Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 37b (לז:) — le Talmud en français
Nédarim 37b (נדרים לז:): C’est pourquoi, s’ils furent perdus le Chabbat — il n’est pas responsable de leur perte, car il ne reçoit pas de salaire pour la garde le Chabbat, et il est donc un gardien…
Texte original — Nédarim 37b (לז:)
לפיכך אם אבדו
בשבת -
אינו חייב באחריותן,
שהרי על השמירה בשבת אינו נוטל שכר, והרי הוא שומר חינם.
ואם היה
הפועל
שכיר שבת
[שבוע אחד], או שהיה
שכיר חדש,
או שהיה
שכיר שנה,
או שהיה
שכיר שבוע
[שבע שני שמיטה],
נותן לו שכר שבת.
שכיון שלא הזכיר את השבת בפירוש, אלא הבליעה בין שאר הימים, אין זה נחשב שכר שבת.
לפיכך אם אבדו
-
חייב באחריותן!
רואים שמותר לשלם שכר שבת על ידי הבלעה!
אלא גבי שבת היינו טעמא דאין קוראין בתחילה, משום דיפנו אבהתהון דינוקי למצותא דשבתא
[כדי שיתפנו אבות התינוקות למצוות השבת, וישתעשעו עם התינוקות. ואם יהא מותר לקרות בתחילה בשבת, יחושו האבות לביטולם של התינוקות ].
ואיבעית אימא: משום דבשבתא אכלין
ושתין
יותר משאר ימי השבוע,
ויקיר עליהון
[על התינוקות]
עלמא,
שאיבריהן כבדים עליהם, ולכן אינם יכולים ללמוד בתחילה, לפי שדבר זה צריך עיון מרובה.
כדאמר שמואל: שינוי וסת
[שינוי ההרגל, דהיינו, מי שמשנה מהרגלו שהוא רגיל לאכול בכל יום ] -
תחילת חולי מעיים
הוא.
והוינן בה:
ולמאן דאמר
שמה שנוטלין שכר על לימוד המקרא היינו
שכר פיסוק טעמים, מאי טעמא לא אמר
שהטעם הוא משום
שכר שימור?
קסבר: בנות מי קא בעיין שימור?
הרי אינן צריכות שימור, לפי שאין דרכן לצאת לחוץ! ואם כן, למה שנה התנא של משנתינו בסתם שלא ילמדנו מקרא, שמשמע בין בנים ובין בנות, הרי בנות יכול הוא ללמד, שהרי אין נוטלין שכר על לימודן!
ולמאן דאמר
שהטעם הוא משום
שכר שימור, מאי טעמא לא אמר
משום
שכר פיסוק טעמים?
קסבר: פיסוק טעמים דאורייתא הוא,
ואסור ליטול שכר על לימודם - כלימוד התורה עצמה. שכיון שמדאורייתא הוא, הרי זה כחוקים ומשפטים.
דאמר רב איקא בר אבין אמר רב חננאל אמר רב, מאי
האי
דכתיב: "ויקראו בספר תורת האלהים מפורש ושום שכל ויבינו במק רא"?
"ויקראו בספר תורת האלהים"
-
זה מקרא.
"מפורש"
-
זה
ה
תרגום,
שמפרש את המקרא .
"ושום שכל"
-
אלו הפסוקים,
הנקודות המפסיקות בין הפסוקים, שעל ידיהם מבין האדם את המקרא על פי תנועת הטעמים .
"ויבינו במקרא"
-
זה פיסוק טעמים
.
ואמרי לה
[ויש שאומרים]: "ויבינו במקרא"
\-
אלו המסורות
[חסירות ויתירות, מה שנמסר במסורה].
אמר רבי יצחק: מקרא סופרים,
דהיינו, צורת הקריאה שמסרו לנו הראשונים, שנקראו סופרים,
ועיטור סופרים,
דהיינו, תיבות יתירות שנכתבו לייפות את הלשון, וכפי שיבואר להלן [ונקראו עטור, לפי שהן מעטרין את הלשון ],
וקריין ולא כתיבן,
דהיינו, תיבות הנקראות כשקורין בתורה, אבל אינן כתובות במקרא,
וכתיבן ולא קריין,
דהיינו, תיבות הכתובות במקרא, שאינן נקראות -
כל הדברים הללו,
הלכה למשה מסיני
הם. שכך קיבל משה מסיני, ומסר לישראל.
ומהו
מקרא סופרים
-
ארץ,
שכשיש בו אתנחתא, נקרא בקמץ,
וכן כגון המילים
שמים
ו
מצרים,
שאף על פי שאין בהם אל"ף בין המ"ם ליו"ד של "שמים", ובין הרי"ש ליו"ד של "מצרים", נקראין כאילו היתה בהם, ואינן נקראין בחיריק.
עיטור סופרים
היינו כגון הפסוקים דלהלן, שהמילה "אחר" שנכתבה בהן - יתירה היא, ואינה אלא לתפארת הלשון:
"סעדו לבכם
אחר תעבורו"
הנאמר באברהם, שדי היה לו לכתוב: "סעדו לבכם ותעבורו",
"תשב הנערה אתנו ימים או עשור
אחר תלך"
הנאמר ברבקה, "תסגר שבעת ימים
אחר תאסף"
הנאמר במרים, שהיה לו לכתוב: "תסגר שבעת ימים ותאסף",
"קדמו שרים אחר נוגנים",
שהיה לו לכתוב "קדמו שרים נוגנים".
וכן מה שנאמר:
"צדקתך כהררי אל".
שהיה לו לכתוב "צדקתך הררי אל", שכוונת הכתוב לומר, שההרים הרמים, שהם המלאכים, צריכים לצדקת ה'. אלא שכתב "כהררי אל" - לתפארת הלשון .
ואלו הם המקראות ש
קריין ולא כתיבן
:
המילה "
פרת" ד"בלכתו",
דהיינו, שקורין באותו מקרא: "בלכתו להשיב ידו בנהר פרת", אף שהמילה "פרת" אינה כתובה בפסוק.
והמילה "איש"
ד"כאשר ישאל איש בדבר האלהים",
"באים" ד"נבנתה",
דהיינו, המילה "באים" של הפסוק: "הנה ימים באים נאם ה' ונבנתה העיר וגו'",
"לה" ד"פליטה",
דהיינו, המילה "לה" של הפסוק: "יהי לה לפליטה",
"את" ד"הגד הוגד",
דהיינו, המילה "את" של הפסוק: "הגד הוגד לי כל אשר עשית את חמותך",
"אלי" ד"הגורן",
דהיינו, המילה "אלי" של הפסוק: "ותאמר אליה את כל אשר תאמרי אלי אעשה" [והגמרא קוראת לפסוק זה "הגורן", על שם הפסוק הבא אחריו: "ותרד הגורן וגו'"].
"אלי" ד"השעורים".
דהיינו, המילה "אלי" של הפסוק: "ותאמר שש השעורים האלה נתן לי כי אמר אלי וגו'".
הלין,
תיבות אלו דלעיל -
קריין ולא כתבן.
ו
תיבות אלו דלהלן -
כתבן ולא קריין
:
"נא" ד"יסלח",
דהיינו, מילת "נא" של הפסוק "יסלח נא ה' לעבדך בדבר הזה",
Traduction française
C’est pourquoi, s’ils furent perdus
le Chabbat —
il n’est pas responsable de leur perte,
car il ne reçoit pas de salaire pour la garde le Chabbat, et il est donc un gardien gratuit.
Et si
l’ouvrier
était salarié pour le Chabbat
[une semaine], ou s’il était
salarié pour un mois,
ou s’il était
salarié pour une année,
ou s’il était
salarié pour une semaine
[les sept années du cycle de la Chemita],
il lui donne le salaire du Chabbat.
Puisque, toutefois, il n’a pas mentionné le Chabbat explicitement, mais l’a inclus parmi les autres jours, cela n’est pas considéré comme un salaire du Chabbat.
C’est pourquoi, s’ils furent perdus —
il est responsable de leur perte !
On voit qu’il est permis de payer un salaire du Chabbat en l’incluant [dans le salaire d’une période plus longue] !
Mais, au sujet du Chabbat, voici la raison pour laquelle on ne lit pas [la première fois] : c’est afin que les pères des enfants se rendent disponibles pour la mitsva du Chabbat
[afin que les pères des enfants se consacrent aux mitsvot du Chabbat et se divertissent avec les enfants. Et s’il était permis de lire [la première fois] le Chabbat, les pères se soucieraient de l’interruption de l’étude des enfants].
Et si tu veux, dis :
c’est parce que, le Chabbat, ils mangent
et boivent davantage que les autres jours de la semaine,
et le monde leur est plus lourd
[aux enfants]
à cause de cela,
car leurs membres leur pèsent, et c’est pourquoi ils ne peuvent pas étudier [la première fois], puisque cette chose exige beaucoup de réflexion.
Comme l’a dit Chmouel : un changement d’habitude
[un changement du comportement habituel, c’est-à-dire celui qui modifie son habitude, lui qui a coutume de manger chaque jour] —
est le commencement d’une maladie des intestins
.
Nous nous sommes penchés sur cette question :
Et selon celui qui dit
que ce pour quoi l’on reçoit un salaire pour l’étude de la lecture biblique est
le salaire de la division des accents, pourquoi n’a-t-il pas dit
que la raison est
le salaire de la garde ?
Il pense : les filles, ont-elles besoin de garde ?
Elles n’ont certes pas besoin de garde, puisqu’elles n’ont pas coutume de sortir dehors ! Si tel est le cas, pourquoi le tanнай de notre Michna a-t-il enseigné de manière anonyme qu’on ne lui enseignera pas la lecture biblique, ce qui signifie aussi bien aux garçons qu’aux filles ? Il peut pourtant enseigner aux filles, puisqu’on ne reçoit pas de salaire pour leur enseignement !
Et selon celui qui dit
que la raison est
le salaire de la garde, pourquoi n’a-t-il pas dit
que c’est en raison du
salaire de la division des accents ?
Il pense : la division des accents est d’ordre toranique,
et il est interdit de recevoir un salaire pour leur enseignement — comme pour l’étude de la Torah elle-même. Puisque cela est d’ordre toranique, c’est comme les lois et les statuts.
Car Rav Ika bar Avin a dit au nom de Rav Hananel, qui a dit au nom de Rav : pourquoi
cette
chose est-elle écrite : « Ils lurent dans le livre de la Torah de l’Èl-ohim, de manière explicite ; ils y mirent de l’intelligence et ils comprirent la lecture » ?
« Ils lurent dans le livre de la Torah de l’Èl-ohim » —
c’est la lecture biblique.
« De manière explicite » —
c’est
la
traduction,
qui explicite la lecture biblique
. « Ils y mirent de l’intelligence » —
ce sont les versets,
les ponctuations qui séparent les versets, grâce auxquelles l’homme comprend la lecture biblique selon le mouvement des accents
. « Et ils comprirent la lecture » —
c’est la division des accents
.
Et certains disent
[et il en est qui disent] : « Et ils comprirent la lecture » —
ce sont les traditions
[les lettres manquantes et supplémentaires, ce qui a été transmis par la Massora].
Rabbi Its’hak a dit : la lecture des scribes,
c’est-à-dire la forme de lecture que nous ont transmise les anciens, lesquels étaient appelés scribes,
et l’ornement des scribes,
c’est-à-dire les mots supplémentaires qui ont été écrits pour embellir la langue, comme cela sera expliqué plus loin [et ils sont appelés ornement, parce qu’ils ornent la langue
], et lus mais non écrits,
c’est-à-dire les mots qui sont lus lorsqu’on lit la Torah, mais qui ne sont pas écrits dans le texte biblique,
et écrits mais non lus,
c’est-à-dire les mots écrits dans le texte biblique, qui ne sont pas lus —
toutes ces choses
sont une halakha transmise à Moïse depuis le Sinaï
: c’est ainsi que Moïse les a reçues du Sinaï et les a transmises à Israël.
Et qu’est-ce que
la lecture des scribes —
« terre »,
lorsqu’elle comporte un etnahta, elle est lue avec un kamats,
et de même, par exemple, les mots
« cieux »
et
« Égypte »,
bien qu’il n’y ait pas de alef entre le mem et le yod de « cieux », ni entre le rech et le yod de « Égypte », sont lus comme s’il y avait un alef, et ne sont pas lus avec un hirik.
L’ornement des scribes —
c’est, par exemple, le cas des versets suivants, où le mot « après », qui y est écrit, est superflu et ne sert qu’à l’embellissement de la langue : «
Soutenez votre cœur
après vous passerez »,
dit à propos d’Abraham, alors qu’il aurait suffi d’écrire : « Soutenez votre cœur et vous passerez », «
Que la jeune fille reste avec nous quelques jours ou dix
après elle ira »,
dit à propos de Rébecca, « Qu’elle soit enfermée pendant sept jours
après elle sera recueillie »,
dit à propos de Myriam ; il aurait dû écrire : « Qu’elle soit enfermée pendant sept jours et elle sera recueillie »,
« Les princes ont précédé, après les musiciens »,
alors qu’il aurait dû écrire : « Les princes ont précédé les musiciens ».
De même, ce qui est dit :
« Ta justice est comme les montagnes de l’Èl »
: il aurait dû écrire « Ta justice, montagnes de l’Èl », car l’intention du verset est de dire que les montagnes élevées, qui sont les anges, ont besoin de la justice de l’Éternel. Mais il a écrit « comme les montagnes de l’Èl », pour l’embellissement de la langue
. Et voici les passages qui sont
lus mais non écrits :
Le mot
« Phrat » dans « lorsqu’il alla »,
c’est-à-dire que, dans ce passage, on lit : « lorsqu’il alla pour retirer sa main du fleuve Phrat », bien que le mot « Phrat » ne soit pas écrit dans le verset.
Et le mot « homme »
dans « comme lorsqu’un homme interroge au sujet de l’Èl-ohim »,
« viennent » dans « elle fut bâtie »,
c’est-à-dire le mot « viennent » du verset : « Voici que des jours viennent, dit l’Éternel, et la ville sera bâtie, etc. »,
« lui » dans « pour délivrance »,
c’est-à-dire le mot « lui » du verset : « Qu’il lui soit pour délivrance »,
« את » dans « il me fut annoncé »,
c’est-à-dire le mot « את » du verset : « Il me fut parfaitement annoncé tout ce que tu as fait à ta belle-mère »,
« אלי » dans « l’aire »,
c’est-à-dire le mot « אלי » du verset : « Elle lui dit : tout ce que tu me diras, je le ferai » [et la Guemara désigne ce verset par « l’aire », en raison du verset qui le suit : « Elle descendit à l’aire, etc. »].
« אלי » dans « l’orge ».
C’est-à-dire le mot « אלי » du verset : « Elle dit : ces six mesures d’orge, il me les a données, car il m’a dit, etc. »
Ceux-ci,
les mots précédents —
sont lus mais non écrits.
Et
les mots suivants —
sont écrits mais non lus :
« Na » dans « pardonner »,
c’est-à-dire le mot « na » du verset : « Que l’Éternel veuille bien pardonner à ton serviteur cette chose ».