Version texte de ce daf : original et traduction
Ména'hot 38a (לח.) — le Talmud en français
Ména'hot 38a (מנחות לח.): Ce principe n’a été énoncé que pour les transgressions rabbiniques que l’on commet en vertu de l’interdit : « Tu ne t’en écarteras pas », de tout ce qu’ils t’enseigneront…
Texte original — Ména'hot 38a (לח.)
שדין זה נאמר רק בעבירות דרבנן שעובר עליהן
בלאו דלא תסור
מכל אשר יורוך, אבל איסור דאורייתא כגון טלטול ברשות הרבים לא נדחה מחמת כבוד הבריות.
ואיכא דאמרי
לא כך היה מעשה, אלא
מהתם
ממקום שראה שנפסקו ציציותיו
אמר ליה
רבינא למר בר רב אשי שנפסקו החוטים,
ואמר ליה
מר רב אשי:
מאי דעתיך
שסיפרת לי דבר זה, וכי סבור אתה שחייב אני
למישדייה
להוריד מעלי את הבגד,
והא אמר מר: גדול כבוד הבריות שדוחה את לא תעשה שבתורה.
ואין זה כבוד הבריות להוריד את הבגד. ומקשינן על מר בר רב אשי: איך התיר להמשיך ללכת עם בגד בלא ציצית ולעבור על איסור שבת מחמת שאין זה כבוד הבריות להורידו,
והא תרגומה רב בר שבא קמיה דרב כהנא
שכל ההיתר לעבור על לאו מחמת כבוד הבריות הוא רק בעבירה דרבנן שעוברים עליה
בלאו דלא תסור
, וכאן הרי זהו איסור דאורייתא של טלטול ברשות הרבים? ומשנינן:
הכא נמי,
המעשה של מר בר רב אשי, היה
בכרמלית
שאינה רשות הרבים מן התורה, והטלטול בה רק איסור
דרבנן היא
59 .
הדרן עלך פרק הקומץ רבה
--- title: "חברותא - מנחות — פרק רביעי - התכלת" source: "https://www.toratemetfreeware.com/online/f02367.html#HtmpReportNum0004L5" chapteranchor: "HtmpReportNum0004L5" --- פרק רביעי - התכלת
Оригинал главы פרק רביעי - התכלת
מצות ציצית נוהגת בבגד שיש בו ארבע כנפות, ומצוה מן התורה ליתן בכל ארבעת כנפותיו "גדילים", העשויים מגדילי חוטים [חוטים הכרוכים יחד], והמתפצלים לפתילים. הגדיל והפתילים מצותם שייעשו משני חוטי לבן ומשני חוטי תכלת, שהם ביחד ארבעה חוטים, וכאשר הם נכפלים, הרי הם שמונה חוטים.
מתניתין:
א.
התכלת אינה מעכבת את הלבן.
המצוה לתת פתיל תכלת בגדיל הציצית אינה מעכבת את נתינת החוטים הלבנים בו. והיינו, שאם אין חוטי תכלת, אפשר לעשות את הגדיל והפתילים מארבעה חוטים לבנים [וכשהם נכפלים, הרי הם שמונה חוטים לבנים].
וכמו כן,
הלבן אינו מעכב את התכלת
. המצוה של נתינת החוטים הלבנים אינה מעכבת את מצות הנתינה של חוטי התכלת. ולכן, אם אין חוטים לבנים, אפשר ליתן במקומם עוד שני חוטי תכלת, ויוצאים ידי חובת ציצית בגדיל ופתילים העשויים מארבעה חוטי תכלת
5 .
ב.
תפלה
[תפילין]
של יד אינה מעכבת את של ראש.
לכן, אם אין לו תפילה של יד, יכול להניח תפילה של ראש בלבד
6 .
וכמו כן תפלה
של ראש,
אם היא חסירה,
אינה מעכבת
את מצות הנחת תפילין
של יד,
ויכול להניח על ידו בלבד
7 .
גמרא:
והוינן בה:
לימא מתניתין,
שאמרה אין חוטי הלבן והתכלת מעכבים זה את זה,
דלא כרבי?!
דתניא: "וראיתם אותו", מלמד
שחוטי התכלת והלבן
מעכבין זה את זה,
שאם חסר אחד מהם אי אפשר לקיים מצות ציצית כלל,
דברי רבי. וחכמים אומרים, אין מע כבין.
ומבררת הגמרא:
מאי טעמא דרבי
שסובר מעכבים זה את זה?
דכתיב "הכנף",
ודרשינן, שיהיו החוטים לבנים כמו
מין כנף,
לפי שרוב הטליתות שבימיהם היו עשויות מבד פשתן לבן.
וכתיב
נמי
"פתיל תכלת",
ועל שניהם
אמר רחמנא "וראיתם אותו",
לומר,
עד דאיכא תרוייהו,
לבן ותכלת,
בחד
גדיל של ציצית.
ורבנן,
מהיכן דרשו שאין מעכבין זה את זה?
משום דכתיב
"וראיתם אותו",
ולא כתב "וראיתם אותם" [שאילו היה כתוב וראיתם אותם היה במשמעו ששניהם לעיכובא], הילכך,
כל חד לחודיה משמע.
שבחוטי לבן בלבד או בחוטי תכלת בלבד ניתן לקיים מצות ציצית, כי אין אי קיום של חלק אחד מהמצוה מעכב את השני
8 .
וחוזרת שוב הגמרא:
לימא
משנתנו, שאמרה אין התכלת והלבן מעכבין זה את זה,
דלא כרבי,
הסובר ששניהם מעכבין האחד את השני?!
ומשנינן:
אמר רב יהודה אמר רב: אפילו תימא
משנתנו
רבי
היא, ולקיום המצוה צריך שיתן גם תכלת וגם לבן, והמשנה מדברת כשנותן את שניהם, בכל זאת אפשר ליישב את המשנה, כי מה שאמרה המשנה שאין מעכבין זה את זה,
לא נצרכא, אלא להקדים.
שבאה המשנה לומר, שאם הקדים את נתינת התכלת על כנף הבגד לפני נתינת הלבן, יצא ידי חובה, בדיעבד, ואין צורך לנתק את חוטי התכלת כדי ליתן קודם את חוטי הלבן ולאחריהם את חוטי התכלת, אלא יכול הוא ליתן עתה את חוטי הלבן.
דתניא: מצוה להקדים לבן לתכלת
בתלייתם בבגד. לפי שכך הוא סדר העשיה בתורה, קודם נותנים את חוטי הלבן, ואחר כך את התכלת, דכתיב "ונתנו על ציצית הכנף פתיל תכלת", והיינו, שעל הציצית העשויה ממין כנף הבגד, שהוא צבע לבן, כמבואר לעיל, שרוב בגדיהם היו עשויין מבד פשתן לבן, עליה יש ליתן "פתיל תכלת".
ואם הקדים
את תחיבת חוטי
תכלת ללבן, יצא, אלא שחיסר מצוה.
ומבארינן:
מאי "חיסר מצוה"?
Traduction française
Ce principe n’a été énoncé que pour les transgressions rabbiniques que l’on commet
en vertu de l’interdit : « Tu ne t’en écarteras pas »,
de tout ce qu’ils t’enseigneront ; mais un interdit de la Torah, tel que le transport dans le domaine public, n’est pas repoussé en raison de la dignité des créatures.
Et certains disent :
ce ne fut pas ainsi que se déroula le fait, mais
à partir de là,
du lieu où il vit que ses fils de tsitsit s’étaient rompus,
Ravina dit à Mar bar Rav Achi que les fils s’étaient rompus,
et
Mar bar Rav Achi
lui dit : « Quelle est ton opinion ? »
En me racontant cette chose, penses-tu donc que je suis obligé
de le jeter,
de retirer le vêtement que je porte,
alors que le maître a dit : “Grande est la dignité des créatures, puisqu’elle repousse un interdit de la Torah.”
Et ce n’est pas la dignité des créatures que de retirer le vêtement. Et nous objectons à Mar bar Rav Achi : comment a-t-il permis de continuer à marcher avec un vêtement dépourvu de tsitsit et de transgresser un interdit du Chabbat, au motif que ce ne serait pas la dignité des créatures que de le retirer,
alors que Rav bar Chava l’a expliqué devant Rav Kahana,
à savoir que toute permission de transgresser un interdit en raison de la dignité des créatures ne concerne qu’une transgression rabbinique que l’on commet
en vertu de l’interdit : « Tu ne t’en écarteras pas »,
et qu’ici il s’agit pourtant d’un interdit de la Torah, celui du transport dans le domaine public ? Et nous répondons :
ici également,
le fait de Mar bar Rav Achi eut lieu
dans une karmelit,
qui n’est pas un domaine public selon la Torah, et le transport qui s’y fait n’est qu’un interdit
rabbinique. 59 .
Nous reviendrons à toi, chapitre Ha-Komets Rabba.
La mitsva des tsitsit s’applique à un vêtement qui possède quatre coins, et c’est une mitsva de la Torah de mettre à chacun de ses quatre coins des « franges », faites de franges de fils [des fils entrelacés ensemble], qui se divisent en cordons. La frange et les cordons doivent, au titre de la mitsva, être faits de deux fils blancs et de deux fils de tekhelet, qui constituent ensemble quatre fils ; et lorsqu’ils sont repliés, ils constituent huit fils.
Michna :
1.
La tekhelet n’empêche pas le blanc.
La mitsva de placer un fil de tekhelet dans la frange des tsitsit n’empêche pas de placer les fils blancs en elle. C’est-à-dire que, s’il n’y a pas de fils de tekhelet, il est possible de faire la frange et les cordons avec quatre fils blancs [et lorsqu’ils sont repliés, ils constituent huit fils blancs].
De même,
le blanc n’empêche pas la tekhelet.
La mitsva de placer les fils blancs n’empêche pas la mitsva de placer les fils de tekhelet. C’est pourquoi, s’il n’y a pas de fils blancs, il est possible de mettre à leur place deux autres fils de tekhelet, et l’on s’acquitte de l’obligation des tsitsit par une frange et des cordons faits de quatre fils de tekhelet 5.
2.
La prière
[les téfilines]
de la main n’empêche pas celle de la tête.
C’est pourquoi, s’il ne possède pas les téfilines de la main, il peut poser seulement celles de la tête 6.
De même, les téfilines
de la tête,
si elles sont absentes,
n’empêchent pas
la mitsva de poser les téfilines
de la main,
et il peut les poser seulement sur sa main 7.
Guemara :
Et nous nous interrogeons à ce sujet :
Disons-nous que notre Michna,
qui dit que les fils blancs et la tekhelet ne s’empêchent pas mutuellement,
n’est pas conforme à l’avis de Rabbi ?
Car il est enseigné : « Vous le verrez », cela enseigne
que les fils de tekhelet et les fils blancs
se rendent mutuellement indispensables,
car si l’un d’eux manque, il est impossible d’accomplir aucunement la mitsva de tsitsit,
telles sont les paroles de Rabbi. Mais les Sages disent : ils ne se rendent pas mutuellement indispensables.
Et la Guemara cherche à établir
quelle est la raison de Rabbi
qui soutient qu’ils se rendent mutuellement indispensables ?
Car il est écrit : « l’aile »,
et nous l’interprétons ainsi : les fils blancs doivent être comme
l’espèce de l’aile,
puisque la plupart des talitot de leur époque étaient faites d’un tissu de lin blanc.
Et il est également écrit
aussi
« un fil de tekhelet »,
et au sujet des deux
le Miséricordieux a dit : « Vous le verrez »,
pour dire :
tant qu’il n’y a pas les deux,
le blanc et le tekhelet,
dans un seul
groupe de fils de tsitsit.
Et les Sages,
d’où ont-ils déduit qu’ils ne se rendent pas mutuellement indispensables ?
Parce qu’il est écrit
« Vous le verrez »,
et non pas : « Vous les verrez » [car s’il était écrit « vous les verrez », cela signifierait que tous deux sont indispensables] ; ainsi,
chacun signifie à lui seul.
Il est possible d’accomplir la mitsva de tsitsit avec des fils blancs seuls ou avec des fils de tekhelet seuls, car le défaut d’accomplissement d’une partie de la mitsva n’empêche pas l’autre. 8 .
La Guemara revient de nouveau
et disons
que notre Michna, qui dit que le tekhelet et le blanc ne se rendent pas mutuellement indispensables,
n’est pas conforme à Rabbi,
qui soutient qu’ils se rendent mutuellement indispensables l’un à l’autre ?!
Et nous répondons :
Rav Yehouda a dit au nom de Rav : même si tu dis
que notre Michna
est celle de Rabbi,
et que, pour accomplir la mitsva, il faut donner à la fois du tekhelet et du blanc, et que la Michna parle du cas où l’on donne les deux, il est néanmoins possible d’expliquer la Michna : lorsqu’elle dit que l’un ne rend pas l’autre indispensable,
cela n’était nécessaire que pour l’ordre de priorité.
La Michna vient dire que si l’on a donné le tekhelet sur l’aile du vêtement avant de donner le blanc, on s’est acquitté de son obligation, a posteriori, et qu’il n’est pas nécessaire de détacher les fils de tekhelet pour donner d’abord les fils blancs, puis les fils de tekhelet ; il peut maintenant donner les fils blancs.
Car il est enseigné : c’est une mitsva de donner priorité au blanc sur le tekhelet
lorsqu’on les attache au vêtement. Puisque tel est l’ordre de l’accomplissement dans la Torah : on donne d’abord les fils blancs, puis le tekhelet, comme il est écrit : « Ils donneront sur les tsitsit de l’aile un fil de tekhelet ». C’est-à-dire que, sur les tsitsit faits de l’espèce de l’aile du vêtement, qui est de couleur blanche — comme il a été expliqué plus haut, la plupart de leurs vêtements étant faits de tissu de lin blanc —, on doit donner « un fil de tekhelet ».
Et si l’on a donné priorité
au passage des fils de
tekhelet dans le blanc, on s’est acquitté, mais on a perdu une mitsva.
Et nous expliquons :
que signifie « il a perdu une mitsva » ?