Version texte de ce daf : original et traduction
Ména'hot 18b (יח:) — le Talmud en français
Ména'hot 18b (מנחות יח:): Et il est enseigné : « soixante » de semoule se mélangent avec un log d'huile soixante et un issaronot ne se mélangent pas dans un log d'huile, et par conséquent on…
Texte original — Ména'hot 18b (יח:)
והתנן: ששים
עשרונות סולת
נבללין
בלוג אחד שמן
ששים ואחד
עשרונות
אין נבללין
בלוג שמן, ולפיכך לא יביא מנחה יותר מששים עשרונות בכלי אחד.
והוינן בה: כי אינם נבללין מאי הוי? והתנן: לא בלל כשירה.
ומתרצינן:
ואמר רבי זירא: כל הראוי לבילה
דהיינו עד ששים עשרונות
אין בילה מעכבת בו, וכל שאינו ראוי לבילה
כגון למעלה מששים עשרונות
בילה מעכבת בו
לפסול
19 .
ואם כן קשה, שמדברי רבי זירא רואים, שבילה [במקום הראוי לבילה] אינה מעכבת, ועל כרחך מה שכתבה המשנה "לא בלל", אין פירושו "לא בלל כהן אלא זר", אלא "לא בלל כלל". ואם כן גם מה שכתבה המשנה "לא יצק" פירושו "לא יצק כלל", וחוזרת הקושיא הראשונה, מדוע לא יצק כלל - כשרה, והרי יציקה מעכבת?
ומתרצינן:
מידי איריא
ששוים הם?
הא כדאיתא והא כדאיתא. "לא יצק"
היינו
לא יצק כהן אלא זר,
ואילו
"לא בלל"
היינו
לא בלל כלל.
שנינו במשנה:
או שפתתן פתים מרובות כשירה.
והוינן בה: מה החידוש?
השתא
אם
לא פתת כלל כשירה,
כמבואר במתניתין, פתתן
פתין מרובות
דהיינו לחתיכות גדולות
מיבעיא
צריך להשמיע לנו שכשירה?
ומתרצינן:
מאי "פתין מרובות"
שכתוב במשנה -
שריבה בפתיתין,
שפתתן לחתיכות קטנות מדאי, וזה יותר גרוע מאילו לא פתת כלל, וצריך להשמיענו שגם בזה כשירה.
ואיבעית אימא: לעולם
מתניתין ב
פתים מרובות ממש
דהיינו חתיכות גדולות,
ו
אל תקשה מה החידוש, הרי כל שכן הוא מלא פתת כלל ד
מהו דתימא התם
בלא פתת כלל
הוא
דכשירה
דאיכא תורת "חלות" עליהן, אבל הכא
כשפתתן לחתיכות גדולות
דלא תורת "חלות"
שהרי אינן שלימות,
איכא, ולא תורת "פתיתין" איכא
שהרי הן חתיכות קטנות מדאי, והייתי חושב שהמנחה פסולה,
קא משמע לן
המשנה שהמנחה כשירה
20 .
והוינן בה:
לימא מתניתין
שמכשירה יציקה בזר
דלא כרבי שמעון?
דתניא: רבי שמעון אומר: כל כהן שאינו מודה בעבודה
שנצטוינו עליה מפי הגבורה
אין לו חלק בכהונה,
בחלוקת הקדשים,
שנאמר
"המקריב את דם השלמים ואת החלב מבני אהרן
-
לו תהיה שוק הימין למנה"
ודורשים: מי שהוא
מודה בעבודה יש לו חלק בכהונה,
אך כהן
שאינו מודה בעבודה אין לו חלק בכהונה.
Traduction française
Et il est enseigné : « soixante »
de semoule
se mélangent
avec un log d'huile
soixante et un
issaronot
ne se mélangent pas
dans un log d'huile, et par conséquent on n'apportera pas une min'ha de plus de soixante issaronot dans un seul récipient.
Et l'on interroge à ce propos : puisqu'ils ne se mélangent pas, que signifie ? — Et il est enseigné : celui qui n'a pas mélangé est kasher.
Et on cherche à concilier :
et dit Rabbi Zeira : tout ce qui est apte au mélange
c'est‑à‑dire jusqu'à soixante issaronot
le mélange n'entraîne pas d'empêchement, et tout ce qui n'est pas apte au mélange
comme au‑delà de soixante issaronot
le mélange entraîne son empêchement
pour rendre passible.
Et s'il en était ainsi, il serait difficile : des propos de Rabbi Zeira nous font voir que le mélange [lorsqu'il est en l'état apte au mélange] n'empêche pas ; et de toute façon, ce que la Mishna écrivit « ne mélange pas », ce n'est pas « que le mélange soit fait par un cohen et non par un étranger », mais « qu'on ne mélange pas du tout ». Et si donc ce que la Mishna dit « qu'il ne verse pas » signifie « qu'il ne verse pas du tout », la première difficulté revient : pourquoi n'a‑t‑on pas versé du tout — c'était kasher, et pourtant le versement empêche ?
Et on concilie :
au moyen d'une distinction
qu'ils sont égaux ?
Voici ce côté et ce côté. "Qu'il ne verse"
cela veut dire
qu'il ne verse pas par un cohen mais par un étranger,
et
"qu'il ne mélange pas"
cela veut dire
qu'on ne mélange pas du tout.
Nous avons appris dans la Mishna :
ou s'ils furent émiettés en trop petits morceaux, c'est kasher.
Et l'on interroge à ce propos : quel est le point neuf ?
Maintenant
si
ils n'ont pas du tout été émiettés en morceaux apte au mélange,
comme il est exposé dans la breaïta, « ils sont émiettés »
en trop petits fragments
c'est‑à‑dire en morceaux trop gros ;
faut‑il
nous apprendre qu'alors c'est apte au mélange ?
Et on concilie :
Qu'est‑ce que "en trop petits fragments"
qui est écrit dans la Mishna —
quand ils sont brûlés en petits fragments,
c'est‑à‑dire que l'on émiette en morceaux trop petits pour le mélange, et ceci est pire que l'absence d'émiettement du tout, et il faut nous apprendre que même dans ce cas c'est apte au mélange.
Et si tu veux, dis : en tout temps
la Mishna parle de
vraiment "en trop gros fragments"
— c'est‑à‑dire morceaux larges —,
et ne t'étonne pas du point neuf : d'autant plus encore il y a absence d'émiettement du tout car
ce que tu pensais là
en l'absence d'émiettement du tout
c'est
apte au mélange,
car il y a la loi de "halot" qui s'applique à eux, mais ici
lorsqu'on les a émiettés en gros morceaux
la loi de "halot" ne s'applique pas
puisqu'ils ne sont pas entiers,
et il n'y a pas la loi de "petits fragments" non plus
puisqu'ils sont des morceaux trop petits, et l'on aurait pensé que la min'ha serait disqualifiée ;
d'où la Mishna nous enseigne
que la min'ha est apte. 20 .
Et l'on interroge à ce propos :
Veux‑tu dire que la Mishna enseigne
que lorsqu'un versement rend kasher par un étranger
ce n'est pas selon Rabbi Shimon ?
Car il est enseigné dans une bréaïta : Rabbi Shimon dit : tout cohen qui ne reconnaît pas l'exécution du service
qui nous a été ordonnée par la Puissance suprême
n'a pas de part dans la cohénauté,
pour la distribution des choses sacrées,
comme il est dit
"celui qui offre le sang des pacifiques et la graisse des fils d'Aharon"
"qu'il ait la part droite pour son partage"
et l'on déduit : celui qui
reconnaît le service, il a part dans la cohénauté,
mais le cohen
qui ne reconnaît pas le service n'a pas de part dans la cohénauté.