Version texte de ce daf : original et traduction
Ména'hot 32b (לב:) — le Talmud en français
Ména'hot 32b (מנחות לב:): Mais puisqu’il les a écrits pour les tefillin sur le dukhsustos du côté chair, et il en va de même du côté poil, car les tefillin n’ont été rendus aptes que sur le parchemin…
Texte original — Ména'hot 32b (לב:)
והא
דכתבינהו
לתפילין
אדוכסוסטוס במקום בשר,
והוא הדין במקום שער, שלא הוכשרו התפילין אלא על הקלף ובמקום בשר! [והטעם שהשינוי פוסל יותר בתפילין מאשר במזוזה משום שקדושת התפילין חמורה. רשב"א].
ואיבעית אימא: שינה בזה ובזה תנאי היא!
נחלקו בדין זה תנאים. והברייתא שדייקנו ממנה שאם מורידים מקדושה חמורה היו עושים מתפילין שבלו מזוזה, נשנית למאן דאמר שינה בזה ובזה כשר.
דתניא: שינה בזה ובזה פסול!
רבי אחאי מכשיר משום רבי יהודה ברבי חנינא! ואמרי לה, משמיה דרבי יעקב ברבי חנינא!
עוד מקשה הגמרא על הברייתא:
הא מורידין
מקדושה חמורה
עושין
מתפילין שבלו מזוזה. וקשה
והא
מזוזה
בעיא שרטוט,
שצריך להתוות בה בקנה חריצים של שורות, כדי לכתוב לפיהן את המזוזה!?
דאמר רב מניומי בר חלקיה אמר רב חמא בר גוריא אמר רב: כל מזוזה שאינה משורטטת
הרי היא
פסולה!
ורב מנימין בר חלקיה דידיה אמר שרטוט של מזוזה, הלכה למשה מסיני!
ואלו בתפילין לא מצאנו שהן צריכין שרטוט. ואם כן היאך אפשר לעשות מתפילין שבלו מזוזה, והרי חסר בהם שרטוט!? ופרקינן:
תנאי היא
אי מזוזה בעי שרטוט.
דתניא: רבי ירמיה אומר משום רבינו: תפילין ומזוזות נכתבות שלא מן הכתב
שאין צריך הסופר הכותבם להעתיק מספר אחר. שאין אנו חוששים שמא יטעה בכתיבתו.
ואין צריכות שרטוט!
הילכך, הברייתא שדייקנו ממנה שאם מורידין מקדושה חמורה עושין מתפילין שבלו מזוזה נשנית כאותו תנא, שלא הצריך שרטוט אף במזוזה.
ומסקינן:
והילכתא, תפילין לא בעי שרטוט, ומזוזה בעיא שרטוט!
ואידי ואידי
תפילין ומזוזות
נכתבות שלא מן הכתב!
ומאי טעמא לא בעינן שיכתבם מתוך ספר? כי
מיגרס גריסין
שגורים הם בפי כל אדם, ואין חשש שיטעו בכתיבתם. הילכך, אין צריך להעתיקם מספר אחר.
אמר רב חלבו: אנא חזיתיה
אני ראיתי
לרב הונא דכף כדא אארעא
שכפה כד על הארץ,
ואנח עליה
על הכד, את
ספר תורה. והדר
ואחר כך,
יתיב במיטה
שהספר תורה היה מונח עליה מקודם.
קסבר
רב הונא:
אסור לישב על גבי מיטה שספר תורה מונח עליה
מפני כבודו של ספר התורה , הילכך הניחו על גבי הכד.
ופליגא
רב הונא, על
רבה בר בר חנה.
דאמר רבה בר בר חנה אמר רבי יוחנן: מותר לישב על גבי מיטה שספר תורה מונח עליה.
ואם לחשך אדם לומר
שאסור לישב משום ששנינו במסכת סופרים:
מעשה ברבי אלעזר שהיה יושב על המיטה ונזכר שספר תורה מונח עליה, ונשמט וישב על גבי קרקע, ונדמה כמי שהכישו נחש.
שמרוב צער שישב על מיטה שספר תורה עליה היה נדמה לו צערו כמי שמצטער מהכשת נחש! ומשמע שאסור לישב על גבי מיטה שספר תורה עליה!?
יש לך להשיב לו:
התם ספר תורה
לא על המיטה שישב עליה היה אלא מושלך
על גבי קרקע הוה.
וכיון שהיה בזיון גדול לספר לכן נצטער על זה.
אמר רב יהודה אמר שמואל: כתבה
למזוזה ,
כאיגרת
בלי לדקדק בחסירות ויתירות ובלי שרטוט אלא כאיגרת רגילה
פסולה. מאי טעמא? אתיא
בגזירה שוה
כתיבה
כתיבה מ"ספר",
שכתוב במזוזה "וכתבתם על מזוזות" ובגט גם כתוב "וכתב לה ספר כריתות", ועוד יש לומר שלמדים מהפסוק בפרשת עמלק "כתוב זאת זכרון בספר".
ואמר רב יהודה אמר שמואל: תלאה
למזוזה
במקל
שהעמיד את המזוזה על גבי מקל סמוך לפתח ולא קבעו בו -
פסולה
. מאי טעמא: בשעריך בעינן,
שיקבע את המזוזה בתוך צורת הפתח עצמו.
תניא נמי הכי: תלאה במקל, או שהניחה
שקבעה בכותל
אחורי הדלת
, שוב אין הבית משתמר על ידי אותה מזוזה אלא יש בבית
סכנה
מן המזיקים.
ואין בה
בקביעה כזו של מזוזה,
מצוה.
כי צריך שיקבע את המזוזה בתוך צורת הפתח ולא אחורי הדלת.
אנשי המלכות
של בית מונבז המלך היו עושין בפונדקותיהן כן,
שכאשר היו מהלכים בדרך היו נושאים אתם מזוזות, וכשבאו לפונדק היו תולים את המזוזות על גבי מקל בפתח
זכר למזוזה!
שכיון שלא היו בדירת קבע שלהם היו פטורים מן המזוזה. כמבואר בגמרא להלן הדר בפונדק בארץ ישראל כל שלשים יום פטור מן המזוזה. וכיון שלא היו דרים אף פעם בדירת קבע אלא היו הולכים מעיר לעיר בתור אנשי המלך, עשו להם זכר למצות מזוזה.
ואמר רב יהודה אמר שמואל: מצוה להניחה
את המזוזה
בתוך חללו של פתח
ולא מחוץ לפתח
5 .
והוינן בה:
פשיטא
שלא יקבענה מבחוץ, שהרי "
בשעריך" אמר רחמנא
והיינו במקום סגירת השער.
Traduction française
Mais
puisqu’il les a écrits
pour les tefillin
sur le dukhsustos du côté chair,
et il en va de même du côté poil, car les tefillin n’ont été rendus aptes que sur le parchemin et du côté chair ! [Et la raison pour laquelle le changement invalide davantage dans les tefillin que dans la mezouza est que la sainteté des tefillin est plus rigoureuse. Rachba]].
Et si tu veux, dis : changer dans l’un et dans l’autre fait l’objet d’une divergence entre les tanaïm !
Des tanaïm ont divergé au sujet de cette règle. Et la baraïta dont nous avons déduit que, lorsqu’on fait descendre d’une sainteté plus rigoureuse, on faisait d’anciens tefillin une mezouza, a été enseignée selon celui qui dit que, si l’on change dans l’un et dans l’autre, c’est valide.
Comme il a été enseigné dans une baraïta : changer dans l’un et dans l’autre est invalide !
Rabbi A’haï rend valide au nom de Rabbi Yehouda fils de Rabbi ‘Hanina ! Et certains le rapportent au nom de Rabbi Yaakov fils de Rabbi ‘Hanina !
La Guemara soulève encore une objection contre la baraïta :
voici que, si l’on fait descendre
d’une sainteté plus rigoureuse,
on fait
de vieux tefillin une mezouza. Et c’est difficile :
mais voici que
la mezouza
requiert un réglage de lignes,
car il faut y tracer, avec un roseau, les sillons des lignes, afin d’écrire la mezouza en les suivant !
Car Rav Menyoumi fils de ‘Helqiya a dit au nom de Rav ‘Hama fils de Gourya, au nom de Rav : toute mezouza qui n’est pas réglée
elle est
invalide !
Et Rav Menimin fils de ‘Helqiya a dit en son propre nom : le réglage des lignes de la mezouza est une loi [transmise] à Moïse au Sinaï !
Or, pour les tefillin, nous ne trouvons pas qu’ils requièrent un réglage des lignes. Dès lors, comment est-il possible de faire d’anciens tefillin une mezouza, alors qu’il leur manque le réglage des lignes !? Et nous avons répondu :
cela fait l’objet d’une divergence entre les tanaïm
: si la mezouza requiert un réglage des lignes.
Comme il a été enseigné : Rabbi Yirmeya dit au nom de notre maître : les tefillin et les mezouzot sont écrits sans modèle écrit
car le scribe qui les écrit n’a pas besoin de les recopier d’un autre livre, puisque nous ne craignons pas qu’il se trompe dans son écriture.
Et ils ne requièrent pas de réglage des lignes !
Ainsi, la baraïta dont nous avons déduit que, lorsqu’on fait descendre d’une sainteté plus rigoureuse, on fait d’anciens tefillin une mezouza, a été enseignée selon ce tanaï, qui n’a pas requis de réglage même pour la mezouza.
Et nous concluons :
Et la halakha est : les tefillin ne requièrent pas de réglage des lignes, et la mezouza requiert un réglage des lignes !
Et l’un comme l’autre
les tefillin et les mezouzot
sont écrits sans modèle écrit !
Et pour quelle raison n’exigeons-nous pas qu’on les écrive d’après un livre ? Parce que
ils sont couramment appris
ils sont familiers à la bouche de chacun et il n’y a pas à craindre qu’ils se trompent dans leur écriture. Ainsi, il n’est pas nécessaire de les recopier d’un autre livre.
Rav ‘Helbo a dit : moi, je l’ai vu
je l’ai vu
Rav Houna renverser une cruche sur le sol
: il a renversé une cruche sur le sol,
et il a posé dessus
sur la cruche
un rouleau de la Torah. Puis
ensuite,
il s’est assis sur le lit
sur lequel le rouleau de la Torah était auparavant posé.
Il pensait que
Rav Houna :
il est interdit de s’asseoir sur un lit sur lequel est posé un rouleau de la Torah
en raison de l’honneur du rouleau de la Torah , c’est pourquoi il l’a posé sur la cruche.
Et cela s’oppose à l’opinion
de Rav Houna, contre celle de
Rabba fils de Rav bar ‘Hana.
Car Rabba fils de Rav bar ‘Hana a dit au nom de Rabbi Yo’hanan : il est permis de s’asseoir sur un lit sur lequel est posé un rouleau de la Torah.
Et si quelqu’un vient te dire
qu’il est interdit de s’asseoir, puisque nous avons appris dans le traité Sofrim :
Il arriva que Rabbi Elazar était assis sur le lit et se souvint qu’un rouleau de la Torah était posé dessus ; il se déroba et s’assit sur le sol, et il ressemblait à quelqu’un qu’un serpent avait mordu.
C’est que, du fait de la grande peine d’avoir été assis sur un lit portant un rouleau de la Torah, sa peine lui semblait être celle de quelqu’un qui souffre d’une morsure de serpent ! Il ressort donc qu’il est interdit de s’asseoir sur un lit portant un rouleau de la Torah !?
Tu peux lui répondre :
là-bas, le rouleau de la Torah
n’était pas sur le lit où il était assis, mais était jeté
sur le sol.
Et puisqu’il y avait là un grand mépris pour le rouleau, il en éprouva de la peine.
Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : s’il l’a écrite
pour la mezouza ,
comme une lettre
sans être méticuleux concernant les lettres manquantes ou supplémentaires et sans réglage, mais comme une lettre ordinaire,
elle est invalide. Pour quelle raison ? Vient
par une gzera chava
l’écriture
« écriture » d’« un livre »,
car il est écrit au sujet de la mezouza : « Vous les écrirez sur les montants », et il est aussi écrit au sujet du guet : « Il lui écrira un acte de rupture », et l’on peut encore dire qu’on l’apprend du verset de la section d’Amalek : « Écris ceci comme souvenir dans un livre ».
Et Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : s’il l’a suspendue
pour la mezouza
à un bâton
en plaçant la mezouza sur un bâton près de l’entrée, sans la fixer dans celle-ci —
elle est invalide
. Pour quelle raison ? Nous requérons « dans tes portes »,
c’est-à-dire qu’il fixe la mezouza dans la structure même de l’entrée.
Il a également été enseigné ainsi : s’il l’a suspendue à un bâton, ou s’il l’a placée
qu’il l’a fixée dans le mur
derrière la porte ,
désormais, la maison n’est plus gardée par cette mezouza, mais il y a dans la maison
un danger
du fait des nuisibles.
Et il n’y a pas dans une telle fixation de la mezouza
de mitsva.
Car il faut fixer la mezouza dans la structure de l’entrée et non derrière la porte.
Les gens de la maison royale
du roi Monbaz faisaient ainsi dans leurs auberges,
car, lorsqu’ils voyageaient, ils portaient des mezouzot avec eux, et lorsqu’ils arrivaient dans une auberge, ils suspendaient les mezouzot à un bâton à l’entrée,
en souvenir de la mezouza !
Car, puisqu’ils n’étaient pas dans leur habitation fixe, ils étaient exemptés de la mezouza. Comme il est exposé plus loin dans la Guemara : celui qui réside dans une auberge en terre d’Israël est exempt de mezouza pendant les trente premiers jours. Et puisqu’ils ne résidaient jamais dans une habitation fixe, mais allaient de ville en ville en tant que gens du roi, ils se faisaient un souvenir de la mitsva de la mezouza.
Et Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel : c’est une mitsva de la placer
la mezouza
à l’intérieur de l’espace de l’entrée
et non à l’extérieur de l’entrée 5 .
Nous nous sommes penchés sur cette question :
c’est évident
qu’il ne la fixera pas à l’extérieur, puisque
le Miséricordieux a dit : « dans tes portes »,
c’est-à-dire à l’endroit où se ferme la porte.