Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 58a (נח.) — le Talmud en français
Nédarim 58a (נדרים נח.): Tout ce qui possède un moyen de permission, comme le tével qui devient permis par le prélèvement des teroumot et des dîmes, la seconde dîme et les biens consacrés qui…
Texte original — Nédarim 58a (נח.)
כל דבר שיש לו מתירין, כגון טבל
שהוא ניתר על ידי הפרשת תרומות ומעשרות,
ומעשר שני והקדש
שהם ניתרין על ידי פדיון,
וחדש
שהוא ניתר על ידי העומר -
כל אלו
לא נתנו בהן חכמים שיעור
לאיסור ביחס לתערובת שנתערב בה האיסור, אלא כל שהוא של איסור שנתערב במינו של האיסור, הרי הוא אוסר את התערובת כולה.
וכל דבר שאין לו מתירין, כגון: תרומה, ותרומת מעשר, וחלה
,
וערלה, וכלאי הכרם נתנו בהם חכמים
באיסורים, ואף כשנתערבו במינם -
שיעור
, שרק כשיש באיסור את השיעור שקבעו חכמים ביחס לתערובת, אז נאסרת כל התערובת.
אמרו לו
רבנן לרבי שמעון:
והלא שביעית
שהיא דבר ש
אין לה מתירין, ולא נתנו בה חכמים שיעור
, אלא אוסרת היא בכל שהוא
; דתנן
:
השביעית אוסרת
ב
כל שהוא
כשנתערבה
במינה
, בין שנתערבו פירות שביעית בפירות של היתר שכל התערובת נאסרת, ובין שחזר ונטע בשביעית פירות של שישית, שהגידולים האסורים אוסרים את כל הפרי אף כשאין בגידולין אלא כל שהוא!?
אמר להן
רבי שמעון לרבנן:
אף
הם - החכמים - לא אמרו שהשביעית אוסרת בכל שהוא
אלא לביעור
, להצריך לאכול את כל התערובת לפני הביעור, כי היות ואפשר לאוכלם קודם הביעור, הוה ליה כ"דבר שיש לו מתירין".
אבל
אם נתערבו לאחר הביעור ו
ל
ענין
אכילה
, נתנו בהם חכמים שיעור: שיהיה באיסור
בנותן טעם
בכל התערובת בין שנתערב האיסור במינו בין שנתערב שלא במינו.
הרי מוכח שאין הגידולין נמשכין אחר העיקר להיות מותרין כמוהו, שאם לא כן הרי אף הגידולים עצמם מותרים, והאיך יאסרו הגידולין אף את העיקר!?
ודחינן:
ודלמא הא
[גידולי איסור של שביעית]
נמי
, כיון ד
לחומרא
אנו אומרים שהם אסורים ואין נמשכים אחר העיקר -
שאני
.
אלא מן הדא פשטה
[מכאן יש לפשוט את ספיקו של ישמעאל איש כפר ימא]:
דתנן: בצלים
של ששית,
שירדו עליהם גשמים
בשביעית,
וצמחו
-
אם היו עלין שלהן שחורין
[נוטים לשחרות] הרי הם
אסורין
, ששחרות העלין מוכיחה, שגידולם יפה ומקרקע שביעית נתגדלו.
ואם
הוריקו
העלין הרי הם
מותרין
, שזה מוכיח שלא מן קרקע של שביעית נתגדלו, אלא מן הבצלים עצמן.
רבי חנניה בן אנטיגנוס אומר
:
אם יכולין
הבצלים
ליתלש בעלין שלהן
הרי הן
אסורין
, כי זה מוכיח שיניקתם יפה ומקרקע שביעית נתגדלו.
וכנגדן למוצאי שביעית
הרי הן
מותרין
.
כלומר: בצלים של שביעית שירדו עליהם גשמים וצמחו בשמינית, אם השחירו העלין או שהבצלים נתלשין בעלין שלהן הרי העלים מותרים, ומשום שהגידולים אינם מן הבצלים אלא מקרקע של שמינית, ובאותם עלים ודאי רבו הגידולים על עיקר הבצל המעורב בהן, והם מבטלין אותו.
למימרא
הרי מוכח
דגידולי היתר מעלין את האיסור
, ואין אומרים: אדרבה יימשכו הגידולין אחר העיקר ויהיו אסורין כמותו.
ודחינן:
ודילמא
עוסקת המשנה
ב
בצלים
מדוכנין
[שדך ושחק את הבצלים], שהם גרועים ואין הם מושכים את הגידולין להיות כמותם.
אלא מן הדא
תפשוט את ספיקו של ישמעאל איש כפר ימא
; דתניא
:
Traduction française
Tout ce qui possède un moyen de permission, comme le tével
qui devient permis par le prélèvement des teroumot et des dîmes,
la seconde dîme et les biens consacrés
qui deviennent permis par leur rachat,
et le ‘hadach
qui devient permis par l’offrande du omer —
Toutes ces choses,
les Sages ne leur ont pas fixé de quantité
d’interdit par rapport au mélange dans lequel l’interdit s’est mélangé ; mais toute quantité d’interdit qui s’est mélangée à son espèce interdit la totalité du mélange.
Quant à toute chose qui ne possède pas de moyen de permission, comme la terouma, la teroumat-maasser et la ‘hala
ainsi que l’orla et les produits issus d’un mélange interdit dans la vigne, les Sages leur ont fixé —
pour les interdits, et même lorsqu’ils se sont mélangés à leur espèce —
une quantité,
de sorte que ce n’est que lorsque l’interdit atteint la quantité que les Sages ont fixée par rapport au mélange que l’ensemble du mélange devient interdit.
Les Sages lui dirent
les rabbins à Rabbi Chim‘on :
Mais la cheviit
qui est une chose qui
ne possède pas de moyen de permission, et à laquelle les Sages n’ont pas fixé de quantité,
mais qui interdit même dans la moindre quantité
; car nous avons appris :
La cheviit interdit
dans
toute quantité
lorsqu’elle s’est mélangée
à son espèce,
que des fruits de la cheviit se soient mélangés à des fruits permis, auquel cas tout le mélange devient interdit, ou que l’on ait replanté, pendant la cheviit, des fruits de la sixième année, auquel cas les produits interdits interdisent tout le fruit, même lorsque les produits ne représentent qu’une quantité infime
!?
Il leur dit
Rabbi Chim‘on aux rabbins :
Même
pour la destruction,
ils — les Sages — n’ont dit que la cheviit interdit dans toute quantité : ils ont exigé que l’on mange tout le mélange avant la destruction, car, puisqu’il est possible de les manger avant la destruction, c’est une « chose possédant un moyen de permission ».
Mais
si le mélange s’est produit après la destruction et
pour
ce qui concerne
la consommation,
les Sages leur ont fixé une quantité : il faut que l’interdit soit
perceptible au goût
dans l’ensemble du mélange, que l’interdit se soit mélangé à sa propre espèce ou à une espèce différente.
Il est donc démontré que les produits ne suivent pas la racine pour devenir permis comme elle ; car sinon, les produits eux-mêmes seraient également permis, et comment les produits pourraient-ils interdire même la racine
!?
Mais de ceci, on peut le résoudre
[on peut résoudre de là le doute d’Ichmaël, homme de Kefar-Yama] :
Car nous avons appris : des oignons
de la sixième année,
sur lesquels sont tombées des pluies
pendant la cheviit,
et qui ont germé —
si leurs feuilles étaient noires
[tirant vers le noir], ils sont
interdits,
car la noirceur des feuilles prouve que leur croissance est bonne et qu’ils ont poussé grâce au sol de la cheviit.
Et si
elles ont jauni,
les feuilles, ils sont
permis,
car cela prouve qu’ils n’ont pas poussé grâce au sol de la cheviit, mais grâce aux oignons eux-mêmes.
Rabbi ‘Hanania ben Antignos dit :
Si les oignons peuvent
être arrachés
avec leurs feuilles,
ils sont
interdits,
car cela prouve que leur nourriture est abondante et qu’ils ont poussé grâce au sol de la cheviit.
Et leur équivalent à la sortie de la cheviit
est
permis.
C’est-à-dire : des oignons de la cheviit sur lesquels sont tombées des pluies et qui ont poussé pendant la huitième année : si les feuilles ont noirci ou si les oignons peuvent être arrachés avec leurs feuilles, les feuilles sont permises, parce que les produits ne proviennent pas des oignons, mais du sol de la huitième année ; et dans ces feuilles, les produits sont certainement devenus plus nombreux que la racine de l’oignon qui s’y trouve mélangée, et ils l’annulent.
Cela veut-il dire
qu’il est donc démontré
que les produits de permission rehaussent l’interdit,
et que l’on ne dit pas : au contraire, les produits suivront la racine et seront interdits comme elle ?
Et nous repoussons :
et peut-être
la Michna traite
d’
oignons
écrasés
[que l’on a pilés et broyés], qui sont de moindre qualité et ne font pas suivre les produits pour qu’ils soient comme eux.
Mais de ceci
résous le doute d’Ichmaël, homme de Kefar-Yama
; car il est enseigné :