Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 43b (מג:) — le Talmud en français
Nédarim 43b (נדרים מג:): Mais si le bien avait été déclaré hefker avant son vœu - - il lui est permis. . Et si tu dis que le bien ne sort pas de la possession de celui qui l’a déclaré hefker jusqu’à…
Texte original — Nédarim 43b (מג:)
אבל אם היה הפקירו קודם לנדרו
-
הרי זה מותר
.
ואי אמרת שאין הדבר יוצא מרשות המפקיר
עד דאתי לרשות זוכה,
אם כן,
מה לי נדרו קודם להפקירו, מה לי הפקירו קודם לנדרו,
סוף סוף זוכה המודר מרשות המדיר!?
הוא מותיב לה, והוא משני לה
: באמת אם רוצה המפקיר לחזור בו, יכול לעשות זאת כל זמן שלא זכה בו אחר. ומכל מקום אם היה הפקרו קודם לנדרו - מותר בו המודר, משום ש
כל הנודר
-
אין דעתו על מה שהפקיר.
וממילא לא הדירו מחפץ זה כלל, אף שהוא נחשב עדיין ברשותו.
מתיב רבא
: שכיב מרע שהיו לו שני עבדים, ונתן את
מקצתן
של נכסיו
ל
עבד
ראשון, ו
אחר כך נתן את
כולן
[כל נכסיו]
לשני,
ועמד אחר כך אותו אדם מחליו, אזי העבד ה
ראשון קנה
את מה שהקנה לו רבו, ואין רבו יכול לחזור בו, משום שמתנה במקצת אין דינה כמתנת שכיב מרע שיכול לחזור בו אם עמד מחליו. אבל העבד ה
שני לא קנה,
כדין מתנת שכיב מרע שנתן את כל נכסיו, שיכול לחזור בו אם עמד.
ועתה, על כרחך צריך לומר שכשנתן לשני, נתכוין לתת לו גם מה שנתן כבר לראשון. שאם לא כן, אלא נתכוין לתת לו רק מה שנשתייר אחר מה שנתן לראשון, אם כן, הרי הוא חילק את כל נכסיו, והרי כל מתנה זו - דין מתנת שכיב מרע יש לה, ולמה ראשון קנה?
אלא על כרחך, צריך לומר שנתן לשני גם מה שנתן כבר לראשון. רואים שדעתו על מה שנתן, והוא הדין לענינינו, שדעתו על מה שהפקיר!
אלא, אמר רבא: היינו טעמא דרבי יוסי, גזירה משום מתנת בית חורון
[המעשה המובא להלן במשנה]. שכיון שאנן סהדי שהפקיר רק כדי שיזכה המודר, חיישינן שאם נתיר לעשות כן, יבואו להתיר אף במקרה שאמר המדיר בפירוש שמפקיר על מנת שיזכה המודר, כמתנת בית חורון.
תניא: המפקיר את שדהו, כל שלשה ימים
-
יכול לחזור בו
אף אם זכה כבר אחר בשדה. והטעם הוא, שעשו תקנה מפני הרמאים, שכיון שהפקר פטור מן המעשר, היו מפקירין שדותיהן כדי ליפטר, והיה בדעתם לחזור ולזכות בהם. ונמצא שלא היה הפקרן - אלא להערמה בלבד. לכן תקנו שלא יהא זה הפקר כלל, ואף אם זכה בהן אחר - יכולין הבעלים לחזור בהם.
מכאן ואילך,
לאחר שלשה ימים -
אין
המפקיר
יכול לחזור בו.
שלאחר שעברו שלשה ימים, כבר אין חוששין לרמאין. שאם באמת נתכוין רק לפטור עצמו ממעשר, הרי לא היה ממתין מלחזור בו עד אחר שלשה ימים! אלא ודאי נתכוין להפקר גמור.
Traduction française
Mais si le bien avait été déclaré hefker avant son vœu -
il lui est permis.
Et si tu dis que le bien ne sort pas de la possession de celui qui l’a déclaré hefker
jusqu’à ce qu’un acquéreur en prenne possession,
alors,
quelle différence y a-t-il entre le fait que son vœu ait précédé la déclaration de hefker, et le fait que la déclaration de hefker ait précédé son vœu,
puisque, en fin de compte, le moudar hanaa acquiert le bien de la possession de celui qui l’a interdit par vœu ?
C’est lui qui l’a objecté, et c’est lui-même qui y a répondu :
En vérité, si celui qui a déclaré le bien hefker veut revenir sur sa décision, il peut le faire tant qu’un autre n’en a pas pris possession. Mais néanmoins, si la déclaration de hefker avait précédé son vœu, le moudar hanaa peut en tirer profit, parce que
quiconque fait un vœu -
son intention ne porte pas sur ce qu’il a déclaré hefker.
Par conséquent, il ne lui a nullement interdit cet objet, bien que celui-ci soit encore considéré comme étant dans sa possession.
Rava objecte :
Un mourant qui avait deux esclaves, et qui donna une partie
d’entre eux
de ses biens
à
un
premier esclave, et
donna ensuite
tous
ses biens
au second,
et que cet homme se rétablisse ensuite de sa maladie, alors l’esclave
premier acquit
ce que son maître lui avait attribué, et son maître ne peut pas revenir sur sa décision, parce qu’une donation partielle n’a pas le statut d’une donation faite par un mourant, sur laquelle il peut revenir s’il se rétablit de sa maladie. Mais l’esclave
second n’acquit pas,
selon la règle de la donation faite par un mourant qui a donné tous ses biens, sur laquelle il peut revenir s’il se rétablit.
Or, tu es nécessairement contraint de dire que, lorsqu’il donna au second, il eut l’intention de lui donner également ce qu’il avait déjà donné au premier. Car sinon, s’il avait eu l’intention de ne lui donner que ce qui restait après ce qu’il avait donné au premier, alors il aurait partagé tous ses biens, et toute cette donation aurait eu le statut d’une donation faite par un mourant ; pourquoi donc le premier aurait-il acquis ?
Mais tu es nécessairement contraint de dire qu’il donna au second également ce qu’il avait déjà donné au premier. Nous voyons donc que son intention porte sur ce qu’il avait donné ; il en va de même dans notre cas, où son intention porte sur ce qu’il a déclaré hefker !
Mais Rava dit : voici la raison de Rabbi Yossi : c’est une mesure préventive, à cause de la donation de Beit Horon
[l’acte rapporté ci-dessous dans la Michna]. Puisque nous avons la certitude que celui qui a interdit par vœu n’a déclaré le bien hefker que pour que le moudar hanaa en prenne possession, nous craignons que, si nous permettons d’agir ainsi, on en vienne à permettre également le cas où celui qui a interdit par vœu déclare explicitement le bien hefker afin que le moudar hanaa en prenne possession, comme dans la donation de Beit Horon.
Il a été enseigné : celui qui déclare son champ hefker, pendant trois jours -
peut revenir sur sa décision
même si un autre a déjà pris possession du champ. La raison est qu’une institution a été instaurée à cause des fraudeurs : puisque le hefker est exempt de la dîme, ils déclaraient leurs champs hefker afin de s’en dispenser, alors qu’ils avaient l’intention de revenir ensuite en prendre possession. Il s’ensuivait que leur déclaration de hefker n’était qu’une simple ruse. C’est pourquoi on a institué que ce hefker ne soit pas du tout considéré comme tel ; même si un autre en a pris possession, les propriétaires peuvent revenir sur leur décision.
À partir de là,
après trois jours -
le
déclarant
ne peut pas revenir sur sa décision.
Car après que trois jours se sont écoulés, on ne craint déjà plus les fraudeurs. Si, en vérité, il avait eu seulement l’intention de se dispenser de la dîme, il n’aurait pas attendu, pour revenir sur sa décision, jusqu’à l’expiration de trois jours ! Il est donc certain qu’il avait l’intention d’un hefker complet.