Version texte de ce daf : original et traduction
Ména'hot 94b (צד:) — le Talmud en français
Ména'hot 94b (מנחות צד:): Rabbi Hanina dit : en forme de coffre ouvert par le haut ; c’est-à-dire : le pain était fait d’un fond et de deux parois opposées l’une à l’autre, et le fond du pain était…
Texte original — Ména'hot 94b (צד:)
רבי חנינא אמר: כמין תיבה פרוצה
מלמעלה; היינו: הלחם היה עשוי משוליים ושתי דפנות זו כנגד זו, והיתה תחתית הלחם נתונה כשארכה לכל רחבו של השולחן, ודפנות הלחם עולות בקצות השולחן משני צידיו של רוחב השולחן, מזה אחת ומזה.
רבי יוחנן אמר: כמין ספינה רוקדת
[מרקדת ושטה מהר על פני המים], היינו: לא היו ללחם שוליים כלל, וכעובי אצבע בלבד היה עומד על השולחן, ואילו דפנותיה משופעים כלפי מעלה.
א.
בשלמא למאן דאמר: כמין תיבה פרוצה
,
היינו דהוו יתבי בזיכין
[ניחא שהיו בזיכי הלבונה יושבים] בתוך הלחם העליון על שוליו, וכמאמר הכתוב "ונתת על המערכת לבונה זכה".
אלא למאן דאמר: כמין ספינה רוקדת, היכי הוו יתבי בזיכין
, האיך יעמדו הבזיכים בתוך הלחם שאין לו שוליים!?
ומשנינן:
מקום
בעובי דופן החלה הוה
עביד להו
[עושה להם], שם היה מניח את הבזך.
הלחם היה מונח על השולחן, ומעליו שלשה קנים כדי להושיב את הלחם שעליו על גביהם, שאם היה מניח לחם על גבי לחם היו מתעפשים; וכן על כל לחם ולחם עד החמישי שהיו עליו שני קנים בלבד, סך כל הקנים ארבע עשרה לכל מערכת, כמבואר במשנה לקמן דף צו א ונתבאר בגמרא שם צז א.
ב.
בשלמא למאן דאמר: כמין תיבה פרוצה, היינו דהוו יתבי קנים
לאורכו של לחם ולרוחב השולחן - על חודן של דפנות כל לחם ולחם.
אלא למאן דאמר: כמין ספינה רוקדת, קנים היכי הוו יתבי
, האיך יושיב שלשה קנים על דפנות הלחם, שאין בו אלא כדי מושב קנה אחד!?
ומשנינן:
מורשא
עביד להו
, כלומר, מצרף היה בצק ומרחיב את ראשי הלחם עד עד שנעשה אותו מקום רחב כדי לקבל שלשה קנים.
משני צידי השולחן בצידיה של כל מערכת שהיה אורכה נתון לכל רוחב השולחן, היו "סניפין", והם שני עמודים מכל צד של רוחב השולחן, שהיו סומכין בהם, וכמבואר במשנה לקמן צו א.
ג.
בשלמא למאן דאמר: כמין תיבה פרוצה, היינו דסמכי ליה סניפין ללחם
[תומכים הסניפים את הלחם], שהרי הלחם היה נתון ארכו לכל רוחב השולחן ומשני צידיו נזדקפו הדפנות בקו ישר, נמצא שהיו דפנות הלחם עולות לצידן של הסניפין התומכים בדפנות הלחם שלא ישתברו ויפלו לצידי השולחן מזה ומזה.
אלא למאן דאמר: כמין ספינה רוקדת, היכי סמכי ליה סניפין ללחם!?
ומשנינן:
דעגיל להו מיעגל
לסניפין.
ושתי קושיות לרבי חנינא:
א.
בשלמא למאן דאמר: כמין ספינה רוקדת, היינו דבעינן סניפין
כי לחם שאין לו שוליים אינו יכול לישב על השולחן בלי שיתמכו בו הסניפין מזה אחד ומזה.
אלא למאן דאמר: כמין תיבה פרוצה, סניפין למה לי!?
ומשנינן:
אגב יוקרא דלחם תלח
, כיון שכבד הוא הלחם יש חשש שיישבר, כלומר, כיון שהיה לחם אחד על גבי השני הרי הוא מכביד עליו, ויש חשש שיישבר.
ב.
בשלמא למאן דאמר: כמין ספינה רוקדת, סניפין על גבי שלחן מונחין
.
אלא למאן דאמר: כמין תיבה פרוצה, סניפין היכא מנח להו
[היכן היה מניחן] -
וכי יעלה על דעתך ד
אארעא
[על הארץ]
מנח להו!?
ומשנינן:
אין
, אכן כן הדבר, וכ
דאמר רבי אבא בר ממל
:
לדברי האומר: כמין ספינה רוקדת, סניפין על גבי שולחן
היו
מונחין
.
לדברי האומר: כמין תיבה פרוצה, סניפין על גבי קרקע
היו
מונחין
.
שואלת הגמרא:
כמאן
, כדעת מי משתי האמוראים שנחלקו בצורתו של הלחם
אזלא הא דאמר רבי יהודה
:
הלחם
היה
מעמיד את הסניפין
שהיה מונח עליהם,
והסניפין
היו
מעמידין את הלחם?
ומפרשת הגמרא:
כמאן דאמר: כמין ספינה רוקדת
, כי לפי הסובר: כמין תיבה פרוצה, הרי היו הסניפין עומדים על גבי קרקע מצידיו של הלחם, ואין הלחם מעמידם.
Traduction française
Rabbi Hanina dit : en forme de coffre ouvert
par le haut ; c’est-à-dire : le pain était fait d’un fond et de deux parois opposées l’une à l’autre, et le fond du pain était posé de sorte que sa longueur occupait toute la largeur de la table ; les parois du pain s’élevaient aux extrémités de la table, de ses deux côtés dans le sens de la largeur de la table, l’une ici et l’autre là.
Rabbi Yo’hanan dit : en forme de navire dansant [
dansant et naviguant rapidement sur l’eau] ; c’est-à-dire : le pain n’avait aucun fond, il ne se tenait sur la table que sur l’épaisseur d’un doigt, tandis que ses parois étaient inclinées vers le haut.
a.
À plus forte raison, selon celui qui dit : « comme une caisse ouverte »,
c’est compréhensible que les bols d’encens fussent posés [il est compréhensible que les bols d’encens fussent posés] à l’intérieur du pain supérieur, sur ses bords, comme il est dit : « Tu mettras sur la disposition l’encens pur ».
Mais selon celui qui dit : « comme un bateau dansant, comment les bols d’encens étaient-ils posés »,
comment les bols pouvaient-ils tenir à l’intérieur d’un pain qui n’a pas de bords ?!
Et nous répondons :
un endroit
dans l’épaisseur de la paroi du pain
il leur faisait [il leur faisait], c’est là qu’il déposait le bol.
Le pain était posé sur la table, et au-dessus de lui se trouvaient trois roseaux, afin que le pain placé au-dessus reposât sur eux, car si l’on posait un pain sur un autre pain, ils moisissaient ; et ainsi pour chaque pain, jusqu’au cinquième, sur lequel il n’y avait que deux roseaux. En tout, il y avait quatorze roseaux pour chaque disposition, comme cela est exposé dans la Michna ci-dessous, page 96a, et expliqué dans la Guemara, là-bas, page 97a.
b.
À plus forte raison, selon celui qui dit : « comme une caisse ouverte », c’est compréhensible que les roseaux fussent posés
dans la longueur du pain et dans la largeur de la table — sur l’arête des parois de chaque pain.
Mais selon celui qui dit : « comme un bateau dansant », comment les roseaux étaient-ils posés,
comment pouvait-on poser trois roseaux sur les parois du pain, alors qu’il n’y avait de place que pour un seul roseau ?!
Et nous répondons :
une saillie
il leur faisait,
c’est-à-dire qu’il ajoutait de la pâte et élargissait les extrémités du pain, jusqu’à ce que cet endroit devînt assez large pour recevoir trois roseaux.
Des deux côtés de la table, sur les côtés de chaque disposition, dont la longueur était placée sur toute la largeur de la table, il y avait des « sanifin ». Ce sont deux poteaux de chaque côté de la largeur de la table, qui servaient à les soutenir, comme cela est exposé dans la Michna ci-dessous, page 96a.
c.
À plus forte raison, selon celui qui dit : « comme une caisse ouverte », c’est compréhensible que les sanifin soutinssent le pain
[les sanifin soutiennent le pain], car le pain était placé dans sa longueur sur toute la largeur de la table, et, de ses deux côtés, les parois se dressaient en ligne droite. Il s’ensuit que les parois du pain s’élevaient à côté des sanifin qui soutenaient les parois du pain, afin qu’elles ne se brisent pas et ne tombent pas sur les côtés de la table, de part et d’autre.
Mais selon celui qui dit : « comme un bateau dansant », comment les sanifin soutenaient-ils le pain ?!
Et nous répondons :
il les arrondissait en les arrondissant
aux sanifin.
Et deux questions à Rabbi Hanina :
a.
À plus forte raison, selon celui qui dit : « comme un bateau dansant », c’est compréhensible que nous ayons besoin de sanifin,
car un pain qui n’a pas de bords ne peut pas reposer sur la table sans que les sanifin le soutiennent, l’un d’un côté et l’autre de l’autre.
Mais selon celui qui dit : « comme une caisse ouverte », à quoi me servent les sanifin ?!
Et nous répondons :
à cause du poids du pain, il se brise,
puisque le pain est lourd, il y a crainte qu’il se brise ; c’est-à-dire que, puisqu’un pain était placé sur l’autre, il l’alourdissait, et il y avait crainte qu’il se brise.
b.
À plus forte raison, selon celui qui dit : « comme un bateau dansant », les sanifin sont posés sur la table.
Mais selon celui qui dit : « comme une caisse ouverte », où les pose-t-il, les sanifin
[où les posait-il] —
Et te viendrait-il à l’esprit que
sur le sol
[sur le sol]
il les posait ?!
Et nous répondons :
oui,
c’est effectivement ainsi, et comme
l’a dit Rabbi Abba bar Memel :
Selon les paroles de celui qui dit : « comme un bateau dansant », les sanifin étaient posés sur la table
étaient
posés.
Selon les paroles de celui qui dit : « comme une caisse ouverte », les sanifin étaient posés sur le sol
étaient
posés.
La Guemara demande :
selon qui,
selon l’opinion de qui, parmi les deux amoras qui se sont opposés au sujet de la forme du pain,
s’applique ce qu’a dit Rabbi Juda :
Le pain
était
ce qui dressait les sanifin,
sur lesquels il était posé,
et les sanifin
étaient
ce qui dressait le pain ?
Et la Guemara explique :
selon celui qui dit : « comme un bateau dansant »,
car, selon celui qui dit : « comme une caisse ouverte », les sanifin se tenaient sur le sol, sur les côtés du pain, et le pain ne les dressait pas.