Version texte de ce daf : original et traduction

Nazir 14a (יד.) — le Talmud en français

Nazir 14a (נזיר יד.): Si tu veux dire que la naziréité courte n’a pas l’intention de l’interrompre, puisque dix jours seulement, qui ne suffisent pas à constituer la durée d’une naziréité, sont ceux…

Texte original — Nazir 14a (יד.)

אם תמצי לומר

שב

נזירות מועטת

אין דעתו להפסיקה,

כיון דעשרה יומין

בלבד, שאין בהם כדי שיעור נזירות,

הוא דיתירין

[נותרו] אחר שיסיים את הנזירות השניה -

לפיכך

לא סליק ליה הלין עשרה ודאי

, כלומר: אין ראויים עשרה ימים אלו שאין בהם שיעור נזירות להצטרף לחצי הנזירות שהחל בה, ולכן אין רצונו להפסיק -

אבל

נזיר

שנזר נזירות מרובה של

מאה יום, כיון דאית ליה תמנין

[שמונים]

יומין לבסוף

שהוא צריך להשלים לנזירות ראשונה,

סלקין ליה

ראויים הם להצטרף לימי הנזירות שכבר מנה, ואם כן יש לומר שדעתו להתחיל מיד ואינו מקפיד על ההפסק, כפי שאכן משמע מלשונו -

אי לא

דעתו להפסיק בנזירותו? ומוסיף רבא ומסתפק:

ב.

ואם תמצי לומר

שבנזירות מרובה

חיילי

הנזירות מעכשיו, ואף שיצטרך להפסיקה -

אם

אמר

: "

הריני נזיר לאחר עשרים יום, ומעכשיו נזיר לעולם

",

מהו, מי חיילא עליה

מעכשיו נזירות עולם,

אי לא?

ומשום שיש לומר: דוקא הפסק בנזירותו על ידי נזירות דומה לא איכפת לו, כיון שגם בשעה שמפסיק נוהג הוא נזירות כעין זו שנדר -

אבל כשנזר עכשיו "נזירות עולם" ולאחר עשרים יום קיבל עליו סתם נזירות, יש לומר שאינו רוצה להפסיק את נזירות העולם שלו במין נזירות אחרת.

ומוסיף רבא ומסתפק:

ג. ו

אם תמצי לומר

, ד

הכא

כשקיבל על עצמו מעכשיו נזירות עולם,

כיון דאפשר לאיתשולי

[להשאל] על נזירות השניה שקיבל עליו ואז לא יהא צריך להפסיק את הנזירות שקיבל עכשיו, לכן

חיילא

נזירות זו מעכשיו, שהרי בידו היה שלא יהיה הפסק בנזירותו, ולכן אפילו אם לא נשאל עליה הרי הוא נוהג אותה.

אבל אם

אמר

: "

הריני נזיר כשמשון

שגם היא סוג נזירות אחרת מזו שמקבל עכשיו, אבל אינה בשאלה -

לאחר עשרים יום, ומעכשיו נזיר סתם

",

מהו?

כי

הכא

ד

לא אפשר לאיתשולי

על נזירות שמשון הבאה להפסיקו,

מי חיילא

נזירות סתם שנזר עכשיו,

או לא

, כיון שלא מסתבר שהיה רצונו להפסיק את נזירותו שמקבל עכשיו בסוג נזירות אחרת דהיינו נזירות שמשון?

ומוסיף רבא ומסתפק בענין אחר של נזירות:

ד.

אמר

אדם: "אהא

כמשה

[כדורו של משה]

בשבעה באדר

",

מאי

דינו אם נזיר הוא או לא?

כי משה רבינו נולד בשבעה באדר ואף מת בו, וביום הוולדו ודאי שמחו שמחה גדולה, וביום מותו מסתמא רבים נדרו בנדר ורבו נזירים בישראל מחמת צער - והספק הוא, כיצד לפרש את לשונו, אם כוונתו להיות בשמחה גדולה כיום הוולדו של משה בשבעה באדר, או שכוונתו להיות נזיר כיום מותו של משה בשבעה באדר.

פושטת הגמרא:

פשוט מיהא קמייתא

[יש לפשוט את השאלה הראשונה של רבא בנזירות מרובה]:

מהא דתניא בהדיא: "

הריני נזיר לאחר עשרים יום, ומעכשיו מאה יום

":

הרי זה

מונה עשרים

יום לנזירות מאת הימים,

ואחר כך מונה שלשים

יום בשביל נזירות שניה,

ואחר כך

שב ו

מונה שמונים

יום שחסרו לו,

כדי להשלים נזירות ראשונה

.

הרי שעל כל פנים בנזירות מרובה חלה הנזירות עכשיו.

שנינו במשנה: הריני נזיר כשיהיה לי בן ונזיר, התחיל למנות את שלו ואחר כך נולד לו בן, מניח את שלו ומונה את של בנו ואחר כך משלים את שלו:

ומביאה הגמרא מחלוקת אמוראים במי שעשה כדין המשנה, ו

נטמא בימי

ניהוג נזירות של

בנו

שהיא באמצע הנזירות שלו:

רבי יוחנן אומר

: הרי זה

סותר

את שתי הנזירויות, גם את זו שלו שהפסיק באמצעה, וחוזר - לאחר טהרתו - למנות את שתיהן.

ריש לקיש אמר: אינו סותר

את הנזירות שהפסיק באמצעה אלא את נזירות בנו אותה הוא נוהג בשעת הטומאה.

ומפרשת הגמרא את טעמיהם:

רבי יוחנן אמר: סותר

אף את הנזירות שלו, כי הנזירות שלו עם הנזירות של בנו שהוא נוהג באמצע הנזירות שלו, הכל

חדא נזירות אריכתא היא

[נזירות אחת ארוכה היא].

ריש לקיש אמר: אינו סותר

, כי אין כאן נזירות אחת ארוכה, אלא:

נזירות דידיה לחוד, ודבריה לחוד

[שלו לחוד ושל בנו לחוד].

Traduction française

Si tu veux dire

que

la naziréité courte

n’a pas l’intention de l’interrompre,

puisque dix jours

seulement, qui ne suffisent pas à constituer la durée d’une naziréité,

sont ceux qui restent [après qu’il aura achevé la seconde naziréité] -

c’est pourquoi

ces dix jours ne s’additionnent certainement pas à son compte,

c’est-à-dire : ces dix jours, qui ne contiennent pas la durée d’une naziréité, ne sont pas aptes à s’ajouter à la moitié de la naziréité qu’il avait commencée ; il ne désire donc pas l’interrompre -

Mais

un nazir

qui a assumé une longue naziréité de

cent jours, puisqu’il lui reste quatre-vingts

[quatre-vingts]

jours à la fin

qu’il doit ajouter à la première naziréité,

s’additionnent à son compte

ils sont aptes à s’ajouter aux jours de naziréité qu’il a déjà comptés ; il faut donc dire qu’il a l’intention de commencer immédiatement et qu’il ne se soucie pas de l’interruption, comme cela ressort effectivement de ses paroles -

Sinon,

a-t-il l’intention d’interrompre sa naziréité ? Rava ajoute une hésitation :

b.

Et si tu veux dire

que, dans une longue naziréité,

la naziréité prend effet

dès maintenant, bien qu’il doive l’interrompre -

si

un homme dit : «

Me voici nazir après vingt jours, et dès maintenant nazir pour toujours »,

qu’en est-il ? La naziréité perpétuelle prend-elle effet

dès maintenant,

ou non ?

Et l’on peut dire que seule une interruption de sa naziréité par une naziréité semblable ne lui importe pas, puisque, même au moment où il l’interrompt, il observe une naziréité du même genre que celle qu’il a assumée -

mais lorsqu’il a assumé maintenant une « naziréité perpétuelle » et qu’après vingt jours il a accepté sur lui une naziréité ordinaire, on peut dire qu’il ne désire pas interrompre sa naziréité perpétuelle par une autre espèce de naziréité.

Rava ajoute une autre hésitation :

c. Et

si tu veux dire,

que

ici,

lorsqu’il a accepté sur lui dès maintenant une naziréité perpétuelle,

puisqu’il est possible de demander l’annulation

[de s’enquérir] de la seconde naziréité qu’il a acceptée sur lui, et qu’alors il n’aura pas besoin d’interrompre la naziréité qu’il a acceptée maintenant,

la naziréité prend effet

dès maintenant, car il était en son pouvoir de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’interruption dans sa naziréité ; c’est pourquoi, même s’il ne demande pas l’annulation de celle-ci, il l’observe.

Mais s’il

dit : «

Me voici nazir comme Samson » -

c’est également une autre sorte de naziréité que celle qu’il accepte maintenant, mais elle ne peut pas faire l’objet d’une demande d’annulation - «

après vingt jours, et dès maintenant nazir ordinaire »,

qu’en est-il ?

Car

ici,

que

l’on ne peut pas demander l’annulation

de la naziréité de Samson qui doit l’interrompre,

la naziréité prend-elle effet

la naziréité ordinaire qu’il a assumée maintenant,

ou non,

puisqu’il n’est pas vraisemblable qu’il ait voulu interrompre la naziréité qu’il accepte maintenant par une autre sorte de naziréité, à savoir la naziréité de Samson ?

Rava ajoute une autre hésitation concernant une autre affaire de naziréité :

d.

Un homme dit : « Je serai

comme

Moïse

[comme la génération de Moïse]

le sept Adar »,

quel

est son statut : est-il nazir ou non ?

Car Moïse notre maître est né le sept Adar et y est également mort ; le jour de sa naissance, assurément, on s’est grandement réjoui, et le jour de sa mort, il est vraisemblable que beaucoup ont fait des vœux et que les naziréens se sont multipliés en Israël à cause de la tristesse. L’hésitation est donc de savoir comment interpréter ses paroles : a-t-il eu l’intention d’être dans une grande joie, comme au jour de la naissance de Moïse, le sept Adar, ou bien son intention était-elle d’être nazir, comme au jour de la mort de Moïse, le sept Adar ?

La Guemara répond :

Résous du moins la première

[il faut résoudre la première question de Rava concernant la longue naziréité] :

de ce qu’il a été explicitement enseigné dans une b beratâ : «

Me voici nazir après vingt jours, et dès maintenant pour cent jours » :

voici qu’il

compte vingt

jours pour la naziréité de cent jours,

puis compte trente

jours pour la seconde naziréité,

puis

s’assied et

compte quatre-vingts

jours qui lui manquaient,

afin d’achever la première naziréité.

Il ressort donc que, dans tous les cas, dans une longue naziréité, la naziréité prend effet maintenant.

Nous avons appris dans la Michna : « Me voici nazir lorsque j’aurai un fils, et nazir. Il a commencé à compter sa [propre] naziréité, puis un fils lui est né ; il laisse la sienne et compte celle de son fils, puis achève la sienne » :

Et la Guemara rapporte une controverse entre des amoraïm au sujet de celui qui a agi conformément à la loi de la Michna et

est devenu impur durant les jours

où il observait la naziréité de

son fils,

qui se trouvait au milieu de sa naziréité à lui :

Rabbi Yo’hanan dit :

voici qu’il

révoque

les deux naziréités, aussi bien la sienne, qu’il avait interrompue au milieu, que celle de son fils ; après sa purification, il recommence à compter les deux.

Rech Lakich dit : il ne révoque pas

la naziréité qu’il avait interrompue au milieu, mais seulement la naziréité de son fils, qu’il observait au moment de l’impureté.

La Guemara explique leurs raisons :

Rabbi Yo’hanan dit : il révoque

également sa propre naziréité, car sa naziréité, avec la naziréité de son fils qu’il observe au milieu de sa propre naziréité, constitue dans son ensemble

une seule naziréité prolongée [une seule naziréité prolongée].

Rech Lakich dit : il ne révoque pas,

car il n’y a pas ici une seule naziréité prolongée, mais

sa naziréité à lui est distincte, et celle de son fils est distincte

[la sienne est distincte et celle de son fils est distincte].

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