Version texte de ce daf : original et traduction

Nédarim 28b (כח:) — le Talmud en français

Nédarim 28b (נדרים כח:): Voici ceux-ci n'ont pas de pedioun, c'est-à-dire : il n'existe pas de pedioun qui leur soit utile, car même si les propriétaires les rachètent eux-mêmes et qu'elles sortent…

Texte original — Nédarim 28b (כח:)

הרי אלו

אין להם פדיון

, כלומר: אין פדיון מועיל להם, שאפילו אם פדאן הבעלים עצמם ויצאו לחולין, הרי הן מיד חוזרות וקדושות.

ונחלקו אמוראים בגמרא: אם אכן פקעה קדושתם לכשייקצצו כפי שאמר, או שמא "קדושה לא פקעה בכדי [בחנם ללא תמורה] ", ואינם יוצאות לחולין אלא על ידי פדיון כשאר קדושת דמים.

גמרא:

שנינו במשנה: הרי נטיעות האלו קרבן אם אינן נקצצות וכו' יש להן פדיון:

תמהה הגמרא על לשון משנתנו ששנה התנא "יש להן פדיון":

וליתני

התנא לשון: "

קדושות

" שהרי זו היא עיקר כוונת התנא!?

ומשנינן:

איידי דבעי למיתנא סיפא

[היות וזקוק היה התנא לשנות בסיפא]:

"הרי נטיעות האלו קרבן עד שיקצצו

אין להם פדיון

", שהרי ודאי קדושות הן, אלא שאין פדיון מועיל שלא תחזור הקדושה ותחול עליהן -

לכן

תנא נמי

ב

רישא

: "

יש להם פדיון

", ואף על פי שעיקר כוונת התנא היא לומר שהן קדושות.

שנינו במשנה: הרי נטיעות האלו קרבן אם אינן נקצצות; טלית זו קרבן אם אינה נשרפת:

ותמהינן:

היכי נדר

, האיך היה תוכן נדרו בנטיעות!? כלומר: איך התנה את ההקדש בקציצת הנטיעות, שאם תפרש כפשוטו, שתלה את הקדשו בקציצה סתם, אם כן לעולם לא יקדשו, שהרי סופן של נטיעות ליקצץ!?

אמר

פירש

אמימר

:

משנתנו עוסקת

ב

מי ש

אומר

: "הרי נטיעות האלו קרבן

אם אינן נקצצות היום

", וקדושות הן אם

עבר היום ו

אכן

לא נקצצו

.

מתמהת הגמרא:

אם כן למה ליה

לתנא

למימר

דין זה, והרי

פשיטא

היא!? ומשנינן:

לא צריכא

, לא נצרכה משנתנו להשמיענו שהקדשו חל אלא

כגון דאיכא זיקא נפישא

[היתה מנשבת רוח חזקה בעולם], וקיים חשש שיישברו הנטיעות ויקצצו -

ועד שלא סיימה הגמרא את תירוצה, מוכיחה הגמרא שבאופן זה אנו עוסקים, שהרי:

והא קתני לה

אף

גבי טלית

שהקדישה אם אינה נשרפת,

ו

כי

טלית לשריפה קיימא

[עומדת היא לשריפה, כמו נטיעות שהן ראויות ליקצץ ביום מן הימים], עד שיעלה על דעת בעליה להקדישה אם אינה נשרפת!?

אלא ודאי שגבי טלית עוסקת המשנה

כגון דאיכא

עכשיו

דליקה

המסכנת את קיומה של הטלית, ולכן תולים הבעלים את ההקדש בתנאי שלא תישרף -

ו

הכא נמי

גבי נטיעות, עוסקת משנתנו כגון

דאיכא

עכשיו

זיקא נפישא

.

ומסיימת הגמרא את תירוצה, לבאר מה חידוש יש בדבר, ואפילו אם עומדות הנטיעות והטלית בסכנת קיום:

וסלקא דעתין

הייתי אומר אם לא שהשמיענו התנא לא כן -

דמסיק

בעל הנטיעות והטלית

אדעתיה

, כלומר: ברור לו לבעל הנטיעות

דלא מיתנצלן

[שלא יינצלו] הנטיעות והטלית מהרוח או מהשריפה,

ו

רק

משום הכי קא נדר

, ולא היתה לו גמירות דעת להקדישם אם אכן יינצלו, ואם כן הייתי אומר שלא יחול ההקדש.

לפיכך:

קא משמע לן

התנא שאם ניצלו הנטיעות והטלית הרי הן קדושות.

שנינו במשנה:

הרי נטיעות האלו קרבן

עד שיקצצו - או שאמר - טלית זו קרבן עד שתשרף, אין להם פדיון:

תמהה הגמרא:

ו

כי אטו

לעולם

לא יהא להם פדיון, והרי "עד שייקצצו" קאמר!?

אמר

פירש

בר פדא

:

פדאן

הבעלים שהקדישו את הנטיעות או הטלית הרי אלו יוצאות לחולין ותופסות פדיונן ו

חוזרות וקדושות

, ואם חזר ו

פדאן

הבעלים הרי הן שוב

חוזרות וקדושות

, וכן לעולם

עד שיקצצו

, ומש

נקצצו פודן פעם אחת ודיו

.

כלומר:

א. זו ששנינו: "אין להם פדיון" אינו לעולם אלא עד שייקצצו, וזו היא התשובה לתמיהת הגמרא: "ולעולם".

ב. אל תאמר, כי זו ששנינו: "אין להם פדיון", היינו לומר שאם פדאום אין הם יוצאות כלל לחולין ואין נתפסים הדמים בקדושה כשאר פדיון, אלא לומר: שאין פדיונן של הבעלים מועיל להוציא אותם לחולין לגמרי, שאם פדאן, נתחללה קדושתן ונתפסה במעות, ומיד חוזרות הן וקדושות, ומשום שכוונת דבריו במה שאמר: "עד שייקצצו", היא לאמר: עד שייקצצו לעולם תהיין נטיעות אלו קדושות, ואפילו אחזור ואפדם מיד ההקדש - יחזרו ויקדשו.

ג. אל תאמר, כי היות ואמר "עד שיקצצו" דמשמע שלאחר שייקצצו שוב לא יהיו קדושות כלל - אכן יוצאות הנטיעות לחולין.

אין הדבר כן, כי אין באפשרותו להפקיע מעליהן את הקדושה ללא פדיון ש"קדושה לא פקעה בכדי", ולכן אף לאחר קציצה צריכות הן פדיון כשאר קדושת דמים, ומשפדאן יצאו לחולין ושוב לא יתקדשו.

ועולא

נחלק על החלק השלישי שבדברי בר פדא, ו

אמר

:

היות ואמר "עד שייקצצו" דמשמע נמי שלאחר קציצתן יצאו לחולין, לכן

כיון

שנקצצו, שוב אין פודן

, ומשום ד"קדושה פקעה בכדי" אם מתחילה לא החיל המקדיש קדושה אלא לזמן.

Traduction française

Voici ceux-ci

n'ont pas de pedioun,

c'est-à-dire : il n'existe pas de pedioun qui leur soit utile, car même si les propriétaires les rachètent eux-mêmes et qu'elles sortent en profane, elles reviennent aussitôt et redeviennent saintes.

Et les amoraïm dans la Guemara ont divergé : est-ce que leur sainteté est vraiment révoquée lorsqu'elles seront coupées, comme il a été dit, ou bien « la sainteté n'a pas pris fin en soi [gratuitement, sans contrepartie] », et elles ne sortent en profane qu'au moyen d'un pedioun, comme les autres saintetés liées au sang ?

Guemara :

Nous avons appris dans la Michna : voici que ces plantations sont un sacrifice si elles ne sont pas coupées etc., elles ont un pedioun.

La Guemara s'étonne de la formulation de notre Michna, qui a modifié le tanna : « elles ont un pedioun » :

Et qu'il n'ait écrit

la formulation du tanna

« saintes »

car c'est là la principale intention du tanna !?

Et nous modifions :

parce qu'il fallait changer dans la chute du texte

(car le tanna avait besoin de modifier la fin) : "

" "

"

: "Voici que ces plantations sont un sacrifice jusqu'à ce qu'elles soient coupées" "

", car elles sont assurément saintes, seulement il n'existe pas de pedioun efficace qui empêcherait que la sainteté ne revienne et ne s'applique à elles — Donc

le Tanna dit aussi

dans

la première partie : "

" elles ont un pedioun,

et cependant la principale intention du tanna est de dire qu'elles sont saintes.

Nous avons enseigné dans la Michna : voici que ces plantations sont un sacrifice si elles ne sont pas coupées ; ce talith est un sacrifice si elle n'est pas brûlée.

Et elles s'étonnent :

Comment est-ce un vœu ?

Comment son vœu portait-il sur les plantations ? Autrement dit : comment il a conditionné la consécration à la coupe des plantations, car si on le prend au pied de la lettre, il suspend sa consécration à une coupe indéterminée ; alors elles ne seraient jamais consacrées, puisque le sort des plantations est d'être coupées !?

Dit

expliqua

Amimar :

Notre Michna traite

de

qui

dit : "

" "

" si elles ne sont pas coupées aujourd'hui,

et elles sont saintes si

le jour est passé et

en effet

elles n'ont pas été coupées.

La Guemara s'étonne :

alors pourquoi le tanna

au tanna

a-t-il dit

cette loi, et n'est-ce pas

évident !?

Et nous avons modifié :

on n'en avait pas besoin

il n'était pas nécessaire que notre Michna nous enseigne que la consécration avait lieu sauf

dans un cas où il y a un vent violent

(un vent violent soufflait dans le monde), et il existait un risque que les plantations soient brisées et coupées) —

Avant que la Guemara ait fini son explication, elle démontre que c'est de cette manière que nous traitons la question, car

voici qu'il est enseigné concernent

même

le talith

qui fut consacré « si elle n'est pas brûlée »,

et

car

le talith est considéré comme destiné à la combustion

(elle est prête à être brûlée, comme les plantations sont susceptibles d'être coupées un jour), jusqu'au moment où il vient à l'esprit de leur propriétaire de la consacrer « si elle n'est pas brûlée » !?

Mais il est certain que la Michna traite bien du talith :

lorsqu'il y a

maintenant

une combustion

qui met en danger l'existence du talith ; c'est pourquoi les propriétaires suspendent la consécration à condition qu'elle ne soit pas brûlée.

Et

ici aussi

concernant les plantations, notre Michna traite des cas

où il y a

maintenant

un vent violent.

Et la Guemara achève son explication pour montrer quelle est la nouveauté en la matière, et même si les plantations et le talith sont menacés dans leur existence :

On penserait -

je dirais, si le tanna ne nous l'avait pas enseigné ainsi -

qu'il en découle

que le propriétaire des plantations et du talith

savait cela ,

c'est-à-dire : il est clair pour le propriétaire des plantations

qu'elles ne seront pas sauvées

(qu'elles n'échapperont pas)] (qu'elles ne seront pas préservées) de la tempête ou de l'incendie,

et

seulement

c'est pour cela qu'il a fait le vœu ,

et il n'avait pas l'intention ferme de les consacrer si elles devaient être effectivement sauvées ; si tel était le cas, je dirais que la consécration ne prendrait pas effet.

Par conséquent :

cela nous enseigne

que le tanna enseigne que si les plantations et le talith sont sauvés, alors elles sont saintes.

Nous avons appris dans la Michna :

Voici que ces plantations sont un sacrifice

jusqu'à ce qu'elles soient coupées — ou bien il a dit — « ce talith est un sacrifice jusqu'à ce qu'elle soit brûlée »,

n'ont pas de pedioun. La Guemara s'étonne :

et

n'est-il pas que

pour toujours ils n'auront pas de pedioun , or il est dit « jusqu'à ce qu'elles soient coupées » !?

Dit

expliqua

Bar Fada :

S'ils sont rachetés

les propriétaires qui ont consacré les plantations ou le talith, si ceux-ci les rachètent, elles sortent en profane et prennent leur pedioun et

reviennent et sont saintes,

et si de nouveau il rachète

(il les rachète)

alors elles de nouveau

reviennent et sont saintes,

ainsi toujours

jusqu'à ce qu'elles soient coupées,

et après

quand elles auront été coupées, un seul rachat suffit.

C'est-à-dire :

a. Ce que nous avons enseigné : « ils n'ont pas de pedioun » ne signifie pas « jamais » mais « jusqu'à ce qu'elles soient coupées », et c'est la réponse à l'étonnement de la Guemara : « pour toujours » .

b. Ne dites pas que ce que nous avons enseigné « ils n'ont pas de pedioun » veut dire que si on les rachète elles ne sortent pas du tout en profane et que la valeur monétaire n'emporte pas la sainteté comme dans d'autres rachats ; mais cela signifie que le pedioun des propriétaires n'est pas efficace pour les faire entièrement sortir du statut saint ; car si elles sont rachetées, leur sainteté est profanée et la valeur monétaire est attachée à la sainteté, et aussitôt elles reviennent et redeviennent saintes. Et l'intention de ses paroles « jusqu'à ce qu'elles soient coupées » est de dire : jusqu'à ce qu'elles soient coupées, ces plantations seront toujours saintes, et même si je reviens et les rachète immédiatement, elles redeviendront et seront consacrées.

c. Ne dites pas que parce qu'il est dit « jusqu'à ce qu'elles soient coupées » cela implique qu'après leur coupe elles ne seront plus du tout saintes — effectivement, les plantations sortent en profane.

Tel n'est pas le cas, car il n'est pas en son pouvoir d'enlever la sainteté sans un pedioun — « la sainteté n'a pas pris fin en soi » — et c'est pourquoi même après la coupe elles ont besoin d'un pedioun comme les autres saintetés attachées au sang ; et si on les rachète, elles sortent en profane et ne seront plus consacrées.

Et Oula

s'est opposé à la troisième partie des propos de Bar Fada, et

dit :

Puisqu'il dit « jusqu'à ce qu'elles soient coupées », ce qui implique aussi qu'après leur coupe elles sortiront en profane, donc

dès

qu'elles sont coupées, alors il n'y a plus de rachat ,

car « la sainteté a pris fin en soi » si le consacrant n'a imposé la sainteté que pour un temps.

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