Version texte de ce daf : original et traduction

Nédarim 21a (כא.) — le Talmud en français

Nédarim 21a (נדרים כא.): Guemara : Nous avons appris dans la Michna : Les Sages ont permis quatre vœux et etc. Rabbi Abba bar Memel dit à Rabbi Ami : Tu nous as dit au nom de Rabbi Yehouda le Nassi…

Texte original — Nédarim 21a (כא.)

גמרא:

שנינו במשנה:

ארבעה נדרים התירו חכמים

ו

כו'.

אמר ליה רבי אבא בר ממל לרבי אמי: אמרת לן משמיה דרבי יהודה נשיאה: מאן תנא

משנת

ארבעה נדרים?

-

רבי יהודה היא, דאמר משום רבי טרפון

: שנים שהיו מהלכים בדרך וראו אדם שלישי, ואמר אחד מהם: הריני נזיר אם זה איש פלוני הוא, ואמר השני הריני נזיר אם זה אינו איש פלוני -

לעולם אין אחד מהן נזיר, לפי

שתלו נזירותם בתנאי בדבר שהוא ספק להם, וכל נזירות הנעשית בספק אינה נזירות היות

שלא ניתנה נזירות אלא להפלאה.

שצריך להביע בקבלת הנזירות דבר מפורש ומוחלט, ולא דבר מסופק.

והוא הדין לנדרים, כיון שהוקשו נדרים לנזירות, הם אינם חלים כשהם נעשים בצורה מסופקת, וכיון שהתנו את נדרם במחיר המקח ולא עשאוהו כדבר מוחלט, לא חל הנדר.

רבא אמר: אפילו תימא

, יכול אתה לומר שמשנתנו גם לפי

רבנן

היא, הסוברים שנזירות ונדר חלים גם בתנאי, ובכל זאת כאן לא חל נדרם, לפי שאמדו חכמים את דעתם, שלא התכוונו לנדר בשעה שנדרו, אלא אמרו כן, כדי לזרז את הצד שכנגד להסכים למחיר שלהם.

כי

מי קתני שניהן

"

רצו

" עתה, שהסכימו לבסוף על שלשה דינרים, למרות שבתחילה עמדו על דעתם, ואז נדרו!?

שניהן

"

רוצין

" בשלשה דינרים

קתני!

שכך גם היתה דעתם מתחילה ועד סוף, ואמרו את נדרם רק כדי לזרז את הצד שכנגד.

אמר

שאל

ליה רבינא לרב אשי

: אם

אמר לו

המוכר שהמחיר הוא

טפי

יותר

מסלע, והלה

הקונה

אמר

מחיר שהוא מוכן לשלם

בציר

פחות

משקל

האם

נדרא הוי, או זרוזין

גרידא

הוי?

כי בסלע יש שני שקלים, ואם אמר המוכר שהוא דורש יותר מסלע והקונה מוכן לשלם פחות משקל, נמצא שההפרש מהם הוא יותר מפי שניים, והאם גם בהפרש שכזה נחשב הדבר לנדר זירוזין או שהם מתכוונים ברצינות לנדרם?

אמר ליה

רב אשי,

תנינא

, אפשר לפתור את שאלתך מדברי הברייתא:

דתניא:

היה מסרב בחבירו שיאכל אצלו, ואמר לו

"

קונם ביתך שאני נכנס

", או "קונם

טיפת צונן שאני טועם

" -

מותר ליכנס לביתו ולשתות הימנו צונן,

לפי

שלא נתכוון זה

שנדר הנאה

אלא לשום

להמנע ממנו מ

אכילה ושתיה

ממש. על אף שבדבריו הוא אמר שלא יהנה ממנו כלל.

ואמאי

מותר לו לשתות ממנו מים צוננים?

והא

אפילו "

טיפת צונן

"

קאמר

בקונם שלא ישתה ממנו!

אלא, משתעי איניש הכי,

ככה אנשים מדברים, ואינם מתכוונים לאסור בקונם אפילו כשהם מדברים בצורה כה קיצונית, שאפילו טיפת מים הם אוסרים על עצמם, אין כוונתם לאיסור.

הכא נמי

, על אף שיש הפרש גדול ביניהם, שזה דורש יותר מסלע וזה מסכים לפחות משקל, אין כוונתם לנדור בדוקא, אלא

משתעי איניש הכי!

Traduction française

Guemara :

Nous avons appris dans la Michna :

Les Sages ont permis quatre vœux

et

etc.

Rabbi Abba bar Memel dit à Rabbi Ami : Tu nous as dit au nom de Rabbi Yehouda le Nassi : qui est le tan###

de la Michna des

quatre vœux ? -

C’est Rabbi Yehouda, qui a dit au nom de Rabbi Tarfon :

deux hommes qui marchaient en chemin virent un troisième homme, et l’un d’eux dit : « Me voici nazir si celui-ci est untel », tandis que le second dit : « Me voici nazir si celui-ci n’est pas untel » -

jamais l’un d’eux ne devient nazir, car

ils ont suspendu leur naziréité à une condition qui leur est incertaine, et toute naziréité faite dans l’incertitude n’est pas une naziréité, puisque

la naziréité n’a été donnée que pour une déclaration explicite.

Il faut qu’au moment d’accepter la naziréité, on exprime une chose claire et absolue, et non une chose incertaine.

Il en va de même pour les vœux : puisqu’il existe une mise en parallèle entre les vœux et la naziréité, ils ne prennent pas effet lorsqu’ils sont formulés d’une manière incertaine ; et puisqu’ils ont conditionné leur vœu au prix de la marchandise et ne l’ont pas présenté comme une chose absolue, le vœu n’a pas pris effet.

Rava dit : Même si tu dis,

tu peux dire que notre Michna est également selon

les Sages,

qui estiment que la naziréité et le vœu prennent effet même sous condition ; néanmoins, ici leur vœu n’a pas pris effet, car les Sages ont évalué leur intention : ils n’avaient pas l’intention de faire un vœu au moment où ils l’ont formulé, mais ils ont parlé ainsi afin d’inciter l’autre partie à accepter leur prix.

Car

enseigne-t-on « tous deux

voulurent »

à présent, puisqu’ils se sont finalement accordés sur trois dinars, bien qu’au début chacun soit resté sur sa position, et qu’alors ils aient formulé leur vœu !?

« Tous deux

veulent

trois dinars

enseigne-t-on !

Telle était aussi leur intention depuis le début jusqu’à la fin, et ils n’ont formulé leur vœu que pour inciter l’autre partie.

Il dit

demanda

Ravina à Rav Achi :

si

le vendeur lui dit

que le prix est

davantage

que

un séla, et l’autre

l’acheteur

dit

un prix qu’il est prêt à payer

moins

que

le chékel -

est-ce

un véritable vœu, ou une incitation

seulement

est-ce ?

Car un séla contient deux chékalim ; si le vendeur dit qu’il demande plus d’un séla et que l’acheteur est prêt à payer moins d’un chékel, il se trouve que l’écart entre eux est supérieur au double ; une telle différence est-elle également considérée comme un vœu d’incitation, ou bien ont-ils l’intention de prendre leur vœu au sérieux ?

Il lui dit

Rav Achi :

Nous avons appris,

il est possible de résoudre ta question à partir des paroles de la baraïta :

Comme il est enseigné :

Il insistait auprès de son ami pour que celui-ci mange chez lui, et il lui dit «

Que soit konam pour moi ta maison : j’y entrerai »,

ou « Konam,

une goutte de liquide froid : j’en goûterai » -

il lui est permis d’entrer dans sa maison et d’y boire de l’eau fraîche,

car

celui-ci n’avait pas l’intention

de faire un vœu d’interdiction de bénéfice

mais seulement

de s’en abstenir, de

manger et de boire

réellement, bien que dans ses paroles il ait dit qu’il n’en tirerait absolument aucun bénéfice.

Et pourquoi

lui est-il permis d’en boire de l’eau fraîche ?

Mais

même «

une goutte de liquide froid »

a-t-il dit, en faisant le vœu de ne pas en boire !

C’est plutôt que les gens parlent ainsi,

les gens parlent de cette manière et n’ont pas l’intention d’interdire par konam, même lorsqu’ils parlent d’une manière aussi extrême qu’ils s’interdisent jusqu’à une goutte d’eau : telle n’est pas leur intention d’interdire.

Ici également,

bien que l’écart entre eux soit grand, que l’un demande plus d’un séla et que l’autre accepte moins d’un chékel, ils n’ont pas l’intention de faire précisément un vœu, mais

les gens parlent ainsi !

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