Version texte de ce daf : original et traduction
Nédarim 23a (כג.) — le Talmud en français
Nédarim 23a (נדרים כג.): Comme ils avaient discuté de cette question pendant un long moment, les rayons du soleil pénétrèrent dans le lieu où siégeaient les Sages, et les Sages durent de temps à…
Texte original — Nédarim 23a (כג.)
כיון שדנו בענין זמן ממושך, נכנסו קרני השמש למקום מושבם של החכמים, והיו צריכים החכמים מידי פעם בפעם לשנות את מקום מושבם.
והוו מצטערי רבנן
לעבור
משימשא לטולא
ממקום שיש בו שמש לצל,
ומטולא לשימשא.
והיינו, שדנו בדבר זמן ממושך.
אמר ליה בטנית בריה דאבא שאול בן בטנית
פתח לנדרו:
מי
האם
נדרת
גם
אדעתא דמצערי רבנן
, בשעה שידונו בהתרת נדרך, ויתמשך הדיון עד שיצטרכו לשנות מקומם
מטולא לשימשא
מצל לשמש
ומשימשא לטולא
ומשמש לצל?
אמר: לא!
ושריוה
, התירוהו על סמך פתח זה.
רבי ישמעאל בר רבי יוסי הוה ליה נדרא למישרא
.
אתא לקמייהו דרבנן
.
אמרו ליה
פתח לנדרו:
נדרת אדעתא דהכי?
והראו בפניו פתח מסויים.
אמר להו: אין.
וחזרו למצוא לו פתח אחר: האם
נדרתא אדעתא דהכי?
אמר להו: אין
.
וכך שאלו אותו בנסיון למצוא לו פתח, וכך ענה להם שנדר גם על דעת כן,
כמה זימנין.
כיון דחזא
, שראה
ההוא קצרא
, כובס שעבר שם,
דמצטערי רבנן
כדי למצוא לו פתח,
מחייה
, הכהו הכובס
באוכלא דקצרי,
בכלי הכובסים.
אמר
רבי ישמעאל ברבי יוסי:
אדעתא דמחי לי
שיכה אותי
קצרא
-
לא נדרי, ושריה לנפשיה.
אמר ליה
תמה
רב אחא מדיפתי לרבינא
: הרי
האי
מעשה שהכהו הכובס, הרי "
נולד
"
הוא,
היות
דלא מסיק
כלל
אדעתיה
בשעת נדרו
דמחי
שיכה
ליה קצרא
.
ותנינא: אין פותחין לו
להתיר נדרו
ב
פתח של "
נולד
", שהוא דבר שהתחדש אחר הנדר ואינו מצוי.
כי אי אפשר לפתוח לו בפתח של טעות, שאילו היה חושב בשעת הנדר על מצב שכזה הוא לא היה נודר, אלא אם היה יכול להעלותו על הדעת, וטעה בכך שלא העלהו על הדעת בשעת נדרו.
אבל דבר שלא היה יכול להעלות על הדעת בשעה שנדר, והתחדש אותו דבר אחר כך, אין זה טעות בשעת הנדר, ולכן היא אינה יכולה לשמש פתח להתרת נדרו!
אמר ליה
רבינא:
האי, לאו נולד הוא,
כיון
דשכיחי אפיקורי
אפיקורסים
דמצערי רבנן.
והנודר יכול להעלות על דעתו מצב שיכוהו.
דביתהו
אשתו
דאביי הוה לה ההיא ברתא,
והתווכחו ביניהם למי יש להשיאה לאשה.
הוא אמר לקריבאי,
לקרוב שלי יש להשיאה.
ו
היא אמרה לקריבה
, לקרוב שלי.
אמר לה
אביי:
תיתסרא הנאתי עלך, אי עברת אדעתאי, ומינסבת לה
, ותשיאי את בתי
לקריבך
, לקרובך.
אזלת
, הלכה
ועברת על דעתיה
דאביי,
ואינסבא לקריבה
.
אתא
אביי
לקמיה דרב יוסף
להתיר נדרו.
אמר ליה: אילו הוה ידעת ד
אשתך
עברת
תעבור
על דעתך ומנסבא לה לקריבה, מי אדרתה?
אמר
אביי:
לא! ושרייה רב יוסף.
והוינן בה:
ומי שרי כי האי גוונא
להתיר את הנדר בפתח מחמת שעברה על דבריו וחל הנדר, ולא מחמת סיבה אחרת? והרי כל מה שהוא נדר, נועד למנוע את המעשה שלה, שהרי בשביל זה הדירה, וכיצד העבירה על דבריו תהווה פתח לומר שעל דעת כן הוא לא נדר!?
ומשנינן:
אין,
גם זה הוא פתח, כי אמנם הדירה כדי למנוע ממנה להשיאה לקרובה, אך הוא חשב כי הנדר יספיק למונעה, ולא חשב שתעבור על רצונו ויחול הנדר.
וה
ראיה לכך מד
תניא: מעשה באדם אחד שהדיר את אשתו מלעלות לרגל, ועברה על דעתו ועלתה לרגל, ובא לפני רבי יוסי
.
אמר לו: ואילו היית יודע שעוברת על דעתך ועולה לרגל, כלום הדרתה?
אמר לו: לא
.
והתירו רבי יוסי.
מתניתין:
רבי אליעזר בן יעקב אומר: אף הרוצה להדיר את חבירו
מנכסיו כדי
שיאכל אצלו
, שמתכוון לזרזו שיאכל אצלו, ואם לא יאכל אצלו הוא יאסור עליו את נכסיו בקונם מלהנות ממנו, אך למעשה הוא רוצה שלא יחול נדרו - ימסור לו הודעה על כך, ו
יאמר לו: כל נדר שאני עתיד לידור
כלפיך -
הוא בטל!
ובלבד שיהא זכור בשעת הנדר
מהודעתו זאת.
ויתבאר בגמרא שהסיפא הוא ענין בפני עצמו.
גמרא:
והוינן בה: מה הועיל הלה בנדרו אחרי מסירת הודעה שכזאת לחברו?
ו
הרי
כיון דאמר
לחברו "
כל נדר שאני עתיד לידור, יהא בטל
",
לא שמע ליה
חברו,
ולא אתי בהדיה
, ולא יבוא לאכול עמו גם אם הוא יאסור עליו את נכסיו בנדר, שהרי מראש הוא ביטל את נדרו.
Traduction française
Comme ils avaient discuté de cette question pendant un long moment, les rayons du soleil pénétrèrent dans le lieu où siégeaient les Sages, et les Sages durent de temps à autre changer de place.
Et les rabbins étaient incommodés
de passer
du soleil à l’ombre
d’un endroit où il y avait du soleil à l’ombre,
et de l’ombre au soleil.
C’est-à-dire qu’ils discutèrent de cette question pendant un long moment.
Batenit, fils d’Abba Chaoul fils de Batenit, lui dit
une ouverture pour son vœu :
Est-ce que
— c’est-à-dire :
as-tu fait vœu
également
avec l’intention d’incommoder les rabbins,
au moment où ils discuteraient de la levée de ton vœu, et où la discussion se prolongerait jusqu’à ce qu’ils doivent changer de place,
de l’ombre au soleil,
de l’ombre au soleil,
et du soleil à l’ombre,
et du soleil à l’ombre ?
Il dit : Non !
Et ils le délièrent,
ils levèrent son vœu en se fondant sur cette ouverture.
Rabbi Ichmaël fils de Rabbi Yossi avait un vœu à faire délier.
Il vint devant les rabbins.
Ils lui dirent,
une ouverture pour son vœu :
As-tu fait vœu avec cette intention ?
et ils lui montrèrent devant lui une certaine ouverture.
Il leur dit : Oui.
Et ils cherchèrent à nouveau une autre ouverture pour lui : c’est-à-dire :
as-tu fait vœu avec cette intention ?
Il leur dit : Oui.
Ainsi, ils l’interrogèrent de la sorte, en essayant de lui trouver une ouverture, et il leur répondit de la sorte qu’il avait également fait vœu avec cette intention,
plusieurs fois.
Lorsqu’il vit,
qu’il avait vu
un certain foulon,
un blanchisseur qui passait là,
que les rabbins étaient incommodés
pour lui trouver une ouverture,
il le frappa,
le blanchisseur le frappa
avec un ustensile de blanchisseur,
avec l’ustensile des blanchisseurs.
Rabbi Ichmaël fils de Rabbi Yossi
dit :
avec l’intention qu’il me frappe,
qu’il me frappe,
un foulon —
ce n’est pas mon vœu, et il se le permit à lui-même.
Rav A’ha de Difti dit
avec étonnement
à Ravina :
voici
ce
fait au cours duquel le blanchisseur le frappa ; voici qu’un «
fait nouveau
est »,
puisque
il n’avait absolument pas envisagé
du tout
dans son esprit
au moment de son vœu
qu’il le frappe,
qu’il le frappe,
un foulon.
Et nous avons appris : on ne lui trouve pas d’ouverture
pour lever son vœu
par
une ouverture de
« fait nouveau »,
qui est une chose apparue après le vœu et qui n’est pas courante.
Car il est impossible de lui trouver une ouverture fondée sur l’erreur : si, au moment du vœu, il avait pensé à une situation de ce genre, il n’aurait pas fait vœu ; mais seulement si cette situation avait pu lui venir à l’esprit, et qu’il s’était trompé en ne l’ayant pas envisagée au moment de son vœu.
Mais une chose qu’il ne pouvait pas envisager au moment où il a fait vœu, et qui est apparue seulement par la suite, ne constitue pas une erreur au moment du vœu ; elle ne peut donc pas servir d’ouverture pour lever son vœu !
Ravina lui dit
:
ceci n’est pas un fait nouveau,
puisque
les hérétiques sont nombreux
les épicuriens
qui incommodent les rabbins.
Et celui qui fait vœu peut envisager une situation dans laquelle on le frapperait.
La femme
d’
Abayé avait une fille,
et ils se disputèrent entre eux à qui il fallait la donner en mariage.
Lui dit : À mon proche,
il faut la donner à mon proche.
Et
elle dit : À son proche,
à mon proche.
Il lui dit
Abayé :
Que mon bénéfice te soit interdit, si tu passes outre à mon avis et la maries,
et que tu maries ma fille
à ton proche,
à ton proche.
Elle alla
— elle partit —
et passa outre à son avis,
d’Abayé,
et la maria à son proche.
Abayé vint
Abayé
devant Rav Yossef
pour faire lever son vœu.
Il lui dit : si tu avais su que
ta femme
passerait
outre
à ton avis et la marierait à son proche, l’aurais-tu soumise à un vœu ?
Abayé
dit :
Non ! Et Rav Yossef leva son vœu.
Et nous nous interrogeons à ce sujet :
permet-on de cette manière,
de lever le vœu grâce à une ouverture fondée sur le fait qu’elle a transgressé ses paroles et que le vœu s’est appliqué, et non en raison d’une autre cause ? Pourtant, tout ce qu’il a interdit par vœu était destiné à empêcher son acte, puisque c’est pour cela qu’il lui a interdit de tirer profit de ses biens ; comment le fait qu’elle ait transgressé ses paroles pourrait-il constituer une ouverture permettant de dire qu’avec cette intention il n’aurait pas fait vœu ?
Et nous répondons :
Oui,
cela aussi constitue une ouverture ; certes, il lui a interdit de tirer profit de ses biens afin de l’empêcher de la marier à son proche, mais il pensait que le vœu suffirait à l’en empêcher, et il n’avait pas pensé qu’elle passerait outre à sa volonté et que le vœu s’appliquerait.
Et
la preuve en est
dans ce qui est enseigné : Un homme avait interdit par vœu à sa femme de monter à Jérusalem pour la fête ; elle passa outre à son avis et monta pour la fête, et vint devant Rabbi Yossi.
Il lui dit : Et si tu avais su qu’elle passerait outre à ton avis et monterait pour la fête, l’aurais-tu soumise à un vœu ?
Il lui dit : Non.
Et Rabbi Yossi leva son vœu.
Michna :
Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : même celui qui veut interdire par vœu à son prochain
ses biens afin
qu’il mange chez lui,
qui a l’intention de le stimuler à manger chez lui, et qui, s’il ne mange pas chez lui, lui interdira par vœu ses biens, sous forme de konam, de tirer profit de lui, mais qui en réalité veut que son vœu ne s’applique pas — lui fera part de cela et
lui dira : Tout vœu que je suis appelé à faire
à ton égard
est annulé !
À condition qu’il s’en souvienne au moment du vœu
de cette déclaration.
Et il sera expliqué dans la Guemara que la fin de la Michna constitue un sujet distinct.
Guemara :
Et nous nous interrogeons à ce sujet : à quoi lui a servi son vœu, après avoir fait à son prochain une telle déclaration ?
Et
voici que
puisqu’il a dit
à son prochain : «
Tout vœu que je suis appelé à faire sera annulé »,
il ne l’écoutera pas
son prochain,
et ne viendra pas avec lui,
et il ne viendra pas manger avec lui, même s’il lui interdit par vœu ses biens, puisque d’emblée il a annulé son vœu.