Version texte de ce daf : original et traduction

Nédarim 2a (ב.) — le Talmud en français

Nédarim 2a (נדרים ב.): Introduction Par quatre moyens l’homme peut-il s’interdire quelque chose par la parole de sa bouche : par un vœu, par un serment, par un herem et par le naziréat. Cela, en…

Texte original — Nédarim 2a (ב.)

מתניתין:

משנתנו מבארת שני חידושים בענין הלשונות שבהן אוסר האדם את עצמו.

האחד, לשון הנאמרת באופן של "כינוי", שאינו אומר את הנדר או השבועה בלשון הרגילה, אלא משתמש בביטוי אחר [שהוא שיבוש לשוני, או שהוא לשון מיוחדת שתקנו חכמים לנודרים].

והשני, לשון הנאמרת באופן של "יד", שאומר רק דיבור חלקי מהנדר או מהשבועה.

א. כינויי נדרים:

כל כינויי נדרים

דינם

כנדרים

.

מי שנודר ואינו אומר לשון מפורשת של איסור נדר אלא משתמש בביטוי שהוא "כינוי", חל נדרו, וכפי שיבואר:

האומר בנדרו "דבר זה אסור עלי כקרבן", הרי זה נדר מפורש.

אך אם יאמר "דבר זה אסור עלי כקונם", או אם יאמר "קונם עלי דבר זה" - הרי הוא מתבטא בכינוי, לפי ש"קונם" הוא כינוי לקרבן.

ו

כל כינויי

חרמים

דינם

כחרמים

.

כגון אדם האומר "דבר זה הוא חרך", הרי הוא כינוי לחרם, וחל החרם.

ו

כל כינויי

שבועות

-

כשבועות

.

כגון אדם האומר "שבותה שאעשה דבר פלוני", הרי זה כינוי לשבועה, וחלה שבועתו.

ו

כל כינויי

נזירות

-

כנזירות.

כגון האומר "הריני נזיק", שהוא כינוי לנזיר, חל עליו דין נזיר.

ונחלקו רבי יוחנן וריש לקיש בגמרא, האם הכינויים הם לשונות של נכרים, והם שיבוש של לשון הקודש, או שהם לשונות שתיקנו חכמים לאדם הנודר, כיון שהיו רגילים לומר "לה' קרבן", וחששו חכמים שמא יחזרו בהם אחרי שיגידו את שם ה', ולא יקדישו את הבהמה לקרבן, ונמצא שמוציאים שם שמים לבטלה. ולכן תקנו חכמים לנודרים לומר "קונם" במקום "קרבן", ואז לא יהיו רגילים לצרף לביטוי הזה את שם ה'.

ב. ידות נדרים

מי שאומר דיבור חלקי של נדר שיש במשמעותו איסור [ודיבור שכזה קרוי "יד" של נדר, בדומה ליד הכלי, שכל האוחז ביד הכלי הרי הוא כמי שאוחז בכלי עצמו], חל נדרו, היות ו"ידות הנדרים" הרי הם כנדרים עצמם. וכגון:

האומר לחברו

"

מודרני ממך

", שאינו אומר דיבור שלם "הריני אוסר על עצמי לאכול ממאכליך" או "הריני מודר ממך כקרבן", אלא רק דיבור חלקי, "מודרני ממך", שיש במשמעותו "אסור אני לאכול ממאכליך". אך אין זה דיבור שלם של נדר. או האומר לחברו "

מופרשני ממך

", שלא אמר דיבור שלם של איסור "אסור עלי לאכול ממאכליך".

או האומר לחברו "

מרוחקני ממך

".

בכל שלשת הדיבורים הללו, אם הוסיף ואמר: "

שאני אוכל לך

" [דהיינו, כגון שאמר "מודרני ממך שאני אוכל לך],

או הוסיף ואמר "

שאני טועם לך

" -

אסור

לו לאכול או לטעום ממנו מחמת נדר, כאילו אמר לו במפורש שאסור לו לאכול ממנו. אבל אם אמר "מודרני ממך" גרידא, אין זה אפילו "יד" של נדר, ואינו אסור להנות ממנו.

האומר לחברו "

מנודה אני לך

" -

רבי עקיבא היה חוכך

[מסתפק בדבר, ונוטה]

בזה להחמיר

, לאסור כנדר, כי גם דיבור שכזה הוא אופן של יד, שהרי המנודה אסור לו לאכול או אפילו להיות יחד עם חברו שאינו מנודה.

Traduction française

Introduction Par quatre moyens l’homme peut-il s’interdire quelque chose par la parole de sa bouche : par un vœu, par un serment, par un herem et par le naziréat. Cela, en dehors des cas où l’homme fait reposer une sainteté sur une chose, comme dans une consécration ou la séparation de la terouma : dans ces cas, sa parole fait reposer la sainteté sur l’objet, et dès que la sainteté s’y est appliquée, il est tenu de se conduire à l’égard de cette chose selon ce qu’ordonne la Torah. Le vœu se divise en deux types principaux : Le premier est le vœu par lequel un homme interdit un objet déterminé à lui-même ou à son prochain. Et le second est le vœu par lequel l’homme s’oblige lui-même à accomplir une chose qui est une mitsva. Cependant, l’homme ne peut pas s’obliger par un vœu à accomplir une action qui n’est pas une mitsva, puisque l’essence du vœu est de faire peser une interdiction sur un objet, et non de contracter un engagement d’agir. À l’exception du vœu portant sur une mitsva, qui est appris d’autres versets : l’homme peut alors s’obliger à accomplir une mitsva, comme celui qui s’oblige à donner la tsedaka, à apporter un sacrifice, ou à étudier dès son réveil, le matin. Michna :

Notre Michna expose deux innovations concernant les formulations par lesquelles l’homme s’interdit quelque chose.

Le premier est une formulation dite sous forme d’« appellation », dans laquelle il ne prononce pas le vœu ou le serment selon la formulation ordinaire, mais emploie une autre expression [qui est une déformation linguistique, ou une formulation particulière que les Sages ont instituée pour ceux qui font des vœux].

Et le second est une formulation dite sous forme de « formulation abrégée », dans laquelle il ne prononce qu’une partie de la parole du vœu ou du serment.

A. Les appellations des vœux :

Toutes les appellations des vœux -

leur statut est

celui des vœux.

Celui qui fait un vœu et ne prononce pas une formulation explicite d’interdiction de vœu, mais emploie une expression qui est une « appellation », son vœu prend effet, comme cela sera expliqué :

Celui qui dit dans son vœu : « Cette chose m’est interdite comme un sacrifice », voilà un vœu explicite.

Mais s’il dit : « Cette chose m’est interdite comme un konam », ou s’il dit : « Konam m’est cette chose », il s’exprime par une appellation, car konam est une appellation du sacrifice.

Et

toutes les appellations des

herem -

leur statut est

celui des herem.

Par exemple, un homme qui dit : « Cette chose est un harakh » : c’est une appellation du herem, et le herem prend effet.

Et

toutes les appellations des

serments -

ont le statut des serments.

Par exemple, un homme qui dit : « Chevouta, que je ferai telle chose », c’est une appellation du serment, et son serment prend effet.

Et

toutes les appellations du

naziréat -

ont le statut du naziréat.

Par exemple, celui qui dit : « Me voici nazik », qui est une appellation du nazir, le statut de nazir s’applique à lui.

Rabbi Yohanan et Rech Lakich ont discuté dans la Guemara pour savoir si les appellations sont des formulations des nations, et constituent une déformation de la langue sainte, ou bien si ce sont des formulations que les Sages ont instituées pour celui qui fait un vœu. En effet, les gens avaient l’habitude de dire : « Pour l’Éternel, un sacrifice », et les Sages ont craint qu’après avoir prononcé le Nom de l’Éternel ils ne reviennent sur leur intention et ne consacrent pas l’animal en sacrifice, de sorte qu’ils prononceraient le Nom du Ciel en vain. C’est pourquoi les Sages ont institué que ceux qui font des vœux disent konam au lieu de « sacrifice », et ils n’auront alors pas l’habitude de joindre à cette expression le Nom de l’Éternel'.

B. Les formulations abrégées des vœux

Celui qui prononce une parole partielle d’un vœu dont le sens comporte une interdiction [et une telle parole est appelée une « formulation abrégée » du vœu, à l’image de la poignée d’un ustensile : quiconque saisit la poignée de l’ustensile est considéré comme saisissant l’ustensile lui-même], son vœu prend effet, puisque les « formulations abrégées des vœux » ont le statut des vœux eux-mêmes. Par exemple :

Celui qui dit à son prochain «

Je suis interdit par vœu de toi »,

qui ne prononce pas une parole complète : « Je m’interdis de manger de tes aliments » ou « Je suis interdit par vœu de toi comme par un sacrifice », mais seulement une parole partielle : « Je suis interdit par vœu de toi », dont le sens est : « Il m’est interdit de manger de tes aliments ». Mais ce n’est pas une parole complète de vœu. Ou celui qui dit à son prochain : «

Je suis séparé par vœu de toi »,

car il n’a pas prononcé une parole complète d’interdiction : « Il m’est interdit de manger de tes aliments ».

Ou celui qui dit à son prochain : «

Je suis éloigné par vœu de toi ».

Dans ces trois paroles, s’il ajoute et dit : «

que je mange pour toi »

c’est-à-dire, par exemple, s’il dit : « Je suis interdit par vœu de toi, que je mange pour toi »,

ou s’il ajoute et dit : «

que je goûte pour toi » -

il lui est interdit

de manger ou de goûter de lui en raison du vœu, comme s’il lui avait explicitement dit qu’il lui était interdit d’en manger. Mais s’il a simplement dit : « Je suis interdit par vœu de toi », ce n’est même pas une « formulation abrégée » de vœu, et il ne lui est pas interdit d’en tirer profit.

Celui qui dit à son prochain : «

Je suis excommunié pour toi » -

Rabbi Akiva était hésitant [

il était dans le doute à ce sujet et inclinait ]

à être rigoureux sur ce point,

pour l’interdire comme un vœu, car une telle parole est elle aussi une forme de formulation abrégée : en effet, celui qui est excommunié lui-même n’a pas le droit de manger, ni même de se trouver avec son prochain qui n’est pas excommunié.

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