Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 41a (מא.) — le Talmud en français
Nédarim 41a (נדרים מא.): C’est une lampe et un bol, et un tapis [ cuir pour manger dessus]. Et que signifie ce qui est écrit : « Tu serviras ton ennemi, etc. dans le dénuement de tout » ? Rav Ami a…
Texte original — Nédarim 41a (מא.)
זו נר, וקערה,
ושטיח
[עור לאכול עליו ].
ומהו מה שכתוב: "ועבדת את אויבך וגו'
בחוסר כל"?
אמר רב אמי אמר רב
: "בחוסר כל" היינו
בלא נר, ובלא שלחן.
רב חסדא אמר: בלא אשה.
רב ששת אמר: בלא שמש.
רב נחמן אמר: בלא דעה.
תנא: בלא מלח, ובלא רבב
[שמן].
אמר אביי, נקטינן: אין עני
-
אלא בדעה
.
במערבא אמרי: דדא ביה
[מי שיש בו דעה] -
כולא ביה
[יש בו הכל].
דלא דא ביה
-
מה ביה
[אבל מי שאין בו דעה - מה יש בו]?!
דא קני
-
מה חסר
[מי שקנה דעה - מה יחסר לו]?
אבל
דא לא קני
-
מה קני?
הרי לא יועיל לו כל מה שיקנה!
אמר רב אלכסנדרי אמר רב חייא בר אבא: אין החולה עומד מחליו
-
עד שמוחלין לו על כל עונותיו
.
שנאמר: "הסולח לכל עוניכי הרופא לכל תחלואיכי".
רב המנונא אמר
: החולה שעמד מחליו
חוזר לימי עלומיו. שנאמר: "רוטפש בשרו מנוער ישוב לימי עלומיו".
ש"רוטפש" - היינו: רטוב ופש. שאחר שחלה ונתרפא, מתחזק טבעו להיות בריא יותר מאשר קודם שחלה.
"כל משכבו הפכת בחליו"
-
אמר רב יוסף: לומר, ד
החולה
משכח למודו.
והיינו, שכל סדר הצעת לימודו המסודר - נהפך לו בחליו, ומשכחו .
רב יוסף חלש
[חלה], ועל ידי כך
איעקר ליה למודיה
[נשתכח תלמודו].
אהדריה אביי
תלמידו
קמיה
[החזיר אביי את תלמודו של רב יוסף לפניו].
ו
היינו דבכל דוכתא אמרינן
[וזהו שהגמרא אומרת בכל מקום]:
אמר רב יוסף
[על שמועה שאמרו לפניו]:
לא שמיע לי הדא שמעתא
[לא שמעתי שמועה זו]!
ו
אמר ליה אביי: את אמריתה ניהלן, ומהא מתניתא אמריתה ניהלן
[אתה אמרת לנו שמועה זו, ומברייתא זו הוכחת את הדבר]! והיינו שרב יוסף שכח תלמודו, והחזיר אביי את הדברים לפניו.
כי הוה גמיר רבי תלת עשרי אפי
[כשלמד רבי שלש עשרה אופנים] של
הילכתא, אגמריה
[לימדו]
לרבי חייא שבעה מנהון.
לסוף חלש רבי,
ושכח את אותן י"ג אופנים.
אהדר רבי חייא קמיה הנהו שבעה אפי דאגמריה
[החזיר רבי חייא לפניו את אותם שבעה אופנים שלימדו].
אבל אותם
שיתא
אופנים שלא לימדו -
אזדו
[נשתכחו].
הוה ההוא קצרא
[כובס],
הוה שמיע ליה לרבי כדהוה גריס להו
[ששמע את הדברים כשלמדם רבי].
אזל רבי חייא וגמר יתהון קמי קצרא, ואתא ואהדר יתהון קמי רבי.
כד הוה חזי ליה רבי לההוא קצרא
[כשראה רבי את אותו כובס],
אמר ליה רבי: אתה עשית
אותי ואת חייא!
איכא דאמרי, הכי קאמר ליה
רבי לאותו כובס:
אתה עשית את חייא, וחייא עשה אותי!
ואמר רב אלכסנדרי אמר רב חייא בר אבא: גדול נס שנעשה לחולה
-
יותר מן הנס שנעשה לחנניה מישאל ועזריה,
שניצלו מכבשן האש.
שהרי האש
של חנניה מישאל ועזריה
-
אש של הדיוט
היתה,
והכל יכולים לכבותה.
ו
אילו אש
זו של חולה
-
של שמים היא, ומי יכול לכבותה!?
ואמר רבי אלכסנדרי אמר רבי חייא בר אבא, ואמרי לה אמר רבי יהושע בן לוי: כיון שהגיע קיצו של אדם
-
הכל מושלים בו. שנאמר
שאמר קין:
"והיה כל מוצאי
-
יהרגני"
.
רב אמר, מן הדין קרא: "למשפטיך עמדו היום כי הכל עבדיך".
וכך למדים ממקרא זה: כיון ש"למשפטיך עמדו", שהגיע קיצם, הרי "הכל עבדיך" לקיים את דבר המשפט.
רבה בר שילא, אמרו ליה: שכיב גברא גבוה, הוה רכיב גירדונא זוטרא. מטא תיתורא, איסתויט, שדייה
-
וקא שכיב
[מת אדם גבוה, שהיה רכוב פרדה קטנה, כשהגיעה אותה פרדה לגשר, אחזתה רוח שטות, והשליכה את אותו אדם בנהר].
קרי על נפשיה: "למשפטיך עמדו היום".
שמואל חזייה לההוא עקרבא, יתיבא על אקרוקתא
[ישבה על צפרדע] -
ועברה נהרא. טרקא
[נשך העקרב]
גברא
-
ומיית.
קרי עליה
שמואל:
"למשפטיך עמדו היום".
אמר שמואל: אין מבקרין את החולה, אלא למי שחלצתו
[שלבשתו ]
חמה.
לאפוקי מאי?
את מי אין מבקרין?
לאפוקי הא דתניא: רבי יוסי בן פרטא אומר משום רבי אליעזר: אין מבקרין לא חולי מעיים, ולא חולי העין, ולא מחושי הראש.
והוינן בה:
בשלמא חולי מעיים
אין מבקרין -
משום כיסופא.
שהוא צריך תדיר לנקביו, ומתבייש.
אלא חולי העין ומחושי הראש
-
מאי טעמא
אין מבקרין אותן?
ואמרינן:
משום
מילי
דרב יהודה.
דאמר רב יהודה: דיבורא
[הדיבור]
קשיא לעינא
,
ומעלי לאישתא
[לחום]. ולכן אין מבקרין את חולי העין, משום שהדיבור קשה לחולי זה. אבל את מי שחלצתו חמה - מבקרין, שהרי הדיבור מועיל לו.
Traduction française
C’est une lampe et un bol,
et un tapis [
cuir pour manger dessus].
Et que signifie ce qui est écrit : « Tu serviras ton ennemi, etc.
dans le dénuement de tout » ?
Rav Ami a dit au nom de Rav :
« Dans le dénuement de tout », c’est-à-dire
sans lampe et sans table.
Rav Hisda a dit : sans femme.
Rav Chechet a dit : sans serviteur.
Rav Naḥman a dit : sans discernement.
Un tana a enseigné : sans sel et sans graisse
d’huile.
Abayé a dit : nous avons retenu : il n’y a de pauvre —
que par le discernement.
En Occident, ils disent : celui qui possède cela
celui qui possède le discernement —
possède tout
il possède tout.
Celui qui ne possède pas cela —
que possède-t-il
mais celui qui ne possède pas le discernement, que possède-t-il ?!
Celui qui acquiert cela —
que lui manque-t-il
celui qui a acquis le discernement, que peut-il lui manquer ?
Mais
celui qui ne l’a pas acquis —
qu’a-t-il acquis ?
Tout ce qu’il acquerra ne lui sera d’aucune utilité !
Rav Alexandri a dit au nom de Rav Hiyya bar Abba : le malade ne se relève pas de sa maladie —
jusqu’à ce qu’on lui pardonne toutes ses fautes.
Comme il est dit : « Celui qui pardonne toutes tes fautes, qui guérit toutes tes maladies. »
Rav Hamnounah a dit :
le malade qui s’est relevé de sa maladie
retrouve les jours de sa jeunesse. Comme il est dit : « Sa chair s’est rajeunie, il revient aux jours de sa jeunesse. »
« S’est rajeunie » signifie : elle est devenue humide et s’est renouvelée. Après être tombé malade et avoir été guéri, sa constitution devient plus forte, de sorte qu’il est en meilleure santé qu’avant sa maladie.
« Tu as bouleversé toute sa couche dans sa maladie » —
Rav Yossef a dit : cela signifie que le
malade
oublie son étude.
C’est-à-dire que tout l’ordre de l’étude qu’il avait organisé est bouleversé pour lui durant sa maladie, et il l’oublie.
Rav Yossef tomba malade
il tomba malade, et de ce fait
son étude lui fut arrachée
son enseignement fut oublié.
Abayé la lui restitua
son disciple
devant lui
Abayé restitua devant Rav Yossef son enseignement.
Et
c’est pourquoi, partout, nous disons
c’est ce que la Guemara dit partout :
Rav Yossef a dit
à propos d’une tradition qu’on lui avait rapportée :
« Je n’ai pas entendu cette tradition »
je n’ai pas entendu cette tradition !
Et
Abayé lui dit : « C’est toi qui nous l’as dite, et c’est de cette baraïta que tu nous l’as démontrée »
Tu nous as dit cette tradition, et tu as démontré cette chose à partir de cette baraïta ! C’est que Rav Yossef avait oublié son étude, et qu’Abayé la lui restitua.
Lorsque Rabbi avait appris treize aspects
lorsque Rabbi avait appris treize méthodes
de la halakha, il en enseigna
les lui enseigna
sept à Rabbi Hiyya.
À la fin, Rabbi tomba malade,
et oublia ces treize aspects.
Rabbi Hiyya lui restitua devant lui ces sept aspects qu’il lui avait enseignés
Rabbi Hiyya lui restitua devant lui ces sept méthodes qu’il lui avait enseignées.
Mais ces
six
méthodes qu’il ne lui avait pas enseignées —
disparurent
elles furent oubliées.
Il y avait un certain foulon
un blanchisseur,
qui les avait entendues lorsque Rabbi les étudiait
il avait entendu ces choses lorsque Rabbi les avait étudiées.
Rabbi Hiyya alla les étudier devant le foulon, puis vint et les restitua devant Rabbi.
Lorsque Rabbi voyait ce foulon
lorsqu’il voyait ce foulon,
Rabbi lui dit : « C’est toi qui as fait
moi et Hiyya ! »
Certains disent qu’il lui dit ainsi
Rabbi dit à ce foulon :
« C’est toi qui as fait Hiyya, et Hiyya m’a fait ! »
Et Rav Alexandri a dit au nom de Rav Hiyya bar Abba : le miracle accompli pour un malade est plus grand —
que le miracle accompli pour Hanania, Michaël et Azaria,
qui furent sauvés de la fournaise ardente.
Car le feu
de Hanania, Michaël et Azaria était
un feu humain
et tout le monde peut l’éteindre.
Et
si le feu
de celui-ci, le malade, —
est un feu céleste, qui peut l’éteindre ?!
Et Rabbi Alexandri a dit au nom de Rabbi Hiyya bar Abba — certains disent qu’il a dit au nom de Rabbi Yehochoua ben Lévi : dès que le terme de l’homme est arrivé —
tout le monde exerce son pouvoir sur lui. Comme il est dit
que Caïn a dit :
« Et il arrivera que quiconque me trouvera —
me tuera ».
Rav a dit : cela ressort de ce verset : « Pour tes jugements, ils se tiennent aujourd’hui, car tous sont tes serviteurs. »
Ainsi l’apprend-on de ce verset : dès lors que « pour tes jugements, ils se tiennent », c’est-à-dire que leur terme est arrivé, alors « tous sont tes serviteurs » pour accomplir la chose du jugement.
À Rabba bar Chila, on dit : « Un homme de haute taille est mort ; il était monté sur une petite mule. Lorsqu’elle atteignit un pont, elle fut saisie d’un accès de folie et le jeta » —
et il mourut
Un homme de haute taille est mort : il était monté sur une petite mule ; lorsque cette mule atteignit un pont, elle fut saisie d’un accès de folie et jeta cet homme dans le fleuve.
Il cita à son propre sujet : « Pour tes jugements, ils se tiennent aujourd’hui. »
Samuel vit un certain scorpion assis sur une grenouille
elle était assise sur une grenouille —
et elle traversa le fleuve. Elle mordit
le scorpion mordit
un homme —
et il mourut.
Samuel cita à son sujet
Samuel :
« Pour tes jugements, ils se tiennent aujourd’hui. »
Samuel a dit : on ne rend visite au malade que lorsqu’une fièvre l’a quitté
qu’elle l’a revêtu
.
Pour exclure quoi ?
Qui ne visite-t-on pas ?
Pour exclure ce qui a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Yossi ben Parta dit au nom de Rabbi Éliézer : on ne rend visite ni aux malades des intestins, ni aux malades des yeux, ni à ceux qui souffrent de la tête.
Et nous avons objecté :
S’agissant des malades des intestins
on ne leur rend pas visite —
à cause de la honte.
Car ils doivent constamment satisfaire leurs besoins, et ils en ont honte.
Mais les malades des yeux et ceux qui souffrent de la tête —
pour quelle raison
ne leur rend-on pas visite ?
Et nous disons :
à cause des
paroles
de Rav Yehouda.
Car Rav Yehouda a dit : la parole
la parole
est nuisible à l’œil,
et elle est bénéfique à la fièvre
à la chaleur. C’est pourquoi on ne rend pas visite aux malades des yeux, car la parole est nuisible à cette maladie. Mais celui qu’une fièvre a quitté, on lui rend visite, puisque la parole lui est bénéfique.