Version texte de ce daf : original et traduction

Ména'hot 36a (לו.) — le Talmud en français

Ména'hot 36a (מנחות לו.): Rav Hisda a dit : s’il a parlé entre la pose des téfilines de la main et la pose des téfilines de la tête, il reprend et récite la bénédiction sur celles de la tête ! Et…

Texte original — Ména'hot 36a (לו.)

אמר רב חסדא: סח בין

הנחת

תפילה

של יד להנחת

תפילה

של ראש

חוזר ומברך

על של ראש!

ודייקינן:

סח, אין,

צריך לברך על של ראש, אך אם

לא סח, לא

מברך על של ראש.

וקשה,

והא שלח רב חייא בריה דרב הונא משמיה דרבי יוחנן: על תפלה של יד אומר "ברוך אשר קדשנו במצותיו וצונו להניח תפילין", על תפילין של ראש אומר "ברוך אשר קדשנו במצותיו וצונו על מצות תפילין".

ומוכח מדברי רב חייא שבין סח בין לא סח מברך שתים, אחת על של יד ואחת על של ראש? ומתרצינן:

אביי ורבא דאמרי תרוייהו

לפרש שאם

לא סח

בין הנחת תפילה של יד לתפילה של ראש

מברך אחת

רק על של יד בלבד, ופוטר בברכה זו גם את של ראש, ורק אם

סח

בין הנחת תפילה של יד לשל ראש

מברך שתים

דהיינו שמברך על של ראש ברכת "אשר קדשנו במצוותיו וצונו על מצות תפילין" בנוסף לברכה שבירך על של יד, וזהו ששלח רב חייא, שבאופן זה שסח יברך שתים.

תנא: סח בין

הנחת

תפילה

של יד

ל

הנחת

תפילה

של ראש ולא בירך ברכה על של ראש

עבירה היא בידו

שהרי נתחייב ברכה על של ראש ונמצא מניח תפילין של ראש בלא ברכה ,

וחוזר עליה

על עבירה זו

מערכי המלחמה

כמבואר במסכת סוטה [דף מ"ד] על הפסוק "מי האיש הירא ורך הלבב ישוב לביתו" וזהו הירא מעבירות שבידו, ועבירה זו של הנחת תפילה של ראש בלא ברכה גם היא נחשבת לעבירה לענין שישוב הירא ממנה לביתו.

תנא

: כשהוא מניח תפילין,

מניח

את

של יד

תחלה

ואחר כך מניח

את

של ראש. וכשהוא חולץ

את התפילין

חולץ

את

של ראש

תחלה

ואחר כך חולץ

את תפילין

של יד.

והוינן בה:

בשלמא

זה שאומרים

כשהוא מניח מניח של יד ואחר כך מניח של ראש,

למדים זאת מ

דכתיב

בפסוק: "

וקשרתם לאות על ידך והיו לטוטפת בין עיניך"

הרי שפירש לנו הכתוב סדר הנחת תפילין: של יד תחילה ואחר כך של ראש.

אלא

דין זה

כשהוא חולץ חולץ של ראש ואחר כך חולץ של יד, מנלן?

אמר רבה: רב הונא אסברה לי

שלומדים את סדר חליצת התפילין מזה ש

אמר קרא

: "

והיו לטוטפת בין עיניך". כל זמן שבין עיניך יהו שתים!

ואם יקדים לחלוץ את של יד הרי ישאר עם תפילה אחת בלבד בין עיניו.

תנו רבנן: תפילין

שהניחן קודם עמוד השחר ועדיין לא הגיע זמן תפילין,

מאימתי מברך עליהם? משעת הנחתן!

משעה שהגיע זמן שאפשר להניחם, והיינו משיכיר את חבירו הרגיל עמו קצת בריחוק ד' אמות.

כיצד? היה משכים לצאת לדרך

לפני זמן הנחת תפילין,

ומתיירא שמא יאבדו

התפילין אם ישא אותם בידו,

מניחן

בראשו בלא ברכה.

וכשיגיע זמנן ממשמש בהן ומברך עליהם

. שהמשמוש הוא כמו הנחה.

ועד מתי מניחן? עד שתשקע החמה. רבי יעקב אומר: עד שתכלה רגל מן השוק

לאחר חשיכה [חצי שעה כדאמרינן במסכת שבת דף כ"א לענין נר חנוכה]

וחכמים אומרים: עד זמן שינה

עד שהולך לישון יכול להשאירן עליו.

ומודים חכמים ורבי יעקב שאם חלצן לצאת לבית הכסא או ליכנס לבית המרחץ ושקעה חמה שוב אינו חוזר

אחר השקיעה

ומניחן

משום שלילה לאו זמן תפילין, [ולחלצן אין צריך, שאף למ"ד לילה לאו זמן תפילין האיסור בלילה הוא רק להניחן, ואם כבר מונחין עליו אינו עובר איסור עיין בספר טהרת הקודש כאן, ובביאור הגר"א סימן ל' סעיף ב'].

אמר רב נחמן: הלכה כרבי יעקב שאמר

מניח תפילין עד זמן שתכלה רגל מן השוק, וראיה לדבר שכך היא ההלכה דהא רב חסדא ורבה בר רב הונא מצלו בהו

התפללו בתפילין

באורתא

תפלת ערבית.

איכא דאמרי: אמר רב נחמן: אין הלכה כרבי יעקב.

Traduction française

Rav Hisda a dit : s’il a parlé entre

la pose des

téfilines

de la main et la pose des

téfilines

de la tête,

il reprend et récite la bénédiction

sur celles de la tête !

Et nous avons déduit avec précision :

s’il a parlé, oui,

il doit réciter une bénédiction sur celles de la tête ; mais s’il

n’a pas parlé, non,

il ne récite pas de bénédiction sur celles de la tête.

Et c’est difficile :

or Rav Hiyya, fils de Rav Houna, a envoyé au nom de Rabbi Yo’hanan : Pour les téfilines de la main, il dit : « Béni sois-Tu, qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné de poser les téfilines » ; pour les téfilines de la tête, il dit : « Béni sois-Tu, qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné [d’accomplir] le commandement des téfilines. »

Et il est démontré des paroles de Rav Hiyya que, aussi bien s’il a parlé que s’il n’a pas parlé, il récite deux bénédictions, l’une sur celles de la main et l’autre sur celles de la tête ? Et nous répondons :

Abayé et Rava disent tous deux

qu’il faut expliquer que, s’il

n’a pas parlé

entre la pose des téfilines de la main et celle des téfilines de la tête,

il récite une seule [bénédiction]

sur celles de la main seulement, et cette bénédiction dispense également celles de la tête ; et seulement s’il

a parlé

entre la pose des téfilines de la main et celle de la tête,

il récite deux [bénédictions]

, c’est-à-dire qu’il récite sur celles de la tête la bénédiction : « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné [d’accomplir] le commandement des téfilines », en plus de la bénédiction qu’il a récitée sur celles de la main. Et c’est ce que Rav Hiyya a envoyé : dans ce cas où il a parlé, il récitera deux bénédictions.

Un tanнай a enseigné : s’il a parlé entre

la pose des

téfilines

de la main

et

la pose des

téfilines

de la tête et n’a pas récité de bénédiction sur celles de la tête,

c’est une faute à sa charge,

car il est devenu astreint à une bénédiction sur celles de la tête, et il se trouve qu’il pose les téfilines de la tête sans bénédiction ;

et il revient pour elle

pour cette faute

de l’ordre de bataille

comme cela est exposé dans le traité Sota [page 44], à propos du verset : « Quel est l’homme qui a peur et dont le cœur est lâche ? Qu’il retourne chez lui » ; il s’agit de celui qui a peur des fautes qui sont à sa charge. Et cette faute de poser les téfilines de la tête sans bénédiction est elle aussi considérée comme une faute, au point que celui qui en a peur retourne chez lui.

Un tanнай :

lorsqu’il pose les téfilines,

il pose

les

[téfilines] de la main

en premier,

et ensuite il pose

les

[téfilines] de la tête. Et lorsqu’il retire

les téfilines,

il retire

les

[téfilines] de la tête

en premier,

et ensuite il retire

les téfilines

de la main.

Et nous avons examiné cela :

certes,

ce que l’on dit :

« Lorsqu’il les pose, il pose celles de la main et ensuite il pose celles de la tête »,

nous l’apprenons de

ce qui est écrit

dans le verset : «

Tu les lieras comme signe sur ta main, et elles seront comme des fronteaux entre tes yeux » :

l’Écriture nous a donc explicitement indiqué l’ordre de la pose des téfilines : celles de la main d’abord, et ensuite celles de la tête.

Mais

cette règle :

« Lorsqu’il les retire, il retire celles de la tête et ensuite il retire celles de la main », d’où la déduisons-nous ?

Rabba a dit : Rav Houna me l’a expliqué

: nous apprenons l’ordre du retrait des téfilines de ce que

le verset dit : «

Et elles seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tant que [les téfilines sont] entre tes yeux, qu’il y en ait deux ! »

Et s’il retirait celles de la main en premier, il ne resterait entre ses yeux qu’une seule téfiline.

Nos maîtres ont enseigné : les téfilines

qu’il a posées avant l’aube — alors que le moment des téfilines n’était pas encore arrivé —

à partir de quand récite-t-il la bénédiction sur elles ? Dès le moment où il les pose !

Dès que le moment où il est possible de les poser est arrivé, à savoir dès qu’il reconnaît son compagnon habituel, à quelque distance de quatre coudées.

Comment cela ? Il se levait tôt pour partir en voyage

avant le moment de la pose des téfilines,

et il craignait qu’elles ne se perdent

s’il les portait à la main,

il les posait

sur sa tête sans bénédiction.

Et lorsque leur moment arrivait, il les palpait et récitait la bénédiction sur elles

car les palper est assimilé à les poser.

Et jusqu’à quand les pose-t-il ? Jusqu’au coucher du soleil. Rabbi Yaakov dit : jusqu’à ce que les passants aient quitté le marché

après la tombée de la nuit [une demi-heure, comme nous le disons dans le traité Chabat, page 21, à propos de la lampe de Hanouka].

Et les Sages disent : jusqu’au moment du sommeil

: jusqu’à ce qu’il aille dormir, il peut les laisser sur lui.

Et les Sages et Rabbi Yaakov reconnaissent que s’il les a retirées pour aller aux toilettes ou pour entrer aux bains, et que le soleil s’est couché, il ne revient pas

après le coucher du soleil

et ne les pose pas,

parce que la nuit n’est pas le moment des téfilines [et il n’est pas nécessaire de les retirer ; même selon celui qui dit que la nuit n’est pas le moment des téfilines, l’interdiction pendant la nuit ne concerne que le fait de les poser, et s’il les porte déjà, il ne transgresse pas ] une interdiction ; voir le livre Taharat ha-Kodech à cet endroit et le commentaire du Gaon de Vilna, סימן 30, סעיף ב].

Rav Na’hman a dit : la halakha est comme Rabbi Yaakov, qui a dit

qu’on pose les téfilines jusqu’au moment où les passants ont quitté le marché ; et la preuve que telle est la halakha est que Rav Hisda et Rabba, fils de Rav Houna, priaient avec elles

: ils priaient avec les téfilines

le soir,

la prière du soir.

Certains disent : Rav Na’hman a dit : la halakha n’est pas comme Rabbi Yaakov.

Mots de ce daf dans le dictionnaire