Version texte de ce daf : original et traduction
Ména'hot 22b (כב:) — le Talmud en français
Ména'hot 22b (מנחות כב:): Les rabbins qui disent que le sang des sacrifices qui s’est mélangé à du sang profane est annulé lorsqu’il n’y a pas en eux l’apparence du sang, pensent : d’ici il faut…
Texte original — Ména'hot 22b (כב:)
רבנן
שאומרים דם קדשים שנתערב בדם חולין בטל היכן שאין בהם מראה דם,
סברי
:
מכאן
מפסוק זה יש ללמוד,
ל
כל ה
עולין
על גבי המזבח שנתערבו זה בזה
שאין מבטלין זה את זה,
כמו דם הפר והשעיר ששניהם עולין הם למזבח ואינם מבטלים זה את זה! אבל כשנתערב דם קדשים בדם חולין שאינו עולה למזבח, מבטלין החולין את הקדשים.
ורבי יהודה סבר: מכאן למין
שנתערב
במינו שאינו בטל!
שזה הטעם שדם השעיר לא בטל בדם הפר, ולכן גם כשהתערב דם מועט של קדשים בדם מרובה של חולין, לא מתבטל דם הקדשים בדם החולין, משום שמין במינו הוא
77 .
והוינן בה: ו
רבנן
ד
סברי מכאן לעולין שאין מבטלין זה את זה
מנין להם לדרוש כך,
ודלמא
אולי מה שלא בטל דם השעיר בדם הפר הוא
משום דמין במינו הוא
כמו שסובר רבי יהודה?
ומשנינן:
אי אשמעינן
אם התורה היתה אומרת את הדין הזה שאין ביטול, על מציאות כזאת שהתערובת היא רק
מין במינו, ולא אשמעינן
ולא היתה מדברת על מציאות שהתערובת היא של שני דברים ה"
עולין"
על גבי המזבח, הייתי אומר
כדקא אמרת
שיש ללמוד מכאן שמין במינו אינו בטל,
השתא דאשמעינן
שהפסוק מדבר באופן שהתערובת היא בדברים ש
עולין
על גבי המזבח, אמרינן הטעם שאין זה בטל, הוא
משום ד"עולין"
לא מבטלים אחד את חבירו! ומקשינן:
ודלמא
אולי לא אומרים שלא יבטלו זה את זה
עד דאיכא
גם
מין במינו ו
גם
עולין,
כלומר, נלמד מהפסוק שצריך שני תנאים כדי שלא יתבטל, גם ששניהם עולים, וגם שיהיו מין במינו, שהרי הפסוק מדבר בדם הפר והשעיר שהם גם מין במינו וגם עולין, ומנין שעולין לבד אינם מבטלין זה את זה?
ומסקינן:
קשיא!
ותו הוינן בה:
רבי יהודה
ד
סבר מכאן למין במינו שאינו בטל
: מנין לו לדרוש כך
ודלמא
אולי מה שלא בטל דם השעיר בדם הפר, הוא
משום דעולין הוא
וכמו שסוברים רבנן?
ומשנינן:
אי אשמעינן
אם התורה היתה אומרת את הדין שאין ביטול, על מציאות כזאת שהתערובת היא רק ששניהם
עולין,
ואינם מין אחד אלא
מין בשאינו מינו,
היינו למדין לעולין שאין מבטלין זה את זה
כדקאמרת, השתא דאשמעינן
שהפסוק מדבר באופן שהתערובת היא ב
מין במינו
אמרינן הטעם שאין זה בטל, הוא
משום דמין במינו הוא!
ומקשינן:
ודלמא עד דאיכא
שניהם -
מין במינו ועולין
[וכמו שהקשינו לפי רבנן]? ומסקינן:
קשיא!
תנן: רבי יהודה אומר
: נתערב הקומץ של מנחת נדבה
במנחת כהן משיח ובמנחת נסכים
הרי התערובת כולה
פסולה, שזו בלילתה עבה וזו בלילתה רכה, והן בולעות זו מזו,
ונפסל הקומץ משום ריבה שמנה, והמנחות נפסלו משום חיסר שמנה.
והוינן בה:
וכי בולעות זו מזו מה הוי?
מה איכפת לי שהן בולעות, הרי השמן של המנחות הנבלע בקומץ אינו בטל בשמן של הקומץ, שהרי
מין במינו הוא
ומין במינו אינו בטל לרבי יהודה, ואם כן יש לומר שהשמן העודף הנמצא בתוך הקומץ כאילו עדיין הוא קיים במנחת הנסכים הנמצאת בתוך התערובת, וממילא לא הוי הקומץ "ריבה שמנה" ולא המנחות "חיסר שמנה"?
Traduction française
Les rabbins
qui disent que le sang des sacrifices qui s’est mélangé à du sang profane est annulé lorsqu’il n’y a pas en eux l’apparence du sang,
pensent :
d’ici
il faut apprendre de ce verset
à tous les
éléments qui montent
sur l’autel et qui se sont mélangés les uns aux autres
qu’ils ne s’annulent pas les uns les autres,
comme le sang du taureau et celui du bouc, qui montent tous deux sur l’autel et ne s’annulent pas l’un l’autre ! Mais lorsque le sang des sacrifices se mélange à du sang profane, qui ne monte pas sur l’autel, le sang profane annule le sang des sacrifices.
Et Rabbi Yehouda pense : d’ici, il faut apprendre qu’une espèce
qui s’est mélangée
à sa propre espèce ne s’annule pas !
Car c’est pour cette raison que le sang du bouc ne s’est pas annulé dans le sang du taureau ; et donc, même lorsque peu de sang des sacrifices s’est mélangé à une grande quantité de sang profane, le sang des sacrifices ne s’annule pas dans le sang profane, parce qu’il s’agit d’une espèce dans sa propre espèce 77 .
Et nous nous sommes interrogés à ce sujet :
les rabbins
qui pensent : d’ici, il faut apprendre que les éléments qui montent ne s’annulent pas les uns les autres,
d’où leur vient de l’enseigner ainsi,
et peut-être
que si le sang du bouc ne s’est pas annulé dans le sang du taureau, c’est
parce qu’il s’agit d’une espèce dans sa propre espèce,
comme le pense Rabbi Yehouda ?
Et nous répondons :
si la Torah nous avait fait entendre
si elle avait dit cette règle de l’absence d’annulation pour une situation où le mélange est seulement
une espèce dans sa propre espèce, mais ne nous avait pas fait entendre
et n’avait pas parlé d’une situation où le mélange est constitué de deux choses qui
« montent »
sur l’autel, j’aurais dit
comme tu l’as dit
qu’il faut apprendre d’ici qu’une espèce dans sa propre espèce ne s’annule pas,
mais maintenant qu’elle nous a fait entendre
que le verset parle d’une situation où le mélange est constitué de choses qui
montent sur l’autel, nous disons que la raison pour laquelle cela ne s’annule pas est
parce que les « éléments qui montent »
ne s’annulent pas l’un l’autre ! Et nous objectons :
et peut-être
peut-être ne dit-on pas qu’ils ne s’annulent pas l’un l’autre
tant qu’il n’y a pas
aussi
aussi
une espèce dans sa propre espèce et des éléments qui montent,
c’est-à-dire que nous apprendrions du verset qu’il faut deux conditions pour qu’il n’y ait pas annulation : que tous deux montent, et qu’ils soient également une espèce dans sa propre espèce ; car le verset parle du sang du taureau et du bouc, qui sont à la fois une espèce dans leur propre espèce et des éléments qui montent. Mais d’où sait-on que les éléments qui montent seuls ne s’annulent pas les uns les autres ?
Et nous concluons :
difficulté !
Et de nouveau nous nous sommes interrogés à ce sujet :
Rabbi Yehouda
qui pense : d’ici, il faut apprendre qu’une espèce dans sa propre espèce ne s’annule pas :
d’où lui vient de l’enseigner ainsi,
et peut-être
que si le sang du bouc ne s’est pas annulé dans le sang du taureau, c’est
parce qu’ils sont des éléments qui montent,
comme le pensent les rabbins ?
Et nous répondons :
si elle nous avait fait entendre
si la Torah avait dit la règle de l’absence d’annulation pour une situation où le mélange est seulement constitué de deux choses qui
montent,
et qui ne sont pas d’une seule espèce, mais
d’une espèce avec une autre espèce, nous aurions appris que les éléments qui montent ne s’annulent pas les uns les autres
comme tu l’as dit ; mais maintenant qu’elle nous a fait entendre
que le verset parle d’une situation où le mélange est
nous disons que la raison pour laquelle cela ne s’annule pas est
parce qu’il s’agit d’une espèce dans sa propre espèce !
Et nous objectons :
et peut-être seulement lorsqu’il y a
les deux —
une espèce dans sa propre espèce et des éléments qui montent [comme nous l’avons objecté selon les rabbins] ?
Et nous concluons :
difficulté !
Nous avons appris dans la Michna : Rabbi Yehouda dit :
le komets de l’offrande volontaire s’est mélangé
à l’offrande du cohen oint et à l’offrande de libations
alors tout le mélange est
invalide, car celle-ci a un mélange épais et celle-là a un mélange liquide, et elles absorbent l’une de l’autre,
et le komets est devenu invalide parce qu’il y a eu excès de son huile, tandis que les offrandes sont devenues invalides parce qu’il a manqué de leur huile.
Et nous nous sommes interrogés à ce sujet :
Et si elles absorbent l’une de l’autre, qu’est-ce que cela fait ?
Qu’importe qu’elles absorbent l’une de l’autre ? En effet, l’huile des offrandes absorbée par le komets ne s’annule pas dans l’huile du komets, puisque
c’est une espèce dans sa propre espèce
et une espèce dans sa propre espèce ne s’annule pas selon Rabbi Yehouda. Il faudrait donc dire que l’huile excédentaire qui se trouve à l’intérieur du komets est comme si elle existait encore dans l’offrande de libations qui se trouve à l’intérieur du mélange, et par conséquent le komets ne serait pas « en excès de son huile », et les offrandes ne seraient pas « en manque de leur huile » ?