est dit dans le passage relatif à la septième année, dans toutes les jachères —
voici ce qu’il est dit
encore dans le passage relatif à la septième année : « Et si vous dites : que mangerons-nous durant la septième année ? Nous ne sèmerons pas et nous ne recueillerons pas notre récolte. Je commanderai ma bénédiction pour vous
et elle produira une récolte pour les trois années [
la veille de la jachère, l’année de la jachère et l’année qui la suit] ».
Et
voici donc —
dans la dernière jachère, que suit le jubilé, durant lequel il est interdit comme durant la jachère —
quatre
années qui ont besoin de bénédiction.
Mais
vous aussi, vous reconnaissez qu’
il est possible d’établir [
d’expliquer ce verset]
dans les autres années de la semaine,
durant les autres années de la jachère qui ne sont pas proches du jubilé.
Si tel est le cas, le verset
qui est le mien [
que vous m’opposez],
il est également possible de l’établir dans les autres années de la semaine,
et non dans la première jachère qui suit le jubilé.
Nous avons appris dans la Michna :
« Jusqu’à Pessa’h, il est interdit »
jusqu’à ce qu’il arrive — afin qu’il soit interdit jusqu’à ce qu’il soit passé. « Jusqu’à la veille de Pessa’h » : Rabbi Méïr dit : il est interdit jusqu’à ce qu’il arrive ; Rabbi Yossi dit : il est interdit jusqu’à ce qu’il soit passé.