Version texte de ce daf : original et traduction
Ména'hot 58b (נח:) — le Talmud en français
Ména'hot 58b (מנחות נח:): Et Abayé estimait donc qu’ il existe une interdiction de faire brûler du levain, même lorsque cette offrande par combustion est inférieure au volume d’une olive. . Et Rava…
Texte original — Ména'hot 58b (נח:)
ו
לכן סבר אביי כי
יש
איסור
הקטרה
של שאור גם כשאותה הקטרה היא
פחותה מכזית
.
ורבא אמר: אין קומץ פחות משני זיתים
והילכך, גם כאשר מרבים מ"כל" לחצי קומץ עדיין הוא בשיעור של כזית,
ו
הילכך סבר רבא
אין
איסור
הקטרה
של שאור כשהיא
פחותה מכזית.
איתמר: המעלה
תערובת שהיא עשויה
משאור ומדבש
יחד
על גבי המזבח
-
אמר רבא
: לוקה על העלאה שכזאת ארבע מלקויות:
לוקה משום
מעלה
שאור, ולוקה משום
מעלה
דבש. לוקה משום עירובי שאור, ו
לוקה נמי
משום עירובי דבש.
והיינו, שסבר רבא שהריבוי של "כל" לאסור תערובת של שאור או דבש בדברים אחרים הוא איסור נוסף שלוקים עליו.
אביי אמר: אין לוקין על לאו שבכללות!
שהריבוי "כל" האמור בשאור כולל בין את השאור ובין את עירובי השאור, וכן הריבוי "כל" האמור בדבש כולל בין את הדבש ובין את עירובי הדבש. וקיימא לן שאין לוקין על לאו שבכללות, הילכך אינו לוקה על איסורי התערובת.
ונחלקו שתי לשונות בגמרא בדעתו של אביי:
איכא דאמרי: חדא, מיהא, לקי
. שהאיסור להקטיר שאור ודבש עצמן, ללא תערובתם, אינו נחשב ללאו שבכללות, למרות שהוא כולל גם את השאור וגם את הדבש, אלא הרי זה כאילו נכתב "שאור לא תקטירו, ודבש לא תקטירו", הילכך לוקה שתים, אחת על השאור ואחת על הדבש [הא דקאמר "חדא מיהא לקי", הכונה היא לאחת מתוך השתיים של שאור ותערובתו, ואחת מתוך השתיים של דבש ותערובתו].
ואיכא דאמרי: חדא נמי לא לקי, דהא לא מיחד לאויה כלאו דחסימה
. שהרי דין מלקות בכל הלאוין נלמד מכך שנסמך בפסוק האיסור לחסום שור בדישו לפרשת מלקות, וממנו אנו לומדים שכל לאו הדומה ללאו דחסימה לוקין עליו. ולפיכך אין לוקין על לאו שבכללות משום שלאו זה אינו דומה ללאו דחסימה, שהוא לאו פרטי, ולא לאו שבכללות.
ואילו היה כתוב בפירוש שלא תקטירו שאור, ועירובי שאור, ודבש, ועירובי דבש, הוא היה לוקה על כל אחד ואחד, ואפילו שכל הפרטים מנויים בלאו אחד, וכמו שלוקה הכהן הנושא אשה אלמנה, גרושה, וחללה וזונה, על כל פרט, על אף שהם נכללו בלאו אחד, שהואיל והם מפורשין בפסוק הרי זה כאילו נכתבו כל אחד בתורת לאו נפרד. אבל כאן, שכתוב "כל שאור", וכתוב "כל דבש", ואנו דורשים גם עירובי שאור ועירובי דבש מהדרשה של "כל", נחשב הלאו הזה הכולל גם שאור וגם עירובי שאור, וגם דבש וגם עירובי דבש, בתור לאו שבכללות, שאין לוקים עליו כלל.
Traduction française
Et
Abayé estimait donc qu’
il existe
une interdiction de
faire brûler
du levain, même lorsque cette offrande par combustion est
inférieure au volume d’une olive.
Et Rava dit : un komets ne contient pas moins de deux volumes d’olive
et, par conséquent, même lorsqu’on inclut, par le terme « tout », un demi-komets, celui-ci demeure d’un volume d’une olive,
et
Rava estimait donc qu’
il n’y a pas
d’interdiction de
faire brûler
du levain lorsqu’il est
inférieur au volume d’une olive.
Il a été dit : celui qui fait monter
un mélange constitué
de levain et de miel
ensemble
sur l’autel —
Rava dit :
il reçoit la flagellation pour une telle offrande quatre fois :
il reçoit la flagellation en raison de
celui qui fait monter
du levain, et il reçoit la flagellation en raison de
celui qui fait monter
du miel. Il reçoit la flagellation en raison du mélange de levain, et
il reçoit également la flagellation
en raison du mélange de miel.
C’est-à-dire que Rava estimait que l’inclusion apportée par le terme « tout », pour interdire le mélange de levain ou de miel avec d’autres choses, constitue une interdiction supplémentaire passible de flagellation.
Abayé dit : on ne reçoit pas la flagellation pour une interdiction générale !
Car l’inclusion exprimée par « tout », concernant le levain, englobe à la fois le levain lui-même et les mélanges de levain ; de même, l’inclusion exprimée par « tout », concernant le miel, englobe à la fois le miel lui-même et les mélanges de miel. Et nous avons pour règle que l’on ne reçoit pas la flagellation pour une interdiction générale ; par conséquent, il ne reçoit pas la flagellation pour les interdictions relatives aux mélanges.
Deux formulations de la Guemara divergent au sujet de l’opinion d’Abayé :
Certains disent : pour l’une, du moins, il reçoit la flagellation.
Car l’interdiction de faire brûler le levain et le miel eux-mêmes, sans leurs mélanges, n’est pas considérée comme une interdiction générale, bien qu’elle englobe à la fois le levain et le miel ; c’est plutôt comme s’il était écrit : « Vous ne ferez pas brûler le levain, vous ne ferez pas brûler le miel ». Par conséquent, il reçoit deux fois la flagellation, une fois pour le levain et une fois pour le miel [lorsqu’il dit : « pour l’une, du moins, il reçoit la flagellation », il entend une des deux — le levain et son mélange — et une des deux — le miel et son mélange].
Et certains disent : même pour une seule, il ne reçoit pas la flagellation, car son interdiction n’est pas individualisée comme l’interdiction de museler.
Car la loi de la flagellation pour toutes les interdictions se déduit du fait que, dans le verset, l’interdiction de museler le bœuf pendant son battage est juxtaposée au passage relatif à la flagellation ; de là, nous apprenons que toute interdiction qui ressemble à l’interdiction de museler est passible de flagellation. C’est pourquoi l’on ne reçoit pas la flagellation pour une interdiction générale : cette interdiction ne ressemble pas à l’interdiction de museler, qui est une interdiction particulière, et non une interdiction générale.
Et s’il avait été écrit explicitement : « Vous ne ferez pas brûler le levain, les mélanges de levain, le miel et les mélanges de miel », il aurait reçu la flagellation pour chacun d’eux, bien que tous les éléments particuliers soient énumérés dans une seule interdiction ; de même, le koen qui épouse une veuve, une divorcée, une femme profanée ou une prostituée reçoit la flagellation pour chaque élément, bien qu’ils soient tous inclus dans une seule interdiction. En effet, puisqu’ils sont explicitement mentionnés dans le verset, c’est comme s’ils avaient été écrits chacun comme une interdiction distincte. Mais ici, où il est écrit « tout levain » et où il est écrit « tout miel », et où nous déduisons également les mélanges de levain et les mélanges de miel de l’interprétation de « tout », cette interdiction, qui englobe à la fois le levain et les mélanges de levain, ainsi que le miel et les mélanges de miel, est considérée comme une interdiction générale, pour laquelle on ne reçoit absolument pas la flagellation.