Version texte de ce daf : original et traduction
Nazir 6a (ו.) — le Talmud en français
Nazir 6a (נזיר ו.): Sauf Bar Peda que le décompte des jours de la nazirut se termine le cinquante‑neuvième jour, Objection à cette Mishna, car pourquoi ne raserait‑il pas au soixantième jour qui est…
Texte original — Nazir 6a (ו.)
אלא לבר פדא
שנסתיימו מנין ימי הנזירות ביום החמשים ותשע,
קשיא
משנה זו, כי למה לא יגלח ביום הששים שהוא יום השלשים למנין נזירות שניה!?
ומשנינן:
אמר לך
בר פדא
סיפא מסייעא
לי:
ששנינו בסיפא:
ואם גילח את הראשונה ליום שלשים, מגלח את השניה
לכתחילה -
ליום ששים
, הרי מבואר שיכול בדיעבד לגלח את הראשונה ביום שלשים, והיינו כבר פדא.
אלא
ודאי כיון ד
סיפא מסייעא ליה
, בהכרח ד
רישא
שאינו מגלח את השניה אלא ביום השלשים ואחד -
נעשה כאומר שלימים
, כלומר: גזירה אטו אמר "שלשים יום שלמים".
ולרב מתנא קשיא סיפא
, שמבואר בה שאם גילח את הראשונה ביום שלשים - יצא!?
אמר לך רב מתנא
:
סיפא
: "
יום שלשים עולה לכאן ולכאן
", כלומר: תחלת יום שלשים של נזירות ראשונה אומרים בה "מקצת היום ככולו" ולכן אם גילח ביום זה יצא, וסוף אותו יום עצמו עולה גם לתחלת מנין נזירות השניה, ולכן זמן הגילוח של הנזירות השניה - כשגילח ביום שלשים - הוא אף לכתחילה ביום ששים, שהוא יום השלשים ואחד לנזירות שניה.
תמהה הגמרא על תירוצו של רב מתנא:
מאי היא
, כלומר: מאי קא משמע לן התנא שאמר "ואם גילח את הראשונה ליום שלשים מגלח את השניה ליום ששים" ד"
מקצת היום ככולו
", וכפי שנתבאר!?
ו
הא אמרה
כבר התנא
חדא זימנא
ברישא שאם גילח ביום שלשים יצא משום שמקצת היום ככולו, ולמה הוצרך התנא להשמיענו זאת עוד בסיפא!?
ומשנינן: חידוש יש בדבר, כי
מהו דתימא הני מילי
שמקצת מיום השלשים עולה לו ליום נזירות
לענין חדא נזירות
שיכול לגלח אחר מקצת היום -
אבל
שיעלה יום השלשים
לשתי נזירות
תחלתו להשלמת נזירות ראשונה, וסופו לתחלת נזירות שניה -
לא
.
לכן
קא משמע לן
משנתנו שאף לשתי נזירות עולה יום השלשים.
עוד מקשה הגמרא על בר פדא מהא ד
תנן
באותה משנה:
"ואם גילח את הראשונה ליום שלשים מגלח את השניה ליום ששים, ו
אם גילח יום ששים חסר אחד
-
יצא, שיום שלשים
[של נזירות ראשונה]
עולה לו מן המנין
" של הנזירות השניה.
בשלמא לרב מתנא, ניחא
שהוצרך התנא ליתן טעם לדבריו שגילוח ביום ששים חסר אחד מועיל, שהוא מפני שיום השלשים של נזירות הראשונה עולה לו מן המנין של נזירות שניה, דהיינו שהוא עולה לכאן ולכאן.
אלא לבר פדא, למה לי
ליתן טעם להכשר הגילוח ביום ששים חסר אחד שהוא מפני שיום השלשים עולה לו מן המנין!?
ו
הא אמר
בר פדא שסתם נזירות היא
שלשים
יום
חסר אחד
והגילוח הוא ביום השלשים, ומאחר שגילח ביום שלשים של נזירות ראשונה, הרי פשיטא שמתחיל מנין הנזירות של השניה אחר הגילוח [ויום ל שלה הוא ביום הששים חסר אחד], וכשאר מי שמקבל עליו נזירות בחצי היום, שעולה לו מקצת יום ראשון ככולו, ולא שמענו בשום מקום שיאמר התנא "שיום ראשון עולה לו מן המנין"!?
אמר לך
בר פדא:
אנא נמי אהא סמכי
[אף אני מכאן הוא שלמדתי שנזירות היא כ"ט יום בלבד], כי מאחר שיום שלשים זה מחשיבו התנא כראשון למנין נזירות שניה ודאי שאין הוא עולה לסוף נזירות שניה, כי לא מסתבר שיקל התנא כל כך להחשיבו לכאן ולכאן.
עוד מקשה הגמרא לבר פדא מהא ד
תנן
באותה משנה:
מי שאמר
"
הריני נזיר
" ו
נטמא יום שלשים
קודם הבאת הקרבנות, הרי זה
סותר את הכל
.
בשלמא לרב מתנא, ניחא
שהוא סותר את הכל, כי ביום השלשים עד שלא הביא קרבנותיו עדיין בימי נזירותו הוא עומד.
אלא לבר פדא
הסובר שכבר נשלמה נזירותו ביום כ"ט,
קשיא
משנה זו, למה יסתור את הכל מי שנטמא ביום שלשים שהוא אחר נזירותו!?
Traduction française
Sauf Bar Peda
que le décompte des jours de la nazirut se termine le cinquante‑neuvième jour,
Objection
à cette Mishna, car pourquoi ne raserait‑il pas au soixantième jour qui est le trentième jour pour le décompte de la seconde nazirut !?
Nous reprenons :
Je te dis
Bar Peda
la fin vient en aide
à moi :
que nous avons dit dans la suite :
Si [il] rase la première au trentième jour, il rase la seconde
— a priori —
au jour soixante
; donc il est manifeste qu'il est possible, a posteriori, de raser la première au trentième jour, et ceci est déjà l'avis de Bar Peda.
Mais
certainement puisque
la fin lui vient en aide
nécessairement que
le début
qui ne rase la seconde que le jour trente et un
devient comme s'il disait "des jours entiers" ,
c'est‑à‑dire : gzera ou bien il dit «trente jours entiers».
Et pour Rav Metana la fin est problématique,
ce qui est clarifié par là que si on a rasé la première le trentième jour — il est libéré !?
Rav Metana te dit :
La fin :
Le trentième jour compte pour l'un et pour l'autre
— c'est‑à‑dire : on dit pour le commencement du trentième jour de la première nazirut «une partie du jour vaut pour tout le jour», et donc si l'on s'est rasé ce jour‑là il est libéré ; et la fin de ce même jour vaut aussi pour le commencement du décompte de la seconde nazirut ; et donc le temps du rasage de la seconde nazirut — quand il rase au trentième jour — est même a priori le jour soixante, qui est le trentième et unième jour pour la seconde nazirut.
La Gemara s'étonne de la réponse de Rav Metana :
Que signifie‑t‑elle ?
c'est‑à‑dire : que veut nous dire le tanna qui a dit «si [il] rase la première au trentième jour, il rase la seconde au jour soixante», que
une partie du jour vaut pour tout le jour
comme il a été expliqué !?
Et
il a déjà dit
que le tanna au début qu'
une seule fois
si on a rasé le trentième jour il est libéré parce que «une partie du jour vaut pour tout le jour», et pourquoi le tanna a‑t‑il eu besoin de le répéter encore dans la suite !?
Et nous répétons : il y a nouveauté en cela, car
Que pourrais‑tu penser de ces paroles ?
que la partie du trentième jour vaut pour le jour de la nazirut
en ce qui concerne une seule nazirut
de sorte qu'il puisse raser après la partie du jour —
mais
que le trentième jour
ne vaut pas pour deux nazirut
— son début pour l'achèvement de la première nazirut, et sa fin pour le commencement de la seconde nazirut —
non.
Donc
il nous signifie
par notre Mishna que le trentième jour compte même pour deux nazirut.
La Gemara oppose encore à Bar Peda à partir de ce que
la Mishna enseigne
dans cette même Mishna : "et si il rase la première au trentième jour il rase la seconde au jour soixante, et
si il s'est rasé le jour soixante moins un —
il est libéré, car le trentième jour
[du décompte de la première nazirut]
entre dans son calcul"
de la seconde nazirut.
D'accord pour Rav Metana, cela convient
— il fallait que le tanna donne une raison pour dire que le rasage le jour soixante moins un est efficace, à savoir parce que le trentième jour de la première nazirut entre dans le calcul de la seconde nazirut, c'est‑à‑dire qu'il compte ici et là.
Mais pour Bar Peda, pourquoi donc
donner une raison pour valider le rasage au jour soixante moins un parce que le trentième jour entre dans le calcul !?
Et
il a dit
Bar Peda que la nazirut ordinaire est
trente
jours
moins un
et le rasage est le trentième jour ; et comme il s'est rasé le trentième jour de la première nazirut, il est évident que le décompte de la seconde nazirut commence après le rasage (et son premier jour est le jour soixante moins un), et comme pour celui qui accepte la nazirut à la moitié du jour à qui la partie du premier jour compte pour un tout, et nous n'avons nulle part entendu que le tanna aurait dit «que le premier jour entre dans son calcul» !?
Je te dis
Bar Peda :
Moi aussi voilà ce sur quoi je m'appuie
[je tire aussi d'ici que j'ai appris que la nazirut est seulement vingt‑neuf jours], car puisque le tanna considère ce trentième jour comme le premier pour le calcul de la seconde nazirut, il est certain qu'il n'est pas compté pour la fin de la seconde nazirut, car il n'est pas vraisemblable que le tanna soit à ce point indulgent pour le considérer ici et là.
La Gemara oppose encore à Bar Peda à partir de ce que
la Mishna enseigne
dans cette même Mishna :
Celui qui a dit "
'Je me déclare nazir'"
et
est rendu impur le trentième jour
avant l'apport des sacrifices,
cela contredit tout."
D'accord pour Rav Metana, cela convient
qu'il contredit tout, car le trentième jour, jusqu'à ce qu'il apporte ses sacrifices, il compte encore parmi ses jours de nazirut.
Mais pour Bar Peda
qui soutient que sa nazirut a déjà été achevée le vingt‑neuvième jour,
Objection
à cette Mishna : pourquoi contredirait‑il tout celui qui est rendu impur le trentième jour, qui est après sa nazirut !?